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François Gaudry (Traducteur)
ISBN : 2864242540
Éditeur : Métailié (02/10/1997)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 125 notes)
Résumé :
Le soir de leur rencontre, il croit rêver. Une fille si magnifique ne peut lui appartenir. Et pourtant, Isabel veut le revoir : ils ont rendez-vous chez elle, samedi. Mais voilà, jamais il ne parviendra jusqu'au lieu magique.
Le café prend un goût d'échec, les fleurs se fanent d'attendre l'aimé, la ville devient labyrinthe. Quand ils sont manqués, les rendez-vous chamboulent volontiers une vie...

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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  22 juillet 2019
L'un des plus merveilleux livres de nouvelles qu'il m'ait été donné de lire. C'est empli de désespoir et chaque nouvelle retourne le coeur car elle met le doigt sur des instants de fragilité avec une force incroyable. Je crois que tant l'écriture, qui a une grâce et une acuité de l'instant, que les histoires évoquées, forment un tout des plus justes dans la perception que reçoit le lecteur d'un moment que l'on peut qualifier de critique dans une vie, d'un " rendez-vous manqué. " Une poignée de porte, un livre doré, un train dans les nuages, une photo déchirée ou même un centimètre gagné sur le désert… chaque détail compte et avec Luis Sepulveda, on navigue sur les brisants, de Hambourg à Santiago, les digues craquent, les brise-lames crient leur impossibilité à retenir les flots des tourments. Les plus beaux textes de Sepulveda pour moi. Merci Poulette pour cette magnifique découverte :) Je te rends le livre avec plein de choses en plus dans la tête !
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Blackbooks
  11 août 2019
Et si ? Tous ces si qui nous scient, coupent nos vies en rondin d'espoir, en brindille de désespoir pour nourrir les feux de la nostalgie. Contempler dans nos buchers les ratés de nos existences, ces visions flammés qui nous calcinent, nous meuvent sur les périphériques de l'amour, emplissent nos agendas de traverses. Rendez-vous manqués en pays de guerre relatent ces vétilles, ces ratés, ces impondérables qui orientent votre avenir, vous contentionnent dans la mélancolie.
Entre fiction et réalité, entre souvenir et présent, entre résignation et révolte, entre espoir et appréhension, toujours sur le fil, ces nouvelles montrent la nature humaine face aux échecs en tout genre. Souvent touché, l'être humain lutte, espère ou se résigne, mais souvent il trouve enfoui en lui l'envie de poursuivre son chemin, de continuer plus loin la nouvelle route qui s'offre à lui. Résilience de l'espérance, vertige de la vie. Que ce soit face à ce corps d'Isabel qui après s'être abandonné à lui se dérobe inlassablement, se refuse pour finir dans un souvenir nébuleux. Pour échapper à sa peur, à ce fantôme, le narrateur fuit, abandonne ses amis, cette maison fantastique et effrayante, refuse le combat pour poursuivre une vie empreinte de cette souvenance, marcher sur les débris de son coeur. On a rendez-vous avec l'Histoire, avec la gloire, avec l'amour, avec la mort. Tous sont dans l'expectative, attente d'une vie meilleure, d'une danse amoureuse, d'espace et de liberté, de la condamnation. C'est l'occasion pour eux de s'interroger comme pour ce général seul dans sa geôle auscultant son passé, ses actions à la recherche de sa culpabilité, de son innocence. Comme souvent chez Sepùlveda, on a affaire à des perdants, des anti-héros mais c'est pour mieux en tirer la quintessence comme dans le portrait de cette vieille qui n'est pas s'en rappeler la dame de l'Auberge des pauvres dans la nouvelle Quand tu n'auras plus d'endroit où pleurer. Ou bien ce pauvre hère qui vend des sucreries dans l'angoisse perpétuelle de l'inhabituel, de la descente de ces hommes qui lui prendront sa licence, lui voleront sa routine.
