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François Gaudry (Traducteur)
ISBN : 2864244721
Éditeur : Métailié (06/05/2003)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 150 notes)
Résumé :
Qu'est-ce qui rapproche un pirate de la Mer du Nord mort il y a 600 ans ; un militant qui attend le 31 mars l'éclosion des roses d'Attacama ; un instituteur exilé qui rêve de son pays et se réveille avec de la craie sur les doigts ; un italien arrivé au chili par erreur, heureux à cause d'une énorme erreur et qui revendique le droit de se tromper ; un bengali qui aime les bateaux et les amène aux chantier où ils seront détruits en leur racontant les beautés des mers... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  01 novembre 2015
"J'étais ici et personne ne racontera mon histoire". Cette courte phrase gravée sur une pierre à Bergen-Belsen a insufflé à Luis Sepulveda l'idée de sortir de l'oubli les résistants à n'importe quel abus de pouvoir. Lui-même ayant vécu la barbarie du régime totalitaire de Pinochet, puis l'exil, a décidé de raconter des vies d'hommes et de femmes qui ont lutté pour la liberté et la démocratie, au péril de leur vie le plus souvent, au service de la mémoire s'ils ont survécu aux humiliations et aux coups.
Sepulveda a usé ses semelles sur les routes d'Amérique du Sud et d'Europe à la recherche de ces destinées méconnues ou inconnues. Il rend hommage à leur humanité, leur courage et leur détermination à vivre debout quoi qu'il arrive.
34 "historias marginales" racontent ces personnes engagées, poursuivies, malmenées, assassinées, sans jamais sacrifier au pathétisme ou à l'amplification des souffrances morales ou physiques. Au-delà du récit, les mots simples et implacables de Luis Sepulveda mettent d'eux-mêmes en accusation les dictatures internationales.
Sur les 34 histoires humaines, deux sont consacrées à un chien fidèle et aux derniers moments d'un chat de Sepulveda atteint d'un cancer des poumons. Deux "héros" à quatre pattes qui ont dédié leur vie au souvenir du maître et à l'amour d'une famille.
34 histoires marginales sans doute mais émouvantes et pleines de confiance dans la nature humaine malgré l'horreur et les échecs.
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kuroineko
  15 août 2017
Trente-quatre histoires marginales naissent sous la plume et de la mémoire de Luis Sepulveda. Trente-quatre récits qui s'inscrivent en lettres de feu dans l'esprit du lecteur.
L'auteur rend un vibrant hommage à l'humanité et à la nature à travers des vies singulières. Elles sont toutes marquées par la résistance. Résistance à un régime dictatorial, qu'il s'agisse du Chili de Pinochet, de l'Argentine de Peron et de bien d'autres pays. Résistance à la destruction de la nature, sous prétexte de progrès et de nécessité capitalistique comme la déforestation en Amazonie ou la pêche à la baleine au Japon.
Les hommes et femmes présentés par Luis Sepulveda ont pour la plupart été pourchassés, arrêtés, torturés. Et pour certains, lâchement exécutés sans le moindre procès. Beaucoup ont connu l'exil, comme l'auteur lui-même. Mais aucun ne renonça à la lutte pour la liberté et la démocratie.
Deux récits diffèrent en parlant respectivement d'un chien Fernando et d'un chat Zorbas. Celui-ci servit de modèle pour le merveilleux conte Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler. Comme pour le reste du recueil, on y retrouve les notions de solidarité et de respect apporté à la dignité de toute vie.
Les histoires sont très marquantes. La simplicité d'écriture de l'auteur ne les rend que plus percutantes. Il n'y met nul pathos et ne cherche pas à faire pleurer dans les chaumières. Au contraire, il tend plus à transmettre le flambeau de la résistance, qu'elle soit de nature syndicale, politique, idéologique et écologiste.
Et à ce que tout lecteur réfléchisse à la question qu'il s'est posé quand il s'est rendu au camp de concentration de Bergen-Belsen: "Qu'est ce que je peux faire, moi, pour que cela ne se reproduise pas?"
