AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2262034532
Éditeur : Perrin (01/09/2011)

Note moyenne : 3.21/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Soixante-dix ans après sa mort, que peut on découvrir sur un homme célébré de son vivant et jusqu’aux années 2000 comme un archange de la “bonne” révolution et dont les biographes demeurèrent à distance légendaire voire hagiographique? La véritable histoire de Troski est loin des contes de fées que les occidentaux ont longtemps tenus pour vrais.
Révolutionnaire, praticien, chef de guerre, icône, mais aussi écrivain brillant, homme fou des femmes, juif en conf... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Totalitarismes
  29 septembre 2016
Il aura fallu attendre 94 longues années avant que ne soit publié un ouvrage à la fois : objectif et très documenté sur Lev Davidovitch Bronstein, plus connu sous le pseudonyme de..., Léon Trotski.
D'ailleurs, cet ouvrage fait partie d'une trilogie de Robert Service (enseignant à l'université d'Oxford) concernant les biographies des trois principaux fondateurs du système Totalitaire Communiste d'U.R.S.S., puis Mondial : celle-ci sur Trotski qui vient d'être éditée en France et à suivre donc, celles de Lénine et de Staline.
Car, curieusement à ce jour, les rares livres concernant Trotski, relèvent pour la plupart, d'hagiographies participant à cultiver le mythe ; et écrites par des écrivains et pseudo-historiens..., Pro-Trotskistes.
Au préalable, voici deux précisions factuelles :
- Les dates exprimées dans ce commentaire sont celles de l'ancien calendrier julien, usité en Russie jusqu'en janvier 1918 et en retard de 13 jours par rapport au calendrier grégorien ;
- Et, le Bolchevisme signifiant majoritaire, était l'intitulé du Communisme avant mars 1918.
Trotski est né le 26 octobre 1879 à Ianovka dans la province de Kherson en Nouvelle-Russie, au sud de l'Ukraine actuelle.
Dès l'adolescence en tant que Marxiste, il était gêné par le bon niveau de vie de sa famille, ce que les Communistes nomment encore aujourd'hui "petit-bourgeois" ou "bourgeois".
Suite à son agitation Révolutionnaire, il se retrouva pour la première fois en prison en 1898.
Il éprouvait déjà à cette époque, une haine viscérale envers la "bourgeoisie". D'ailleurs, en exil en France en 1935, il écrira dans un journal, page 71 :
"(...) qu'il n'existait : "aucune créature plus répugnante qu'un petit bourgeois pris d'un besoin primaire d'amasser des biens"."
Cette description correspondait parfaitement à la condition sociale de ses propres parents. Plus tard (comme nous le verrons), ils devaient eux-mêmes devenir des victimes de la politique de "lutte des classes" par la "dictature du prolétariat" de..., leur propre fils...
Il se maria en 1898 avec Alexandra Sokolovskaïa, une révolutionnaire elle aussi, qu'il rencontra lors de leurs activités militantes. Après avoir été tous les deux emprisonnés, ils furent exilés en Sibérie.
Mais les conditions d'exil sous le régime Tsariste n'étaient en rien comparables avec les premiers camps de concentration et camps de travaux forcés, que Trotski et Lénine allaient mettre en place à partir de 1918, et qui devinrent l'"Archipel du Goulag" sous Staline, pour reprendre l'intitulé du célèbre ouvrage d'Alexandre Soljénitsyne Oeuvres complètes, tome 4 : l'Archipel du goulag, Tome 1.
Trotski considérait même que le fait de côtoyer des exilés Révolutionnaires : cela ressemblait à une université révolutionnaire libre en pleine Taïga Sibérienne.
Puis, Trotski s'enfuit seul en août 1902 de Sibérie en abandonnant lâchement toute sa famille : son épouse et ses deux bébés. Mais pour Trotski la "cause", à cette époque, passait déjà avant sa propre famille. Les êtres humains les plus proches de lui, passaient au second plan, alors les autres...
Il rencontra pour la première fois en octobre 1902, son futur acolyte co-organisateur du coup d'État d'Octobre 1917 : Vladimir Ilitch Oulianov, plus connu sous le pseudonyme de Lénine. Ce dernier permit à Trotski d'écrire des articles dans son journal l'Iskra (l'Étincelle).
Et cette même année, Lénine publia son livre "Que faire ?", dont l'objectif était de "mettre en place une organisation centralisée de révolutionnaires professionnels".
En novembre 1902, il rencontra sa seconde femme (mais ils ne se marièrent jamais), Natalia Sedova.
