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ISBN : 270870852X
Éditeur : Editions Présence Africaine (03/01/2013)

Note moyenne : 3.18/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Haïtienne par sa mère et montréalaise par la vie, Marie-Claudine vient finalement se fixer en Guadeloupe. En attente d’un permis de séjour et meurtrie par le choc culturel, souvent installée sur son balcon au cœur de la ville, elle pose un regard à la fois lucide et désemparé sur Pointe-à-Pitre. Un beau matin, elle ose enfin se questionner sur le désir qui l’a poussée à suivre Arnaud son compagnon. Un attachant blues caribéen.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  04 janvier 2014
Marie-Claudine, professeure de langues, a quitté Montréal pour suivre Arnaud à Pointe-à-Pitre. Son amant s'est vu proposer une belle situation professionnelle, mais elle attend en vain un permis de travail. Désoeuvrée et meurtrie par le choc culturel, Marie-Claudine s'interroge sur le bien-fondé de ce déracinement. « J'ai pesé longuement le pour et le contre. Non, ce n'est pas vrai. Je n'ai pas réfléchi. Je l'ai suivi, c'est tout. Je ne me voyais pas continuer ma petite vie sans lui. » (p. 31) Alors qu'Arnaud a retrouvé sa famille et sa terre natale, Marie-Claudine souffre de l'inconnu qui entoure ses origines haïtiennes. le fossé se creuse entre les amants et la gironde Québécoise perd pied. « Se peut-il que ceux que le Québec a unis puissent être séparés par le seul glaive de nos terres promises ? » (p. 70)
La sagesse populaire veut que toutes les fourmis rêvent d'être des fourmis rouges, elles qui sont si combatives et qui gagnent à tous les coups. Mais toutes les fourmis peuvent-elles vraiment endosser cette carapace martiale ? Marie-Claudine n'est pas de celles qui s'adaptent facilement. Il lui faut passer par « la réconciliation avec soi-même, passer le cap des idéaux pour mieux franchir ceux de la vie. » (p. 127) Sa mélancolie et sa nostalgie composent une touchante élégie sur la terre promise. Si j'ai largement préféré les évocations de Montréal, ville que je connais un peu, je me suis plu à déambuler dans des rues guadeloupéennes inconnues. le court roman d'Édith Serotte est une belle invitation au voyage et tant pis si le vague à l'âme tourne au mal des transports !
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Sharon
  25 janvier 2014
Marie-Claudine est canadienne, née d'une mère haïtienne. Professeur d'espagnol, estimée par ses collègues, elle choisit de suivre en Guadeloupe son compagnon, Arnaud. Désormais, elle attend : elle attend de recevoir un permis de travail, elle attend que son homme rentre du travail. Si Arnaud est « revenu au pays » et travaille dans l'entreprise familial, c'est parce qu'il était au chômage et ne supportait plus cette situation, il a donc accepté la situation que lui offraient ses parents. Marie-Claudine l'a suivie, pas après mûres réflexions, non, elle a accepté, elle la citadine, de tout quitter parce qu'elle ne pouvait envisager la vie sans lui.
La jeune femme, fière de ses origines, de sa couleur de peau, de ses formes généreuses et rassurantes, ne semble que le simple témoin de la vie des autres, et c'est un peu l'impression qu'elle donne au début du roman, dans la partie « matin ». Cela n'a qu'un temps, parce que Marie-Claudine essaie de s'intégrer, de s'acculturer. Etrangère, déracinée, elle regarde les autres sans aucun préjugé. Ce regarde, plein d'empathie, elle l'aiguise pour aller au-delà des apparences. Les relations avec son compagnon, vous vous en doutez, sont au coeur de ce livre, sans oublier, bien entendu, cette famille qui l'a accueilli à bras ouverts, cette famille qui avait mis beaucoup d'espoir en son héritier. Cette espérance n'avait pas le visage de Mélie, surnom affectueux, lié à leurs goûts littéraire commun, donné par Arnaud à sa compagne.
Habile, la famille d'Arnaud ? Certainement. Prompte, surtout, à dissimuler des secrets, et c'est en ce la qu'elle est une famille française – la thématique du secret me semble véritablement liée à la littérature française, du moins dans les productions récentes. Marie-Claudine est suffisamment fine pour déceler qu'il y a quelque chose de pourri sous le soleil de Guadeloupe, quelque chose qui court et pourrait l'éloigner définitivement d'Arnaud.
J'ai aimé ce roman contemplatif, qui distille une douce musique, même si l'action est un peu longue à se mettre en place. J'ai été sensible à son ambiance languissante, au point que j'aurai eu envie que cette lecture se prolonge.
Une belle découverte.
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Commenter  J’apprécie          100
MissG
  05 janvier 2014
Marie-Claudine est une déracinée : haïtienne par sa mère, elle a quitté sa vie à Montréal pour suivre Arnaud, son compagnon, revenu en Guadeloupe auprès de ses parents et de ses amis pour gérer l'entreprise familiale.