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Under_The_Moon
  15 août 2014
Un livre fait de petites vignettes. Sepulvéda n'y parle pas de personnages victimes, pas des grands noms de l'Histoire (ou en toile de fond), mais des marginaux, ou des personnes qui par leurs actions ont marqué leur entourage.
Il y est plusieurs fois questions du Chili et du système totalitaire de Pinochet, mais pas seulement. L'auteur nous raconte des histoires dont les lieux varient beaucoup. D'un rescapé de la Shoah, à un poète oublié en passant par un pirate qui a voulu que son dernier geste soit pour sauver son équipage.
Des histoires de générosité, de bonté, de solidarité, d'altruisme, de désintéressement : des thèmes importants pour cet écrivain révolté et parfois un peu idéaliste. Et une fois de plus, la simplicité avec laquelle il raconte ces épisodes prouve son efficacité.
Un livre qui est une vraie bouffée d'air frais et qui donne envie d'avoir foi en l'Humanité.
La morale de toutes ces histoires, s'il y en a une, c'est quand même la résistance face à ceux qui ont la prétention de faire L Histoire, celle d'aujourd'hui et de demain. Pour finir, il me semble qu'il faut citer le poème du tchèque, Jan Palach, cité dans l'une des vignettes de Luis Sepulveda :
J'ose parce que
tu oses parce que
il ose parce que
nous osons parce que
vous osez parce que
ils n'osent pas.
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CelineTH7854
  28 mai 2015
Des histoires courtes émouvantes, qui rendent hommage aux vrais héros, ceux du quotidien, ceux qui n'apparaissent pas dans les livres d'histoire, une oeuvre magnifique, humaniste, militante. Et qui m'a rappelé mon passage au Chili, entre autres à Santiago dans le quartier de San Miguel (et son musée à ciel ouvert, d'immenses graffitis qui ornent ses immeubles très populaires), et dans le désert d'Atacama, ce qui m'a irrémédiablement attiré vers ce livre, même si ces histoires se déroulent en bien d'autres endroits.
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SophiePatchouli
  27 avril 2015
« J'étais ici et personne ne racontera mon histoire. », la griffure sur une pierre du camp de concentration de Bergen-Belsen est sans appel, résignée, désespérée. Trace indélébile d'un passage dans cet « ici » si laid, si violent, preuve irréfutable de l'existence de ce « je » oublié, gage d'un destin. C'était sans compter sur un écrivain qui passerait par là et recueillerait le maigre témoignage comme une inspiration, comme la source de ces « historias marginales », hommage aux anonymes que seuls la résistance et l'engagement relient.
Comme un vieux qui lisait des romans d'amour, Sepùlveda lit ses souvenirs avec connivence, empathie et bienveillance et nous les livre dans une langue simple et chatoyante, un rythme sobre et tranchant, avec une poésie qui fait éclore l'imaginaire de la réalité.
Ces trente cinq nouvelles glorifient la fraternité comme impératrice d'un idéal si bien qu'il écrit, dans Une nuit dans la forêt Aguaruna « pendant que la subtile résistance de la lumière diurne se laisse vaincre amoureusement par les ténèbres » : « Je ne le connais pas mais je sais que cet homme est mon frère. »
L'auteur immergé dans le régime totalitaire de Pinochet, a connu l'exil, l'iniquité, la guerre et porte, ici, la voix de ces hommes et de ces femmes qui ont lutté dans l'ombre pour la dignité, la justice et la liberté.
Recueil kaléidoscopique, ces textes courts, pétris d'humanité, évoquent tour à tour l'urgence écologique, la bravoure des résistants face aux régimes totalitaires, le besoin de préservation des cultures ancestrales, la beauté de la Nature ; en tous cas, le courage de ceux qui se battent « puisqu'il est encore temps »...
Des portraits de révolutionnaires, de poètes, de lieux choisis, d'un chien, puis d'un chat, sont brossés ici avec une puissance nostalgique qui anoblit les humbles et désacralise les grands. Ainsi, Fritz Nieman, autrement dit monsieur Personne, cobaye d'une clinique psychiatrique nazie, Carmen et Maria, les invaincues brune et blonde, otages torturées qui n'ont jamais parlé ou cette ode au « chant unique des baleines » voué à disparaître si l'on n'y prend pas garde.