En 1903, Trotski tourna le dos à Lénine, et cette querelle dura jusqu'en juillet 1917.
A l'été 1904, Trotski fit la connaissance à Munich, d'Alexandre Helphand, un Marxiste comme lui, dont le pseudonyme était Parvus. Il devint alors le mentor de Trotski. Tous deux refusèrent d'adhérer aux : Parti Menchevique (signifiant minoritaire) représenté par Martov, et Bolchevique (signifiant majoritaire) représenté par Lénine. Ces deux Partis étaient issus de la scission en 1903, du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie (P.O.S.D.R.).
Le 9 janvier 1905 se déroula une manifestation pacifique en Russie. Mais celle-ci fut réprimée dans un bain de sang : le "Dimanche Rouge" ; après que le Tsar Nicolas II ait fait tirer sur la foule de manifestants. Cette tragédie déboucha sur une Révolution, qui échoua.
La population traumatisée par cette répression, Nicolas II comprit alors qu'il devenait urgent d'engager de profondes réformes économiques, sociales, de modernisation de la Russie et surtout de Démocratisation.
Quant à Trotski, il jouait déjà pleinement le rôle qu'il s'était attribué, de contestataire invétéré, sectaire et égotiste. Il critiquait TOUT : le Tsarisme, le Capitalisme, les Mencheviques et même..., les Bolcheviques. Bref, l'"infaillible" Trotski était déjà persuadé de détenir la "Vérité Absolue" en toutes choses.
Pour Trotski, comme lui avait inculqué Parvus, un simple soulèvement était insuffisant, il fallait appliquer ce qui est devenu pour le restant de ses jours, son dogme intangible, à savoir : la "Dictature du prolétariat" dans le cadre d'une "Révolution permanente mondiale".
Juif d'origine, Trotski se revendiquait d'être : un Marxiste Internationaliste athée.
Le 28 juin 1914, l'Archiduc François-Ferdinand d'Autriche fut assassiné à Sarajevo. Cet évènement fut à l'origine de la Première Guerre Mondiale.
Puis en 1905, Trotski fut à nouveau incarcéré. Il s'évada et s'exila dans différents pays. Il fut expulsé de France en 1916 et se retrouva dans le pays du Grand "Satan" Capitaliste : aux Etats-Unis, en 1917.
Il apprit alors début mars, qu'une Révolution Populaire se déroulait en Russie et que le Tsar Nicolas II avait dû abdiquer.
Aussitôt, il décida de rentrer en Russie et après moult péripéties, il arriva à Petrograd le 4 mai 1917 ; soit un mois après le retour de Lénine, en provenance de Zurich.
Après le renversement de la Monarchie, la nouvelle étape pour les Bolcheviques consistait dans l'élimination du Gouvernement Provisoire de Kerenski, mis en place après l'abdication de Nicolas II.
Trotski voyait dans le Parti de Révolutionnaires Professionnels qu'était le Parti Bolchevique, l'outil lui permettant de pouvoir conduire au Communisme, d'abord en Russie, puis espérait-il, après avoir renversé les classes dirigeantes dans toute l'Europe, de "Communiser" le monde entier !
Courant juin, les Bolcheviques organisèrent de nouvelles manifestations dans le but de relancer une insurrection, au slogan de : "Tout le pouvoir aux soviets", avec l'aide militaire des marins de la base navale de Cronstadt.
En grand adepte de la Révolution Française et tout particulièrement de la
Terreur Jacobine, Trotski se prenant pour un tribun Jacobin, haranguait les marins de Cronstadt tout en démontrant clairement, que son objectif était l'instauration d'un régime dictatorial et violant. Ce qui était excessivement clair dans ses propos, page 200 :
"Des têtes doivent tomber, le sang doit couler... La force de la Révolution française, c'était cette guillotine qui raccourcissait d'une tête les ennemis du peuple. C'est un instrument excellent. Il nous en faut une dans chaque ville."
Tragiquement pour le Peuple Russe, en 1917, Trotski disposait de moyens techniques d'extermination beaucoup plus conséquents, que dans la France du 18ème siècle, et dont il n'hésita pas un instant à se servir, constamment et massivement.
Le 3 juillet, les marins de Cronstadt ainsi que le 1er régiment de mitrailleurs se présentèrent au siège du Parti Bolchevique, à l'institut Smolny. Mais Trotski, Lounatcharski et Grigori Zinoviev étant conscients que le Gouvernement Provisoire disposait encore de trop nombreux régiments militaires, firent disperser la foule. Ce n'était que partie remise... D'ailleurs, Trotski en 1920, confia lors d'une réunion du Parti : qu'il se servit de ces "évènements" pour "tester" la possibilité d'un coup d'État.
