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ISBN : 2362800571
Éditeur : Editions Thierry Marchaisse (07/11/2014)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Il y a deux cents ans, mourait à Charenton, dans un asile, celui dont le nom convoque encore aujourd'hui un imaginaire sulfureux : le ci-devant marquis de Sade.

A l'occasion de cet anniversaire, nous avons invité nos contemporains à lui écrire, à relever le défi d'un dialogue d'outre-tombe avec ce personnage hors normes qui continue de fasciner et de déranger.

Souvenirs de lecture, reproches, messages d'amour ou d'adieu, questions embar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
cecilit
  14 février 2015
L'idée de cet ouvrage est excellente, étrange voire fantastique :A l'occasion des 200 ans de la mort de Sade (+18.12.1814), 17 écrivains (mais aussi philosophes, universitaires, peintre, scénographe ou cinéastes) ont été conviés à lui adresser une lettre à leur convenance,à la première personne ou non.
Si presque tous ouvrent leurs missives par de respectueux ou de polis Cher Marquis, Cher Marquis de Sade, Cher Sade, Cher Monsieur de Sade, Comte, Cher Donatien-Alphonse-Francois, un ose un Votre Énormité et une autre un Mon cher amour.
Classées en trois thèmes (Libertés, Modernités et Éternités), ces lettres d'amour, de reproche, d'adieu ou de remerciement saluent toutefois presque unanimement l'homme acharné à vivre libre malgré l'emprisonnement, l'embastillement, l'internement.
Un de nos contemporains tient à le remercier pour nous avoir appris le caractère obsessionnel du désir, un autre salue le véritable écrivain, le provocateur ultime, un autre encore relate le choc ressenti à la découverte de son oeuvre et son emprise sur sa vie personnelle et ses rencontres. Une cinéaste, femme d'images, l'imagine sur un plateau télé interviewé par un journaliste avide de scoops bien scabreux.....
La grande intelligence de cet ouvrage est de n'être pas tombé dans l'écueil qui aurait été d'empiler des louanges et rien que des louanges afin de lui tresser une couronne mortuaire faite de lauriers alors que l'épine sied mieux à ce cher Sade !
Ainsi, reçoit-il une lettre d'adieu de celle qui, fatiguée du chaos et des cahots de l'existence, lui annonce qu'elle ne le lira plus, qu'il sera désormais le fantôme de sa bibliothèque mais qui, ultime fidélité, le remercie de l'avoir peut-être aidée à se libérer de ses chaînes.Une autre lettre d'adieu lui parvient d'une autre lectrice qui avoue vouloir jeter l'éponge afin de sauvegarder son âme et son esprit.
Ainsi Sade reçoit-il aussi une missive s'interrogeant sur la récupération faite de son personnage et sur la reconnaissance qui en dit long sur la misère des temps que nous traversons....
.. pauvre Monsieur de Sade ! Finalement reçoit-il une longue lettre d'amour enflammée !
Merci à Babelio (via la Masse Critique) et à la maison d'édition Thierry Marchaisse pour m'avoir fait découvrir cet ouvrage fin, intelligent (belle couverture ) que je recommande vivement!
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soleil
  17 février 2015
Dans cet ouvrage, des hommes et femmes qui sont universitaires, écrivains, juristes ou philosophes écrivent une lettre à Sade. le fond diffère à chaque missive et l'orientation choisie varie selon le rédacteur. Il n'est pas question pour les écrivains de lui dire de but en blanc s'ils l'aiment ou le détestent mais plutôt de choisir un aspect de Sade (sa personnalité, ses écrits, sa fin de vie, ses pensées) et de s'en servir comme trame pour s'adresser au marquis.
J'ai beaucoup aimé ces lettres qui traitent d'un point de vue différent la pensée, les écrits de Sade, son enfermement, sa mort. Tandis qu'une lettre me fait réfléchir pour savoir si je suis d'accord ou non avec son rédacteur, d'autres se projètent contemporains de Sade et me re-situent à ses côtés à la Bastille. Certains font des parallèles avec la façon dont est traité le corps de nos jours : piercings, corps morcelés (dons d'organes), mères porteuses, l'enfant à tout prix. Un des auteurs a un parti pris plus poétique tandis qu'une autre me semble invectiver l'écrivain lequel n'a pas voix au chapitre bien évidemment puisqu'il ne s'agit pas d'un dialogue.
Il est souvent question de la nature de l'homme (homme naturellement bon ou a contrario meurtrier, incestueux, violent) ?
J'ai un avis très positif sur ce livre pour plusieurs raisons :
- ceux qui ont rédigé les lettres m'étaient complètement inconnus à l'exception de Noëlle CHâtelet et Catherine Cusset. Je n'ai donc pas été parasitée par ce que j'aurais pu avoir lu de l'auteur ni même "parasitée" par le physique de la personne. Je n'avais pas la vision du visage de l'écrivain mais uniquement son écrit.