En attente d'un permis de travail, elle observe de son balcon la vie, les gens, les paysages de Guadeloupe, le quotidien et le rythme de vie de chacun.
Elle porte un regard aiguisé et juste sur les français : "C'est aussi un travers pour le moins français. Il n'y a pas un citoyen ou même un animal ici qui n'ait son opinion et sa solution aux problèmes socio-économiques.", mais Marie-Claudine est aussi une romantique aimant lire : "Mon âme romanesque me poussait à dévorer ces récits fantastiques d'amoureux impénitents, aux mains sales et calleuses, mais au coeur noble. Des personnages solitaires dont je me sentais si proche, autrefois.".
Ce roman, c'est celui du vague à l'âme de Marie-Claudine qui erre et se cherche au cours de longues journées, qui essaye de retrouver son compagnon tel qu'il était avant et de se faire sa place en Guadeloupe.
Mais il n'est pas facile de se faire accepter et d'intégrer une communauté, pourtant Marie-Claudine fait des efforts et sa multiculturalité l'y aide, mais comme le lui explique une personne, dans le monde il n'y a de la place que pour les fourmis rouges, celles qui dominent : "Pour moi, les fourmis sont à l'image des gens d'ici. Marie-Claudine, nous vivons dans un monde où il n'y a de place que pour les fourmis rouges. Et je suis sûr que si les autres le pouvaient, elles les imiteraient en tous points, quitte à se montrer plus cruelles parfois que les autres espèces.".
Le récit tarde quelque peu à prendre son envol et laisse craindre une platitude, mais il faut être patient car petit à petit il se tisse et le décollage se fait doucement mais sûrement.
Et si la partie consacrée au matin tarde à se mettre en place et ne présente qu'une Marie-Claudine passant son temps à observer les gens de son balcon dans une banalité manquant d'originalité et de piquant, tout bascule dans le milieu de l'après-midi pour s'accélérer le soir et donner un souffle au récit ainsi qu'une intrigue qui pique de curiosité le lecteur.
Le style d'Edith Serotte est fluide et facile à lire, sa pensée est bien construite et se dévide sans difficulté, d'autant plus qu'elle livre à travers ce récit une fine analyse des comportements humains, à travers le regard et les pensées de Marie-Claudine mais aussi dans la construction du personnage d'Arnaud qui est parti du Québec parce qu'il n'avait plus rien à y espérer et qui, en revenant chez lui, espérait y retrouver les personnes et les choses inchangées or, tout est différent et ce n'est pas pour autant qu'il est accepté de tous les bras ouverts et porté aux nues : "Les amis ont vieilli, eux aussi. Et les tumeurs de la vie ne les ont pas épargnés. le retour de l'enfant prodigue n'est qu'une parabole dont se détournent les plus blessés d'entre eux. Les histoires de caramels mous chapardés ne font plus sens. Solidarité est un concept inventé pour les pauvres de tout.".
Il se dégage également de ce récit une évocation de Montréal et surtout une ambiance propre à la Guadeloupe que le lecteur ressent très bien, tout comme une forme de bercement dans le récit de Marie-Claudine qui transporte en décor réel et permet de s'évader le temps de la lecture.
"Les fourmis rouges" est un roman mélancolique, récit d'un vague à l'âme qui transporte le temps d'un peu plus d'une centaine de pages le lecteur aux Caraïbes, un voyage littéraire à ne pas refuser.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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BVIALLET
  28 décembre 2013
Marie-Claudine, jeune femme d'origine haïtienne est venue s'installer dans les années soixante au Canada avec ses parents pour fuir la tyrannie des Duvallier. Elle enseigne l'espagnol dans un collège de Montréal et s'emploie à essayer de trouver des solutions pour les élèves décrocheurs. C'est dans une association de soutien scolaire qu'elle rencontre son « chum », Arnaud, originaire de la Guadeloupe. Tous deux filent le parfait amour. Mais un jour, Arnaud, qui se retrouve licencié, décide de rentrer au pays. Marie-Claudine se retrouve seule, sans travail, dans une famille et un milieu inconnu. Parviendra-t-elle à s'adapter à ce nouvel environnement ?
