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François Gaudry (Traducteur)
ISBN : 2864242540
Éditeur : Métailié (02/10/1997)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 107 notes)
Résumé :
La vie semble faite d'une accumulation de failles imperceptibles qui transforment souvent les désirs, les amours, les amitiés, les projets politiques, tout ce qui compte dans une vie, en détours inexorables du destin.
Ces histoires racontent des situations marquées par ces brisures, ces glissements, ces rendez-vous manqués que les protagonistes n'ont pas su ou pas voulu éviter. Ces histoires font rire ou réfléchir, lorsqu'elles nous tendent un miroir, elles n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
missmolko1
  30 mai 2017
Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre était dans ma PAL depuis très longtemps et c'est à l'occasion d'un challenge que j'en ai profité pour l'en sortir.
La littérature sud-américaine est toujours l'occasion d'un voyage et puis ceux qui me connaissent savent a quel point j'aime les nouvelles.
Malgré tout, je reste sur ma faim car j'ai trouvé le recueil très inégal. Certaines nouvelles sont excellentes, touchantes, pleine de suspense et surtout avec une chute ou un retournement de situation totalement inattendue comme je les aime. D'autres par contre m'ont laissé complétement indifférentes, comme si on avait affaire à un autre auteur.
Je suis quand même bien contente d'avoir retrouvé Luis Sepúlveda, que je n'avais pas lu depuis un petit bout de temps.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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le_Bison
  05 mai 2012
Allez, Compadre ! Viens à la taverne et je te paierai un verre compadre. Mezcal ou Cognac au choix, compadre. Viens, ne me fais pas faux bond, une nouvelle fois et je te raconterai une trentaine de petites histoires, des nouvelles d'Amérique su Sud, compadre, avec des gars comme toi, des compatriotes exilés à Hambourg ou en Suède qui rêvent de revoir la mer, qui se souviennent de ces odeurs de la pampa, des bruits du train qui emmènent des prisonniers bien au-delà de la pampa.
Allez Compadre, accepte cette invitation et je te parlerai de l'amitié et de l'amour ; de tape dans le dos, de silence et de tous ces rendez-vous manqués qui construisent des êtres solitaires et aigris. Oui compadre, souviens-toi de ce gout infect de café noir, un gout aussi infect que le baiser d'une nana qu'on n'aime plus. Compadre, j'ai un disque de Florent Pagny à la maison…
Compadre, cher compadre, viens chez moi pour revivre le temps du passé. Je t'offrirai une bière ou un cognac. Je te ferai écouter Thelonious Monk ou John Coltrane. Ensemble on boira religieusement. Ensemble, compadre, on écoutera pieusement cette musique. Compadre, souviens-toi, tu étais mon compadre, mon ami pour l'éternité. Souviens-toi de ces rendez-vous, tous manqués ou presque, de ce bonheur qui s'est enfui. le destin est comme ça, compadre, souvent injuste, mais l'amitié, mon compadre, devrait se chérir tant quand on la décèle encore entre deux êtres.
Compadre, je te parlerai aussi de cet amour d'enfance. Elle est là dans ma tête, toujours aussi belle. Elle nourrit toujours mes fantasmes. Elle habite cette petite maison jaune sale avec une porte verte. Il me suffirait de cogner dessus, compadre. Mais non, elle ne doit rester qu'un souvenir, compadre. C'est ça les rendez-vous manqués avec l'amour, avec le temps qui passe et trépasse. Des histoires, j'en ai des tas, compadre, qui te feront rire, qui te terrifieront ou que tu trouveras si émouvantes que t'en versera une petite larme. Allez compadre, si tu préfères, je peux aussi te chanter Isabel d'Aznavour… ou me taire, compadre…
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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brigittelascombe
  05 juillet 2011
Tel un Jules Verne, conquérant de l'invisible, Luis Sepulveda, auteur chilien aux best sellers traduits dans le monde entier(dont "Le vieux qui lisait des romans d'amour", prix du roman d'évasion,prix France culture étranger ou "Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler" prix Sorcière) a écrit sur les murs de sa maison la célèbre phrase du capitaine Némo: "Peu m'importent les nouveaux continents, seuls m'importent les hommes".
