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François Gaudry (Traducteur)
EAN : 9782864242543
224 pages
Éditeur : Editions Métailié (02/10/1997)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 145 notes)
Résumé :
Le soir de leur rencontre, il croit rêver. Une fille si magnifique ne peut lui appartenir. Et pourtant, Isabel veut le revoir : ils ont rendez-vous chez elle, samedi. Mais voilà, jamais il ne parviendra jusqu'au lieu magique.
Le café prend un goût d'échec, les fleurs se fanent d'attendre l'aimé, la ville devient labyrinthe. Quand ils sont manqués, les rendez-vous chamboulent volontiers une vie...

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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  22 juillet 2019
L'un des plus merveilleux livres de nouvelles qu'il m'ait été donné de lire. C'est empli de désespoir et chaque nouvelle retourne le coeur car elle met le doigt sur des instants de fragilité avec une force incroyable. Je crois que tant l'écriture, qui a une grâce et une acuité de l'instant, que les histoires évoquées, forment un tout des plus justes dans la perception que reçoit le lecteur d'un moment que l'on peut qualifier de critique dans une vie, d'un " rendez-vous manqué. " Une poignée de porte, un livre doré, un train dans les nuages, une photo déchirée ou même un centimètre gagné sur le désert… chaque détail compte et avec Luis Sepulveda, on navigue sur les brisants, de Hambourg à Santiago, les digues craquent, les brise-lames crient leur impossibilité à retenir les flots des tourments. Les plus beaux textes de Sepulveda pour moi. Merci Poulette pour cette magnifique découverte :) Je te rends le livre avec plein de choses en plus dans la tête !
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oliviersavignat
  17 avril 2020
C'est drôle comme les choses arrivent parfois : il aura fallu la nouvelle du décès de Luis Sepulveda pour que je me décide à lire en entier son admirable Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre. Jusque là j'avais savouré une ou ceux nouvelles par ci par là, suffisamment pour décréter que c'était un des plus beaux livres que j'ai jamais lus... Aujourd'hui je l'ai terminé et l'émotion d'avoir lu un grand livre se mêle au chagrin de savoir son auteur parti pour toujours. C'était finalement le bon moment pour lire ce recueil : ces nouvelles mystérieuses, fantastiques, mélancoliques, magiques aussi sont là pour dire que cette lecture était un rendez-vous, réussi lui, entre un lecteur et un auteur, un dernier rendez-vous, celui où l'on dit : Adios!
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Blackbooks
  11 août 2019
Et si ? Tous ces si qui nous scient, coupent nos vies en rondin d'espoir, en brindille de désespoir pour nourrir les feux de la nostalgie. Contempler dans nos buchers les ratés de nos existences, ces visions flammés qui nous calcinent, nous meuvent sur les périphériques de l'amour, emplissent nos agendas de traverses. Rendez-vous manqués en pays de guerre relatent ces vétilles, ces ratés, ces impondérables qui orientent votre avenir, vous contentionnent dans la mélancolie.
Entre fiction et réalité, entre souvenir et présent, entre résignation et révolte, entre espoir et appréhension, toujours sur le fil, ces nouvelles montrent la nature humaine face aux échecs en tout genre. Souvent touché, l'être humain lutte, espère ou se résigne, mais souvent il trouve enfoui en lui l'envie de poursuivre son chemin, de continuer plus loin la nouvelle route qui s'offre à lui. Résilience de l'espérance, vertige de la vie. Que ce soit face à ce corps d'Isabel qui après s'être abandonné à lui se dérobe inlassablement, se refuse pour finir dans un souvenir nébuleux. Pour échapper à sa peur, à ce fantôme, le narrateur fuit, abandonne ses amis, cette maison fantastique et effrayante, refuse le combat pour poursuivre une vie empreinte de cette souvenance, marcher sur les débris de son coeur. On a rendez-vous avec l'Histoire, avec la gloire, avec l'amour, avec la mort. Tous sont dans l'expectative, attente d'une vie meilleure, d'une danse amoureuse, d'espace et de liberté, de la condamnation. C'est l'occasion pour eux de s'interroger comme pour ce général seul dans sa geôle auscultant son passé, ses actions à la recherche de sa culpabilité, de son innocence. Comme souvent chez Sepùlveda, on a affaire à des perdants, des anti-héros mais c'est pour mieux en tirer la quintessence comme dans le portrait de cette vieille qui n'est pas s'en rappeler la dame de l'Auberge des pauvres dans la nouvelle Quand tu n'auras plus d'endroit où pleurer. Ou bien ce pauvre hère qui vend des sucreries dans l'angoisse perpétuelle de l'inhabituel, de la descente de ces hommes qui lui prendront sa licence, lui voleront sa routine.
Chaque vie, chaque instant est un combat. Combat contre la dictature, contre l'oppression, combat contre la différence, pour « la possibilité de continuer à rêver ». La vie est parfois un rêve, une supposition faite de ces souvenirs, de ces échecs. Des nouvelles parfois tristes, poétiques, parfois plus dures ou oniriques, mais l'ensemble nous invite à vivre intensément ces brefs instants, nous convie à un ultime rendez-vous, celui de la vie tout simplement, celui des si qui s'offrent à nous, nous abîment. Ces bouquets d'éphémères qui volent dans nos têtes. Et si…
Nos lectures
Inondaient
Nos blessures
Nos passés
Seraient-ils
Des îles
Ou nos espoirs
Iraient s'échoir…
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missmolko1
  30 mai 2017
Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre était dans ma PAL depuis très longtemps et c'est à l'occasion d'un challenge que j'en ai profité pour l'en sortir.
La littérature sud-américaine est toujours l'occasion d'un voyage et puis ceux qui me connaissent savent a quel point j'aime les nouvelles.
Malgré tout, je reste sur ma faim car j'ai trouvé le recueil très inégal. Certaines nouvelles sont excellentes, touchantes, pleine de suspense et surtout avec une chute ou un retournement de situation totalement inattendue comme je les aime. D'autres par contre m'ont laissé complétement indifférentes, comme si on avait affaire à un autre auteur.
Je suis quand même bien contente d'avoir retrouvé Luis Sepúlveda, que je n'avais pas lu depuis un petit bout de temps.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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araucaria
  15 mai 2020
Vingt-sept nouvelles, classées dans quatre parties distinctes :
- Rendez-vous manqués de l'amitié,
- Rendez-vous manqués avec soi-même,
- Rendez-vous manqués avec le temps qui passe,
- Rendez-vous d'amour manqués.
Une belle écriture, beaucoup de nostalgie, un sentiment d'étrangeté... Je n'ai pas été à l'aise avec toutes ces histoires... Beaucoup de politique aussi et de récits de luttes...
Quelques très beaux passages il est vrai, mais une impression de vide, de manque, de malaise... Certains autres livres de Sepulveda m'ont beaucoup plus "parlé". Je reste un peu en retrait par rapport à cette oeuvre.
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   17 juillet 2019
Pour tuer un souvenir

