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EAN : 9782021332582
336 pages
Éditeur : Seuil (18/10/2018)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 55 notes)
Résumé :
La situation critique dans laquelle se trouve la planète n'est plus à démontrer. Des effondrements sont déjà en cours tandis que d'autres s'amorcent, faisant grandir la possibilité d'un emballement global qui signifierait la fin du monde tel que nous le connaissons.
Le choix de notre génération est cornélien : soit nous attendons de subir de plein fouet la violence des cataclysmes à venir, soit, pour en éviter certains, nous prenons un virage si serré qu'il d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Arthemyce
  11 novembre 2018
Bon, voilà. Je viens de terminer le dernier opus de Servigne & Co et je dois dire je reste un peu sur ma faim.
En résumé, dans Comment Tout Peut S'effondrer, Servigne & Stevens posent les faits : Énergies, Matières Premières, Biodiversité, Climat, Pollution, etc... Avec tous les chiffres, les études et une analyse transversale qui met en lumière de façon brillante l'interdépendance de tous ces sujets, on comprend bien qu'on ne peut plus légitimement nier la fin prochaine de l'ère thermo-industrielle (et avec elle, de notre - relativement - confortable situation).
Ce tome-ci, à contrario, est destiné à ceux qui sont déjà conscients, qui ont déjà pris la mesure du défi qui nous attend. Ici donc, point de zèle dans la rigueur froide des tableaux de données, on est là pour aborder l'aspect "intérieur" de l'effondrement, le côté psychologique donc, mais aussi spirituel : pour apprendre à vivre avec et à en parler; pour apprendre à regarder le monde avec des yeux neufs, non seulement ceux de notre espèce mais aussi ceux du vivant et du monde; et enfin pour porter un regard sur tous ces ponts qu'il nous restent encore à construire.
Subir le choc, se relever, aller de l'avant. C'est en quelques sorte l'algorithme simplifié des périodes troublées. Dans le premier chapitre, les auteurs abordent en profondeur l'aspect psychologique de la prise de conscience et osent s'ouvrir un peu (on rappelle que tout au long du livre, il est admis que le lecteur a accepté la réalité d'un effondrement), en parlant de leur propre expérience, mais aussi en faisant appel à d'autres témoignages : collapsonautes (usagers de l'effondrement), essayistes, psychologues ou encore psychanalystes pour tenter de poser une grille de lecture, nous permettre de déchiffrer nos sentiments pour mieux les appréhender.
Cette partie est une invitation à l'introspection, à la méditation, à la prise de recul en somme. C'est celle-ci, à vrai dire, qui m'a le plus perturbé (positivement). Après la lecture du premier opus et d'autres ouvrages similaires, je n'avais pas pris le temps du recul, de l'acceptation et, en mettant cette phase indispensable en lumière au début de ce livre, j'ai réalisé l'importance de ce travail personnel. Et pour être honnête, ça n'a pas été facile sur le moment mais une fois passé le cap, j'ai ressenti un certain soulagement.
Après cette bouffée d'air le trio nous invite à faire “un pas de côté”. Un pas de côté par rapport au scientisme zélé et cloisonnant ne nous permettant pas d'embrasser la connaissance dans toutes ces composantes interdépendantes, notamment l'aspect émotionnel (impact psychologique de leur propre découverte par les scientifiques par exemple) ; Un pas de côté par rapport à nous-même, pour voir avec les yeux de l'Autre mais aussi les yeux des autres espèces, pour mieux comprendre les interactions qui lient tous les êtres vivants tel un "mycélium pluriversel" ; Un pas de côté par rapport à nos mythes fondateurs, la compétition, l'individualisme, pour créer de nouveaux récits plus en phase avec le temps long de l'histoire humaine et du monde...