Le 6 juillet, un mandat d'arrêt fut délivré contre Lénine qui s'enfuit alors en Finlande, et Trotski, Kamenev et d'autres Bolcheviques furent emprisonnés.
En Août, survint le conflit ouvert entre Kerenski et le Général Kornilov : Kerenski craignait un coup d'État de Kornilov contre le Gouvernement Provisoire. Pour contrer Kornilov, il libéra les Bolcheviques ; et le 2 septembre, Trotski et Kamenev furent également libérés, en espérant qu'ils compromettent la tentative de putsch de Kornilov. Cette stratégie réussit parfaitement, mais suite à ces libérations, un danger beaucoup plus grand menaçait le Gouvernement Provisoire...
A partir de cette date, ce fut Trotski principalement qui, en l'absence de Lénine exilé en Finlande, tenait les rênes du Parti Bolchevique.
Contrairement à ce que voudrait nous faire croire la propagande Communiste depuis 1917, la "Révolution d'Octobre" fut bel et bien un coup d'État. Et il arrivait à Trotski lui-même, d'appeler un chat..., un chat, et ici, en ce qui nous concerne d'appeler : un coup d'État..., un coup d'État, page 207 :
"Quand je fus libéré de la prison de la démocratie révolutionnaire, nous nous installâmes dans un petit appartement loué à la veuve d'un journaliste libéral, dans une grande maison bourgeoise. Les préparatifs du coup d'État d'octobre allaient bon train. Je devins président du soviet de Petrograd (...)."
Le Comité Central se réunit le 10 octobre, au n°32 rue Karpovka chez Soukhanov, Menchevique de gauche qui était absent, mais en présence de sa femme Galina Flaxerman, Bolchevique, elle, et qui avait tout organisé.
Lénine était rentré clandestinement peu de temps avant à Petrograd, muni d'une perruque.
L'ordre du jour était essentiel, puisqu'il s'agissait de voter Pour ou Contre, le coup d'État : 10 votèrent, Pour, et 2 (Zinoviev et Kamenev), Contre.
La décision ultime était donc prise et elle contribua à bouleverser TOUT le 20ème siècle, dans le monde entier...
Le 16 octobre, fut créé le Comité Militaire Révolutionnaire (C.M.R.), l'organe militaire indispensable devant servir à coordonner et organiser le coup d'État militaire Bolchevique.
Le 24 octobre, dans le cadre du C.M.R., Trotski déclencha les opérations et envoya les soldats prendre le contrôle des points névralgiques de Petrograd, comme : les bureaux de poste et de télégraphe, les banques, les centraux téléphoniques et les gares. le coup d'État était lancé. le 25 octobre, ce fut l'assaut du Palais d'Hiver afin de renverser le Gouvernement Provisoire. Kerenski, lui, réussit à s'enfuir quelques heures auparavant.
Un nouveau Gouvernement appelé par Trotski "soviet des commissaires du peuple" ou Sovnarkom fut donc constitué, avec Lénine comme Président et Trotski en tant que Commissaire du Peuple (ministre) aux Affaires Étrangères.
Lénine et Trotski représentaient les deux principaux fondateurs, désormais inséparables, du régime Bolchevique. Et dès le 1er novembre, lors du Comité de Petrograd, Trotski défendit Lénine contre les attaques de Lounatcharski : ce dernier traitant Lénine de dictateur. Maintenant que les Bolcheviques détenaient le Pouvoir, Trotski pouvait à présent, définitivement "tomber les masques" et affirmer clairement ses intentions Dictatoriales, Terroristes et finalement..., Totalitaires, du régime que les Bolcheviques commençaient à mettre en place, page 218 :
"Il n'y a pas de politique intermédiaire. Pas de retour en arrière. Nous sommes en train de mettre en place la dictature du prolétariat. Nous forcerons les gens à travailler. Pourquoi autrefois, sous la terreur, le sabotage existait-il ? Nous, nous n'avons pas simplement la terreur, mais la violence organisée des ouvriers appliquée à la bourgeoisie (...) Il faut dire clairement et sincèrement aux ouvriers que nous ne sommes pas favorables à une coalition avec les mencheviks et les autres ; ce n'est pas là l'essentiel. Ce qui compte, c'est le programme. Nous nous sommes alliés aux paysans, aux ouvriers et aux soldats qui se battent aujourd'hui (...) (Nous n'irons) nulle part si nous ne gardons que quelques bolcheviks (au sein du gouvernement). Nous avons pris le pouvoir et maintenant nous en portons la responsabilité."
