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Christophe Claro (Traducteur)
EAN : 9782246674412
337 pages
Grasset (11/03/2009)
3.66/5   28 notes
Résumé :
Ce roman se déroule au pied du Golden Gate. Lieu : la Californie. Les années quatre-vingt. Quelques Américains, sous l’œil de Vikram Seth, cherchent le grand amour et bravent le destin.
Cette épopée moderne, où satire et romance entraînent le lecteur au cœur d'une expérience unique, est racontée en vers : sept cents sonnets, à peu de chose près, où tout à tour paraît et disparaît l'espoir, où le futur auteur D'Un garçon convenable, autre roman épique fait de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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LaBiblidOnee
  16 mai 2014
C'est l'histoire de jeunes actifs à San Francisco dans les années 90 : Un peu paumés, en mal d'amour, nous assistons à leur adaptation aux moeurs qui sont en train de changer et à leur apprentissage du couple, de la famille, des concessions.
Phil quitte son métier et manifeste contre les bombes nucléaires que fabrique son entreprise ; Ed, homosexuel, lutte contre lui-même et renonce à l'amour pour se conformer à ses croyances ; John cherche la femme de sa vie mais sa jalousie anéantit son couple ; Jan vit un amour secret mais décède avant de pouvoir se l'avouer et le vivre pleinement ; Liz préfère se marier avec un ami gentil pour donner des petits-enfants à sa mère avant qu'elle ne meure, plutôt que de vivre une passion destructrice.
*****
Si les thèmes de ce roman sont des classiques de l'époque, sa forme est ô combien originale ! Ce qui m'a donné envie de lire « Golden Gate », c'est principalement l'exploit qu'a accompli l'auteur en nous offrant, avec ces 320 pages de vers, un roman cohérent mais également des débats en vers aussi agréables que pertinents, sur des sujets comme l'homosexualité, la force nucléaire, etc. L'auteur parvient véritablement à exprimer tous les sentiments possibles à travers ses sonnets, que ce soit la lassitude, la passion, la colère, etc…! Je crois d'ailleurs, ce tour de force n'a été traduit qu'en 2009 pour la première fois, soit 20 ans après sa sortie dans sa langue originale (Pour ceux qui parlent bien l'anglais, il pourrait d'ailleurs être intéressant de le lire en version originale).
Concernant la version française, j'ai trouvé les sonnets parfois inégaux : certains sont parfaits et d'autres coulent un peu moins de source. Pourtant, même pour quelqu'un à qui la poésie n'est pas familière, la totalité du roman est aisément compréhensible. Car si, au départ, la forme peut déstabiliser sur un format aussi grand (lire un sonnet ou lire 320 pages de sonnets est une démarche bien différente), le cerveau s'habitue vite à la forme pour se consacrer au contenu.
Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est l'apparente contradiction, mais en réalité la belle adéquation, entre la forme désuète des vers, et la modernité du contenu, que ce soit des mots ou des propos. C'est véritablement ce qui donne du relief à cette oeuvre. Avec l'habitude, je lisais la plupart des sonnets presque comme un roman classique, et ne je m'attardais sur le génie que des plus réussis à mes yeux. Pour autant, la musicalité est omniprésente qui rythme le récit.
Son balancement régulier apporte une touche de flottement à la lecture, qui m'a donné l'impression hypnotisante de survoler la vie des personnages au lieu de la ressentir complètement – Finalement, cela ne m'a pas gênée outre mesure puisqu'en contrepartie, les rimes apportent un certain recul sur les propos de l'auteur, ce qui leur confère de la force ; La tournure et les rimes apportent également une forme très plaisante d'humour ou d'ironie à certains propos.
Au final, ce roman en vers se lit de manière fluide même si au départ il pourra vous demander plus de concentration qu'un roman ordinaire, et il vous marquera sûrement par sa forme originale. Bref, un roman à la fois poétique et moderne, que je vous conseille pour l'expérience particulière malgré l'histoire très simple et très classique (et c'est dommage mais ça se comprend). Cette oeuvre peut également servir peut-être pour tenter d'intéresser les jeunes à la poésie !
Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
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MarianneL
  22 août 2013
Démarrant «Golden Gate», j'étais très partagée ;
On se moquait de moi, et quelle banalité !
Mais tant d'humour se niche dans ces rimes surannées,
Qui arrachent chaque ligne à la vulgarité.
Golden boy et guerre froide quasiment en fin de vie,
Relations amoureuses dont on sort meurtri,
Même une partie de Scrabble est rendue délicieuse,
Tragicomiques deviennent les scènes les plus odieuses.
Quand on le referme après cinq cent sonnets… sniff
Car oui, finalement, ce texte est bien jouissif.
