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EAN : 9782754830454
128 pages
Futuropolis (07/10/2020)
3.84/5   60 notes
Résumé :
Trois cousins juifs, Andrea, Martino et Cati, sont persécutés par les lois raciales de Mussolini à l’aube de la seconde guerre mondiale. Forcé de quitter Trieste pour New York, Andrea essaiera de retrouver une vie normale, hanté par les fantômes du passé.
À travers le destin d’Andrea Goldstein, jeune homme juif, Andrea Serio nous fait percevoir avec douceur et empathie, l’intensité, la violence, la bêtise crasse et innommable de cette sombre époque, comme les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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🎶Elle nous mettait dans la cuisine pour ne pas qu'on regarde
En deux mois on jouait tout Gershwin sur des verres à moutarde
On a fait du music hall déguisés en Hindous
Elle dansait en Baby Doll sur Rapsody in Blue
Elle a fini sous le capot d'une Dodge ou Cadillac
J'ai ramassé son chapeau et l'autre a pris son sac🎶
Yves Montand-1972-
----🎵----🔵🇮🇹----🗽----🇮🇹🔵----🎵----
L'Amérique est la destination d'évasion vitale pour Andrea Goldstein, un jeune juif italien parti de son pays à cause des lois raciales fascistes en 1938 promulguées par Mussolini. ​On se retrouvera donc à New York, comme Gershwin, avec Andrea Goldstein pris au piège d'un retour au pays pour cause de guerre. Une dénonciation à la foi subtile et violente du racisme, de l'antisémitisme à travers le destin authentique d'Andrea et de sa famille sur des pages au charme et au talent graphique qui en font autant de tableaux évocateurs, émouvants et éclatants.


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C'est une histoire tragique de la Seconde Guerre Mondiale qui nous est raconté. Nous suivons le jeune Andrea Goldstein qui vivait des jours heureux et insouciant à Trieste au bord de la mer adriatique en cet été 1938.

Cependant, comme il était juif et que le gouvernement italien était clairement fasciste, cela ne pouvait coller ensemble. le roi d'Italie Victor Emmanuel III (et accessoirement empereur d'Ethiopie) a promulgué sous l'influence de Mussolini des lois hostiles à cette catégorie de la population qui perdait subitement ses droits au nom d'une haine raciale non fondée. Cela va clairement changer la vie paisible d'une partie des habitants de ce pays.

Le père de famille prend la décision de confier ses enfants à des parents aux Etats-Unis afin de les protéger de cette folie qui s'est emparée de l'Europe et qui va l'amener vers la guerre et la destruction totale.

Cependant, même si le jeune Andréas trouve dans les Etats-Unis une vraie patrie d'adoption, il souhaite se battre pour conserver ses idéaux alors que des sous-marins torpillent des pétroliers américains près des côtes. Oui, les Nazis étaient tout près de New-York...

Malheureusement, le jeune Andréas qui a désormais 22 ans en mars 1945 trouvera la mort lors de la reconquête du pays par les alliés. C'est tragique dans le sens où il était à l'abri mais a préféré prendre les armes au nom de ses idéaux de liberté. C'est surtout très courageux de sa part. Il n'y a rien de plus noble que de se battre contre une dictature.