Malgré tout, dans cette déclaration, Trotski, même s'il était un peu plus clair sur ses objectifs à caractères Totalitaires, mentait toujours... Puisque entre mars et octobre 1917, les Bolcheviques avaient promis aux ouvriers, aux soldats et aux paysans, un programme politique résumé en un slogan : "Le pain, la paix, la terre". Or dramatiquement, ils eurent réellement l'inverse : la Terreur Rouge Bolchevique, la Guerre Civile, le Communisme de Guerre conduisant à la gigantesque Famine de 1920 - 1921 faisant 5 000 000 de morts ; et selon l'expression de Lénine, lui-même : la "guerre à mort aux Koulaks (petits propriétaires terriens)" !
Entre le mois de décembre 1917 et mars 1918, Trotski fut mandaté par Lénine pour négocier la paix avec les Allemands, afin de sortir de la 1ère Guerre Mondiale pour pouvoir se consacrer pleinement, à la mise en place du régime Totalitaire Communiste en Russie, par la "Dictature du prolétariat".
En novembre 1917, les Bolcheviques se virent dans l'obligation d'organiser des élections, en vue de la convocation de l'Assemblée Constituante. Mais ils perdirent ces élections.
Malgré moult tentatives d'escroqueries, de manipulations et d'intimidations de la part de Lénine, ils furent contraints de convoquer l'Assemblée Constituante, le 5 janvier 1918. Mais celle-ci fut dissoute par la force dès le lendemain.
Au début de l'année 1918, le bureau politique du Comité Central du Parti Bolchevique était composé de : Lénine, Staline, Sverdlov, Sokolnikov et..., Trotski.
La direction du Comité Central s'installa alors à Moscou au Kremlin.
Puis, le 3 mars 1918 à Brest-Litovsk, une paix "honteuse" et même caractérisée par Lénine lui-même de "paix obscène", compte tenu des immenses territoires cédés, fut signée avec l'Allemagne.
Après avoir été Commissaire du Peuple aux Affaires Étrangères, Trotski changea de "casquette" pour devenir Commissaire du Peuple aux Affaires Militaires.
Courant février, Trotski se consacra donc à constituer son Armée Rouge Soviétique, dans l'optique de déclencher la Guerre Civile.
Manquant d'officiers expérimentés, Trotski n'hésita pas à recruter 60 000 officiers et 200 000 sous officiers de l'ex-Armée Tsariste, afin d'encadrer ses soldats. Pour un Idéologue Marxiste forcené comme Trotski, il est curieux de constater qu'il acceptait d'encadrer son Armée Rouge, avec ses ennemis jurés. Mais ce serait effectivement mal le connaître, puisqu'il avait pris l'infâme précaution, de garder en "otages" les familles (enfants, femmes, vieillards) de ses officiers. Et en cas de trahison de leur part, il menaçait leurs familles de subir les pires tourments.
Il était également un grand adepte des exécutions sommaires, notamment pour les déserteurs de son Armée Rouge, comme décrit par l'auteur, page 264 :
"Il mettait toujours l'accent sur les résultats pratiques, et demeurait un fanatique de la discipline, capable de décimer les régiments qui désertaient ou faisaient preuve de couardise sous le feu ennemi. Au nombre des condamnés figuraient aussi bien des officiers."
En juin 1918, débuta alors la politique du Communisme de Guerre : le Sovnarkom (Comité Central du Parti Bolchevique) décréta une "dictature du ravitaillement" interdisant le commerce privé de denrées alimentaires, crime puni par la loi. Et des brigades furent chargées d'effectuer les réquisitions forcées des récoltes agricoles des paysans et des "Koulaks".
Robert Service nous explique de quelle manière Trotski envisageait sa politique de dictature économique, page 251 :
"Comme tous les camarades communistes, il partait du principe que marchands et spéculateurs ne formaient qu'une seule et même clique ; dans le langage bolchevique, un koulak désignait un paysan plus riche que la moyenne des moujiks du coin. Il ne précisait pas en quoi la suppression du monopole d'État céréalier porterait préjudice à l'économie, surtout si l'approvisionnem
Lien : https://plus.google.com/+Com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
mariech
  25 avril 2012
Qui était réellement Trotski , un opportuniste , un idéaliste ? Sans doute un peu des deux .
