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EAN : 9782259220446
480 pages
Plon (16/05/2019)
4/5   94 notes
Résumé :
Une auberge au bord de la Tamise, par une nuit de solstice d’hiver au milieu du XIXe siècle.
Les habitués sont regroupés autour de Joe le conteur lorsqu’un homme pousse la porte, gravement blessé, portant dans ses bras une petite noyée. L’homme s’appelle Henry Daunt, il habite la région et expérimente cette technique révolutionnaire : la photographie. La fillette morte, personne ne sait son nom. Quelques heures plus tard, l’enfant pousse un soupir et revient... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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Cannetille
  05 novembre 2020
Dans ce village du bord de la Tamise au milieu du 19e siècle, l'on vit au rythme des humeurs du fleuve qui, de tout temps, a fait l'objet de persistantes légendes, peuplées de noyés et de fantômes, longuement relayées autour des bières servies à l'auberge Swan. Lorsqu'un jour surgit le photographe Henry Daunt, blessé, avec dans les bras une fillette méconnaissable, qui paraît d'abord morte noyée avant de revenir miraculeusement à la vie, les spéculations vont bon train : s'agit-il de l'une ou l'autre des enfants des environs récemment portées disparues ? Les imaginations ne tardent pas à s'échauffer, n'excluant pas les hypothèses les moins rationnelles...

Toute l'originalité de cette histoire vient d'abord de son atmosphère, soigneusement campée entre réalité et fantasmes, en un lieu propice aux croyances magiques, à une époque où la superstition peine encore à s'effacer devant les avancées de la science. Dans les esprits ordinaires, la photographie flirte ainsi encore avec la magie, le darwinisme avec l'inimaginable, et l'inexpliqué avec la sorcellerie. Alors, un fleuve qui, par ses crues, ses courants et ses brouillards, emmêle si bien son cours à celui de l'existence de ses riverains, prend naturellement une dimension bien vite surnaturelle, telle une frontière entre deux mondes, un miroir dont les deux faces seraient la vie et la mort, et où se refléteraient bien des ombres et des secrets.

Dans cette ambiance liquide aux teintes de plomb et d'étain et aux odeurs de marécage, se dessinent, restitués en profondeur et avec le plus grand réalisme, des personnages singuliers que l'ignorance, la peur et les duretés du quotidien font d'autant plus dériver au vent des croyances et des rumeurs. La vie, dans l'ensemble, ne leur fait guère de cadeaux : deuils et pertes jalonnent le temps, frappant particulièrement les femmes en couche et les très jeunes enfants.

Tout est dès lors posé pour le déroulement d'une intrigue savamment construite qui, tel le courant imprévisible de la Tamise, emportera irrésistiblement le lecteur dans ses mille méandres et ramifications. Ce conte profondément original et attachant, joliment brodé autour des thématiques de l'écoulement de la vie, des mystères de la naissance et de la mort, et des difficultés de la parentalité, s'avère une lecture enchanteresse à nulle autre pareille. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Commenter  J’apprécie          792
ODP31
  14 juillet 2019
Il ne faut pas s'aventurer dans le sillon d' « Il était un fleuve… » sans son gilet de sauvetage et ses balises de détresse.
Amoureux des petites flâneries bucoliques en péniche, ne franchissez pas l'écluse de ce roman gothique. Vous allez boire la tasse, où plutôt une pinte, à la santé de Stevenson et de Dickens.
Un soir, un inconnu surgit aux portes du Swan, auberge en bord de Tamise et s'effondre, une petite fille inerte entre les bras. Une infirmière, appelée sur place, ne peut que constater le décès de l'enfant. Défiant la science, la petite revient le soir même à la vie et cette résurrection étrenne ce conte aussi glaçant que les eaux de ce biotope romanesque.
Point de vampire ou de savant fou fan de tuning humain dans ce roman, mais un fleuve dont les larmes se transforment en crue et sur lequel dérive le fantôme d'un batelier, le Silencieux, qui ferait traverser les âmes selon la légende, tel Charon sur les rives du Styx.
