AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782848767543
Éditeur : Philippe Rey (22/08/2019)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 109 notes)
Résumé :
Esther est une enfant de droite née par hasard dans une famille de gauche, au mitan des années 70. Chez elle, tout le monde vit nu. Et tout le monde - sauf elle - est excentrique. Sa mère est une secrétaire anticapitaliste qui ne jure que par Mai 68. Son père, juif pied-noir, conjure son angoisse d'un prochain holocauste en rédigeant des listes de tâches à accomplir. Dans la famille d'Esther, il y a également un frère hyperactif et des grands-parents qui soignent le... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  20 novembre 2019
Elle est drôle la demoiselle, née dans une famille de hippies décomplexés, mais rêvant de cols Claudine, et d'une maison bien rangée, où elle pourrait inviter ses camarades de classe sans craindre que ses parents ne déambulent en tenue d'Adam et Eve.
Les situations cocasses abondent, tant des univers peu faits pour se croiser s'entrechoquent ici au gré des rencontres inévitables.
Les personnages sont hauts en couleur : un père barjo (on comprendra plus tard pourquoi), qui voudrait être juif, une mère qui n'est pas à une contradiction près et effectue sans vergogne le grand écart entre ses principes et ses actes, un petit frère hyperactif et assez destructeur. le quotidien est mouvementé chez les Dahan.
C'est drôle tout ça. Mais si tout le début du roman est une comédie habile et une satyre sociale sur fond d'histoire politique , le ton change lorsque la jeune fille perçoit les tenants et aboutissants de cette situation familiale bancale.


Excellent roman, écrit avec une belle inspiration et qui incite à se conforter dans l'idée que si, sous les pavés, la plage, sous l'humour peut se cacher le mal-être.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          923
Ziliz
  02 février 2020
Pour parodier un titre de film : tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents... conformistes.
Comme la plupart des enfants, la petite Esther rêve de 'normalité', de stabilité.
Sage, pudique, discrète, elle est terriblement gênée par la nudité de ses parents à la maison, leurs ébats du dimanche après-midi dans le salon devant 'L'Ecole des Fans', et leurs crêpages de chignon fréquents...
Esprit soixante-huitard es-tu là ? Oui, chez les Dahan, en ces années 70-80.
Cela dit, le père présente un curieux mélange de lâcher-prise peace & love et de rigueur maniaque. Descendant de juifs pieds-noirs, toujours nu chez lui, petit banquier BCBG dehors, il fait des listes, les récite, à l'envers, à l'endroit, astique les meubles inlassablement, s'avère claustrophobe, hypocondriaque, tyrannique. Un doux dingue, finalement pas si doux. En tout cas assez flippant pour sa femme et leurs deux enfants, témoins de scènes de plus en plus surréalistes.
Cette histoire tragicomique m'a fait penser à l'excellent roman 'La vraie vie' (Adeline Dieudonné). Et, dans une moindre mesure, à 'Interdit' (Karine Tuil) et 'Profession du père' (Sorj Chalandon).
Si l'ambiance est pesante lorsque la fillette redoute les crises paternelles et l'image donnée à l'extérieur, le ton pertinent et plein d'humour est particulièrement réjouissant, notamment lorsqu'il est question de choc des cultures.
L'auteur nous immerge dans 'nos' années d'enfance (1970-1980's), alors que les notions de gauche et de droite étaient (apparemment) moins floues, que Mitterrand apparaissait comme le sauveur, et que certains précurseurs, traumatisés par une éducation religieuse, s'affranchissaient 'déjà' de la religion catholique.
Ce drame familial est une preuve supplémentaire que dans tous les milieux, (presque) 'toutes les familles sont psychotiques', comme dirait Douglas Coupland (titre d'un roman de 2002). De 'Un peu' à 'A la folie'.
• sélection prix du roman Cezam 2020 •
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          460
hcdahlem
  26 septembre 2019
La petite fille qui ne voulait pas grandir
Dans «La petite conformiste», un premier roman qui met en scène une enfant qui regarde comme un jeu ses parents se déchirer, Ingrid Seyman réussit une émouvante plongée dans la France des années 70-80.
Dès les premières lignes, le ton est donné: «Je suis née d'une levrette, les genoux de ma mère calés sur un tapis en peau de vache synthétique. Je n'en suis pas certaine mais j'ai de fortes présomptions. D'abord parce que mes parents étaient aux sports d'hiver lorsqu'ils m'ont conçue. Surtout parce qu'ils n'ont jamais caché leur passion pour cette position. Pour tout dire, j'associe le générique de L'École des fans au tempo crescendo de la première levrette qu'il me fut donné de surprendre. Je sais que tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents soixante-huitards qui faisaient de la « gymnastique » dans leur chambre tous les dimanches après-midi, tandis que leur gamine, collée devant Jacques Martin, rêvait de raies sur le côté et de socquettes en dentelle. Moi, oui.» Esther est cette «petite conformiste» qui va grandir au sein d'un couple anticonformiste. Son père Patrick est un juif pied-noir qui oublie souvent qu'il est juif, mais ne peut oublier l'Algérie française et cette ville de Souk-Ahras qu'il a été contraint de quitter pour se retrouver à Marseille. C'est en compagnie d'Elizabeth qu'il va essayer de construire une nouvelle vie. Cette Babeth qui aime les levrettes et mai 68, cette secrétaire qui va lui donner deux enfants, Esther puis, trois ans plus tard, Jérémy. Qui aurait pu ne jamais arriver. Car l'harmonie du couple vacille: «J'ignore les raisons qui poussèrent Elizabeth à se séparer de mon père alors que j'avais trois ans. Je sais par contre que cette séparation ne dura pas. En lieu et place du divorce de mes parents, j'eus un frère.»