Cette deuxième partie a de quoi prendre au dépourvu. Voir des Scientifiques raisonnables et raisonnés proposer tant de regards hors cadres "Scientiste" a de quoi déboussoler. Néanmoins, les angles de vue présentés ne le sont pas de façon dogmatique; il s'agit, là-encore, d'une invitation. Il pourrait être difficile de passer outre tout un champ lexical rappelant ce qu'on pourrait aisément qualifier - de manière caricaturale - de "New Age", mais ici le prosélytisme est exclu, l'ouverture et la curiosité sont de mises. On a déjà suffisamment de portes fermées pour en plus se fermer des fenêtres sur d'autres perceptions.
Devant la distance susceptible de s'installer, un petit interlude pour présenter l'Ecopsychologie et l'Ecoféminisme vient nous permettre de faire une pause - c'est qu'il y'en a des choses à "processer", dans les pages précédentes.
L'Ecopsychologie est un domaine relativement récent (1990) et n'est malheureusement pas une discipline très éprouvée à l'heure actuelle. Elle propose de questionner les liens entre la psyché humaine et la Nature. L'Ecoféminisme a quant à lui surgit dans les années 1970 en réponse à la domination des hommes sur les femmes et sur la Nature, pour donner naissance à des actions féminines autogérées. Ces deux notions permettront de mettre en relief les sujets abordés dans la troisième et dernière partie.
Toujours dans l'invitation, les auteurs évoquent la création de liens. Tisser des liens avec les autres : voisins, villages, quartiers, mouvements... Avec le reste du vivant également - on a suffisamment vu dans les pages ou opus précédents la nécessité de descendre de notre anthro-piédestal.
A l'aide du "Calendrier Cosmique" (1), ils mettent en perspective la jeunesse de l'Homme et encore plus de notre société "moderne" : si l'évolution de l'univers (qui a environ 13.8 Milliards d'années) était représentée sur un calendrier d'un an, l'homo sapiens n'aurait fait son apparition qu'au 31 Décembre à 23h56 ; la société thermo-industrielle à 23h59m59s. Nous sommes jeunes (et c***) et il serait important de prendre conscience du temps long, aussi bien vers le passé que vers l'avenir, pour les prochaines générations; sans oublier tout ce qui nous dépasse, ce qui nous est inintelligible.
Les orientations proposées par la suite exposent encore un point de vue très personnel que les auteurs affirment et assument à plusieurs reprises; les émotions sont à l'oeuvre, on travaille ici à coeur ouvert. On y discute la patho-adolescence de l'humanité évoquée en filigrane juste avant, les réseaux de réconciliation avec le Féminin/Masculin tels que ManKind Project (2) et assimilés, ou encore un rapprochement avec la Nature afin de "faire revivre le sauvage" (au sens de : de quand date votre dernière nuit à la belle étoile? Savez-vous nommer les oiseaux qui vivent dans votre environnement proche?) pour enfin aborder la constitution de "réseaux de tempêtes".
Ce dernier chapitre est le plus déroutant. On ne s'attend pas à ce que des Scientifiques (issus des Sciences dites "exactes", par opposition aux Sciences Humaines & Sociales) parlent aussi ouvertement d'émotions sur fond de psychanalyse. Certains auteurs reconnus (C.G. Jung pour n'évoquer que lui) sont cités aux côtés d'activistes ou essayistes que je connais peu, voire pas, et à propos de domaines que je n'appréhende que de manière tout aussi lacunaire, ce qui rend le discours nébuleux à mes yeux.
Soit.
A mon sens, ce livre soulève beaucoup de questions très intéressantes tout en ne proposant que des pistes à explorer, différents regards sur le monde qui nous entoure, pour un cheminement personnel. le ton donné par l'ouverture sur les émotions des auteurs et aux nôtres-mêmes aident dans cette démarche. Chacun est libre de se reconnaître ou non dans ce mycélium d'idées et de n'en garder que ce qui lui convient.
Bien que cette lecture m'ait moins passionné que les deux derniers titres en date de Servigne - pour leurs caractères hautement factuel et rigoureux -, elle m'a permis de repenser la relation entre rationnel et émotionnel et d'ouvrir des voies d'exploration. Même sans être acquis à tous les points de vue évoqués, ce livre restera une source de remise en question sur les limites de notre vision du monde et sur la nécessité de penser l'interdépendance.