En tout cas , il eut un destin hors du commun et son nom est passé à la postérité .
Il doit parfois mentir ou occulter certains faits de son existence , il n'aime pas que l'on sache qu'il vient d'une famille assez aisée et qu'il est Juif .
Clin d'oeil du destin , son arrière petit fils retournera en Israël et reviendra aux sources du Hassidisme de la famille de Trotski .
Trotski est parfois clairvoyant , c'est lui qui a eu l'idée de fonder le célèbre journal ' La pravda ' qui signifie ' La vérité ' ce qui est assez ironique pour un pays sous l'emprise d'un communisme monstrueux .
Toute sa vie , il a gardé des fidèles inconditionnels auprès de lui , mais aussi des traîtres car bizarrement , il ne se méfiait pas toujours , faisait même preuve d'une certaine imprudence , d'une certaine naiveté . Bref , ce fut un homme avec sers qualités et ses failles , la plus importante est qu'il a sous estimé la puissance de Staline et a fait preuve de légéreté .
Il a vécu en exil la plus grande partie de sa vie et s'en est accommodé tant bien que mal , il semble que peu de temps avant son assassinat , il souffrait de problèmes de santé de plus en plus fréquents , qu'il avait perdu son optimisme , qu'il ressassait toujours les mêmes idées .
Ce qui m'a frappé c'est le destin cruel de ses enfants qui sont morts de son vivant , Zina la fille de son premier mariage souffrait de schizophrénie et s'est suicidée , Nina sa deuxième fille est morte de tuberculose , Serguëi , le second fils qu'il a eu avec Natalia , a été victime des déportations sous Staline et enfin Léon Sedov , l'aîné des fils qu'il eu avec Natalia a eu une mort suspecte , encore non élucidée à ce jour . Toute sa vie semble osciller entre les extrêmes et a été adoucie par l'amour qui l'a unit jusqu'à sa mort avec Natalia .
C'est une lecture intéressante et pas seulement pour les amateurs d'histoire mais aussi pour tous ceux qui s'intéressent au monde qui nous entoure , car chaque avant - après d'une révolution est riche en enseignements
Je suis donc contente de cette lecture malgré une écriture qui manque un peu de souffle pour me passionner vraiment .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
alaiseblaise
  01 octobre 2011
Livre lu dans le cadre de Masse Critique.
On a tout dit, tout écrit, tout lu, tout entendu sur Trotski.
Du tout et du n'importe quoi. de quoi aveuglément le vénérer ou mécaniquement le haïr.
Trotski est une icône qui trône sur les étagères de l'Histoire avec un grand R comme Révolution. A côté du Che, de Mao ou de Spartacus.
Eblouis, certains se prosternent encore devant l'étalage...les genoux rouges de sang...
Après tout, Trotski n'est pas un Dieu mais un homme comme tout le monde, comme vous et moi...fait de bien et de mal...
Robert Sergent, spécialiste de l'histoire du communisme nous livre ici une somme inédite et passionnante de plus de cinq-cents pages sur un homme hors du commun. Un pavé dans la mare russe qui risque de faire grincer bien des dents chez les croyants-pratiquants du trotskisme.
Ce livre est aussi et surtout une histoire de la Russie : son fin de règne tsariste, ses révolutions et ses querelles intestines entre mencheviks et bolcheviks jusqu'à ses dictatures et ses terreurs.
Précisons : Trotski est resté honni jusqu'en 1988, l'année où Gorbatchev le réhabilite à titre posthume !
Résumons (est-il possible de résumer une vie si ardente ?).
D'origine juive, Leiba Bronstein, né en 1879 en Nouvelle-Russie, au sud de l'Ukraine, choisit à 23 ans le pseudonyme de Trotski.
La légende court encore sur l'origine de ce pseudonyme : il aurait acheté un passeport à un habitant d'Irkoutsk nommé Trotski.
Jeune étudiant, il se prépare déjà aux joutes oratoires en «potassant» «L'Art d'avoir toujours raison» de Schopenhauer. Il sera plus tard un orateur politique hors pair !
Piotr Garvi le décrit comme suit : «La lueur glaciale de son regard derrière son pince-nez, son timbre de voix, non moins glacial, la froideur de son discours parfaitement correct et tranchant, puisqu'il écrit comme il parle et enfin le soin exagéré qu'il apporte à son apparence extérieure, à sa façon de s'habiller et à ses gestes, tout cela créait un effet aliénant, répulsif même."