Carpe diem de ce roman sera le mot de fin.
Délaissons notre hantise des alexandrins,
Et de la traduction saluons la prouesse,
C'est encore Claro qui prouve sa hardiesse.
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Charybde2
  19 juin 2013
Un tour de force, où les alexandrins transforment en profondeur de jeunes Californiens de 1986.
Par Charybde2
Publié en 1986, traduit en français en 2009 par Claro chez Grasset, le premier roman du poète indien Vikram Seth s'inscrit sans hésitation parmi ces livres qui résonnent longuement chez le lecteur, bien au-delà de leur propos apparent.
Dans le San Francisco de 1986, où les aspirations matérielles des yuppies déjà presque triomphants se déploient avec pour seules contraintes l'ombre noire des derniers soubresauts de la guerre froide et de ses peurs nucléaires, et celle des inquiétudes écologiques peu à peu croissantes, quelques amis et amies de lycée et d'université se retrouvent, se croisent, se reperdent, échangent et évoluent, une dizaine d'années après leur "entrée sur le marché du travail".
La quête d'identité de chacun et de chacune, sujet par excellence de comédies acides toujours divertissantes mais vaguement banales, est ici transfigurée par une "technique" qui dépasse largement le seul exercice de style. D'une certaine manière, comme l'économiste Frédéric Lordon le fit à propos de la crise bancaire systémique née en 2007-2008, le vers (l'alexandrin recréé avec grand talent par Claro en français) change profondément la nature du récit. Les chassés-croisés amoureux, le choc apparent d'une homosexualité s'exprimant tout à coup, les angoisses carriéristes, les espoirs et les déceptions, les besoins renouvelés - ou brutalement surgis - de sens et d'engagement,... : magnifiés par la rythmique et la scansion, le comique ou l'incident, le presque banal et le trois fois rien révèlent leur puissance tragique.
Un très impressionnant tour de force, et un grand livre.
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claraetlesmots
  13 mars 2013
Californie, San Francisco. Années 1980. Des Yuppies, amis ou non, en quête de l'âme soeur et d'un épanouissement personnel jonglent entre travail et leurs convictions. Sans oublier un iguane en animal de compagnie ( si!).
Je vois déjà des mines renfrognées et je suis certaine que vous vous dites, ça sent le réchauffé. Et bien détrompez-vous ! Ce roman souvent drôle et pétillant d'esprit est de surcroît exquis par sa forme et pourtant je ne suis une adepte de la poésie (j'ai même tendance à fuir en entendant ce mot.) Car ce livre fichtrement bien réussi est écrit en vers. A travers plus de cinq cent sonnets, on suit des personnages et leurs aventures. Cette satire sociale aurait pu être ennuyeuse ou rébarbative par cette forme littéraire. Justement non car toute la prouesse de l'auteur est de nous faire oublier qu'il s'agit de vers et l'on s'attache à ces personnages et à leurs vies tant on est gagné par la musicalité du texte.
J'ai été bluffée sur toute la ligne et je me suis régalée ! Alors on oublie ses préjugés sur la poésie et on se rue sur ce livre qui est du plaisir !
Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
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giati
  03 mars 2019
Que voilà un roman surprenant
Que celui qui n'aime point la rime s'en détourne
Que celui qui aime la musique des vers s'y complaise.
Peu importe l'histoire, ce sont les bons mots qui priment.
Pour commencer le ton est affuté et jubilatoire,
Puis à mesure le rythme s'essouffle.
Dommage...mais l'exercice est louable et vaut le détour.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
marygoodnightmarygoodnight   26 mars 2009
Je suis jeune, ambitieux, en parfaite santé.
Autonome et sensé, solvable et sûr de moi.
Mais mes symptômes sont une calamité,
Et le Dow Jones de mon coeur est au plus bas ;
Le tournesol de ma jeunesse est tout fané.
Mes rêves d’autrefois sont gris et cabossés.
Le zoom de mon ardeur est complètement flou.
Ma vie est un roman rédigé par un fou.
A quoi attribuer ce déclin névrotique ?
Je fais beaucoup de sport et prend de la levure,
Mais chaque heure du jour me semble une imposture.
J’attends de toi, Janet, un savant diagnostic.
Je meurs ! défaille ! expire ! et pour de bon me noie !”
“Il te faudrait quelqu’un, John, cela va de soi.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   13 mars 2013
Qui a donc déclaré: "l'amour est la friction Entre elle de deux peaux?"
Depuis ce jour béni, Ils sont les esclaves de leur propre passion,
Et s'isolent gaiement dans leur monomanie.
Liz a été rebaptisé par John "Chouchou",
Et se plaît à nommer ce dernier "Mon p'tit loup".
Fait regrettable, leur diction est devenue
Une soupe incompréhensible et farfelue.
A croire que leurs cerveaux soudain se sont transformer
En mélasse sucrée à farce de caresses.
(..)

