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EAN : 9782746518834
96 pages
Éditeur : Le Pommier (27/02/2019)
3.37/5   28 notes
Résumé :
« Pour chanter les vingt ans du Pommier, mon éditrice me demanda d’écrire quelques lignes. Les voici. Pour une fois, j’y entre en morale, comme en terre nouvelle et inconnue, sur la pointe des pieds. On disait jadis de l’Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l’art, qu’il corrigeait les mœurs en riant. Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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denis76
  25 juin 2019
Pourquoi est-ce que je lis les livres de philo plus vite que les autres, et avec plus d'appétit ? Je n'en sais rien.
Ma critique est un peu un hommage à Michel Serres qui vient de nous quitter ce premier juin.
Il fait l'éloge de l'espièglerie, du chahut, de la désobéissance de sa jeunesse. En vieux grand-père complice et provocateur, il évoque les bazars d'internats qu'il lançait.
.
Mais il met des bornes : la triche n'apporte rien.
Marin, il sait mieux que quiconque la responsabilité de l'homme de quart : on ne triche pas avec la mer, les éléments, la nature : c'est l'école de la vie.
Le chahutage ne doit pas aller trop loin, et ne doit pas se transformer en lynchage : Bérégovoy en est sûrement mort.
.
C'est donc un éloge du chahut doux que propose notre philosophe.
De même, il rappelle une livre précédent où la joute verbale entre Grand Père "Ronchon-c'était-mieux-avant", et Poucette sur son smartphone se fait dans la douceur. Il donne même raison à Poucette, associant le virtuel à vertu, car il n'y a pas mort d'homme dans le virtuel qu'il associe aux exploits chimériques de Quichotte ou de Tartarin, et aux aventures douces des romantiques.
C'est pour une euphémisation de la vie sociale que notre philosophe prend parti. Tiens, ça me rappelle Norbert Élias !
.
Un merveilleux passage sur le don et le pardon vient un peu comme un cheveu sur la soupe, mais je l'ai bien apprécié.
Enfin, une morale de l'humilité vient compléter le tableau de ce petit livre, qui est une sorte de testament de notre philosophe : )
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fanfanouche24
  13 novembre 2019
Un petit opus que j'ai choisi d'offrir, il y a déjà un moment (début septembre) à un camarade pour son anniversaire, qui allie en effet malice, facétie et espièglerie... pour parler des changements sociétaux... entre gravité et légèreté !!
(...)pourquoi tant aimer cette pratique [le chahut ], entendue évidemment comme une conduite morale ?
Parce que le chahuteur supporte mal la hiérarchie, le dogme ou le prêt-à-penser." (p. 23)
Un petit volume de notre grand sage optimiste, Michel Serres... qui pourfend les apparences,les conventions et surtout les "tricheurs" qu'il exècre... il défend , admire les inventeurs, qui oeuvrent en toute humilité, adore le chahut, le rire...reste un homme libre, avec une pensée hors des chemins battus !
Et ce qui est le plus fort, c'est qu'il défend le virtuel, ce qui paraît plus surprenant pour un homme de sa génération...Le Virtuel , de façon large, puisqu'il y inclut
la littérature !!
Un petit ouvrage qui incite à l'indépendance de pensée, à l'humilité dans les parcours de la connaissance, et au rire... qui réunit l'humilité des chemins du savoir, et la relativité de toute chose !!
Un petit livre qui est un joli pied de nez aux humains qui se prennent trop au sérieux !!!
"La vertu du virtuel Grand-Papa Ronchon reproche à Petite Poucette de vivre sans cesse dans le virtuel et d'y perdre à tout jamais le sens de la réalité. Il débite aussi, avec monotonie, la litanie selon laquelle, de son temps, "c'était mieux".Petite Poucette, qui a lu
l'histoire sur Wikipédia, ose à peine rétorquer à Grand-Papa Ronchon que l'atroce XXe siècle produisit, en guerres et crimes d'état, plus de cent millions
de morts, sous les gouvernements de Lénine, Franco, Mussolini, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, rien que des braves gens. "Leurs victimes eussent préféré, dit- elle, mourir virtuellement." Non par des folies assassines, dures, mais dans un jeu électronique, fascinant et doux." (p. 69)