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_cosmique_de_Carl_Sagan
(2) On trouve très peu d'informations sur cette organisation qui proposent des retraites "spirituelles" entre hommes le temps d'un weekend, sous forme de rite de passage pour renouer avec sa masculinité. On peut trouver quelques témoignages très positifs de participants mais aucun (enfin très très peu de) détails sur les "rites" en question ou le déroulement du weekend, les participants devant signer une clause de confidentialité pour ne pas dénaturer l'expérience par des attentes.
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Snail11
  24 octobre 2019
Ça y est, nous y sommes. C'est la fin de notre civilisation techno-industrielle. Pas de miracle à attendre, ni de solution technologique. Il nous faut nous préparer en changeant notre rapport au monde pour vivre cet effondrement, qui pourra prendre différentes formes. Pour vivre ces changements radicaux, et y survivre si possible, nous devons envisager nos relations avec tous les êtres vivants plutôt comme une coopération qu'une compétition. Bonne lecture et bonnes réflexions.
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regina55
  10 novembre 2018
Je vous encourage à regarder la vidéo avec l'interview de Pablo Servigne sur vimeo.com. Dans le menu recherche, tapez : Une dernière bière avant la fin du monde.
C'est particulièrement instructif. Il parle de ce livre justement.
Peu importe si on est d'accord sur tout ou pas. Déjà le titre n'est pas accrocheur, mais l'important c'est le contenu.
C'est un livre qui fait prendre conscience des comportements humains, interdépendance, la cohésion, l'imaginaire.
Pablo S a étudié le comportements des animaux, des humains par rapport à l'entraide par exemple et c'est très intéressant.... je ne vous dirai que ça !
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frandj
  24 septembre 2019
Curieux titre ! Ce livre a été écrit par des auteurs dont la préoccupation majeure est évidemment l'écologie; ils sont convaincus que la planète court à la catastrophe et que toute notre société est sur le chemin de l'effondrement. Le doute n'étant pas permis sur ce point, ils ne discutent pas ici les raisons de cette évolution, ni des chances que l'humanité a d'éviter son destin. Non, les auteurs se focalisent sur la manière dont nous pouvons affronter cette catastrophe et y survivre psychologiquement et spirituellement. Ici, on est donc loin du discours scientifique des experts et des réflexions politiques (au sens le plus large) sur l'écologie.
Personnellement, je n'ai pas été très intéressé par le sujet lui-même. Ce qui m'intéresse vraiment, c'est ce que nous pouvons FAIRE MAINTENANT pour éviter le "collapse".
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Romain28
  06 avril 2019
Autant j'avais été impressionné les premières fois ou j'avais entendu s'exprimer Pablo Servigné , avec cette manière qu'il avait d' asséner factuellement avec douceur et précision la nouvelle de l'effondrement de notre civilisation thermo industrielle, et ce a rebours d'un aveuglement généralisé qu'il procède d'une obsession pour la croissance ou pour des lendemains (de je ne sais quel grand soir) qui chantent, autant je redoutais ce que j'allais trouver dans ce nouveau livre, c'est à dire un manuel de savoir -vivre pour des temps apocalyptiques. Et c'est bien de ce registre dont il s'agit. Pourtant je parviens pas à trouver ce livre antipathique; juste un peu léger , mais dont la modestie dans ce qu'il propose est à l'image de cette nouvelle société à construire.
A défaut d'y trouver rigueur d'analyse et démontage en règle de la duperie capitaliste, on peut volontiers picorer ici et là un tas de réflexions et d'idées qui doivent nous conforter dans la nécessité de faire sécession et de changer d'échelle pour pouvoir espérer vivre quand même .
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critiques presse (2)
LaCroix   08 janvier 2019
Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle proposent un nouveau cadre pour penser l’écologie, en réinventant de nouvelles solidarités et modes d’action.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   22 octobre 2018
L’explosion étant inéluctable, les efforts pour l’éviter dérisoires et vains, nous voilà dispensés des crispations, libérés des combats, disponibles pour traverser sereinement le temps qui reste.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
CompagnieQuatreCompagnieQuatre   10 juillet 2020
En quelques années, c'est un peu le même profil psychologique de dirigeant qui tend à s'emparer du pouvoir, jouant des peurs et de la haine, les attisant avec talent.