Chaque vie, chaque instant est un combat. Combat contre la dictature, contre l'oppression, combat contre la différence, pour « la possibilité de continuer à rêver ». La vie est parfois un rêve, une supposition faite de ces souvenirs, de ces échecs. Des nouvelles parfois tristes, poétiques, parfois plus dures ou oniriques, mais l'ensemble nous invite à vivre intensément ces brefs instants, nous convie à un ultime rendez-vous, celui de la vie tout simplement, celui des si qui s'offrent à nous, nous abîment. Ces bouquets d'éphémères qui volent dans nos têtes. Et si…
Nos lectures
Inondaient
Nos blessures
Nos passés
Seraient-ils
Des îles
Ou nos espoirs
Iraient s'échoir…
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missmolko1
  30 mai 2017
Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre était dans ma PAL depuis très longtemps et c'est à l'occasion d'un challenge que j'en ai profité pour l'en sortir.
La littérature sud-américaine est toujours l'occasion d'un voyage et puis ceux qui me connaissent savent a quel point j'aime les nouvelles.
Malgré tout, je reste sur ma faim car j'ai trouvé le recueil très inégal. Certaines nouvelles sont excellentes, touchantes, pleine de suspense et surtout avec une chute ou un retournement de situation totalement inattendue comme je les aime. D'autres par contre m'ont laissé complétement indifférentes, comme si on avait affaire à un autre auteur.
Je suis quand même bien contente d'avoir retrouvé Luis Sepúlveda, que je n'avais pas lu depuis un petit bout de temps.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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le_Bison
  05 mai 2012
Allez, Compadre ! Viens à la taverne et je te paierai un verre compadre. Mezcal ou Cognac au choix, compadre. Viens, ne me fais pas faux bond, une nouvelle fois et je te raconterai une trentaine de petites histoires, des nouvelles d'Amérique su Sud, compadre, avec des gars comme toi, des compatriotes exilés à Hambourg ou en Suède qui rêvent de revoir la mer, qui se souviennent de ces odeurs de la pampa, des bruits du train qui emmènent des prisonniers bien au-delà de la pampa.
Allez Compadre, accepte cette invitation et je te parlerai de l'amitié et de l'amour ; de tape dans le dos, de silence et de tous ces rendez-vous manqués qui construisent des êtres solitaires et aigris. Oui compadre, souviens-toi de ce gout infect de café noir, un gout aussi infect que le baiser d'une nana qu'on n'aime plus. Compadre, j'ai un disque de Florent Pagny à la maison…
Compadre, cher compadre, viens chez moi pour revivre le temps du passé. Je t'offrirai une bière ou un cognac. Je te ferai écouter Thelonious Monk ou John Coltrane. Ensemble on boira religieusement. Ensemble, compadre, on écoutera pieusement cette musique. Compadre, souviens-toi, tu étais mon compadre, mon ami pour l'éternité. Souviens-toi de ces rendez-vous, tous manqués ou presque, de ce bonheur qui s'est enfui. le destin est comme ça, compadre, souvent injuste, mais l'amitié, mon compadre, devrait se chérir tant quand on la décèle encore entre deux êtres.
Compadre, je te parlerai aussi de cet amour d'enfance. Elle est là dans ma tête, toujours aussi belle. Elle nourrit toujours mes fantasmes. Elle habite cette petite maison jaune sale avec une porte verte. Il me suffirait de cogner dessus, compadre. Mais non, elle ne doit rester qu'un souvenir, compadre. C'est ça les rendez-vous manqués avec l'amour, avec le temps qui passe et trépasse. Des histoires, j'en ai des tas, compadre, qui te feront rire, qui te terrifieront ou que tu trouveras si émouvantes que t'en versera une petite larme. Allez compadre, si tu préfères, je peux aussi te chanter Isabel d'Aznavour… ou me taire, compadre…
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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brigittelascombe
  05 juillet 2011
Tel un Jules Verne, conquérant de l'invisible, Luis Sepulveda, auteur chilien aux best sellers traduits dans le monde entier(dont "Le vieux qui lisait des romans d'amour", prix du roman d'évasion,prix France culture étranger ou "Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler" prix Sorcière) a écrit sur les murs de sa maison la célèbre phrase du capitaine Némo: "Peu m'importent les nouveaux continents, seuls m'importent les hommes".
