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ISBN : 2330081537
Éditeur : Actes Sud (16/08/2017)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 502 notes)
Résumé :
Inspiré par un fait divers récent, le meurtre d'une enfant de huit ans par ses parents, La maladroite recompose par la fiction les monologues des témoins impuissants de son martyre, membres de la famille, enseignants, médecins, services sociaux, gendarmes? Un premier roman d'une lecture bouleversante, interrogeant les responsabilités de chacun dans ces tragédies de la maltraitance.Voir l'interview d'Alexandre Seurat
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Critiques, Analyses et Avis (214) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  17 décembre 2015
Yeux bleus, cheveux châtain clair, de forte corpulence, vêtue au moment des faits d'un tee-shirt rose à manches longues, d'un jean bleu et de ballerines à pétales de fleurs noires. C'est ce que l'on peut lire sur l'avis de recherche concernant la petite Diana, 8 ans.
L'institutrice a de suite su qu'il était trop tard et que tout ce qu'elle avait tenté de faire n'avait servi à rien, sa grand-mère a à peine reconnu sa petite-fille, tant elle avait changé, la gendarme non plus tant la petite fille avait le visage bouffi. Tous se souviendront de Diana, cette enfant d'abord abandonnée à la naissance, puis reprise. Enfant mal aimée par sa mère, elle commencera à subir toutes formes de violence dès sa plus tendre enfance. Étonnamment, personne ne fait rien...
S'inspirant d'un fait réel sordide, Alexandre Seurat nous happe dès les premières pages tant un sentiment de malaise diffus en émane. L'on sait déjà qu'il est trop tard, que la petite est morte. Certainement sous les coups de ses parents.
L'auteur n'a nul besoin de nous décrire les actes de maltraitance, on les ressent au delà des mots. L'on ressent la douleur de Diana qui cache ses bleus, ses brûlures, ses égratignures. Diana qui se dit maladroite pour expliquer les coups sur son corps.
Dans ce roman choral où la parole est donnée à tour de rôle à la grand-mère, la tante, les institutrices, les gendarmes, le sentiment de culpabilité fait froid dans le dos. Sans dénoncer les uns ou les autres, sans remettre en cause le système éducatif ou l'administration, l'auteur fait intervenir tous ceux qui n'ont pas voulu ou pas pu intervenir, ou alors trop tard, pourtant conscients du drame qui se jouait devant leurs yeux. Il dresse un portrait de parents manipulateurs, calculateurs, pourtant tout sourire et aimant. Sans voyeurisme, pesant chaque mot, l'auteur nous offre un roman sincère, troublant et sensible sur la maltraitance.
Rappelons que deux enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents, dont la petite Marina Sabatier, alias Diana.
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Annette55
  18 octobre 2015
Comment évoquer ce livre?
Voilà un texte bouleversant, révoltant, intense, superbe, lu d'une traite, le souffle coupé !
Oú comment parler de la petite Diana morte à huit ans sous les coups de ses parents?
Comment l'évoquer sans abîmer sa mémoire?
Sans la tromper?
Alexandre Seurat, faisant preuve à son égard d'un respect sans borne, narre sa courte vie à l'aide de témoins, qui, l'un après l'autre, démontent l'effroyable mécanique. La grand- mére , soudainement, n'a plus de nouvelles, les déménagements servent de parade aux parents ne laissant rien derrière eux.....
La tante, les instituteurs, la première institutrice comprend très vite : Derrière les mots, le discours appris, le sourire de Diana, les mots qui auraient pu la libérer de son secret écrasant, derrière " sa maladresse" se cachait " autre chose".....
Les directeurs , les voisins, l'assistante sociale, les gendarmes assistent, Impuissants, á un drame qui se dérobe à leurs demarches .....
C' est l'échec d'un système, le dysfonctionnement des administrations, une langue sèche et administrative utilisée par ces pouvoirs publics pourtant alertés!
Et toujours , face à eux, des parents " si courtois", si charmants....d'une politesse extrême....
D'autres convocations, d'autres écoles aboutiront à une décision officielle, cela arrivera bien trop tard..
LES TÉMOINS désormais sont condamnés, tant bien que mal, à vivre avec des remords et un fort sentiment de culpabilité....
Sans jamais juger, sans avoir besoin d'écrire un texte accusateur, l'auteur reconstitue sans pathos, sans voyeurisme, sans fioritures, juste la relation des faits, leurs pensées , leurs émotions en une série de monologues intérieurs vibrants, tragiques et glaçants !
L'auteur est tout simplement présent comme un grand frére " en pointillé "
L'institutrice a cessé d'enseigner: Plus Rien Ne sera Jamais Pareil"
Un récit choral "choc", stupéfiant dans sa sobriété, qui nous prend à la gorge, par cette écriture pointue, juste, parfaitement maîtrisée!
La maltraitance des enfants, un sujet douloureux, trés fort qui n'en finira pas de nous hanter!
Une claque!
À lire absolument!


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Nastie92
  18 septembre 2016
J'ai toujours considéré qu'un enfant venant au monde avait un droit fondamental : celui d'être aimé, choyé, protégé. Devenir maman n'a fait que renforcer ma conviction.