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CompagnieQuatreCompagnieQuatre   10 juillet 2020
Un immense défi est face à nous. S'intéresser à ces sujets dans leurs formes scientifiques ou sociologiques comprend un certain risque pour la santé mentale.
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CompagnieQuatreCompagnieQuatre   10 juillet 2020
les psychologues considèrent depuis longtemps qu'une des capacités importantes d'une personne mature est celle de se confronter à la peur de sa propre mort.
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CompagnieQuatreCompagnieQuatre   10 juillet 2020
Pour le dire autrement, la religion pourrait être considérée comme une forme infantile et très codée de spiritualité. (voir contexte p.227).
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DesimoniDesimoni   19 février 2019
Y a-t-il encore un monde sauvage ? Le rouleau compresseur de la civilisation n'a-t-il pas déjà tout grignoté, tout ravagé ? Au cours de ces siècles de domestication du monde sauvage, plantes, animaux, microbes, paysages, cultures ont été mis au pas, cadrés, enfermés, mesurés, processés... , tout comme notre psyché, considérablement appauvrie et elle-même domestiquée jusqu'à la folie.

La domestication n’est pas une simple anecdote, ou une petite branche de l’agronomie, c'est devenu notre monde. Imaginez, par exemple, que la biomasse de l’ensemble des humains représente 36 % de la biomasse de tous les mammifères du monde ! Et que 60 % de la biomasse des mammifères de la planète sont des animaux domestiques. Seuls 4 % sont des espèces sauvages (dont les éléphants et les baleines bleues !). La proportion est similaire pour les oiseaux du monde, dont 70 % de la biomasse sont des poules, dindons, oies et canards.

Les zones sauvages ont fortement régressé, particulièrement ces vingt dernières années, malgré des efforts pour les protéger (toutefois deux fois plus lents). Il ne resterait que 13% de surfaces de zones sauvages (non fréquentées par les humains) dans les océans et 23% sur les continents.

Côté psyché, c'est aussi la grande déconnexion. En 2003, les Européens passaient 90% de leur temps à l’intérieur et, selon ·une enquête récente, les Britanniques passent moins de deux heures par jour à l’extérieur, principalement pour aller faire les magasins ou conduire leur voiture. Quant à nos enfants, pour trois quarts d'entre eux, leur temps de jeu en plein air est moins élevé que celui accordé aux détenus de nos prisons.

pp. 247-8
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« La Chute de l'empire humain » : un livre d'entretien avec dix penseurs de l'effondrement et de la reconstruction, réalisé par Manon Commaret et Pierrot Pantel
Présentation du livre :
En quelques années, l'effondrement de notre société humaine est passé du statut de fantasme à celui de probabilité admise par la communauté scientifique. Comment vivre avec cette perspective d'un basculement désormais inéluctable de notre monde ? Ainsi, Manon Commaret et Pierro Pantel sont allés à la rencontre d'Isabelle Attard, Carolyn Baker, Nicolas Casaux, Yves Cochet, Nicolas Hulot, Derrick Jensen, Jean Jouzel, Arthur Keller, Vincent Mignerot et de Pablo Servigne, pour recueillir non seulement leur vision objective de cet effondrement en cours, mais également leur perception intime. Toutes et tous ont accepté de se livrer avec précision et sincérité.
« La Chute de l'empire humain » est le résultat de ces longues heures d'entretien : un livre qui offre sur le sujet du maintenant et de l'après des perspectives complémentaires et des nuances subtiles, mais également un éclairage sur les émotions parfois contradictoires que suscite la conviction d'un effondrement imminent.
À paraître le 20 août 2020
Pour plus d'informations : https://www.ruedelechiquier.net/essais/283-la-chute-de-lempire-humain.html
+ Lire la suite
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