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Françoise Adelstain (Traducteur)
EAN : 9782246482611
1224 pages
Grasset (12/04/1995)
4.18/5   94 notes
Résumé :
Étonnante galerie de nababs et d'intouchables au cœur des mystères de l'Inde, prodigieuse histoire immergée dans la grande Histoire, roman d'amour ou saga familiale, ce livre, en vérité, déborde tous les genres et promet tous les plaisirs.

Au départ un verdict simple et sans appel, celui de la digne Mrs Rupa Mehra qui, un jour, dit à sa fille, Lata : "Toi aussi tu épouseras un garçon que j'aurai choisi." Rien de plus ordinaire, a priori, dans l'Inde d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Gwen21
  19 janvier 2022
Bien qu'ayant lu et critiqué les deux tomes de ce grand roman-fleuve, saga familiale dans l'Inde de l'après Indépendance (années 50), je poste aussi un avis sur la fiche de l'intégrale si cela peut donner envie à des lecteurs de s'y plonger.
1800 pages qui débutent par un mariage et se terminent par... un mariage.
Celles qui se marient sont soeurs mais évidemment, il est hors de question de vous révéler avec qui elles s'unissent. L'important est d'ailleurs non pas de savoir qui sont les heureux prétendants élus (par la famille) mais s'ils sont des "garçons convenables", comprendre de bons partis, de la bonne caste, avec une bonne situation, des perspectives sociales garanties, tout autant que leur pedigree.
Dit comme ça, pas sûr que ça donne envie à des lecteurs de 2022 de se lancer dans l'aventure et pourtant, ce remarquable et foisonnant roman est une invitation au voyage sans pareille. Voyage dans le temps mais aussi dans une culture très différente de la nôtre, à un moment clé où l'Inde - cet énorme pays très peuplé - vit l'un des tournants majeurs de son histoire.
Saga familiale aux multiples personnages, "Un garçon convenable" suit les membres de quatre familles, hommes, femmes, enfants, jeunes, aînés, etc. Comme toutes les narrations situées en Inde, il faut avoir le coeur bien accroché et faire preuve, en tant que lecteur, d'une persévérance certaine mais le voyage en vaut vraiment la peine. Ainsi en ont jugé les Britanniques qui classent "Un garçon convenable" dans le top BBC de leurs romans favoris.
Et pour les amateurs de série, la célèbre plateforme de visionnage au N majuscule a fait adapter le roman en 2020.
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Melopee
  11 juin 2011
Une histoire foisonnante que ce roman fleuve ! En 1200 pages en grand format j'ai été transportée dans l'Inde des années 50, temps lointain aux moeurs bien plus convenues que les nôtres. Entre le dépaysement dû au cadre du récit : Calcutta, Brahmpur... et j'en passe ; on explore des villes poussiéreuses bien que vivantes et animées.
Il faut dire que l'Inde est un pays que je rêverais de découvrir. Il m'est arrivé de regarder des films de Bollywood, de rêver devant une escale de Pékin Express là-bas mais jamais ô grand jamais je n'ai entrepris ni même songé sérieusement à me rendre là-bas. Déjà car il paraît que les contrastes de richesse sont énormes et qu'à même la rue on est pris aux tripes. Alors voilà, ce livre a été mon échappatoire et je ne le regrette pas.
Lata est le prétexte de ce roman. Je dis bien prétexte car en fait, tout un monde l'environnant vient lui voler la vedette et concentrer l'attention sur un contexte politique ombrageux, des moeurs traditionalistes décrites comme des instants volés. J'ai aimé toute cette peuplade de personnages, pas tout à fait héros car imparfaits et en lutte avec leurs idéaux mais tous sensiblement ancrés dans la réalité.
Je ne sais si un résumé a été fait et il me semble qu'il est impossible de dégager la trame si ce n'est qu'au départ une jeune fille, Lata Mehra, est en âge de se marier, du moins c'est le profond désir de ses parents. Tout au long du roman on s'efforcera de déterminer quels peuvent être ses prétendants et vers qui se tournera-t-elle au final. Quoique le choix est volontiers influencé par la famille, soucieuse de l'appartenance religieuse et de la caste à laquelle elle appartient, qui l'empêche de jeter son dévolu sur n'importe quel jeune homme.
On est pris dans un monde d'odeurs, d'obligations et de fêtes. Ce sont justement tous ces événements nouveaux qui rendent la lecture si attractive et prenante. Car, au-delà de Lata, c'est sa famille qui prend une place de choix, ses frères et soeurs ainsi que les familles de tous les hommes qu'ellae rencontre. Ainsi, je qualifierai le récit d'élastique car il est au fur et à mesure plus étendu pour revenir en toute fin à notre héroïne.