Prison, déportation et exil vont forger l'esprit combattant de Trotski jusqu'à la révolution de 1917.
Il prit une part active dans la révolution, toujours sur le terrain, au contraire d'un Lénine plus discret.
Adepte de la révolution permanente, il se retrouve vite isolé, banni par les léninistes et les staliniens. Tout cela finira mal, nous le savons : il sera assassiné en 1940, au Mexique par un agent de Staline.
Robert Sergent, enseignant à l'université d'Oxford, nous invite dans l'intimité de Trotski : son enfance et l'école, ses lectures et son talent
d'écrivain, sa famille, ses enfants et ses femmes.
Ce livre est vraiment exaltant à lire !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Walktapus
  03 octobre 2011
Ce livre se veut la première biographie "objective" de Trotski qui bien qu'évincé puis assassiné par son rival Staline, lui survit idéologiquement. A tel point que des trostskistes ont publié de farouches réactions à cet ouvrage, qu'ils perçoivent comme une attaque à leur fond de commerce, "issue d'une volonté consciente de le dénigrer à un moment où le capitalisme traverse une crise". En ce qui me concerne, non partisan, je ne m'étais jusqu'à présent jamais intéressé à Trotski que sous l'angle de son rôle dans la guerre civile russe - peut-être pas celui que ses zélateurs aiment à rappeler - et sur ce seul point où je me sens relativement compétent, je n'y ai pas décelé de volonté particulière de dessiner un portrait à charge ni à décharge.
L'impression qui ressort de ce livre est celle d'un homme, avec des défauts, des qualités, du génie, du courage et des lâchetés, de l'aveuglement, des erreurs, aussi bien dans sa vie personnelle que publique, le portrait d'un homme, pas d'une icône politique. Il fait suite à deux ouvrages, sur Lénine et Staline, de l'auteur, historien anglais spécialiste de la révolution russe et des débuts de l'URSS. Son travail repose sur une importante collection d'archives. Emblématique est l'accès au manuscrit de l'autobiographie de Trotski, qui comporte, biffés de la main de Trotski les éléments qu'il préférait passer sous silence. Car si Trotski n'a pas menti sur sa vie, il a passé sous silence les éléments qui ne concordaient pas avec l'image qu'il voulait donner de lui-même.
Le livre fait ses 550 pages sans les notes, pèse très lourd dans le sac (à quand une édition électronique ?), mais se lit très bien, dans un langage digeste et vivant. On suit le parcours de Trotski, de son enfance en Ukraine où il nait dans une famille aisée de colons juifs, jusqu'à sa fin, assassiné avec le fameux pic à glace dans une villa fortifiée de la banlieue de Mexico. le portrait qu'en dégage l'auteur est celui d'un homme brillant, orateur magnétique, grand écrivain, mais aussi égocentrique, abandonnant par exemple sa femme et leurs deux jeunes enfants pour aller poursuivre sa carrière révolutionnaire en Europe. La guerre civile le révèle comme un homme impitoyable. le plus étonnant sans doute, est ce portrait d'un homme qui s'estimait au-dessus des querelles de factions et refusa le pouvoir suprême (sous un prétexte fallacieux ?) avant d'être victime des machinations de Staline.
En parallèle, on en apprend beaucoup sur le mouvement révolutionnaire européen et russe, la révolution, la guerre civile russe et les années qui ont suivi. Un livre très intéressant donc, mais à réserver quand même aux gens qui ont un intérêt sur le sujet ou la période.
Il me reste à remercier Babelio et les éditions Perrin pour avoir pu lire ce livre dans le cadre d'une opération "Masse Critique".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
iti1801
  31 octobre 2011
Voilà bien un nom dont on a forcément entendu parler. Et pourtant, sait-on vraiment qui se cache derrière ce pseudonyme ? L'image que l'on garde en tête après en avoir entendu parler au collège et au lycée, colle-t-elle vraiment à la réalité ? Pour ma part, j'ai surtout retenu que c'était le créateur de l'armée rouge (ce qui avait une connotation sanguinaire dans la bouche du prof, quand il nous parlait de l'affrontement entre les Rouges et les Blancs) et qu'il a été évincé par STALINE à la tête de la jeune U.R.S.S. Plus tard, j'ai appris qu'il avait été assassiné au Mexique. Et c'est à peu près tout. Si on prend en compte les groupuscules d'extrême-gauche qui revendiquent son héritage, on peut imaginer que c'était un des penseurs du siècle dernier, mais difficile d'expliquer ce qu'est le trotskisme et la quatrième internationale.