C'est aussi l'histoire des Cavatoris, marbriers et sculpteurs, instigateurs inconnus de notre admiration pour une muse, un éphèbe signé Michel-ange ou Donatello, ou encore le récit de Rosella la plus belle et de sa chaleureuse Tratorria du marché d'Asti, des Roses d'Atacama, éphémères fleurs du désert, du pays des rennes et des si jolies laponnes...
Le voyage auquel nous convie Luis Sepùlveda, se distille au rythme des éléments, d'un battement de cœur, d'un frémissement de feuille, c'est une aventure naturelle, humaine, instinctive. Depuis le Chili soumis, en passant par la Méditerranée, mer azur encerclée de béton, jusqu'à la froide Patagonie argentine, l'auteur nous invite à porter un œil averti sur le monde, un regard déférent et conscient.
Ouvrez vos cœurs, vous voilà en route pour un voyage immobile aussi captivant que bouleversant !
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   23 avril 2012
Il y a quelques années j'ai visité le camp de concentration de Bergen Belsen, en Allemagne. Dans un silence atroce j'ai parcouru les fosses communes où gisent des milliers de victimes de l'horreur, en me demandant dans laquelle se trouvaient les restes de cette enfant qui nous a légué le plus émouvant témoignage sur la barbarie nazie et la certitude que la parole écrite est le plus grand et le plus invulnérable des refuges, car ses pierres sont soudées par le mortier de la mémoire. J'ai marché, cherché, mais je n'ai trouvé aucune indication qui me conduise jusqu'à la tombe d'Anne Franck.
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araucariaaraucaria   24 avril 2012
Je les vois marcher dans Venise et je reste derrière elles ou je me rapproche pour mieux les observer, pour mieux profiter d'elles, parce que toutes les deux sont belles et enveloppent l'après-midi automnal de cette singulière beauté qu'elles ont atteinte vers l'âge de quarante-cinq ans, une beauté mûre de plaisirs et de coups, d'amours bus jusqu'à la dernière goutte et de colères qui ne s'éteignent jamais.
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kuroinekokuroineko   14 août 2017
Les Indiens Machiguenga (...) l'accueillirent avec une exemplaire générosité. Les Kogapakori et les Ashuar se comportèrent de la même manière. La réponse de Fitzcarraldo fut d'en faire des esclaves pour recueillir les milliers de gouttes de latex qui couleraient chaque jour des cicatrices ouvertes sur les arbres à caoutchouc, mais la seule chose qui coula en abondance fut le sang des habitants d'Amazonie. Les calculs les plus optimistes font état de trente mille Indiens morts en une année. Ce fut la première grande rencontre de Manú avec la civilisation occidentale et chrétienne.

Sur les traces de Fitzcarraldo
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   25 juin 2014
" il nous a manqué au moins deux générations pour nous libérer du cancer nationaliste dont l'unique symptôme est la haine. "
(…)
Je connais l'histoire des Balkans mais je n'arrive pas à comprendre le problème actuel, et je suis sûr que la plupart des Serbes, des Croates, des Monténégrins, des Kosovars, des Slovènes, des Bosniaques et des Macédoniens ne le comprennent pas non plus, car ils n'ont connu que l'efficace manipulation de l'histoire officielle, celle qu'écrivent les vainqueurs.


(dans " L'Ile perdue")
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ClaireGClaireG   01 novembre 2015
Il était plombier - Gasfiter comme on dit au Chili - et fier de l'être. Il s'émouvait aux larmes en décrivant les éléments de quelque nouveau matériau de construction, et s'autorisait comme seul luxe d'aller au stade pour y assister aux compétitions sportives universitaires. Maître Correa voyait dans les athlètes des mécanismes parfaits, exempts de vert-de-gris et de toute trace de rouille (p. 138).
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Videos de Luis Sepúlveda (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Luis Sepúlveda
Présentation Dernières nouvelles du Sud par Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski .Une présentation en images du dernier livre de Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski, Dernières nouvelles du Sud. En route pour la Patagonie...
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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