J'ai apprécié de découvrir les quatre familles si vastes et pourtant si soudées ainsi que tous les personnages secondaires mais qui parviennent à pimenter l'histoire.
Enfin, je tiens à rendre hommage à Vikram Seth pour cette oeuvre maîtresse car le fil conducteur est habilement dissimulé et inflexible. On se demande où l'auteur nous mènera et dans quelles affres amoureuses il nous fera tomber. le livre s'ouvre sur un mariage et se termine par un mariage ce qui a été une sorte de piqûre de rappel de la tradition persistant et s'imposant comme l'heureuse fin d'un film de Bollywood. Comment s'appelle d'ailleurs ce procédé de parallélisme entre une fin et un début qui se passent de la même manière? le mot m'échappe...
En résumé et bien qu'il est très réducteur et insuffisant de se contenter de cette vision d'ensemble, je vous invite à vous plonger dans cette oeuvre. Lecture laborieuse pour ma part car le temps et les travers quotidiens ont été longtemps de grands obstacles dans mon avancement mais j'en ressors abasourdie.
Et pour qualifier le livre je citerai le grand Edmond Rostand : "C'est un roc ! ... C'est un pic ! C'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap? C'est une péninsule !" Et en effet, Vikram Seth a eu du nez !
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KRISS45
  05 novembre 2013
"un garçon convenable", c'est celui que toute mère indienne souhaite et recherche avec frénésie pour caser sa fille chérie, Lata en l'occurrence.
A partir de ce sujet sensible, Vikram Seth a construit une fresque gigantesque de la société indienne à un tournant de son histoire, juste après la Partition avec le Pakistan.
1200 pages consacrées à l'Inde, immense pays de grandes traditions, fascinant, exotique et multiple. Loin de moi l'idée de résumer ce roman-fleuve qui mêle avec virtuosité l'intimité des familles aux grands événements d'un pays en perpétuelle mutation.
A travers les vies entrecroisées de quatre clans de la haute société, l'auteur aborde tous les thèmes qui lui tiennent à coeur et qui rythment la vie quotidienne. Il y a d'une part la vie politique et ses deux préoccupations essentielles et interactives, à savoir la redistribution des terres (zamindars) et la lutte contre l'extrême pauvreté.
Il y a aussi les ambitions professionnelles faites de rivalités, de corruption, de doute.
Il y a enfin la vie sociale et mondaine. C'est un univers compartimenté strictement réglé par des codes, des étiquettes, un sens complexe de la hiérarchie qui trouve toute son expression dans l'effroyable esprit de castes. Arrogance et dédain sont les comportements généralement admis envers les serviteurs.
Sur le plan intime, on rencontre des pères autoritaires et ambitieux, des mères dévouées et soucieuses, des filles au caractère affirmé, des fils de famille rêveurs et indécis, des belles-filles en quête d'émancipation. Aucun cliché dans tous ces portraits car tous sont soumis aux tiraillements et contradictions de la nature humaine, aux inévitables concessions qu'impose la société. Tous sont confrontés aux intermittences du coeur et à la lassitude du devoir à accomplir, que ce soit dans la vie privée ou dans l'action politique.
De longues scènes décrivant les rituels religieux hindous ou musulmans nous font prendre conscience de l'importance de la spiritualité dans la pensée indienne..
J'avoue avoir parfois résisté courageusement face à certaines longueurs mais il était primordial d'aller au bout de cette histoire pour savoir finalement, car c'était le but initial, qui des trois prétendants Kabir, Haresh ou Amit serait l'heureux élu.
Il est évident que ce livre n'est pas destiné aux lecteurs pressés. Il demande de la patience, de la constance et surtout une réelle curiosité pour la civilisation indienne.
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Calliope2017
  08 janvier 2020
Après avoir passé plusieurs mois en compagnie des Mehra, des Chatterji, des Kapoor et autres personnages du roman de Vikram Seth, à travers ses quelques 1800 pages des deux volumes de l'édition poche, j'ai presque l'impression d'avoir vécu en Inde et de les connaître !
Un garçon convenable est un livre véritablement extraordinaire, une grande fresque qui réussit l'exploit de nous montrer la société indienne dans son ensemble dans les années 1950, peu après l'indépendance. le récit commence avec le mariage (arrangé) de Savita, la soeur de l'héroïne, Lata, à qui sa mère déclare qu'elle aussi épousera un garçon « convenable » qu'elle-même aura choisi. L'histoire de Lata et de ses trois prétendants est ensuite le fil rouge du roman (qui se conclut sur son propre mariage… et sur Mrs Rupa Mehra affirmant à son autre fils, Varun, qu'il épousera « une fille convenable »).