Et c'est bien d'hommes dont il s'agit ici, d'hommes et de rendez vous manqués avec l'amitié, avec soi même,avec le temps qui passe,avec l'amour.
Et ce qui pourrait passer au prime abord pour de légers flash, polaroïds aigus,scènes courtes de parfois deux pages filmées dans la rue du genre "Enregistrements pirates" de Philippe Delerm, tourne souvent au désespéré, car ce pris sur le vif, se taille dans la chair de paumés.
Que reste t' il de cette maison du début nimbée d'érotisme torride? Celle d'Isabel. "Elle se laissait tirer sans résistance et se collait à mon corps". "Hanches félines". "Contact volcanique du sexe"."Blues de Ray Charles". "La réalité c'était cette maison qui n'était pas là." "T'es un couillon" rient ses amis. Couillon, rêveur, délirant? Les numéros des rues parfois se lézardent de tremblements de terre!
L'errance se perd ensuite dans un train à travers le regard complice d'un prisonnier et d'un adolescent. Couteau caché.Engagement du fils. Dénonciation future du père. Arrestation(?). Pleurs d'une enfance en rupture de bancs!
Et ce fakir tué. Parce qu'on est "compadres" pas vrai? Un compadre comparse qui boit trop, trop de ces petits vins sans tapage peut créer des mauvais tours dans un silence de mort!
Lucidité diabolique. Tout va crescendo, car au bordel de Mamma Antonia, tu te fais engloutir dans ton propre désir sordide d'obscénité. Et tu rampes, et tu pleures et demandes pitié et en redemandes et en as honte!
Absurde cruauté que subit ce vendeur auquel on a supprimé sa licence!
Horreurs militaires, déchéance. le salaud qui torture, déshumanise car déshumanisé lui même et dissémine la souffrance sera t il déchu ou promu au faite de la gloire en héros national?
Vingt sept nouvelles, au fil desquelles, Luis Sepulveda sait nous toucher au coeur dans sa langue si belle, dans ce dépaysement chilien qui lui est propre, et nous transporte dans ce pays en guerre pour nous faire toucher du doigt les simples manques ou les atrocité vécues de son engagement.
Dur mais beau!
Seul l'espoir éclaire le ciel de son nom LIBERTE!
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   17 juillet 2019
Pour tuer un souvenir

Tu as la photo entre les mains et tu trouves trop artificiel le paysage aux couleurs polaroïd. Trop bleue la mer, trop transparent le ciel, trop incendié cet horizon, trop de brillance dans les regards des deux personnages qui s'enlacent au mépris du vent, vêtus de pull-overs semblables.
Tu regardes dehors et la seule chose que tu vois c'est le reflet que la vitre te renvoie comme une gifle, parce qu'il fait nuit et qu'à cette heure les fenêtres se transforment en miroirs qui renvoient la solitude, les intérieurs accablants, les maisons comme la tienne, maisons vides, maison avec café sans sucre le matin, café rapide et la voiture qui ne démarre pas et les minutes qui passent, maisons où tu découvres le matin des signes de déprime qui te signalent à cor et à cri que tu es en train de perdre la grande bataille.
La photo reste dans tes mains. Elle était dans un tiroir que tu n'avais pas ouvert depuis des mois, mais elle est aujourd'hui dans tes mains et tu sens que le moment est venu d'assassiner ces souvenirs anciens.
Alors tu dois prendre la photo comme un parallélépipède parfaitement horizontal et, c'est le plus important, devant une de ces fenêtres qui semblent reprocher à la pièce sa lumière blafarde.
Ce n'est pas toi qui déchireras la photo. C'est quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus courageux ou de plus impersonnel, un autre je-tu qui flotte dans le vide derrière les vitres.