Et c'est bien d'hommes dont il s'agit ici, d'hommes et de rendez vous manqués avec l'amitié, avec soi même,avec le temps qui passe,avec l'amour.
Et ce qui pourrait passer au prime abord pour de légers flash, polaroïds aigus,scènes courtes de parfois deux pages filmées dans la rue du genre "Enregistrements pirates" de Philippe Delerm, tourne souvent au désespéré, car ce pris sur le vif, se taille dans la chair de paumés.
Que reste t' il de cette maison du début nimbée d'érotisme torride? Celle d'Isabel. "Elle se laissait tirer sans résistance et se collait à mon corps". "Hanches félines". "Contact volcanique du sexe"."Blues de Ray Charles". "La réalité c'était cette maison qui n'était pas là." "T'es un couillon" rient ses amis. Couillon, rêveur, délirant? Les numéros des rues parfois se lézardent de tremblements de terre!
L'errance se perd ensuite dans un train à travers le regard complice d'un prisonnier et d'un adolescent. Couteau caché.Engagement du fils. Dénonciation future du père. Arrestation(?). Pleurs d'une enfance en rupture de bancs!
Et ce fakir tué. Parce qu'on est "compadres" pas vrai? Un compadre comparse qui boit trop, trop de ces petits vins sans tapage peut créer des mauvais tours dans un silence de mort!
Lucidité diabolique. Tout va crescendo, car au bordel de Mamma Antonia, tu te fais engloutir dans ton propre désir sordide d'obscénité. Et tu rampes, et tu pleures et demandes pitié et en redemandes et en as honte!
Absurde cruauté que subit ce vendeur auquel on a supprimé sa licence!
Horreurs militaires, déchéance. le salaud qui torture, déshumanise car déshumanisé lui même et dissémine la souffrance sera t il déchu ou promu au faite de la gloire en héros national?
Vingt sept nouvelles, au fil desquelles, Luis Sepulveda sait nous toucher au coeur dans sa langue si belle, dans ce dépaysement chilien qui lui est propre, et nous transporte dans ce pays en guerre pour nous faire toucher du doigt les simples manques ou les atrocité vécues de son engagement.
Dur mais beau!
Seul l'espoir éclaire le ciel de son nom LIBERTE!
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raton-liseur
  25 février 2012
Omniprésente dictature, douce-amère résistance. Ce recueil de courtes nouvelles au titre nostalgique évoque tous les aspects de la résistance, celle de tous les jours, celle qui est lâche, celle qui se languit dans l'exode, celle qui rêve et celle qui meurt. Les rêves brisés qui continuent, l'espoir tué qui ne se résout pas à mourir.
Dans une seconde partie, il est plus question d'amour, moins de dictature, et il est étrange de voir le même fatalisme, la même résignation et le même espoir.
C'est peut-être un des livres les plus tristes que j'ai lus de Sepúlveda, mais il est aussi un des plus plein d'un espoir résigné mais tenace. C'est une leçon simple de sacrifice pour ses idées ou juste pour vivre. Une leçon qui ne lénifie pas, une leçon qui ne donne pas de leçon, chacun en titre ce qu'il veut, et pour moi ce sera peut-être de l'admiration pour cette force qui ne se dit pas et qui pousse chaque homme ordinaire à prendre sans s'en rendre compte, comme une évidence, la décision de courber l'échine ou de résister.
Les citations en exergue sont aussi très belles et donnent un éclairage supplémentaire aux nouvelles. Elles m'ont donné envie de découvrir d'autres écrivains, ce qui est rare pour moi après une simple lecture de citations. Peut-être pas le livre que je conseillerais pour une première lecture de Sepúlveda, il me semble que l'on profite mieux de ses nouvelles quand on connaît déjà ses thèmes de prédilection, mais très certainement un bon cru, au goût âpre et sucré d'un rhum ajouté de sucre de canne dans un retranchement rebelle de la forêt nicaraguayenne.
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Herve-Lionel
  10 mars 2014
N°334– Avril 2009
RENDEZ-VOUS D'AMOUR DANS UN PAYS EN GUERRELuis SEPULVEDA– Métailié.