Tu as la photo entre les mains et tu trouves trop artificiel le paysage aux couleurs polaroïd. Trop bleue la mer, trop transparent le ciel, trop incendié cet horizon, trop de brillance dans les regards des deux personnages qui s'enlacent au mépris du vent, vêtus de pull-overs semblables.
Tu regardes dehors et la seule chose que tu vois c'est le reflet que la vitre te renvoie comme une gifle, parce qu'il fait nuit et qu'à cette heure les fenêtres se transforment en miroirs qui renvoient la solitude, les intérieurs accablants, les maisons comme la tienne, maisons vides, maison avec café sans sucre le matin, café rapide et la voiture qui ne démarre pas et les minutes qui passent, maisons où tu découvres le matin des signes de déprime qui te signalent à cor et à cri que tu es en train de perdre la grande bataille.
La photo reste dans tes mains. Elle était dans un tiroir que tu n'avais pas ouvert depuis des mois, mais elle est aujourd'hui dans tes mains et tu sens que le moment est venu d'assassiner ces souvenirs anciens.
Alors tu dois prendre la photo comme un parallélépipède parfaitement horizontal et, c'est le plus important, devant une de ces fenêtres qui semblent reprocher à la pièce sa lumière blafarde.
Ce n'est pas toi qui déchireras la photo. C'est quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus courageux ou de plus impersonnel, un autre je-tu qui flotte dans le vide derrière les vitres.
Tu verras cette personne faire un mouvement de crabe avec les doigts, ses mains s'écarter de chaque côté et chacune emporter un morceau presque semblable de la photographie. Puis cette même personne rassemblera les morceaux et refera le même geste une, deux, trois fois, plus si elle l'estime nécessaire, jusqu'à ce qu'inexplicablement tu sentes la fatigue dans tes doigts.
Par la vitre, tu verras tomber des flocons de neige trop gros pour être graciles et violeurs des lois de la gravitation. Ils tomberont vite et, quand tu regarderas le tapis, tes yeux verront les vestiges mutilés d'un souvenir dont rien ne peut plus être sauvé.
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le_Bisonle_Bison   08 août 2017
Rien de plus immobile que le soir avec sa routine mortelle de rideaux tirés aux fenêtres, de lueurs moribondes qui éclairent des intérieurs assoupis, de grilles qui répriment tout désir de sortir acheter des cigarettes, de rues aux lumières blafardes qui projettent des obélisques sur le pavé. Le soir colle à la fumée de la cigarette, prend une teinte bleue si fine qu'elle se déchire quand il se souvient qu'il vient de lire un article sur la mort de Thelonious Monk, et il lui semble stupide de s'être laissé surprendre en pleine rue par l'annonce du décès d'un homme qu'il n'a jamais connu et dont il a toujours été séparé par une telle distance que se mettre maintenant à la calculer, peut-être en consultant l'Encyclopédie ne servirait qu'à renforcer ces ombres immobiles et cette odeur d'urine.
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araucariaaraucaria   15 mai 2020
Finalement, on en prend son parti. on se résigne à perdre le nirvâna. Le pire châtiment n'est pas de se rendre sans lutter. Le pire châtiment c'est de se rendre sans avoir eu la possibilité de lutter. C'est comme de jeter l'éponge par forfait de l'adversaire et même si l'arbitre lève le bras du boxeur vainqueur au milieu des bâillements, la sensation de déroute dure jusqu'à devenir résignation.
Je retournai au billard, aux tapis, à la douzaine de bières gagnées sur le premier imprudent. Salgado m'attendait et nous avons rejoué la pièce du nez éclaté et de l'oeil fermé, deux, trois fois jusqu'à nous serrer la main en déclarant que l'amitié devait être comme ça, bagarreuse.
Mabel.
Avec le temps j'ai appris à oublier ses mots-yeux, la dimension de ses adjectifs-lèvres, la netteté de ses mains-substantifs. Avec le temps, le temps est passé sur mes pas et je me suis empli d'oublis qui m'ont oublié. La ville dont je viens de parler n'existe plus, ni les rues, ni la boutique des muettes, ni les cravates larges comme des rames, ni les palmiers nains, ni l'atmosphère proustienne sans décadence. Tout a disparu. La musique, la salle de bal, le chien penché vers le gramophone. Tout est perdu, je l'ai perdu. Il y a longtemps que mon oeil n'est plus gonflé, mais il me reste un bleu à l'âme et quelque chose manque, Mabel, quelque chose manque et c'est pourquoi je marche dans la vie comme un insecte boiteux, un lézard sans queue ou quelque chose du même genre.
(Rendez-vous d'amour manqués - Histoire d'amour sans paroles)
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le_Bisonle_Bison   03 mai 2012
Il sait qu’il a une cassette du quartet de Thelonious Monk quelque part et il sait aussi que John Coltrane est au saxophone soprano, et qu’il y a si longtemps qu’il a écouté My favorite things pour la première fois que ce n’est pas la peine de faire appel aux calendrier su souvenir.

