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ISBN : 273161305X
Éditeur : Les Humanoïdes associés (01/01/1998)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Un jeune graphiste canadien, bibliophile et passionné de BD, découvre un jour l'existence de Kalo, un dessinateur dont il n'a jamais entendu parler bien qu'il ait notamment travaillé au New Yorker. Fasciné par cet auteur méconnu, il décide alors de se lancer sur ses traces. Seth compose un récit magnifique où la nostalgie pour un passé à jamais révolu tient lieu de fil conducteur. Son personnage nous émeut par son sentiment d'être en léger décalage avec la vraie vie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Presence
  27 novembre 2014
Il s'agit d'une histoire complète en 1 tome, et indépendante de toute autre, initialement parue en 1996.
Seth est un auteur de bandes dessinées qui a une vingtaine d'années alors que le récit commence. Il s'adresse au lecteur par le biais de sa voix intérieure indiquant que sa vie baigne dans son amour pour les comic strips et les dessins humoristiques. En ce jour de 1986, il profite d'un séjour chez sa mère pour rechercher des compilations de comic strips dans les librairies de London (en Ontario). Après ce bref séjour, il rentre à Toronto. Il se promène dans un arboretum où il papote avec Chester Brown, son meilleur ami, lui aussi auteur de comics (par exemple le petit homme). Il évoque sa façon de voir les gens, sa rupture avec sa dernière copine. Arrivé chez lui, il montre à Chester ses dernières trouvailles en matière de dessins humoristiques, en particulier ceux publiés dans le New Yorker (The complete cartoons of the New Yorker). Il a été particulièrement touché par un dessin d'un artiste ayant signé Kalo. Par la suite il croise une jeune femme prénommée Ruthie, avec laquelle il noue une relation, il rencontre à plusieurs reprises Chester Brown, il emmène son chat chez le vétérinaire pour une infection des gencives. Et il se met à la recherche de ce mystérieux Kalo au style si séduisant.
Seth (de son vrai nom Gregory Gallant) est un auteur canadien rare, au style très personnel. À ce jour (2013), il a réalisé 5 bandes dessinées : (1) La vie est belle malgré tout publié en 1996 dans les numéros 4 à 9 de son magazine "Palookaville", (2) le commis voyageur initialement publié en 2 tomes sortis en 2000 et 2003, (3) Wimbledon Green : le plus grand collectionneur de comics du monde en 2005, (4) George Sprott (1894-1975) en 2009, et (5) La Confrérie des cartoonists du grand nord en 2011.
Dans ce récit, il se met en scène dans le cadre d'une autofiction. Il est visible que le personnage Seth partage beaucoup de points communs avec l'auteur Seth, mais cette quête de Kalo est fictive. Seth dessine dans un style très épuré pouvant parfois évoquer celui d'Hergé ou des nombreux cartoonistes qu'il évoque en fin de volume (Charles Addams, Dan DeCarlo, Ernie Bushmilller, Charles Schultz...). L'ouvrage est dessiné en noir et blanc, avec une seule couleur vert sauge appliquée pour faire ressortir quelques formes dans chaque case. Dans sa version originale (en VO), il est imprimé sur du papier jauni pour accentuer l'effet suranné et nostalgique. Seth s'applique à dessiner des personnages aux morphologies et aux visages tous différents et distincts, avec cette simplification des traits qui en fait des personnages de bandes dessinées, déjà assez éloignés visuellement de leur contrepartie réelle, plus proche d'un assemblage de traits que d'une ressemblance photographique. Ce parti pris volontairement détaché de la réalité se retrouve également dans la représentation des bâtiments divers et variés.
Seth accorde une grande place à la contemplation des constructions immobilières et des maisons. À plusieurs reprises, le lecteur se retrouve face à une maison dans la campagne canadienne, ou des maisons à 1 ou 2 étages dans la banlieue de Toronto, ou l'horizon délimité par le somment des immeubles. Seth est un individu qui se déplace souvent en marchant et le lecteur peut apprécier un parc sous la neige, les gens marchant sur le trottoir, un feu d'artifice. Les bâtiments présentent la même distanciation d'avec une représentation réaliste ; ils ont cette même qualité un peu factice. Au fur et à mesure, Seth expérimente avec sa façon de raconter. Au début de la cinquième partie, il y a 5 pages consécutives dépourvues de tout texte qui montrent le passage des saisons. D'un coté, il utilise le dispositif très classique d'insérer de la neige, ou un soleil de plomb pour signifier la saison, de l'autre il juxtapose des images traduisant le mouvement de son regard, le papillonnement de son attention. Il s'agit d'une technique très courante dans les mangas qui permet à l'auteur de figurer la sensation éprouvée par le personnage, ou son état d'esprit. Intégrée dans une narration plus occidentale, l'effet est tout aussi saisissant.