Heureusement, l'Opération Masse Critique de Babelio est venu combler mes lacunes avec cette monumentale biographie que l'on doit à Robert SERVICE ! Car enfin, entre 1879 et 1940, il s'en est passé des choses. Non seulement dans la vie de TROTSKI, mais surtout dans le monde ! En effet, cet ouvrage – et c'est une de ses forces – permet de se rendre compte de l'évolution de la Russie entre la fin de l'ère tsariste et le début de la jeune république soviétique. Plus qu'une évolution, une mutation. Que l'on doit à une poignée d'hommes, parmi lesquels TROTSKI. Fils d'un petit propriétaire terrien juif, Leiba BRONSTEIN, de son vrai nom, est issu d'un milieu plutôt favorisé (ce qu'il s'efforcera de passer sous silence dans son autobiographie) et part poursuivre ses études chez des cousins éloignés à Odessa. Brillant étudiant, c'est là qu'il commence à être influencé par un petit groupe révolutionnaire et renonce à devenir ingénieur. Dès lors, sa vie sera entièrement consacrée à la révolution. Quitte à aller en prison ou à s'exiler (dans la Russie même ou en Europe). D'ailleurs, la révolution de février 1917 le prend au dépourvu, et il se dépêche de rentrer des Etats-Unis, lui qui avait déjà été présent lors de la précédente tentative de 1905. La suite, on la connaît…
Mais Robert Service ne se contente pas d'évoquer l'Histoire, il s'attache aussi à montrer l'homme qui existait sous le personnage public. Certes, il était naturellement brillant et savait haranguer les foules comme personne, pouvant retourner une situation délicate à son avantage. Certes il avait des facilités d'écriture, et ne pouvait s'empêcher de passer une journée sans griffonner des articles ou des livres plus ou moins politiques. Mais c'était un homme qui souffrait souvent de syncope (on ne sait toujours pas si ce n'était pas plutôt des crises d'épilepsie, car la maladie était mal diagnostiquée à l'époque, et mal vue), qui était souvent arrogant, hautain, et n'a pas hésité à abandonner une première femme et ses deux filles. Par la suite, il a été fidèle à sa seconde compagne (même s'il a eu une brève aventure à la fin de sa vie, au Mexique, avec Frida KAHLO). Mais plus que tout il a essayé d'être fidèle à l'idée qu'il se faisait de la révolution. Idée qui était fortement imprégnée de la Révolution française et de la terreur… Si son objectif était la démocratie, les chemins qu'il entendait emprunter pour y parvenir n'étaient pas les plus justes pour le plus grand nombre…
Bref, il est difficile de résumer une telle biographie (près de 500 pages quand même, grand format : un pavé !), mais l'auteur sait la rendre intéressante avec un style vivant, plaisant à lire. le genre de bouquin qui vous fait apprendre sans s'en rendre compte, et passer agréablement le temps.
Lien : http://www.iti1801.net/blog/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Les critiques presse (6)
LeSpectacleduMonde   16 mars 2012
A rebours de la légende hagiographique tissée par les ténors de la IVe Internationale, Robert Service montre que la victoire politique de Trotski eût sans doute abouti à un bilan encore plus meurtrier que celui de Staline.
Lire la critique sur le site : LeSpectacleduMonde
LaLibreBelgique   10 janvier 2012
C’est à rétablir la vérité et à révéler le vrai Trotski que Robert Service, professeur à Oxford, s’est consacré. Il a dépouillé ses archives privées [...], recueilli les témoignages des derniers survivants qui le connurent, et surtout consulté les procès-verbaux du Politburo et du Comité central devenus accessibles après la chute de l’URSS en 1991.[Une] biographie magistrale [...].
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   30 novembre 2011
Ce qui fait l'exceptionnelle qualité de cette biographie de Trotski, c'est qu'elle nous livre la clé de son échec. La faille de Trotski, c'était sa vanité. Il méprisait le monde entier. Lorsqu'il se découvrit sans amis, sans alliés, contre le rusé Géorgien, son sort était scellé.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   21 octobre 2011
Nous tenons entre les mains la grande biographie critique que Lev Davidovitch Bronstein, tout simplement, méritait. Non qu'il s'agisse d'une biographie à charge [...], non que l'historien d'Oxford manque de la nécessaire empathie pour son sujet, sans quoi il ne saurait y avoir de biographie réussie, mais parce que la recherche est, là, conduite avec cette lucidité qui perce les "misérables petits tas de secrets" qui font la vérité d'un homme et aussi avec le surplomb politique qui permet de juger son action.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   05 septembre 2011
Le Britannique Robert Service publie la première véritable biographie du fondateur de l'Armée rouge. Il y dévoile un révolutionnaire loin des images de propagande. Ainsi, ce portrait de l'exilé qui, pour vivre, prenait soin de vendre son histoire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   02 septembre 2011
Les partisans ou les admirateurs de Trotski auraient tort de passer à côté d'un tel livre en le considérant comme une charge.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations & extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
mariechmariech   25 avril 2012
Des lecteurs de 1912-1913 n'auraient pas été surpris par la férocité de la violence interethnique qui éclata dans la région des Balkans des dizaines d'années plus tard .