Savoir qu'il y a dans le monde tant d'enfants maltraités me bouleverse, apprendre que deux enfants meurent chaque jour en France sous les coups de leurs parents me donne littéralement la nausée.
Alors, lire un livre sur ce sujet, non merci !
Pourquoi donc La maladroite ? Parce qu'une bibliothécaire me l'a chaudement recommandé, parce qu'elle a su trouver les mots qui m'ont convaincue. Et elle a bien fait.
Pour son premier livre, Alexandre Seurat n'a pas choisi un sujet facile et il s'en est remarquablement bien sorti.
La façon dont il a choisi de raconter, très originale, en fait un texte qui ressemble plus à un compte-rendu de tribunal qu'à un roman, et je trouve que c'est ce qui fait sa force. Alexandre Seurat ne cherche pas à faire d'effets, il expose les faits sans fioritures d'une manière neutre, distanciée.
Il n'accuse personne, ne juge pas : au lecteur de se forger son opinion.
La maladroite n'est pas une lecture facile, mais c'est une lecture nécessaire. Un texte coup de poing pour une prise de conscience, non pas du phénomène de la maltraitance, qui est malheureusement connu, mais des méfaits de la passivité de l'entourage dans ce genre d'affaire.
Alexandre Seurat met en évidence la phrase "on a fait ce qu'on a pu" qui revient dans la bouche de nombreux protagonistes : entourage familial, enseignants, services sociaux. Il montre la pitoyable excuse "c'est la procédure" derrière laquelle l'administration se réfugie pour justifier sa lenteur. Il expose toutes ces personnes qui se renvoient la balle, chacune se disant que ce n'est peut-être pas à elle d'agir, que quelqu'un de mieux placé le fera.
Les parents maltraitants sont coupables, c'est certain, quelles que soient les circonstances : rien, dans le présent ou le passé d'un adulte n'excuse les souffrances infligées à un enfant. Mais ces coupables ne sont pas les seuls responsables, et c'est ce qu'Alexandre Seurat met formidablement en évidence. Dans ce genre d'affaire, les fautifs sont nombreux, à nous d'en prendre conscience : ne rien dire, ne rien faire est criminel. Se réfugier dans la dilution des responsabilités en se disant qu'un autre agira est criminel. Ne rien faire parce qu'on pense que cela ne nous regarde pas est criminel. Attendre est criminel.
Lisez La maladroite. Ce n'est pas un beau livre. C'est même un livre moche, mais c'est un texte nécessaire qu'il faut lire et faire lire.
Et n'oubliez pas le 119, le numéro de téléphone de l'enfance en danger, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.
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canel
  09 mars 2016
Une enfant perçue par sa mère dès la grossesse comme « une excroissance de quelque chose qui lui était insupportable », prénommée Diana « comme une princesse brûlée vive », abandonnée à la naissance (accouchement sous X) mais annoncée comme mort-née à la famille, et finalement reprise par le couple parental à un mois.
Très tôt la grand-mère et la tante de l'enfant sentent que quelque chose cloche chez/avec cette petite - est-elle handicapée ? maltraitée ? Mais la mère de Diana se rebiffe quand elles essaient d'intervenir, et assure que tout va bien « Hein, ma chérie ? » - « Oui, maman », répond la petite Diana en embrassant sa mère. Bon, parfois elle reçoit des brimades en public quand elle fait des bêtises, les parents se justifient : « Faut bien qu'elle comprenne ! »
La maltraitance a continué, car il s'agissait bien de cela et non de réprimandes 'éducatives', et on pourrait croire que les affreux parents ont vite été confondus, une fois que l'enfant a été scolarisée. Pas si simple, malgré toutes les preuves consignées par l'institutrice, et la coopération de la directrice. La médecin scolaire freinait (par lâcheté ? par peur ? par prudence ?), les parents déménageaient quand ça sentait le roussi...
J'ai longtemps repoussé la lecture de ce roman parce que le thème m'effrayait.
Mais Alexandre Seurat s'empare admirablement de ce sujet brûlant et dérangeant, sans esprit racoleur. Il donne la parole en alternance à quelques proches, témoins du drame vécu par Diana, impuissants malgré leur volonté farouche (pour la plupart) d'y mettre un terme.
Tout au long de la lecture, on s'indigne du comportement de ces parents tortionnaires, doués pour faire bonne figure et manipuler leurs enfants qui apprennent impeccablement leur leçon : Diana est tombée, Diana s'est brûlée, elle est maladroite, Diana, terriblement maladroite.
On se demande pourquoi. Pourquoi elle et seulement elle au sein de cette fratrie de quatre enfants ?
On se révolte contre l'impressionnante inertie administrative. On comprend mieux comment tant d'enfants et de femmes meurent encore de maltraitance répétée, s'il est si difficile pour l'entourage d'intervenir - mais entre non-assistance à personne en danger et ingérence, où se situe la limite ?
Excellent et terrible récit qu'on lit la gorge nouée, la mâchoire et les poings serrés de rage. Coup de grâce avec l'épilogue, triste à hurler...