Plusieurs fillettes ont disparu le long du fleuve ces dernières années. Deux personnages, Rita l'infirmière et Daunt, un photographe, futur couple en instance de bisous, vont rechercher la vérité dans les secrets de familles éplorées.
La force de ce roman tient à cet environnement lugubre mais aussi à une galerie de personnages aussi fouillés qu'originaux. Il y Mr Armstrong, riche mulâtre dont l'épouse handicapée masque un oeil qui sonde l'âme des gens, Lily, jeune femme simplette terrorisée par son demi-frère et les Vaughan, couple bourgeois qui ne survit que dans le déni du destin de leur fille. Si vous ajoutez les gitans du fleuve, Joe, le tenancier et conteur d'histoires du Swan et quelques belles crapules aussi sexy que des silures, il devient impossible de résister à cette histoire.
Selon moi, le roman aurait gagné à miser davantage sur le personnage envoûtant du Silencieux dont on regrette les trop rares apparitions et le texte aurait pu être également plus concis car à mi-croisière, la marée de mots est un peu trop calme. Une flaque d'eau entre deux tempêtes car le dénouement est vraiment trépidant et Diane Setterfield navigue comme un vieux loup de mer entre le récit fantastique et le roman historique.
Ce conte victorien teinté de Darwinisme mérite la traversée, en fond de cale.
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cecilit
  24 juin 2021
Attirée par le commentaire apposé sur la 1ère de couverture " Un plaisir de lecture à la Dickens ", je n'ai pu faire autrement que de me procurer ce roman tout en m'écriant " Quoi, mon Dickens ! On ose faire une comparaison avec mon Dickens, quelle prétention !" . J'ai donc commencé la lecture de ce roman curieuse mais dubitative, et ce, d'autant plus que le treizième conte de Diane Setterfield m'avait bien déçue. Et ma foi, l'écriture et l'atmosphère, en effet dickensiennes, de cette histoire m'ont parfaitement ralliée à cette comparaison audacieuse.
Dans ce roman-fleuve (jeu de mot facile, je l'avoue), il est question d'une enfant morte puis ressuscitée, d'adultes qui se disputent sa paternité, d'une auberge dont les piliers s'enivrent de pintes et de joutes oratoires, de femmes courageuses, savantes, malheureuses, de fils indignes, de secrets de famille et de la Tamise.
Un roman très plaisant à découvrir.
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myriampele
  15 mai 2019
Avec ce grand roman, Diane Setterfield nous entraîne quelque part au bord de la Tamise, au XIXème siècle. Dans une auberge, tenue par une famille nombreuse, un homme blessé fait irruption, un soir d'hiver, portant dans ses bras une petite fille inanimée... Qui est-elle? Tout au long de l'histoire, l'auteure, avec son lecteur, s'interroge, explore les personnages, les lieux, à la manière d'une conteuse. Des destins s'entremêlent: un photographe, une infirmière, un homme de couleur et sa femme infirme, une femme désorientée, un pasteur.... et tant d'autres!....Cet ouvrage approche aussi le darwinisme, évoque les crues de la Tamise, mais surtout les profondeurs de l'être humain. C'est excellent. J'aurais aimé que ça ne se termine pas.
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majero
  24 juin 2021
Un soir en bord de Tamise dans l'auberge du Swan réputée pour ses conteurs, entre un homme gravement blessé portant le cadavre d'une fillette qui ressuscite miraculeusement.
Est-ce Amélia kidnappée un an plus tôt, Alice que la mère a noyée avant de se suicider ou Ann, soeur disparue de la bonne du curé?
Diane Setterfield rend bien l'ambiance de la Tamise avec un récit tel qu'on aurait pu en entendre dans l'auberge du Swan mais je n'ai pas accroché à cette intrigue simple que l'auteure prend plaisir à délayer dans une multitude de personnages ayant chacun leur histoire.