Commenter  J’apprécie          80
TotalitarismesTotalitarismes   12 avril 2015
Le père de Trotski, âgé, avait quitté le Sud en 1920. Menacé durant tout le temps que dura l'occupation blanche, il ne constata guère d'amélioration avec l'arrivée des Rouges : ses terres furent confisquées et redistribuées à des paysans ukrainiens. Spolié de toutes ses économies, il parvint néanmoins à quitter la province de Kherson et non sans difficultés, il arriva à Odessa. De là, il rejoignit Moscou où il retrouva son fils pour la première fois depuis l'avant-guerre. Il avait alors soixante-dix ans et ne comprenait pas ce qui arrivait au monde qu'il avait connu et dans lequel il avait prospéré : "Les pères triment pour avoir un peu de confort pendant leurs vieux jours, et ensuite leurs fils font la révolution", disait-il. Il eut cependant le courage, même à un âge avancé, de tout recommencer à zéro. Trotski lui trouva une place de gérant dans un moulin près de la capitale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
TotalitarismesTotalitarismes   12 avril 2015
Il n'y a pas de politique intermédiaire. Pas de retour en arrière. Nous sommes en train de mettre en place la dictature du prolétariat. Nous forcerons les gens à travailler. Pourquoi autrefois, sous la terreur, le sabotage existait-il ? Nous, nous n'avons pas simplement la terreur, mais la violence organisée des ouvriers appliquée à la bourgeoisie (...) Il faut dire clairement et sincèrement aux ouvriers que nous ne sommes pas favorables à une coalition avec les mencheviks et les autres ; ce n'est pas là l'essentiel. Ce qui compte, c'est le programme. Nous nous sommes alliés aux paysans, aux ouvriers et aux soldats qui se battent aujourd'hui (...) (Nous n'irons) nulle part si nous ne gardons que quelques bolcheviks (au sein du gouvernement). Nous avons pris le pouvoir et maintenant nous en portons la responsabilité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
TotalitarismesTotalitarismes   12 avril 2015
Comme tous les camarades communistes, il partait du principe que marchands et spéculateurs ne formaient qu'une seule et même clique ; dans le langage bolchevique, un koulak désignait un paysan plus riche que la moyenne des moujiks du coin. Il ne précisait pas en quoi la suppression du monopole d'État céréalier porterait préjudice à l'économie, surtout si l'approvisionnement dans les zones urbaines en était amélioré. De même, les réserves de textiles devaient être destinées aux pauvres des villages ; il pointait enfin la nécessité de lutter sévèrement contre les paysans riches qui stockaient les céréales, réclamant à leur encontre une peine de dix ans de travaux forcés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
TotalitarismesTotalitarismes   12 avril 2015
Je trouve inacceptable de laisser naviguer sur la Volga des vapeurs battant pavillon de la Croix-Rouge. Charlatans et imbéciles interpréteront la réception de céréales comme le signe de la possibilité d'un accord, et ils en déduiront que la guerre civile n'est pas nécessaire. Les raisons militaires de l'envoi de ce convoi ne me sont pas connues. Pilotes et artilleurs ont reçu l'ordre de bombarder et d'incendier les quartiers bourgeois de Kazan, puis ceux de Simbirsk et de Samara. Dans ces conditions, autoriser un convoi de la Croix-Rouge est tout à fait déplacé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : révolution russeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle

Autres livres de Robert Service (2)Voir plus




Quiz Voir plus

Littérature et politique

"Famille, je vous aime : Politique et vie privée à l'âge de la mondialisation". Qui est l'auteur de ce livre?

Michel Onfray
Bernard-Henri Lévy
Luc Ferry
Franz-Olivier Giesbert

10 questions
166 lecteurs ont répondu
Thèmes : politique , écrits politiquesCréer un quiz sur ce livre