"La joute qui, maintenant, unit et oppose le Sancho Ronchon à Petite Quichotte ouvre alors à la question grandiose : qu'est-ce que la littérature ?
Théâtre ou roman, poésie ou récits, elle couvre l'ensemble des oeuvres d'imagination, cette maîtresse de connaissance et de vérités humaines, d'autant plus réelle qu'elle est virtuelle. Oui, le virtuel est tellement l'essence
ou la vertu des humains, dans leur essence singulière, que pour connaître ces individus dans leur vérité il faut s'instruire d'oeuvres hautement virtuelles comme celles de la littérature, plus profondes, en effet, que les philosophies et les sciences humaines, réelles, trop réelles, quant à elles. (...) Qu'est-ce que la littérature ? le récit indéfini des possibles humains. "(p. 80-81)
D'accord ou pas avec Michel Serres, ce que je trouve appréciable, estimable c'est que ce "vieux philosophe" garde toute son indépendance de pensée, de réflexion sans aller dans la pensée du plus grand nombre ...Désobéissance, Indépendance de réflexion, humilité, soif de la connaissance...et le Rire...pour reconnaître sa modeste place dans l'univers... !!
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DocIdoine
  07 mars 2019
Serres a toujours été sentencieux et creux. Mais le vide à ce point-là, ça fout le vertige. Peut-être qu'en demandant de l'aide à Debbouze... on aurait obtenu la division par zéro! Encore plus fort que la quadrature du cercle ou le mouvement perpétuel!
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Pascalmasi
  04 mars 2019
Petit Ouvrage "de fin de vie ?" écrit pas Michel Serres à la demande de ses éditrices pour l'anniversaire de leur coopération. Quelques belles pensées, des pensées de toujours, un peu comme aimaient à les écrire les Stoïciens, serait-on tenté de dire. le style est souvent limpide mais frôle parfois l'ésotérisme comme aime à le faire Michel Serres. Un petit livre qui se lit, comme ça, sans autre forme de procès. Où l'on comprend que le vieux Monsieur qu'est l'auteur se retourne sur sa vie et sur LA vie - qui est aussi la nôtre pour le coup - avec gentillesse, avec mansuétude, avec intelligence et bonne humeur. Un livre qui fait du bien. Ce qui n'est pas un petit livre ! A lire et sans doute à relire.
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Noctenbule
  27 septembre 2020
Un petit ouvrage qui s'apprécie surtout lorsqu'on sait que c'est le dernier livre de Michel Serres avant son décès. On retrouve sa vivacité et ces traits d'esprit qui l'on fait apprécié de tous. Même sa passion était la philosophie, il ne regardait pas les autres avant prétention et fierté. Il souriait à la vie pour transmettre sa passion et sa joie de vivre. Sa réflexion sur le monde ne s'est jamais arrêtée. D'ailleurs, cela lui a permis de se faire connaître auprès du grand public avec sa Petite Doucette et Grand-Papa Ronchon. Deux générations qui confrontent leur point de vue avec d'un côté « C'était mieux avant » et de l'autre « c'est différent maintenant. Après avoir évoqué son côté espiègle lorsqu'il était jeune, sa prise de conscience dans la notion de lynchage, on retrouve nos deux personnages. Il parle littérature et aussi du virtuel, de la place qu'il prend dans les vies. M. Serres n'a jamais été un fervent utilisateur du numérique, alors il devait se retrouver assez dans Grand-Papa Ronchon. Qu'importe, en quelques mots, il insuffle un vent de bienveillance, d'humour et d'interrogations. J'ai aimé le moment où il questionne le sens et l'action du don. Car de ce mot à l'apparence si simple deux termes partagent son origine : dommage et pardonner. Des sens à l'opposé et pourtant, d'une façon complémentaire indissociable, dans l'idée. Et dans cette période assez trouble, ce mot a une place particulière et cela mérite de se demander ce que cela représente pour nous et de ce que l'on peut attendre ou pas de cette action. Les réponses sont propres à chacun.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   12 novembre 2019
Connaissez-vous enfin une grande civilisation qui ne soit pas née d'une espièglerie..., celle par, par exemple, de désobéir en mangeant une pomme, ce fruit excellent de la connaissance, puisque Eve, mère du savoir, cueilleuse plus que chasseresse, engendra Héraklès, parti en voyage à la découverte des pommes d'or au jardin des Hespérides, qui, à son tour, engendra Newton qui, voyant une pomme tomber, conçut l'attraction universelle...
qui enfin engendra celles pour qui ce livre fut écrit, mes éditrices du Pommier. (p. 89)
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denis76denis76   24 juin 2019
Alors que leurs hamacs se balancent l'un contre l'autre, les marins se sentent personnellement responsables à leur poste. La mer efface le problème du mal, dans lesquels les terriens pataugent avec délices parce que, sur le plancher des vaches, ils ne courent pas de risque majeur. Au contraire, la première faute, même le moindre mensonge, met l'esquif et son équipage en danger de couler, de brûler, de talonner, de cabaner, d'exploser.