Tu verras cette personne faire un mouvement de crabe avec les doigts, ses mains s'écarter de chaque côté et chacune emporter un morceau presque semblable de la photographie. Puis cette même personne rassemblera les morceaux et refera le même geste une, deux, trois fois, plus si elle l'estime nécessaire, jusqu'à ce qu'inexplicablement tu sentes la fatigue dans tes doigts.
Par la vitre, tu verras tomber des flocons de neige trop gros pour être graciles et violeurs des lois de la gravitation. Ils tomberont vite et, quand tu regarderas le tapis, tes yeux verront les vestiges mutilés d'un souvenir dont rien ne peut plus être sauvé.
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le_Bisonle_Bison   08 août 2017
Rien de plus immobile que le soir avec sa routine mortelle de rideaux tirés aux fenêtres, de lueurs moribondes qui éclairent des intérieurs assoupis, de grilles qui répriment tout désir de sortir acheter des cigarettes, de rues aux lumières blafardes qui projettent des obélisques sur le pavé. Le soir colle à la fumée de la cigarette, prend une teinte bleue si fine qu'elle se déchire quand il se souvient qu'il vient de lire un article sur la mort de Thelonious Monk, et il lui semble stupide de s'être laissé surprendre en pleine rue par l'annonce du décès d'un homme qu'il n'a jamais connu et dont il a toujours été séparé par une telle distance que se mettre maintenant à la calculer, peut-être en consultant l'Encyclopédie ne servirait qu'à renforcer ces ombres immobiles et cette odeur d'urine.
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le_Bisonle_Bison   03 mai 2012
Il sait qu’il a une cassette du quartet de Thelonious Monk quelque part et il sait aussi que John Coltrane est au saxophone soprano, et qu’il y a si longtemps qu’il a écouté My favorite things pour la première fois que ce n’est pas la peine de faire appel aux calendrier su souvenir.

Il se met à chercher à quatre pattes, à ôter la poussière des cassettes, à lire paresseusement les inscriptions en couleur, en notant la fuite des années sur les mots à moitié effacés, et il finit par trouver.

My favorite things et Thelonious Monk mort récemment à l’autre bout du monde, peut-être dans une odeur de cigarettes semblable à celle qui envahit cette pièce où le soir s’est arrêté et pèse de tout son poids. Au saxophone soprano le tempo sensuel de John Coltrane.

Il débouche une bouteille de vin et se prépare à rendre un hommage posthume à ce mort dont le cri monte des pages du journal. Il introduit la cassette dans l’appareil pour attendre les premières notes, […]
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le_Bisonle_Bison   06 août 2017
Il est tranquillement assis en train de contempler l'immobilité du soir. Il joue à deviner les reflets de l'eau sur la fenêtre, les éclats de lumière qui filtrent à travers les plantes, il regarde parfois la pendule sans la moindre intention de connaître l'heure exacte parce que tout simplement ça lui est égal.
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le_Bisonle_Bison   23 avril 2012
Personne ne peut dire que vous ayez un meilleur ami que celui qui vous parle maintenant en ravalant ses larmes, et bien que ceux qui nous ont connus soient peu nombreux, je crois que tous ont perçu cette immense affection qui transparaissait, doucement, comme s’exprime parfois la véritable affection des hommes, celle qui n’a pas besoin de grands mots et se contente de remplir le verre sans renverser le vin.
Affection d’homme, simplement. Affection d’un paquet de cigarettes lancé sur la table sans autre explication qu’une envie de fumer qui se devine. Affection d’un silence et d’une tape dans le dos après avoir écouté pendant des heures la litanie des malheurs qui vous ont toujours harcelé. Affection que presque tous ont remarquée, presque tous, sauf vous, bien entendu.
Rappelez-vous, compadre. Parce qu’on est compadres, non ?
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Vidéo de Luis Sepúlveda
Présentation Dernières nouvelles du Sud par Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski .Une présentation en images du dernier livre de Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski, Dernières nouvelles du Sud. En route pour la Patagonie...
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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