Quand la peur étend ses quartier sans retenue,
Nous cherchons un refuge au sein de l’insouciance
Et restons étonnés quand une flamme nue
Parvient à repousser l'obscurité immense,
Ne serait- ce qu'un temps, le temps de disparaître;
+ Lire la suite
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MarianneLMarianneL   22 août 2013
Après l’avoir soûlé de son docte jargon,
Elle sert au repas une glose indigeste,
Et John a désormais la torpeur de l’argon.
Le voilà tout livide. « Au diable cette peste ! »
Pense-t-il, épuisé, tout en entretenant
Un semblant de conversation. « Très étonnant…
Vous avez la blancheur du spectre de Banquo.
Vous devriez, je crois, goûter ce Tabasco. »
Elle rit toute seule à sa niaise boutade.
« Ce n’est rien, répond John. Un début d’asthénie. »
Il règle l’addition : son calvaire est fini.
« Ne prenez pas cela pour une rebuffade,
Mais j’ai trop de travail pour écouter mon cœur. »
Leurs adieux sont concis et teintés de rancœur.
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   16 mai 2014
« L’exquise librairie, vaste et rectangulaire,

Eclairée au néon, où l’on entend du Bach

Dans les somptueuses allées où chacun erre

En quête d’un rayon, et pas très loin du snack

Ces parfums entêtants de café torréfié,

Qui ont sur les papilles de fringants effets,

Obligeant le lecteur à diriger ses pas

Vers ces breuvages forts qui ne vous saoulent pas.

Antre ô combien magique, étonnante extractrice

Du moindre de mes dimes en café et bouquins,

Montmartre en réduction, Printers Inc. le devin !

Refuge des bibliomanes, bienfaitrice

Des blêmes plumitifs qui comme moi s’obstinent

A venir adorer ta noire caféine.
+ Lire la suite
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   16 mai 2014

Liz, ce soir-là, travaille tard. John, lui se couche.

Elle passe en revue les contrats d’assurance,

Des sermons inspirés et un carnet à souches.

Mais John surgit soudain, au bord de la démence,

La mâchoire crispée et les mains tremblotantes.

« Bon Dieu Elizabeth ! Cette chose puante –

Ce monstre, ce… C’est trop ! Je vais tuer ce chat ! »

« John, allons, ne te mets pas dans tous tes états.

Que s’est-il donc passé ? L’aurais-tu taquiné ? »

« Hein ? Moi le taquiner ! Cette ordure est venue

Carrément uriner près de ma tête, et tu

Oses me dire… Arrête de le câliner.

Il est temps de castrer cet animal. Crois-moi,

Une fois raccourci, il sera moins sournois. »
+ Lire la suite
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Vikram Seth : Deux vies
Dans le cadre du "Salon du livre" dont le pays invité est l'Inde, Olivier Barrot présente cette semaine des livres d'auteurs de ce pays depuis le collège franco-britannique à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Olivier Barrot parle du livre de Vikram SETH , " Deux vies" aux éditions Albin Michel. Photos extraites du livre.
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