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ISBN : 2262034532
Éditeur : Perrin (01/09/2011)

Note moyenne : 3.21/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Soixante-dix ans après sa mort, que peut on découvrir sur un homme célébré de son vivant et jusqu’aux années 2000 comme un archange de la “bonne” révolution et dont les biographes demeurèrent à distance légendaire voire hagiographique? La véritable histoire de Troski est loin des contes de fées que les occidentaux ont longtemps tenus pour vrais.
Révolutionnaire, praticien, chef de guerre, icône, mais aussi écrivain brillant, homme fou des femmes, juif en conf... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  25 avril 2012
Qui était réellement Trotski , un opportuniste , un idéaliste ? Sans doute un peu des deux .
En tout cas , il eut un destin hors du commun et son nom est passé à la postérité .
Il doit parfois mentir ou occulter certains faits de son existence , il n'aime pas que l'on sache qu'il vient d'une famille assez aisée et qu'il est Juif .
Clin d'oeil du destin , son arrière petit fils retournera en Israël et reviendra aux sources du Hassidisme de la famille de Trotski .
Trotski est parfois clairvoyant , c'est lui qui a eu l'idée de fonder le célèbre journal ' La pravda ' qui signifie ' La vérité ' ce qui est assez ironique pour un pays sous l'emprise d'un communisme monstrueux .
Toute sa vie , il a gardé des fidèles inconditionnels auprès de lui , mais aussi des traîtres car bizarrement , il ne se méfiait pas toujours , faisait même preuve d'une certaine imprudence , d'une certaine naiveté . Bref , ce fut un homme avec sers qualités et ses failles , la plus importante est qu'il a sous estimé la puissance de Staline et a fait preuve de légéreté .
Il a vécu en exil la plus grande partie de sa vie et s'en est accommodé tant bien que mal , il semble que peu de temps avant son assassinat , il souffrait de problèmes de santé de plus en plus fréquents , qu'il avait perdu son optimisme , qu'il ressassait toujours les mêmes idées .
Ce qui m'a frappé c'est le destin cruel de ses enfants qui sont morts de son vivant , Zina la fille de son premier mariage souffrait de schizophrénie et s'est suicidée , Nina sa deuxième fille est morte de tuberculose , Serguëi , le second fils qu'il a eu avec Natalia , a été victime des déportations sous Staline et enfin Léon Sedov , l'aîné des fils qu'il eu avec Natalia a eu une mort suspecte , encore non élucidée à ce jour . Toute sa vie semble osciller entre les extrêmes et a été adoucie par l'amour qui l'a unit jusqu'à sa mort avec Natalia .
C'est une lecture intéressante et pas seulement pour les amateurs d'histoire mais aussi pour tous ceux qui s'intéressent au monde qui nous entoure , car chaque avant - après d'une révolution est riche en enseignements
Je suis donc contente de cette lecture malgré une écriture qui manque un peu de souffle pour me passionner vraiment .
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alaiseblaise
  01 octobre 2011
Livre lu dans le cadre de Masse Critique.
On a tout dit, tout écrit, tout lu, tout entendu sur Trotski.
Du tout et du n'importe quoi. de quoi aveuglément le vénérer ou mécaniquement le haïr.
Trotski est une icône qui trône sur les étagères de l'Histoire avec un grand R comme Révolution. A côté du Che, de Mao ou de Spartacus.
Eblouis, certains se prosternent encore devant l'étalage...les genoux rouges de sang...
Après tout, Trotski n'est pas un Dieu mais un homme comme tout le monde, comme vous et moi...fait de bien et de mal...
Robert Sergent, spécialiste de l'histoire du communisme nous livre ici une somme inédite et passionnante de plus de cinq-cents pages sur un homme hors du commun. Un pavé dans la mare russe qui risque de faire grincer bien des dents chez les croyants-pratiquants du trotskisme.
Ce livre est aussi et surtout une histoire de la Russie : son fin de règne tsariste, ses révolutions et ses querelles intestines entre mencheviks et bolcheviks jusqu'à ses dictatures et ses terreurs.
Précisons : Trotski est resté honni jusqu'en 1988, l'année où Gorbatchev le réhabilite à titre posthume !
