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François Maspero (Traducteur)Carlo Varacchi (Préfacier, etc.)
EAN : 9782020257350
184 pages
Éditeur : Seuil (01/01/1998)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 186 notes)
Résumé :
Juan Belmonte, ancien guérillero chilien, et Frank Galinsky, ex-membre de la Stasi, sont engagés par des parties adverses pour retrouver un mystérieux trésor disparu au Chili. Épris de liberté et de justice, ces deux hommes ont tout sacrifié à leurs idéaux politiques. Revenus de leurs illusions, ils entament leur ultime aventure : un duel sanglant au bout du monde.
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  06 décembre 2015
La corrida n'aura pas lieu.
En 1941, deux Allemands antifascistes sont gardiens à la prison de Spandau. C'est leur seule participation à la folie de la Seconde Guerre mondiale. Ils rêvent de s'établir en Terre de Feu, ultime recoin du monde encore porteur d'espoir. L'argent manque, ils volent de l'or. La Gestapo les arrête. L'un s'enfuit avec le magot, l'autre est torturé jusqu'à la paraplégie. Les deux amis ne se reverront pas. de temps à autre, quelques mots codés.
L'or disparu est toujours recherché. La Stasi a remplacé la Gestapo. le paralytique subit à nouveau la torture.
En 1991, l'étau se resserre.
Juan Belmonte, pas le célèbre torero, mais un ex-guérillero chilien, désenchanté de toutes les révolutions d'Amérique latine, vit en exil à Hambourg où il est videur dans un cabaret.
Frank Galinsky, ancien officier des services spéciaux de la Stasi, a perdu son boulot au moment de la chute du Mur de Berlin.
Tous deux sont engagés par des parties adverses pour retrouver la collection de pièces d'or volée aux voleurs d'un orfèvre juif parti pour un aller simple à Bergen-Belsen.
L'un a un but unique et indéfectible, l'autre n'en a pas.
La chasse à l'homme commence.
Rendez-vous en Patagonie.
Luis Sepulveda écrit ici un roman policier. Il aurait pu aller au fait et se contenter de raconter une enquête dans ses moindres détails. de toute façon, il aurait réussi à tenir ses lecteurs en haleine grâce à son écriture vibrante. Mais il a encore un compte à régler avec la dictature - quelle qu'elle soit et où qu'elle soit - et s'il nous fait presque grâce de la gentillesse incontestée et de la compréhension souriante de tous les tortionnaires du monde, il dénonce les méthodes des plus grands meurtriers du XXe siècle.
Ces analepses ne cassent pas le rythme du récit, au contraire, elles renforcent les raisons du caractère sans pitié des antagonistes.
Sepulveda garde l'amour du Chili, de ses espaces extrêmes et rudes, de ses habitants solidaires, mais on sent combien il lui est impossible de vivre dans un pays où certains bourreaux d'hier sont devenus des dirigeants respectés. La démocratie revenue, le silence sur le passé s'impose.
Pas de longueurs, pas de bla-bla. L'humour - parfois grinçant - ne cède jamais la place au pessimisme.
J'en redemande.
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pdemweb1
  21 juin 2015
Un nom de torero…. Quel titre ! Je pensais que Luis Sepúlveda allait parler de taureaux … Il fallait oser un titre pareil !
Ce n’est pas en tant que défenseur de la Terre Feu, que Luis Sepúlveda, a écrit ce roman, bien qu’il cite Francisco Coloane.
Luis Sepúlveda propose un roman d’espionnage dont l’intrigue fait suite à la réunification des deux Allemagnes, avec un des derniers soubresauts des ex-agents de la Stasi, cherchant à s’accaparer un trésor volé durant la seconde guerre mondiale …
Pour cette chasse au trésor, Luis Sepúlveda rappelle les liens ambigus qu’entretenaient la RDA avec les groupes révolutionnaires d'Amérique du Sud pendant les sinistres dictatures.
Lorsque Luis Sepúlveda, comme dans « le neveu d’Amérique », évoque la torture, son style reste très sobre, mais c’est très poignant.
Le roman n’est pas que noir de désillusions. Luis Sepulveda rappelle le combat et le courage des Mères de la place de Mai.
Pour finir, je voudrais signaler qu’au moins une fois dans son œuvre, dans le chapitre intitulé « Intermèdes » , pendant une veillée funèbre, Luis Sepúlveda rend hommage à un carabinier et à un curé en leur prêtant des citations d’anthologie… Bonne lecture !
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kuroineko
  08 août 2017
Un nom de torero diffère assez des autres livres que j'ai pu lire de Luis Sepulveda. Ce qui prouve son talent et la richesse de son imagination.
Ici, pas de fable écologique, pas de chat élevant une mouette, ou ami avec une souris.
L'action elle-même se déroule en 1991 et débute concomitamment à Hambourg et à Berlin récemment réunifiée. Quoique si on veut être logique, ça commence en fait dans les années 1940 dans une Allemagne en guerre et bientôt répartie entre les quatre puissances alliées victorieuses. Mais vraiment, si on veut aller au fond des choses, ça démarre en 1325 à Tanger.