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Commenter  J’apprécie          503
carre
  18 novembre 2016
Comment mettre des mots sur un drame aussi terrifiant ? Comment révéler les faits et les ratés de différents services pour en arriver au supplice de la petite Diana ? Alexandre Seurat y arrive dans ce court récit ou la parole des différents intervenants montre qu'avec une collaboration, un échange entre différents institutions, la vie de Diana n'aurait pas été un long, trop long supplice. Un immense et intolérable gâchis sans qu'il soit difficile de jeter la responsabilité sur les témoins. Que sous les paroles de ses parents (méritent 'ils ce nom?) qui semblaient concerné, se cachaient deux monstres manipulateurs, menteurs, barbares. Ça vous prend aux tripes, sans être jamais voyeur, les témoignages se suffisent à eux mêmes, Alexandre Seurat nous met KO avec un premier livre bouleversant.
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critiques presse (2)
Culturebox   09 novembre 2015
La lecture de ce roman est insupportable. Et indispensable.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama   09 septembre 2015
En évitant les effets de style ou une mise en scène fictionnelle, Alexandre Seurat n'a pas besoin d'écrire un texte accusateur. I
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
YukoYuko   12 janvier 2016
L’INSTITUTRICE
Quand j’ai vu l’avis de recherche, j’ai su qu’il était trop tard. Ce visage gonflé, je l’aurais reconnu même sans son nom – ces yeux plissés, et ce sourire étrange – visage fatigué, qui essayait de dire que tout va bien, quand il allait de soi que tout n’allait pas bien, visage me regardant sans animosité, mais sans espoir, retranché dans un lieu inaccessible, un regard qui disait, Tu ne pourras rien, et ce jour-là j’ai su que je n’avais rien pu. »
Sur la photo, elle portait un gilet blanc à grosses mailles, autour du cou un foulard noué au-dessus de sa chemisette, une tenue incongrue, d’adulte – pas d’enfant de huit ans – mais surtout, cette manière bizarre de se tenir, les bras étrangement croisés, comme quelqu’un qui se donne une contenance. L’image me rappelait sa façon pathétique de faire bonne figure, alors qu’elle avait mal partout, que son malaise transparaissait de chacun de ses gestes maladroits, et raidissait ses membres – on voyait tout de suite qu’elle avait quelque chose de cassé.
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denisarnouddenisarnoud   27 août 2015
En quinze jours de classe, j'avais compris, les bleus, les bosses, quand j'y repense j'ai l'impression que tout s'est déroulé à travers un cauchemar. Alors, je ne vois plus ma classe, mes élèves se figent en noir et blanc - et parmi eux, il y a Diana : elle est la seule à ne pas être en noir et blanc et à ne pas être immobile, je la sais en danger, elle me regarde, comme si elle guettait de moi ce que je peux faire, ce que je vais faire. Mais dans le cauchemar, je sais que tout est déjà trop tard pour elle, elle me regarde, et je ne peux rien faire, et je voudrais qu'elle me pardonne. "
+ Lire la suite
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canelcanel   09 mars 2016
Un jour, j'ai fini par lui dire, 'Tu devrais peut-être consulter, pour Diana'. Il y a eu un silence. Elle était là, dans la cuisine, et elle m'a regardée, l'ai détaché, et elle a dit, 'Pourquoi ?'. Ce n'était pas la bonne façon d'aborder le problème, mais est-ce qu'il y avait une façon d'aborder le problème avec elle ? [...] Je devais bien savoir, au fond, que, si ma soeur était le problème, ma soeur ne serait pas la solution. Mais on se dit 'Au moins j'aurai fait quelque chose, au moins j'aurai tâché de lui dire', alors qu'on n'a rien dit, rien fait.
(p. 61)
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StellarStellar   27 janvier 2016
LA GRAND-MÈRE
Quand je suis entrée chez eux pour la première fois, cette charge d'émotion au moment de revoir Diana, au milieu de son parc, là-bas, près de la fenêtre. Je me suis avancée vers elle, j'ai essayé de ne pas me précipiter, de garder mes distances. Au moment où je m'approche, elle appuie sur les touches d'un clavier en plastique, je dis," Diana", elle se retourne vers moi, me regarde mais elle ne me reconnaît pas. Je l'ai prise dans les bras et je l'ai embrassée, mais elle ne disait rien, elle me regardait en étrangère. Alors, pour ne pas me mettre à pleurer, je l'ai reposée, j'ai dit, "Elle est jolie", j'ai dit, "Elle a bonne mine", j'essayais de trouver quelque chose à dire pour que personne ne voie dans quel état j'étais.
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Annette55Annette55   18 octobre 2015
"J'ai cessé d'enseigner- la décision, c'est ce qu'il y a de plus facile, le soulagement de rompre, de se dire, Plus Rien Ne Sera Jamais Pareil, tout brûler compense les regrets qui vous brûlent, il y a une ivresse. Ça dure un temps- et le pire vient aprés, quand la brûlure s'estompe. Parce que vous êtes là, et que Diana n'y est plus, et que ça fait une différence..."
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