(Traduit de l'espagnol par François Gaudry)
Je ne dirai jamais assez l'attachement que j'ai pour les écrivains sud-américains, d'expression espagnole en particulier, et, en général, pour l'atmosphère d'exception que tissent les nouvelles.
J'ai aussi plaisir à célébrer le 29° anniversaire de cette revue en compagnie d' un écrivain d'exception.
Ici, Luis Sepulveda, dont cette chronique a déjà mentionné l'oeuvre, revient avec un recueil de 27 nouvelles où le style est fluide, précis, simple, poétique, érotique aussi parfois et où l'auteur s'attache son lecteur jusqu'à la fin.
Il y est question de ces rendez-vous manqués qu'on a, au cours de sa propre vie, avec soi-même, avec les autres, avec l'amour, l'amitié, avec le temps... Ce sont autant d'actes manqués, de situations qu'on regrette amèrement plus tard mais pour lesquelles on n'est pas forcément pour quelque chose, des moments où la malchance nous accable ou nous paralyse, bloque en nous des mots qu'on n'ose pas dire, de gestes pourtant simples que la timidité nous interdit de faire, qui compromettent à jamais notre vie, la recouvrent de ces remords dont on ne peut se débarrasser et qu'on traîne toute son existence.
Que ce soit ces femmes qu'on n'a pas pu aimer, qui nous ont échappé, ces paysages de bout du monde comme seule la Terre de feu en offre, ces fantasmes d'une enfance qui s'en va sans retour, ces peines jamais éteintes, ces envies jamais vraiment assouvies, le mystères des autres, celui qu'ils ont ou celui qu'on leur prête, leur charme, leur charisme, tout cela laisse des traces indélébiles dans notre âme, avec, en plus une cicatrice invisible, intime mais bien réelle, que nous sommes seuls à connaître et qui nous torturent. Il y a aussi ces moments anodins d'une vie, sublimés par l'écriture, ces petites parcelles d'existence qui, sans elle, s'évanouiraient dans l'oubli, des instants d'une conscience ou d'une absence que le quotidien, la routine et l'usure des jours rendraient transparentes, ces souvenirs qui vous reviennent en pleine figure à propos de rien et qui soulignent nos renoncements, nos compromissions parfois, ce hasard néfaste qui s'attache à nos pas et qui fait de nous, sans que nous y puissions rien, une victime expiatoire de quelque chose que nous ne maîtrisons pas, parce que d'autres êtres se sont insinués dans notre vie, s'y sont installés et pèsent de tout leur poids sur notre destin, cette envie légitime que tout cela change dans un autre sens, que cesse cette chape d'incompréhension, de mystères qui nous étreignent et qui finissent par faire de notre vie quelque chose d'insupportable au point que nous ne pouvons plus nous débarrasser de nos obsessions, de nos phobies, de nos paris fous sur l'avenir immédiat. Ce sont bien ces mots dérisoires qui résument notre histoire, notre cheminement sur cette terre, nos souvenirs, nos repentirs impossibles, tous ces non-dits, ces qui pro quo, des possibles devenus maintenant impossibles... Notre histoire personnelle, que L Histoire ignore parce que nous ne sommes pour elle que des numéros et des êtres sans importance, fait foi de ce parcours qui n'est bien souvent pas sans faute, nous, nous le savons! C'est aussi ces amours chimériques ou usés durablement par le quotidien et qui n'auront jamais plus le lustre d'antan, à jamais enfouis, détruits, parce qu'il n'y a plus rien à dire, plus rien à faire, bref qu'on n'est plus rien et qu'on n'est plus bons qu'à attendre la mort, parce qu'elle, au moins, elle voudra bien de nous, ces amours si improbables que seul la fuite est la solution et avec elle l'oubli, la quête des ombres qui envahissent notre inconscient, ces amours qui nous font croire à nous-mêmes que nous sommes uniques et exceptionnels, ces amours qui nous tombent dessus sans crier gare à cause d'un simple regard, ces amours qui se font urgentes quand la mort rode, que la vie se fait avare de son temps ou fréquente un peu trop le danger, l'indifférence, le dégoût de soi-même, et que l'ennui de l'autre devient soudain insoutenable et qu'on a envie d'autre chose.