Pas simple à suivre? C'est l'intrigue qui veut ça. On voyage dans le temps mais également dans l'espace puisqu'on passe de l'Allemagne partie ex-RDA au Chili ex-dictature, plus précisément en Terre de Feu (rien que le nom fait rêver... Mais ne pas oublier une chaude parla pour s'y balader!). Luis Sepulveda, en moins de 200 pages, réussit à parler des trésors volés par les nazis dans les musées, du périple d'un sage musulman au XIVème siècle, des guérillas pour contrer les régimes dictatoriaux et instaurer le socialisme dans les divers États d'Amérique du Sud, secoués depuis l'après-guerre par de multiples coups d'État et révolutions. Il raconte aussi la désillusion des Allemands de l'Est une fois la prime effervescence de la chute du pouvoir soviétique. Ils ne trouvent pas de compassion et de pitié dans les yeux des ex-RFA mais plutôt une méfiance voire un mépris pour ces "Ossis" dont le passé semble plus ou moins trouble.
Et le héros au nom de torero Juan Belmonte, ex-guérillero défaits et exilé à Hambourg, se retrouve pris dans un chantage le forçant à partir en chasse d'un trésor volé par deux soldats de la Wehrmacht (réfractaires au régime hitlérien) aux nazis qui l'avait eux-même dérobé au musée de Brême. Ce héros caché sous des dehors musclés, incisifs et ironiques une blessure toujours à vif depuis des années. Il observe aussi l'évolution du monde d'un oeil blasé et désillusionné. Il avait fui le Chili de Pinochet et y retourne dans la toute jeune démocratie, constatant les changements et les souvenirs réveillés par ce retour au pays.
La lecture de ce court roman demande une certaine concentration pour ne pas se perdre dans les époques, entre Stasi, sandinistes, le Nicaragua, l'Uruguay, etc. le contexte historique de l'intrigue est très riche. Quant aux divers personnages, ils ne sont pas tout d'une pièce mais forment au contraire des individus cohérents et crédibles.
Une lecture très intéressante et agréable, plus noire que les autres livres de Sepulveda. Mais après tout, la réalité est rarement toute rose.
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bilodoh
  29 avril 2018
Qu'est-ce qu'on peut faire de sa vie quand son métier a été d'être guérillero (et qu'on porte le nom d'un célèbre torero)?
Que devient-on dans l'Allemagne d'après la chute du mur quand on a travaillé pour la Stasi?
Pour ces hommes, il est difficile de faire valoir l'expérience professionnelle… Et lorsqu'on leur fait une offre qu'ils ne peuvent pas refuser, chacun de son côté, ils rembarquent dans une quête qui les mènera aux confins du Chili.
Au cours de la recherche de ce trésor volé par les nazis, on pourra voir les désillusions de ces combattants, ceux qui ont lutté pour la démocratie et ceux qui croyaient en leurs institutions et leurs leaders. Avec les dictatures qui se sont effondrées, c'est la fin du pouvoir pour les uns et c'est l'horreur l'amnistie pour les autres qui reconnaissent dans la rue des personnes qui ont torturé à mort leurs amis…
Avec les descriptions colorées de Sepulveda et une juste dose de réflexion sociale, c'est un très bon moment de lecture!
*Ne pas lire la « présentation » au début, car cette analyse très littéraire a failli me gâcher le vrai plaisir de l'oeuvre…
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le_Bison
  15 avril 2012
Deux ex-officiers SS, un ex-agent de la Stasi, un ex-guérillero qui porte le nom d'un célèbre torero, un trésor millénaire composé de 63 pièces d'or, une histoire entre Berlin, Hambourg et la Terre de Feu... A priori, cela me parait confus, un brin compliqué, et j'ignore ce qui a pu m'attirer dans cette aventure rocambolesque, façon Indiana Jones en Patagonie. J'ai quand même ma petite idée, un nom m'a suffi pour me convaincre : Luis Sepúlveda. A chaque nouveau roman de cet auteur chilien, je me retrouve happé par son histoire, qu'elle soit politique, écologique, ou policière comme dans ce cas présent. Elle ne se déroule pas naturellement au fil des pages, elle me hante jour et nuit. Il y a bien entendu ce splendide spectacle de voir se lever le soleil en Terre de Feu. Les images me font rêver. A cheval ou à moto, mettre un poncho noir et traverser cette immensité reste un rêve inaccessible. Les nuits sont froides, je tente de croiser le regard de Florent Pagny au milieu de la pampa, mais personne dans les parages. Sueurs froides : j'entends les cris d'une torture chilienne qui ne sont plus que des murmures étouffés par la nouvelle démocratie. Je perçois les hurlements d'une torture nazie pour récupérer des trésors sans scrupule et sans propriétaire. Dans le brouhaha de la réunification allemande, je distingue fureurs et aliénations pour obtenir informations et renseignements d'anciens membres de la Stasi. Tout autour de moi est torture, et ce n'est pas un ex-guérillero sandiniste au célèbre nom de torero qui va me dire le contraire. Un roman « noir » de Sépúlveda n'est jamais qu'un simple divertissement créatif. Dedans, l'auteur y met quelques parcelles de sa vie, quelques moments de pures cruautés et folies humaines issues de la bestialité de notre monde. Un nom de torero, c'est simplement le genre de roman qui vous tient éveillé toute une nuit devant la réalité et la barbarie des hommes, même si cela reste une fiction...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
pdemweb1pdemweb1   20 juin 2015
Un homme peut résister à la douleur. L'étonnant mécanisme du cerveau offre des recoins, des régions de vide absolu dans lesquels il est possible de se cacher, et il reste toujours l'option finale de sombrer dans la folie.