Résumons (est-il possible de résumer une vie si ardente ?).
D'origine juive, Leiba Bronstein, né en 1879 en Nouvelle-Russie, au sud de l'Ukraine, choisit à 23 ans le pseudonyme de Trotski.
La légende court encore sur l'origine de ce pseudonyme : il aurait acheté un passeport à un habitant d'Irkoutsk nommé Trotski.
Jeune étudiant, il se prépare déjà aux joutes oratoires en «potassant» «L'Art d'avoir toujours raison» de Schopenhauer. Il sera plus tard un orateur politique hors pair !
Piotr Garvi le décrit comme suit : «La lueur glaciale de son regard derrière son pince-nez, son timbre de voix, non moins glacial, la froideur de son discours parfaitement correct et tranchant, puisqu'il écrit comme il parle et enfin le soin exagéré qu'il apporte à son apparence extérieure, à sa façon de s'habiller et à ses gestes, tout cela créait un effet aliénant, répulsif même."
Prison, déportation et exil vont forger l'esprit combattant de Trotski jusqu'à la révolution de 1917.
Il prit une part active dans la révolution, toujours sur le terrain, au contraire d'un Lénine plus discret.
Adepte de la révolution permanente, il se retrouve vite isolé, banni par les léninistes et les staliniens. Tout cela finira mal, nous le savons : il sera assassiné en 1940, au Mexique par un agent de Staline.
Robert Sergent, enseignant à l'université d'Oxford, nous invite dans l'intimité de Trotski : son enfance et l'école, ses lectures et son talent
d'écrivain, sa famille, ses enfants et ses femmes.
Ce livre est vraiment exaltant à lire !
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Walktapus
  03 octobre 2011
Ce livre se veut la première biographie "objective" de Trotski qui bien qu'évincé puis assassiné par son rival Staline, lui survit idéologiquement. A tel point que des trostskistes ont publié de farouches réactions à cet ouvrage, qu'ils perçoivent comme une attaque à leur fond de commerce, "issue d'une volonté consciente de le dénigrer à un moment où le capitalisme traverse une crise". En ce qui me concerne, non partisan, je ne m'étais jusqu'à présent jamais intéressé à Trotski que sous l'angle de son rôle dans la guerre civile russe - peut-être pas celui que ses zélateurs aiment à rappeler - et sur ce seul point où je me sens relativement compétent, je n'y ai pas décelé de volonté particulière de dessiner un portrait à charge ni à décharge.
L'impression qui ressort de ce livre est celle d'un homme, avec des défauts, des qualités, du génie, du courage et des lâchetés, de l'aveuglement, des erreurs, aussi bien dans sa vie personnelle que publique, le portrait d'un homme, pas d'une icône politique. Il fait suite à deux ouvrages, sur Lénine et Staline, de l'auteur, historien anglais spécialiste de la révolution russe et des débuts de l'URSS. Son travail repose sur une importante collection d'archives. Emblématique est l'accès au manuscrit de l'autobiographie de Trotski, qui comporte, biffés de la main de Trotski les éléments qu'il préférait passer sous silence. Car si Trotski n'a pas menti sur sa vie, il a passé sous silence les éléments qui ne concordaient pas avec l'image qu'il voulait donner de lui-même.
Le livre fait ses 550 pages sans les notes, pèse très lourd dans le sac (à quand une édition électronique ?), mais se lit très bien, dans un langage digeste et vivant. On suit le parcours de Trotski, de son enfance en Ukraine où il nait dans une famille aisée de colons juifs, jusqu'à sa fin, assassiné avec le fameux pic à glace dans une villa fortifiée de la banlieue de Mexico. le portrait qu'en dégage l'auteur est celui d'un homme brillant, orateur magnétique, grand écrivain, mais aussi égocentrique, abandonnant par exemple sa femme et leurs deux jeunes enfants pour aller poursuivre sa carrière révolutionnaire en Europe. La guerre civile le révèle comme un homme impitoyable. le plus étonnant sans doute, est ce portrait d'un homme qui s'estimait au-dessus des querelles de factions et refusa le pouvoir suprême (sous un prétexte fallacieux ?) avant d'être victime des machinations de Staline.