Mais l'intrigue est immensément développée, chaque personnage secondaire étant lui aussi suivi attentivement et prétexte à une nouvelle histoire, à nous montrer une nouvelle facette de l'Inde postcoloniale. La vie à Brahmpur, à Calcutta et dans les campagnes, les chamailleries internes des universitaires, les manigances politiques, la loi sur les zamindars (les propriétaires terriens), les histoires d'amour du fils hindou d'un ministre avec une prostituée musulmane, l'industrie de la chaussure… Mais la vie quotidienne en Inde, les pratiques religieuses et les différentes festivités rythmant l'année, la nourriture… tout y passe, pour le plus grand plaisir du lecteur !
On pourrait en effet croire cette lecture rébarbative et trop longue, mais ce n'est absolument pas le cas, tant le talent de conteur de Vikram Seth est grand et son intrigue variée. On s'attache aux personnages, à leurs défauts comme à leurs qualités, on vibre avec eux, le tout dans un style limpide et une ironie mordante. On en redemande presque ! Alors certes, il faut un peu de courage pour se lancer, on sait qu'on s'engage pour de nombreuses semaines de lecture, mais on ne le regrette pas !
Pour conclure, un petit mot sur la traduction de Françoise Adelstain : elle est absolument brillante, on croirait presque que le livre a été écrit en anglais !
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xst
  05 octobre 2013
C'est l'histoire de quatre familles qui s'étale sur une période de 18 mois avec comme lien directeur les efforts de Mme Rupa Mehra pour organiser le mariage de sa fille cadette , Lata , avec un " garçon convenable» . Lata est une jeune fille de 19 ans, sortant du collège , vulnérable , mais déterminée à suivre son propre chemin sans se laisser influencer par sa mère et son frère Arun . Son histoire tourne autour du choix qu'elle est forcée de faire entre ses prétendants , Kabir , Haresh , et Amit .
C'est une histoire d'amour , dans une Inde jeune et nouvellement indépendante. Mais pas seulement. C'est aussi une épopée de 1350 pages qui raconte les conflits entre hindous et musulmans , l'abolition du système Zamindari , les réformes agraires, l'autonomie des femmes musulmanes, le statut des castes inférieures et la disparition des princes féodaux et des gros propriétaires terriens,
Un excellent bouquin.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
KRISS45KRISS45   06 novembre 2013
L'étude est une bonne discipline, dit-elle. Elle exige de l'application... peu importe ce qu'on étudie, du moment qu'on s'y applique. Ca enrichit l'esprit.

On lui donnait des ordres, mais jamais sur le ton insultant réservé à la caste des serviteurs à laquelle il appartenait.

Vous prenez l'Inde pour l'Europe... Avec l'égalité entre les dirigeants et le personnel. Tout le monde au même niveau.
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KRISS45KRISS45   06 novembre 2013
Il avait vécu asse longtemps... pour voir les effets déplorables du système des zamindari sur la campagne. Il avait vu...la famine qui découlait de l'absence de productivité, la pauvreté de la terre par manque d'investissements, les pires formes d'arrogance et de servilité, l'oppression arbitraire du faible et du miséreux par les agents et les hommes de main du seigneur.
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MeduzanticMeduzantic   25 avril 2019
Dans les deux pages que le juge Chatterji tenait ouvertes devant lui se lisait la disparition d'un empire et la naissance de deux pays à partir de l'idée - tragique et fondée sur l'ignorance - que les gens de religion différente ne peuvent vivre en paix les uns avec les autres.
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claerclaer   04 janvier 2013
Mehra appartenait à cette catégorie de gens qui croient avec une conviction tacite et absolue dans la suprématie de la vérité subjective sur la vérité objective.
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TheAustenGirl33364TheAustenGirl33364   25 août 2016
-Ce que je pense, c’est ceci, reprit Maan, du même ton posé. C’est par pur hasard que Kishor Babu est né dans une famille hindoue et vous, Maître Sahib, chez des musulmans. Je suis absolument convaincu que si l’on vous avait échangés après la naissance, ou avant la naissance, ou même avant la conception, vous Maître Sahib glorifieriez Krishanji et lui, le Prophète. Quant à moi, qui mérite si peu qu’on me glorifie, je suis peu enclin à glorifier quiconque _ encore moins à le vénérer. (…) Dieu est un grand sujet _ trop grand pour des gens comme moi. Je suis sûr qu’Il est trop grand pour se préoccuper de ce que je pense de Lui.
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Vikram Seth : Deux vies
Dans le cadre du "Salon du livre" dont le pays invité est l'Inde, Olivier Barrot présente cette semaine des livres d'auteurs de ce pays depuis le collège franco-britannique à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Olivier Barrot parle du livre de Vikram SETH , " Deux vies" aux éditions Albin Michel. Photos extraites du livre.
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