-Les lettres sont de qualité, bien écrites voire dfficiles pour deux d'entre elles : j'ai dû les relire lentement pour m'en imprégner et les comprendre.
-J'ai bien aimé le procédé, les points de vue différents.
-Je me suis demandé ce que j'aurais pu lui écrire.
-La couverture est très jolie et j'aime le toucher différent entre le bandeau glacé, lisse et brillant et le reste de la couverture (et j'attache une grande importance aux titres et couvertures des livres).
- J'ai même laissé passer du temps entre la lecture des premières lettres et la lecture de la dernière lettre. Je n'avais pas envie de la lire parce que je n'avais pas envie de n'avoir plus de lettres à lire.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Thierry Marchaisse pour cette opération Masse Critique.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
cecilitcecilit   14 février 2015
Cher Marquis,
..
Vos oeuvres sont désormais toutes publiées, commentées, traduites. A ce sujet, vous serez sans doute heureux d'apprendre que le rouleau de papier sur lequel vous aviez reporté, en pattes de mouches, le manuscrit de vos Cent vingt journées de Sodome, a été retrouvé lors de la vente publique à Berlin de la bibliothèque d'un médecin psychiatre, et figure maintenant en bonne place parmi les trois mille pages de l'édition complète de vos oeuvres dans l'édition de la Pléiade, - ce qui se fait de mieux en matière d'édition, "sur papier bible" , comme le précise la publicité.
Vos héritiers qui, durant quelques générations, ont affecté n'avoir aucun rapport avec vous, assument aujourd'hui sans complexe, votre auguste patronyme. Un vin de notre belle Provence porte votre nom, et votre château, ou plutôt ce qu'il en reste, a été racheté par un célèbre couturier qui y organise, l'été venu, un festival de théâtre et de musique qui remporte un certain succès. Ah si les pierres pouvaient parler ! je pense qu'elles se feraient l'écho d'autres audaces, toutes ces folies que vous avez jouées ici !
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cecilitcecilit   14 février 2015
Donatien, tu es mort depuis deux cents ans, et je sais que, comme moi en cet instant, tu aurais souri d'une lettre qu'on aurait promis de t'adresser dans l'autre monde, comme on dit, convaincus l'un et l'autre qu'une telle lettre ne te parviendra jamais à une telle adresse, car n'étant plus ici, tu n'es nulle part.
Il t'est arrivé d'être condamné à mort par contumax, d'avoir été exécuté en effigie, un mannequin ayant eu la tête tranchée sur un billot, en la place des Prêcheurs à Aix, puis le fétu de paille ayant été brûlé, et d'avoir été ainsi décrété de mort civile : tu n'existais plus pour la société qui t'avait connu et reconnu, ton épouse Renée-Pélagie devait être considérée comme ta veuve, tes biens pouvaient être remis à tes héritiers ou vendus au profit de tes créanciers. Mais cela ne t'empêchait pas de vivre, d'exister ailleurs, sous le masque, avec l'espoir de ressusciter un jour à la vie civile, dans ta véritable identité, parmi ceux que tu aimais et qui te chérissaient malgré les soucis que tes écarts de conduite et ton impiété leur procuraient.
Aujourd'hui, tu es perdu à jamais. Les traces de ta tombe ont disparu "dessus la surface de la terre" comme tu en exprimas le voeu dans ton testament, faisant de celui-ci une admirable page de littérature, laquelle, paradoxalement, devenait une raison de plus pour que ton souvenir, lui - contrairement à ce que tu souhaitais aussi-, ne s'effaçât point de la mémoire des hommes : sur ce point, ton espoir a été contredit. Mais tu ignores cela, dans un effacement souverain de tout et de l'oubli lui-même, puisque tu n'es plus.
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cecilitcecilit   14 février 2015
Cher Marquis,
Je tenais à vous remercier. Tant que vos livres continueront à circuler, ils seront un recours contre les fades tisanes de l'érotisme. On continue à nous fatiguer avec la vulgarité prétendue de la pornographie, son manque d'esthétisme, alors que l'érotisme, n'est-ce pas, ce serait tellement mieux, tellement plus artistique, tellement plus sublimé. Les mots prévisibles arrivent comme des perles qu'on enfile : suggestion, mystère, allusion, etc. A chaque fois que j'entends ça, je revois les photographies floues des nymphes en robes vaporeuses que David Hamilton, naguère, disséminait partout. Avec des petits bouts de seins bien mignons, des petites fesses bien lisses. Dégoûtantes pâtisseries.
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soleilsoleil   17 février 2015
Sade est le nom que nous donnons à nos fantasmes, la conscience de nos imperfections mal assumées(...), un nom qui rappelle les inventions d'un cerveau génial dans son dérangement, capable d'accoucher des pires personnages et dont la langue française était la seule patrie
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