Il se met à chercher à quatre pattes, à ôter la poussière des cassettes, à lire paresseusement les inscriptions en couleur, en notant la fuite des années sur les mots à moitié effacés, et il finit par trouver.

My favorite things et Thelonious Monk mort récemment à l’autre bout du monde, peut-être dans une odeur de cigarettes semblable à celle qui envahit cette pièce où le soir s’est arrêté et pèse de tout son poids. Au saxophone soprano le tempo sensuel de John Coltrane.

Il débouche une bouteille de vin et se prépare à rendre un hommage posthume à ce mort dont le cri monte des pages du journal. Il introduit la cassette dans l’appareil pour attendre les premières notes, […]
+ Lire la suite
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araucariaaraucaria   12 mai 2020
Tout arriva très vite, parce que le ciel est parfois très pressé. Quelque chose se déchira dans l'air, les nuages déchargèrent leur violence et en un instant je me retrouvais trempé au beau milieu de l'avenue. Je courus à la recherche d'un endroit où m'abriter et pensai à la librairie El Condor, la seule librairie latino-américaine de Zurich, assuré d'y être chaleureusement accueilli par Maria Moretti, qui se hâterait de m'enlever ma gabardine et de m'offrir un bol de café pendant que je me sécherais la tête avec une serviette; mais l'orage redoubla de violence et je ne pus faire autrement que d'adopter l'attitude de poulet désespéré qui est celle de tout piéton surpris par une averse.
(Rendez-vous manqués de l'amitié)
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Videos de Luis Sepúlveda (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Luis Sepúlveda
Bande annonce réalisée par la Bibliothèque publique d'information dans le cadre du cycle de rencontres "Chili, cinéma obstiné".
Au centre de cette rétrospective d'une cinquantaine de films réalisés entre 1958 et 2020, le travail de trois figures du documentaire chilien, Patricio Guzmán, Carmen Castillo et Ignacio Agüero, en leur présence. Avec des films inédits, des redécouvertes, des rencontres et un hommage exceptionnel à l'écrivain et cinéaste Luis Sepúlveda, emporté par la Covid-19 en avril dernier.
Retrouvez la programmation de la Cinémathèque du documentaire : https://www.bpi.fr/cinemathequedudocumentaire/la-cinematheque-du-documentaire-a-la-bpi
Et plus de contenus liés au cinéma documentaire sur notre page Facebook Pour une poignée de docs et notre site web : https://fr-fr.facebook.com/pourunepoigneededocs/ http://www.bpi.fr/cinemathequedudoc
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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