Sous des apparences visuelles simples et évidentes, Seth fait déjà preuve d'une solide maîtrise des techniques de la bande dessinée, et les utilise pour faire ressentir au lecteur, ses états d'âmes, ses états d'esprit, sa légère mélancolie. Pour autant, il ne s'agit pas d'un récit passéiste ou pessimiste. Seth expose sa passion pour les comic-strips avec délicatesse. Il reconnaît son goût pour les années 1930 et 1940 (pas très loin d'un "c'était mieux avant", mais pas tout à fait), son goût pour les objets manufacturés avec soin (par opposition à industrialisés avec économie de moyens), sa capacité à se sentir ému par ses souvenirs d'enfance. Seth se révèle être un individu très agréable à côtoyer, à découvrir petit à petit au fil de ses discussions avec Chester Brown ou Ruthie, de son monologue intérieur sur sa peur du changement, son habitude de faire des listes, etc.
Cette forme de confession se combine avec ce qui constitue la dynamique ou le fil conducteur du récit : la recherche de ce dessinateur remarquable ayant eu une courte carrière. À un premier niveau, cette lente recherche de cet artiste fournit la trame principale et transforme un journal intime en un roman avec une intrigue. Mais Seth s'attache plus à évoquer les traces de la carrière de cet artiste fictif, qu'à décrire ses qualités d'artiste. Petit à petit, le lecteur finit par se dire que cette évocation ressemble fort à une projection de ce que pourrait être le devenir de Seth lui-même : un auteur connaissant une forme de gloire limitée, puis sombrant dans l'oubli. Sous cet angle, ce récit prend une dimension étonnante : Seth évoque ses impressions d'enfance (son passé), il évolue dans le présent, et il contemple ce qui pourrait être sa trajectoire d'artiste. Avec ce point de vue, "It's a good life if you don't weaken" n'est plus une autofiction douce et intime, mais un regard sur une vie en devenir, comme si le moment présent contenait déjà tout les moments futurs. Cette impression est encore renforcée alors que l'histoire s'achève dans une maison de repos pour personnes âgées.
Dans cette histoire, Seth se met en scène dans une autofiction tenant à la fois du journal intime, de son approche de la vie et de sa propre individualité, mais aussi d'une possible structure prédéterminée de son avenir.
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alouett
  21 novembre 2012
« La vie est belle malgré tout disait la mère de Seth à son fils.
C'est le titre de cette autobiographie désabusée, par un auteur nostalgique que la modernité désespère. Ayant découvert un dessinateur des années 1950 dont le trait ressemble étrangement au sien, Seth part à sa recherche et ne découvre que 11 dessins de Kalo… » (présentation officielle).
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La première édition de cet album remonte à janvier 1998. Publié dans la Collection Tohu Bohu des Humanoïdes Associés, l'album est certes absent de leur catalogue en ligne mais la couverture ne trompe pas, comme vous pouvez en juger. Onze ans plus tard, Delcourt rachète les droits et réédite cet ouvrage, nous gratifiant au passage d'une couverture plus stylée, plus « parlante » bref… l'exacte réplique de la version originale intitulée It's a Good Life if you don't weaken.
Les propos se concentrent habilement sur un récit autobiographique. Cependant, le quotidien de Seth n'est pas l'unique sujet de cet album. Il nous propose également de l'accompagner dans la recherche qu'il a menée pour retrouver un ancien dessinateur du New Yorker : Jack Kalloway alias Kalo. A partir de là, le scénario se nourrit d'anecdotes du quotidien, de visites chez sa mère, des découvertes issues de sa recherche documentaire, du rapport à la création artistique… On se dégage donc assez facilement de l'aspect autobiographique même si de nombreux passages muets nous renvoient à la solitude du narrateur. On s'oriente, il me semble, vers les éléments qui conduisent à la construction d'un univers d'auteur : le désir de l'artiste de transmettre sa propre vision d'un sujet et l'influence que d'autres auteurs ont eu sur lui (et devenus pour cet artiste ce que l'on pourrait appeler des « modèles culturels »). Seth pioche dans un répertoire assez large de références qui couvre aussi bien ses lectures d'enfants que le travail réalisé par ses contemporains.
Quant au trait, il est sobre et emploie les détails décoratifs à bon escient. La mise en page dispose de peu de variations ; d'une planche à l'autre, et sauf rares exceptions, on retrouve un agencement de la page en trois bandes d'une à trois cases chacune. Quant aux cases, c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai apprécié la disposition des détails, des personnages…
Cet univers graphique est à même de nous faire ressentir l'ambiguïté du narrateur. Ce dernier est assez routinier voire casanier. Il ne cherche pas le contact ou rarement. Il m'a semblé insouciant tant il se laisse accaparer par sa recherche sur Kalo. Puis, sans aucune brusquerie dans son trait ou dans ses propos, Seth parvient à développer des passages plus rythmés où son personnage quitte assez facilement sa routine de célibataire. Une rencontre amoureuse, un voyage… l'auteur semble à l'aise dans chaque situation (ce qui m'a étonné). le bleu dominant de l'album sert finalement de ligne conductrice et crée une atmosphère de quiétude générale malgré ces ces deux manières de vivre assez opposées.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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zazimuth
  18 janvier 2019
J'avoue avoir eu du mal à aller jusqu'au bout de cette lecture…
J'aime pourtant les personnages de héros monomaniaque, collectionneur, décalé mais je pense que le thème (les dessins de presse de bande dessinée des années 1920 à 1970) est trop pointu pour que j'adhère plus.