Les choses changent pour chacun, d'entre nous, génèrent l'exil, le bonheur ou quelque chose d'indicible que parfois nous ne voulons ni voir ni exprimer parce que ainsi cela perdrait de sa substance et peut-être nous détruirait, ferait renaître en nous le désespoir et nous obligerait à vivre avec l'absence de quelqu'un ou de quelque chose.
Parfois pourtant, on entraperçoit, l'espace d'une fraction de seconde, le bien fondé de cette existence qui est autre chose que la somme des jours sans joie qui constituent notre quotidien, et on admet que tout cela justifie cette attente parfois angoissée et paie largement nos désespérances.

Hervé GAUTIER – Avril 2009.http://hervegautier.e-monsite.com 
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   08 août 2017
Rien de plus immobile que le soir avec sa routine mortelle de rideaux tirés aux fenêtres, de lueurs moribondes qui éclairent des intérieurs assoupis, de grilles qui répriment tout désir de sortir acheter des cigarettes, de rues aux lumières blafardes qui projettent des obélisques sur le pavé. Le soir colle à la fumée de la cigarette, prend une teinte bleue si fine qu'elle se déchire quand il se souvient qu'il vient de lire un article sur la mort de Thelonious Monk, et il lui semble stupide de s'être laissé surprendre en pleine rue par l'annonce du décès d'un homme qu'il n'a jamais connu et dont il a toujours été séparé par une telle distance que se mettre maintenant à la calculer, peut-être en consultant l'Encyclopédie ne servirait qu'à renforcer ces ombres immobiles et cette odeur d'urine.
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le_Bisonle_Bison   03 mai 2012
Il sait qu’il a une cassette du quartet de Thelonious Monk quelque part et il sait aussi que John Coltrane est au saxophone soprano, et qu’il y a si longtemps qu’il a écouté My favorite things pour la première fois que ce n’est pas la peine de faire appel aux calendrier su souvenir.

Il se met à chercher à quatre pattes, à ôter la poussière des cassettes, à lire paresseusement les inscriptions en couleur, en notant la fuite des années sur les mots à moitié effacés, et il finit par trouver.

My favorite things et Thelonious Monk mort récemment à l’autre bout du monde, peut-être dans une odeur de cigarettes semblable à celle qui envahit cette pièce où le soir s’est arrêté et pèse de tout son poids. Au saxophone soprano le tempo sensuel de John Coltrane.

Il débouche une bouteille de vin et se prépare à rendre un hommage posthume à ce mort dont le cri monte des pages du journal. Il introduit la cassette dans l’appareil pour attendre les premières notes, […]
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le_Bisonle_Bison   06 août 2017
Il est tranquillement assis en train de contempler l'immobilité du soir. Il joue à deviner les reflets de l'eau sur la fenêtre, les éclats de lumière qui filtrent à travers les plantes, il regarde parfois la pendule sans la moindre intention de connaître l'heure exacte parce que tout simplement ça lui est égal.
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le_Bisonle_Bison   23 avril 2012
Personne ne peut dire que vous ayez un meilleur ami que celui qui vous parle maintenant en ravalant ses larmes, et bien que ceux qui nous ont connus soient peu nombreux, je crois que tous ont perçu cette immense affection qui transparaissait, doucement, comme s’exprime parfois la véritable affection des hommes, celle qui n’a pas besoin de grands mots et se contente de remplir le verre sans renverser le vin.
Affection d’homme, simplement. Affection d’un paquet de cigarettes lancé sur la table sans autre explication qu’une envie de fumer qui se devine. Affection d’un silence et d’une tape dans le dos après avoir écouté pendant des heures la litanie des malheurs qui vous ont toujours harcelé. Affection que presque tous ont remarquée, presque tous, sauf vous, bien entendu.
Rappelez-vous, compadre. Parce qu’on est compadres, non ?
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kuroinekokuroineko   19 août 2017
Il me suffisait d'entendre le nom des lieux pour les voir: golfe de Corcovado, baie Desolación, golfe des Peines, Ultima Esperanza, passe de Drake. Territoires uniquement habités par la danse fantasmagorique des aurores boréales.
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