En parallèle, on en apprend beaucoup sur le mouvement révolutionnaire européen et russe, la révolution, la guerre civile russe et les années qui ont suivi. Un livre très intéressant donc, mais à réserver quand même aux gens qui ont un intérêt sur le sujet ou la période.
Il me reste à remercier Babelio et les éditions Perrin pour avoir pu lire ce livre dans le cadre d'une opération "Masse Critique".
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iti1801
  31 octobre 2011
Voilà bien un nom dont on a forcément entendu parler. Et pourtant, sait-on vraiment qui se cache derrière ce pseudonyme ? L'image que l'on garde en tête après en avoir entendu parler au collège et au lycée, colle-t-elle vraiment à la réalité ? Pour ma part, j'ai surtout retenu que c'était le créateur de l'armée rouge (ce qui avait une connotation sanguinaire dans la bouche du prof, quand il nous parlait de l'affrontement entre les Rouges et les Blancs) et qu'il a été évincé par STALINE à la tête de la jeune U.R.S.S. Plus tard, j'ai appris qu'il avait été assassiné au Mexique. Et c'est à peu près tout. Si on prend en compte les groupuscules d'extrême-gauche qui revendiquent son héritage, on peut imaginer que c'était un des penseurs du siècle dernier, mais difficile d'expliquer ce qu'est le trotskisme et la quatrième internationale.
Heureusement, l'Opération Masse Critique de Babelio est venu combler mes lacunes avec cette monumentale biographie que l'on doit à Robert SERVICE ! Car enfin, entre 1879 et 1940, il s'en est passé des choses. Non seulement dans la vie de TROTSKI, mais surtout dans le monde ! En effet, cet ouvrage – et c'est une de ses forces – permet de se rendre compte de l'évolution de la Russie entre la fin de l'ère tsariste et le début de la jeune république soviétique. Plus qu'une évolution, une mutation. Que l'on doit à une poignée d'hommes, parmi lesquels TROTSKI. Fils d'un petit propriétaire terrien juif, Leiba BRONSTEIN, de son vrai nom, est issu d'un milieu plutôt favorisé (ce qu'il s'efforcera de passer sous silence dans son autobiographie) et part poursuivre ses études chez des cousins éloignés à Odessa. Brillant étudiant, c'est là qu'il commence à être influencé par un petit groupe révolutionnaire et renonce à devenir ingénieur. Dès lors, sa vie sera entièrement consacrée à la révolution. Quitte à aller en prison ou à s'exiler (dans la Russie même ou en Europe). D'ailleurs, la révolution de février 1917 le prend au dépourvu, et il se dépêche de rentrer des Etats-Unis, lui qui avait déjà été présent lors de la précédente tentative de 1905. La suite, on la connaît…
Mais Robert Service ne se contente pas d'évoquer l'Histoire, il s'attache aussi à montrer l'homme qui existait sous le personnage public. Certes, il était naturellement brillant et savait haranguer les foules comme personne, pouvant retourner une situation délicate à son avantage. Certes il avait des facilités d'écriture, et ne pouvait s'empêcher de passer une journée sans griffonner des articles ou des livres plus ou moins politiques. Mais c'était un homme qui souffrait souvent de syncope (on ne sait toujours pas si ce n'était pas plutôt des crises d'épilepsie, car la maladie était mal diagnostiquée à l'époque, et mal vue), qui était souvent arrogant, hautain, et n'a pas hésité à abandonner une première femme et ses deux filles. Par la suite, il a été fidèle à sa seconde compagne (même s'il a eu une brève aventure à la fin de sa vie, au Mexique, avec Frida KAHLO). Mais plus que tout il a essayé d'être fidèle à l'idée qu'il se faisait de la révolution. Idée qui était fortement imprégnée de la Révolution française et de la terreur… Si son objectif était la démocratie, les chemins qu'il entendait emprunter pour y parvenir n'étaient pas les plus justes pour le plus grand nombre…
Bref, il est difficile de résumer une telle biographie (près de 500 pages quand même, grand format : un pavé !), mais l'auteur sait la rendre intéressante avec un style vivant, plaisant à lire. le genre de bouquin qui vous fait apprendre sans s'en rendre compte, et passer agréablement le temps.
Lien : http://www.iti1801.net/blog/..