Le propos tout comme les images sont d'une grande sobriété et parfois d'une grande mélancolie. Il s'agit juste d'apporter un témoignage sur cette époque et sur la condition des juifs en Italie. C'est un pari réussi pour l'auteur dont c'est sa première oeuvre.
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Les premières planches de cette bande dessinée s'ouvrent sur le bleu d'un océan, un bleu qui suit l'agitation des vagues venant cogner contre le flanc du transatlantique norvégien S.S. Bergensfjörd, réquisitionné par le gouvernement des États-Unis d'Amérique et affecté au transport des troupes. Nous sommes le 15 décembre 1944, sur la partie septentrionale de l'Océan Atlantique...
Bleu comme la mer à l'infini. On pourrait aussi parler de peur bleue, tout le monde sur ce navire a peur, de jeunes soldats jouent aux dés, pensent aux filles, boivent beaucoup pour oublier cette peur qui les tenaille quelques jours avant de débarquer sur le sol italien et libérer le pays au côté des autres troupes alliées. Un de ces jeunes soldats regarde le coeur serré l'horizon avec autant de nostalgie que d'appréhension.
Flash-back, nous voici aux pages suivantes dans un bleu plus transparent, plus calme, plus nonchalant. Nous sommes sous le ciel bleu de Trieste, c'est l'été 1938 et la légèreté d'une fin de vacances nous cueille avec joie. C'est le décor d'une plage, les baignades, les rires, une tranche d'insouciance qui s'étale jusqu'à la prochaine rentrée scolaire.
Trois cousins, Andrea, Martino et Cati évoquent déjà cette rentrée, leurs projets respectifs, tandis que brusquement la radio nationale vient poser son couperet sur ce bonheur qui ne demandait rien à personne...
«À dater du jour du 15 octobre 1938, Victor Emmanuel III, par la grâce de Dieu et par la volonté de la nation, roi d'Italie, empereur d'Éthiopie, ayant entendu le Conseil des ministres, décrète que tous les enseignants de race juive seront suspendus de leur service, et ne pourront être inscrits les élèves de race juive.
Sont considérées comme de race juive les personnes nées de parents tous deux de race juive, quand bien même elles professeraient une autre religion que la religion juive…»
C'est l'effarement car Andrea, Martino et Cati sont juifs.
Même lorsqu'ils ressemblent à de grotesques et pitoyables marionnettes, les dictateurs ont cette capacité à être portés par des foules aveugles et admiratives... Comment ne pas être touché par cette planche saisissante d'émotion où l'on voit Andrea s'éloigner de cette foule en transe criant « Duce ! Duce ! Duce ! », faire un pas de côté, tournant le dos à ce magma de bêtise humaine capable d'idolâtrer un fou sanguinaire ? Les temps ont-ils changé ? A-t-on tiré les leçons des tragédies de l'Histoire, des pantins ubuesques mais pouvant détruire en un seul clic la planète tout entière, veulent continuer de tirer les ficelles, façonner un récit historique qui leur ressemble ?
Nous allons suivre plus particulièrement l'itinéraire d'Andrea Goldstein forcé de quitter Trieste pour New York où de ses tantes peut l'héberger. C'est une ville presque normale qui l'attend là-bas, tandis que de l'autre côté de l'océan bleu, le monde bascule dans l'horreur de l'une des pires barbaries humaines et reviennent comme le ressac de la mer les fantômes du passé.
À travers le destin de ces jeunes gens à peine sortis de l'adolescence, Andrea Serio nous peint et dépeint dans des nuances subtiles de bleu les variations de la vie capable d'osciller de la douceur éphémère aux horreurs innommables de cette époque tragique.
Est-ce l'élégance du coup de crayon d'Andrea Serio, les tons pastels qui s'immergent avec harmonie ? Est-ce la pudeur des situations, des planches presque muettes au silence assourdissant digne d'un tableau d'Edward Hopper, tandis que les personnages fragiles et fracassés de douleur vont vers un destin inéluctable? Est-ce le bruit d'une autre guerre à nos portes ? J'ai été touché en plein coeur.
Bleu comme la nuit... La nuit de la bête immonde, toujours recommencée...
Rhapsodie en bleu, avec un tel titre, comment ne pas songer un seul instant à cette oeuvre majeure et envoûtante de Georges Gershwin ?
Rhapsodie en bleu est l'adaptation libre du roman de Silvia Cuttin, Ci sarebbe bastato, encore inédit en France, qui s'est inspirée de l'histoire douloureuse de sa famille pour écrire ce récit.
Refermant le rideau bleu de cet album, je reste longtemps encore habité par la puissance de la douceur qui se dégage de cette histoire.
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L'été 1938 sonne la fin de l'insouciance pour Andrea, Martino et Cati. La proclamation des lois raciales en Italie anéantissent tout espoir de vivre sereinement pour ces jeunes dont les rêves meurent brutalement. Leur avenir est ailleurs, loin des plages, loin de leurs familles, de l'autre côté de l'océan atlantique…

Je ne suis pas une habituée des romans graphiques. C'est en général la participation à des challenges qui me fait me pencher sur ces pages remplies d'images…

Au-delà de l'histoire touchante, Rhapsodie en bleu est un très bel objet. Les dessins sont doux, bercés de couleurs pastels, de visages ébauchés et toute la palette du bleu nous est offert.

J'ai aimé cette ambiance, cette ambivalence entre l'histoire injuste et dure, et les images douces et lumineuses. J'ai aimé cette pudeur, ces silences et toute la retenue cachés derrière les dessins et les mots.

C'est une manière différente de réfléchir sur une partie de l'histoire qui est, encore aujourd'hui, douloureuse et intolérable…

C'est un bel hommage à toutes ces âmes perdues, ces corps meurtris et les choix douloureux que chacun a dû faire, les larmes aux yeux…
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C'est le récit de la fuite des juifs d'Italie pendant la seconde guerre mondiale. Ce n'est pas un récit de grande aventure, épique, au contraire, il est intimiste, s'attarde sur les images de l'Italie, cette beauté, cette quiétude qu'il vont devoir quitter, pour l'oublier ou pour la retrouver plus tard. le graphisme est beau, d'une grande douceur, réalisé au crayons de couleurs ou pastels, cela apporte un velouté aux éléments, de grandes surfaces donnent une texture tactile, une volupté, tout cela est perturbé par les évènements historiques, durs et injustes, la loi raciale décrété par Mussolini en 1938, puis la déportation ou la fuite en 1942 et enfin l'arrivée des américains. Andrea et Magda vont être envoyé aux Etats-Unis par leurs parents, dans la famille d'une tante. Andrea reviendra avec l'armée américaine. Andrea Serio a choisi un point de vu purement sensuel, les images racontent une atmosphère, une ambiance, il a pris le parti de nous laisser errer dans un presque silence, économe en mots, mais pas en lumière, c'est purement visuel et cela suffit, c'est très fort, très beau, très nostalgique… Magnifique.
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critiques presse (1)
LigneClaire
19 octobre 2020
C’est un titre qui est aussi celui d’une oeuvre majeure de l’un des plus grands compositeurs américains Georges Gershwin. Rhapsodie en bleu est désormais celui d’un album unique au charme et à la puissance évocatrice incomparable signé par Andrea Serio.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Bien peu d'éléments en nous, aujourd'hui, évoquent la lumière. Nous sommes beaucoup plus proches des ténèbres. Nous sommes presque ténèbres.
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