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec   31 décembre 2019
De la même auteure que Le treizième conte, un roman qu’on a tardé à dévorer. [...] Un roman jubilatoire qui ne manque pas d’originalité.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Lexpress   03 juin 2019
Le roman gothique à secrets effroyables s'auréole de romantisme et de magie. Insensiblement. L'indolence trompeuse, Diane Setterfield trousse au long de son fleuve intranquille une jolie ode aux conteurs d'antan.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   28 mai 2019
Un plaisir de lecture à la Dickens.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
DelDDelD   20 juin 2019
L'été, il coupait des roseaux, l'hiver, il fabriquait des paniers, et tout le monde venait lui en acheter, car c'était un bon artisan et il ne vendait pas cher sa production. Il n'avait pas d'enfants qui pussent le décevoir, pas d'épouse pour le tourmenter, ni aucune autre femme pour lui briser le cœur. Il était taiseux sans être morose, saluait très agréablement tout le monde, et ne se disputait avec personne. Il n'avait pas de dettes. Aucun vice avéré ou supposé. Un matin, il entra dans le fleuve, des pierres plein les poches. Quand son corps heurta une barge qui attendait son chargement à quai, on alla visiter son cottage, où l'on trouva des pommes de terre dans une jarre de pierre, et du fromage. Il y avait aussi du cidre dans un flacon, et sur la cheminée une blague à tabac à moitié pleine. Sa disparition sema la consternation. Il avait du travail, à manger, de quoi se détendre : que pouvait-il désirer de plus ? C'était un mystère, et, dès cet instant, Marsh Cottage devint Basketman's Cottage.
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Commenter  J’apprécie          60
CannetilleCannetille   05 novembre 2020
La pluie d’été explosait mollement sur ses épaules en grosses gouttes tièdes qui semblaient contenir leur double poids d’eau. C’était le soir, mais il ne faisait pas encore nuit, et la lumière tombait sur les feuilles mouillées et les flaques des chemins, nimbant tout d’un scintillement argenté. Les gouttes incessantes donnaient au miroitement du fleuve un fini grêlé.
Commenter  J’apprécie          150
CannetilleCannetille   05 novembre 2020
L'été, il coupait des roseaux, l'hiver, il fabriquait des paniers, et tout le monde venait lui en acheter, car c'était un bon artisan et il ne vendait pas cher sa production. Il n'avait pas d'enfants qui pussent le décevoir, pas d'épouse pour le tourmenter, ni aucune autre femme pour lui briser le cœur. Il était taiseux sans être morose, saluait très agréablement tout le monde, et ne se disputait avec personne. Il n'avait pas de dettes. Aucun vice avéré ou supposé. Un matin, il entra dans le fleuve, des pierres plein les poches. Quand son corps heurta une barge qui attendait son chargement à quai, on alla visiter son cottage, où l'on trouva des pommes de terre dans une jarre de pierre, et du fromage. Il y avait aussi du cidre dans un flacon, et sur la cheminée une blague à tabac à moitié pleine. Sa disparition sema la consternation. Il avait du travail, à manger, de quoi se détendre : que pouvait-il désirer de plus ?
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ODP31ODP31   14 juillet 2019
Certaines histoires se disent à voix haute, d'autres se murmurent, d'autres encore ne se racontent pas. Celle du mariage de Mr et Mrs Armstrong appartenait à la dernière catégorie, connue du fleuve et des deux seules personnes auxquelles elle appartenait. Mais en tant que visiteurs clandestins en ce monde, franchissant la frontière qui sépare l'un et l'autre, rien ne nous empêche de nous asseoir sur la berge et d'ouvrir nos oreilles; alors nous saurons, nous aussi.
p.257
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cecilitcecilit   14 juin 2021
Elle avait accompli pour lui tous les devoirs d'une épouse : elle avait préparé ses repas, frotté ses planchers, lavé ses chemises, vidé son pot de chambre et réchauffé son lit. En retour, il avait procédé à tous les devoirs d'un mari : il lui prenait son argent, buvait sa part de bière, restait dehors toute la nuit si ça lui plaisait, et il la battait.
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