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Chri
  12 mai 2014
On peut lire la vie de Trotsky comme une grande page d'aventure et une grande page d'histoire, du dernier Tsar à Staline en passant par la révolution d'octobre et les deux guerres mondiales. Mais parler de Trostky sans parler du trotskisme, ça donne une biographie terne, montrant encore un homme de pouvoir vaniteux, encore un père absent, un faux-ami et pourquoi pas un dictateur en herbe pire que Staline. Et si on demandait son avis à Mao Tse-tung il ajouterait que Trotsky est un révisioniste et donc la pire espèce de contre-révolutionnaire. A l'inverse, parler de prophéties pour évoquer certaines analyses de Trotsky est aussi déplacé car il est avant tout un homme d'action : si le capitalisme et l'impérialisme entrainent les guerres mondiales, alors chaque pays doit mener sa révolution prolétarienne pour enrayer la décadence, abattre le fascisme et former l'union des travailleurs de tous les pays. Trotsky est en effet le père de la révolution russe avec Lénine, et l'un des plus fervents révolutionnaires au nom de l'internationale communiste.
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critiques presse (6)
LeSpectacleduMonde   16 mars 2012
A rebours de la légende hagiographique tissée par les ténors de la IVe Internationale, Robert Service montre que la victoire politique de Trotski eût sans doute abouti à un bilan encore plus meurtrier que celui de Staline.
Lire la critique sur le site : LeSpectacleduMonde
LaLibreBelgique   10 janvier 2012
C’est à rétablir la vérité et à révéler le vrai Trotski que Robert Service, professeur à Oxford, s’est consacré. Il a dépouillé ses archives privées [...], recueilli les témoignages des derniers survivants qui le connurent, et surtout consulté les procès-verbaux du Politburo et du Comité central devenus accessibles après la chute de l’URSS en 1991.[Une] biographie magistrale [...].
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   30 novembre 2011
Ce qui fait l'exceptionnelle qualité de cette biographie de Trotski, c'est qu'elle nous livre la clé de son échec. La faille de Trotski, c'était sa vanité. Il méprisait le monde entier. Lorsqu'il se découvrit sans amis, sans alliés, contre le rusé Géorgien, son sort était scellé.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   21 octobre 2011
Nous tenons entre les mains la grande biographie critique que Lev Davidovitch Bronstein, tout simplement, méritait. Non qu'il s'agisse d'une biographie à charge [...], non que l'historien d'Oxford manque de la nécessaire empathie pour son sujet, sans quoi il ne saurait y avoir de biographie réussie, mais parce que la recherche est, là, conduite avec cette lucidité qui perce les "misérables petits tas de secrets" qui font la vérité d'un homme et aussi avec le surplomb politique qui permet de juger son action.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   05 septembre 2011
Le Britannique Robert Service publie la première véritable biographie du fondateur de l'Armée rouge. Il y dévoile un révolutionnaire loin des images de propagande. Ainsi, ce portrait de l'exilé qui, pour vivre, prenait soin de vendre son histoire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   02 septembre 2011
Les partisans ou les admirateurs de Trotski auraient tort de passer à côté d'un tel livre en le considérant comme une charge.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
mariechmariech   25 avril 2012
Des lecteurs de 1912-1913 n'auraient pas été surpris par la férocité de la violence interethnique qui éclata dans la région des Balkans des dizaines d'années plus tard .
Commenter  J’apprécie          80
mariechmariech   25 avril 2012
Lorsque les troupes de la garnison passèrent dans le camp ses ouvriers en révolte , Nicolas II sut qu'il avait perdu son autorité .
Commenter  J’apprécie          20
mariechmariech   25 avril 2012
Après la révolution d' Octobre , les Bolchevicks craignaient d'en arriver là eux aussi , car Trotsky leur semblait un candidat très plausible dans le rôle du napoléon soviétique .
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mariechmariech   25 avril 2012
C'était un spécialiste des revirements soudains et il ne se souciait pas d'y préparer les camarades .
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mariechmariech   25 avril 2012
Tout le monde reconnut l'éloquence mais aussi la satisfaction de l'avocat de l'unification à créer la controverse et à semer la zizanie .
Commenter  J’apprécie          10
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