NDL : cabaner = chavirer.
Tous ces énarques-banquiers-chercheurs d'or-dévastateurs de forêts-etc devraient faire du bateau, du vrai, pour comprendre qu'avec la nature on ne triche pas.
.
"C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme, tatatin" ( Renaud )
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denis76denis76   24 juin 2019
Dans le cas d'un don généreux, mieux vaut que perdure la chaîne bienfaitrice, mais dans le cas inverse d'un dommage, mieux vaut l'arrêter pour que la vengeance ne se perpétue pas. Collectif, ce pardon se nomme prescription.


NDL : Serres propose que dans le cas d'un bienfait, le don soit transitif, du parent vers l'enfant qui le fera à son propre enfant ;
et que dans le cas d'un méfait, la chaîne de violence soit stoppée par le pardon, la prescription.
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kuroinekokuroineko   30 décembre 2019
Celui qui triche s'avoue à lui-même, et bientôt cela se voit, qu'il ne vaut rien. De fait, il ne vaut rien parce qu'il refuse d'affronter l'extrême dureté des objets, leurs épines douloureuses aux mains, leur vérité, sa lumière crue qui fait mal aux yeux. Il n'acquiert que des médailles en carton. Je hais la triche et ceux qui trichent, car ils n'inventeront jamais rien.
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fanfanouche24fanfanouche24   12 novembre 2019
La vertu du virtuel

Grand-Papa Ronchon reproche à Petite Poucette de vivre sans cesse dans le virtuel et d'y perdre à tout jamais le sens de la réalité. Il débite aussi, avec monotonie, la litanie selon laquelle, de son temps, "c'était mieux".Petite Poucette, qui a lu l'histoire sur Wikipédia, ose à peine rétorquer à Grand-Papa Ronchon que l'atroce XXe siècle produisit, en guerres et crimes d'état, plus de cent millions de morts, sous les gouvernements de Lénine, Franco, Mussolini, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, rien que des braves gens.
"Leurs victimes eussent préféré, dit- elle, mourir virtuellement."
Non par des folies assassines, dures, mais dans un jeu électronique, fascinant et doux. (p. 69)
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Videos de Michel Serres (69) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Serres
Dans un contexte social inédit et face à l'impossibilité de célébrer cette année la 40ème édition du festival, l'association Quai des Bulles, fidèle à son objectif premier de favoriser la création, développe de nouveaux projets pour continuer à promouvoir et valoriser le métier d'artiste et d'auteur de bande dessinée.
C'est pourquoi, nous publions "QDB" : une revue expérimentale, libre et éphémère. Conçue comme un laboratoire graphique, elle questionne avec curiosité le dessin et la multiplicité des démarches, le fond et la forme, bref, tout ce qui fait la base du métier d'artiste.
Le premier numéro invite douze auteurs à s'exprimer sur la thématique « L'Art inutile ! » : Alfred, Karine Bernadou, Florence Dupré la Tour, Joub, Laurent Lefeuvre, Emmanuel Lemaire, Anneclaire Macé, Claire Malary, Nylso, Eric Sagot et Zanzim.
Toutes et tous préoccupé.e.s par l'urgence sanitaire, la culture ne semble plus être un produit de première nécessité. Et pourtant… À ceux qui se posent la question de savoir si l'art est utile, nous souhaitons leur tendre cette revue QDB et leur répondre cette intemporelle citation de Michel Serres :
« A quoi bon vivre si nul jamais n'enchante le monde ? »
Retrouvez la revue en version papier, dans les lieux culturels de Bretagne, à partir du 15 décembre et dès maintenant dans les commerces de proximité de Saint-Malo et le pole culturel La Grande Passerelle.
En numérique : https://bit.ly/3orU8z8
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Certains les nomment génération Y ou "digital natives", les jeunes, (nouvelles ?), générations nous battent à plate couture devant un écran. Moi j'ai préféré les désigner sous le terme générique de ........?........

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