Ce très court roman (124 pages), qui en contient encore moins si l'on retranche les nombreuses et copieuses citations du livre de Jacques Roumain « Gouverneurs de la rosée », se lit très rapidement sans doute en raison du style simple et proche de la langue parlé qui est utilisé. La pensée d'Edith Serotte est claire et facile à suivre même si elle truffe son texte d'une multitude d'expressions haïtiennes ou québécoises très souvent traduites en bas de page mais pas toujours. L'ennui avec ce roman, c'est que ce n'en est pas vraiment un. C'est plutôt une sorte d'extrait de journal intime présenté en trois parties (matin, après-midi et soir) et composé d'impressions passagères, de portraits de personnages et de scènes de la vie quotidienne croquées sur le vif. le lecteur est heureux d'apprendre que Marie-Claudine se trouve trop grosse mais n'en souffre pas, qu'elle adore cuisiner antillais, qu'elle s'estime polyglotte mais a un peu de peine avec le créole, qu'elle a le blues de Montréal et qu'elle se croit trompée quand son « chum » a l'air de s'éloigner un peu d'elle. Tout cela est d'un banal, d'un quelconque, d'un quotidien si peu signifiant qu'il ne fait pas rêver du tout. Raconter une tranche de vie, pourquoi pas ? Encore faut-il y mettre de l'humour, de l'originalité, de l'esprit ou tout sauver par un style flamboyant, décalé, époustouflant. Ce n'est malheureusement pas le cas pour ce livre qui sera aussi vite oublié qu'il a été lu.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Commenter  J’apprécie          71
bina
  14 janvier 2014
Ce roman présente sous la forme d'un journal qui n'en n'est pas vraiment un, le parcours d'intégration d'une jeune femme qui quitte Montréal, où elle a presque toujours vécu, pour suivre son compagnon qui retourne vivre et travailler auprès de sa famille en Guadeloupe.
Cet ouvrage est intéressant pour le choc culturel qu'il met en avant. Montréal manque à la jeune femme, et elle a du mal à s'implanter à Point-à-Pitre. Son bagage culturel et linguistique qu'elle met en avant ne lui a pas été d'une grande utilité, et elle est confrontée à l'administration française. Les espoirs de son compagnon sont vite déçus, il peine à retrouver ses marques sur fond d'histoire familiale perturbée et de secrets enfouis.
J'ai l'impression qu'Edith Serotte, qui a aussi un parcours géographiquement étoffé, passe à côté de quelque chose. J'aurais aimé que sa narratrice, Marie-Claudine, présente davantage la rencontre culturelle au lieu de se replier sur elle-même, elle passe son temps à se plaindre de son sort sans le prendre en main, et cela finit par devenir ennuyeux le doute sur son choix de vie commence dès la page 12, et ne s'arrête plus. Au final, je n'ai pas trouvé ce que j'attendais, le roman ne m'a pas emporté, ni surprise. Ou alors, c'est moi qui suis passée à côté de quelque chose.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
BVIALLETBVIALLET   28 décembre 2013
Ces fourmis nous ressemblent en tout. Il arrive qu'elles se battent entre elles, tu sais et généralement les rouges l'emportent. Pour moi, les fourmis sont à l'image des gens d'ici. Marie-Claudine, nous vivons dans un monde où il n'y a de place que pour les fourmis rouges. Et je suis sûr que si les autres le pouvaient, elles les imiteraient en tous points, quitte à se montrer plus cruelles parfois que les autres espèces. Les fourmis rouges sont parfaites pour la pêche, elles transmettent à mes appâts toute leur causticité. (…) Les noires ne sont bonnes à rien, elles rêvent toutes d'être rouges. Je haïs plus que tout les fourmis noires.
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BVIALLETBVIALLET   28 décembre 2013
Je suis née grassette, ça, c'est bien vrai. Sur les photos d'école, on me reconnaît à mon visage joufflu. Mais, moi, je ne vois pas où est le problème. J'adore mes seins fermes dans leurs 95 D et ma large taille que j'habille en XXL. Mais, attention, je suis une grassette active ! Je fais un peu de marche, de natation. Les hommes ne s'attendent pas à autant de vie de corps qu'ils croient en sommeil. Ils me dévorent des yeux, hypnotisés, puis s'abandonnent entre mes bras maternants avec une certaine reconnaissance. Ils se découvrent, je pense, plus homme que jamais lorsque je les accueille entre mes cuisses.
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pclpcl   15 janvier 2014
J'ai apprécié les anecdotes de Montréal que Marie-Claudine raconte, d'ailleurs un passage que je n'oublierai pas, c'est quand elle est au salon de coiffure avec ses amies et elles parlent de "son nouveau chum", d'Arnaud, avec des connotations anglaise,créole et français et en fait cela me rappelle quand je parle avec mes amies, on utilise le même mélange de langue
"Anyway, c'est pas mes affaires, mais y a des rumeurs, genre gossips qui circulent sur ce maudit français. Y'a du monde qui dit qu'il n'est pas très serieux. Il fait plein de promesses genre puis qu'il chie dans les mains du monde. Y'a des filles qui le trust pas" page 82
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LiliGalipetteLiliGalipette   04 janvier 2014
« La réconciliation avec soi-même, passer le cap des idéaux pour mieux franchir ceux de la vie. » (p. 127)
Commenter  J’apprécie          120
MissGMissG   05 janvier 2014
Les amis ont vieilli, eux aussi. Et les tumeurs de la vie ne les ont pas épargnés. Le retour de l'enfant prodigue n'est qu'une parabole dont se détournent les plus blessés d'entre eux. Les histoires de caramels mous chapardés ne font plus sens. Solidarité est un concept inventé pour les pauvres de tout.
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