Mais ces deux possibilités de supporter la douleur supposent que l'on croit en - quelque chose - et que l'on voie, que l'on sente qu'en gardant le silence ce - quelque chose - demeure hors d'atteinte des tortionnaires.
Page 20
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le_Bisonle_Bison   16 avril 2020
En sortant du bus, je sentis le soleil de midi qui cognait à coups de gourdin. Il n'y avait pas un seul nuage ni le moindre souffle d'air. Les rues offraient la blancheur immaculées de leurs maisons ornées de mes plantes préférées : les humbles et résistants géraniums.
Les rues étaient vides, et je savais que c'était normal à l'heure de la canicule. D'une maison s'échappait le son d'une radio et je marchai au hasard entre les murs blancs jusqu'à la fontaine.
Un mince filet d'eau coulait d'un tuyau, troublant paisiblement la surface du bassin. Je bus dans mes mains de cette eau pure et froide, réconfortante et à la saveur de pierre, qui descendait des montagnes à la rencontre des assoiffés...
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ClaireGClaireG   06 décembre 2015
Peut-être que ce flic avait fait une partie de sa carrière dans ces prisons qui n'ont jamais existé ou dont il est impossible de se rappeler l'emplacement, et qu'il y avait interrogé des femmes, des vieillards, des adultes et des enfants qui n'ont jamais été arrêtés et dont il est impossible de se rappeler les visages, puisque, quand la démocratie a ouvert ses cuisses au Chili, elle a d'abord annoncé le prix et que la monnaie dans laquelle elle s'est fait payer s'appelle oubli (p. 141).
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Xav93140Xav93140   21 mai 2020
Alors on va trouver le traînard, celui qui ne se distingue pas au premier rang et qui, à la fin de la bataille, enfonce son épée dans un cheval mort pour montrer qu'il y a du sang dessus. Confie-moi tes problèmes lui dit l'officier. Oublions les grades. Parlons d'homme à homme. Et l'autre se déballonne, il dévoile ses côtés faibles à l'officier qui fait semblant d'écouter leur énumération. Sans le savoir, il passe un examen. A la fin, toutes les preuves de bon sens qu'il a pu donner dûment transformées en pêchés, il reçoit l'offre généreuse de se racheter, de se réhabiliter par la pénitence, laquelle consiste en un pèlerinage derrière les lignes ennemies. Il est recommandé de choisir les volontaires parmi les moins doués pour l'action héroïque, ceux qui ont été les plus touchés par les effets de la guerre dans la société civile.
Une belle ordure, ce Clausewitz.

(page 52)
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kuroinekokuroineko   07 août 2017
A quoi peut encore être bon un ex-guérillero de quarante-quatre ans? A l'Agence pour l'emploi de Hambourg, on regarderait d'un drôle d'oeil ma demande de stage de formation, si je mettais à la rubrique 《que savez-vous faire?》: expert en filatures et contre-filatures, sabotages et actions similaires, faux-papiers, production artisanale d'explosifs, docteur-ès défaites.
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Videos de Luis Sepúlveda (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Luis Sepúlveda
Bande annonce réalisée par la Bibliothèque publique d'information dans le cadre du cycle de rencontres "Chili, cinéma obstiné".
Au centre de cette rétrospective d'une cinquantaine de films réalisés entre 1958 et 2020, le travail de trois figures du documentaire chilien, Patricio Guzmán, Carmen Castillo et Ignacio Agüero, en leur présence. Avec des films inédits, des redécouvertes, des rencontres et un hommage exceptionnel à l'écrivain et cinéaste Luis Sepúlveda, emporté par la Covid-19 en avril dernier.
Retrouvez la programmation de la Cinémathèque du documentaire : https://www.bpi.fr/cinemathequedudocumentaire/la-cinematheque-du-documentaire-a-la-bpi
Et plus de contenus liés au cinéma documentaire sur notre page Facebook Pour une poignée de docs et notre site web : https://fr-fr.facebook.com/pourunepoigneededocs/ http://www.bpi.fr/cinemathequedudoc
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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