Seth, homme célibataire, misanthrope, dépressif, se met sur la piste d'un mystérieux dessinateur, Kalo, dont il va suivre la trace dans divers lieux, réfléchissant à sa propre vie et sa propre carrière de dessinateur, épaulé par son meilleur ami, Chet.
Je crois surtout que je n'ai pas compris ce qu'il cherchait dans cette quête.
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Gregor
  12 septembre 2011
Seth est un dessinateur à la ligne claire qui ne veut pas entendre parler de modernité, car ça l'angoisse. Il a pour habitude de produire des livres d'un autre temps. Logique. Et "La vie est belle malgré tout" ne déroge pas à cette règle : il s'agit en effet d'un roman graphique d'un charme suranné dont le thème rejoint un des passions de l'auteur : le dessin de presse et les cartoons. Parallèlement, dans cet album, Seth se décrit comme un homme placé dans une grande nostalgie. Il consacre aussi des pages à ses difficultés relationnelles. le tout est suffisamment juste et raffiné pour ne pas sombrer dans le narcissisme outrancier. On en redemande tant l'auteur use de finesse et d'élégance pour se raconter et raconter son enquête compulsive. Une merveille.
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mabertrand
  11 février 2014
Seth est en déprime. Rien ne lui plait : les gens lui sont désagréables, les nouvelles constructions sont toutes sans âme. Bref, ça ressemble à du "c'était mieux avant".
A travers sa quête sur les planches des années 1940-1950, il tombe sur un seul dessin d'un humoriste qui le touche profondément. Au point où il part à la recherche d'autres dessins, d'informations sur sa vie.
J'ai beaucoup aimé ce roman dessiné. Les traits sont simples mais suffisent à tout exprimer. En dehors des dialogues, nous sommes souvent dans la tête de notre héros, et nous suivons le cours de sa pensée et de sa recherche à comprendre pourquoi il est comme il est. Et il est arrivé plus d'une fois où je me suis dit "tient, moi aussi je pense quelques fois de cette façon".
Je vous encourage à vous le procurer et à le dévorer. Il n'y a rien de déprimant dans cette histoire. C'est même au contraire un hommage aux auteurs d'autrefois.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
GregorGregor   19 août 2011
- j'en suis arrivé à la conclusion qu'il existe deux sortes de gens. Les bons enfoirés et les mauvais enfoirés.
- ah ?
- tout le monde est barré. Chacun doit vivre avec ses traumatismes. Certaines personnes se servent de leurs problèmes pour continuer à s'enfoncer. D'autres au contraire y trouvent de la force. On n'est pas obligé de souffrir de ses émotions.
- eh bien...
- non c'est vrai, toi tu fais partie des personnes fortes, tu as réussi à utiliser tes problèmes personnels d'une façon positive.
- j'étais pas au courant.
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Lilou789Lilou789   27 octobre 2015
Depuis que je suis tout petit, la BD a toujours eu une influence considérable sur moi. Je veux dire, pas les trucs de Disney ou de la Warner, mais les strips dans les journaux, les dessins d'humour, la bande dessinée. Elle occupe une part importante de mon cerveau. C'est comme si je comparais sans cesse des événements de ma vie courante à des scènes de BD. Pour tout vous dire, j'y pense sans arrêt. Je trouve que c'est un peu trop.
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zazimuthzazimuth   18 janvier 2019
C'est bizarre… j'ai habité là pendant au moins 5 ans, pourtant cette maison me paraît étrangère. Après examen, on voit que rien n'a vraiment changé. C'est la même maison que dans mon souvenir. Mais ce n'est plus celle dans laquelle j'ai vécu. Car cette maison-là n'existe plus. Le passé l'a emportée. C'est en moi et en moi seulement, qu'elle continue de vivre. C'est une sensation fréquente pour un adulte de ne plus retrouver l'âme des lieux où l'on a grandi. Les repères ont disparu. (p.89)
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alouettalouett   21 novembre 2012
Si vous ne comprenez pas ce qu’est la nostalgie, alors vous n’avez aucune chance de me comprendre. Le passé m’obsède et je m’en repais. Je retourne régulièrement en enfance, rumine mes souvenirs, sélectionne les meilleurs moments comme s’ils allaient solutionner mes problèmes du jour
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mabertrandmabertrand   11 février 2014
Foutaise! Ca ne sert à rien de se persuader que c'était mieux avant.

On peut aisément se persuader que tout va de plus en plus mal, année après année. Mais avec un minimum d'honnêteté...intellectuelle, force est de constater que les conditions de vie dans les années 1920 étaient parfois très dures. Rien que pendant la Grande Dépression, par exemple.
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