Ingrid Seyman réussit parfaitement à se fondre dans l'esprit de cette enfant espiègle et bien innocente pour retracer la chronique familiale, pour raconter à sa façon les années Giscard, puis les années Mitterrand. Après avoir appris à connaître certains membres de la famille, la tante – qui déteste son père – et la grand-mère Fortunée – qui ne voit pas d'un bon oeil l'idée de partir en vacances en Algérie – Esther va brosser un panorama savoureux des relations sociales, en commençant par son parcours scolaire dans une école privée catholique. Arrivée à Jeanne d'Arc, elle se sent mise sur la touche: «Autour de nous, tout le monde se connaissait. Des filles en robes marine se racontaient leurs vacances. Et des mères en tailleur s'invitaient à boire le thé au bord de leur piscine sur le coup des 15 heures. Personne n'avait l'accent marseillais.» Fort heureusement pour elle, Agnès – qui va devenir sa meilleure amie – va lui permettre de découvrir les nouveaux codes de ces familles si différentes de la sienne. Des codes qu'elle va vouloir intégrer jusqu'à se faire baptiser, au grand dam de son père.
Au fil de ces années où elle cherche sa place et tente de comprendre comment fonctionnent ses parents, entre une permissivité déclarée – on se promène tout nu dans la maison, Patrick se prend pour Jacques Brel, Babeth ne veut pas que sa fille saute une classe par souci d'égalité républicaine – et un traumatisme qui est loin d'être soldé, Esther va se construire grâce à ses amies, quitte à se fâcher contre elles quand le racisme sourd dans les conversations de leurs parents. Il n'y a guère que les séparations successives de ses parents – qui finissent toujours par se rabibocher – qu'elle prend comme un jeu, peut-être aussi pour se rassurer et rassurer son petit-frère. À l'image de ce dossier trouvé dans un placard et dont elle pressent qu'il renferme quelque chose de grave, elle préfère ne pas savoir, continuer sa vie de petite fille. Mais il est des jeux dangereux, comme l'épilogue de ce roman écrit d'une plume allègre va nous le rappeler. Et nous fermer passer de la comédie à la tragédie.

Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          361
Aliice28
  29 février 2020
Ce roman raconte une partie de l'enfance d'Esther, qui est née dans une famille complètement fantasque et qui ne s'est jamais sentie en accord avec sa famille. Coup de coeur pour ce premier roman de l'auteure qui mêle avec brio humour et émotion !
Commenter  J’apprécie          360
berni_29
  21 juin 2020
Lu dans le cadre de la sélection du Prix Cezam 2020, je dois avouer que ce premier roman d'Ingrid Seyman, La petite conformiste, m'a enthousiasmé.
Pourtant j'y allais avec quelques appréhensions, considérant la teneur de ce récit comme mineure, lorsque j'ai découvert la quatrième de couverture. Or, il n'en est rien. Bon, ce ne sera pas le coup de coeur de l'année, mais tout de même, ce roman, par sa petite voix qui nous tient en haleine jusqu'au bout, vaut le détour.
Tout commence avec beaucoup d'humour et de dérision, dans cette description où dès son plus jeune âge la jeune Esther, la narratrice, se sent étrangère à son univers familial. Nous sommes dans la fin des années 70, puis début des années 80. Les parents d'Esther, Babeth et Patrick, revendiquent farouchement leur héritage de mai 68 et cette culture hippie qu'ils pratiquent dans leur mode de vie jusqu'à se balader nus au quotidien dans leur appartement de Marseille. Esther se sent dès son plus jeune âge en total décalage avec cette pratique, jusqu'à s'affirmer de droite, totalement réactionnaire, face à des parents de gauche, qui considèrent qu'il faut interdire les interdits, respecter la planète, promouvoir un esprit de communauté. Voilà pour les belles paroles et le décor planté... !
Les premières pages sont empreintes d'un humour vache délicieux à souhait, d'ailleurs cet humour, sous la forme d'une dérision des situations, ne quitte jamais le récit, même lorsque le ton devient sombre et grave, au fur et à mesure que le récit se déroule. On comprend vite qu'Esther a fait de cet humour, une protection, presque une arme, un antidote en tous cas pour survivre...
L'humour est donc au rendez-vous, un humour mordant, acide, et Esther la narratrice ne s'en prive pas pour prendre en flagrant délit de contradictions ses parents, pseudo cools, égratigner l'envers du décor, leurs jeux de rôles, bien sûr le père, dont on découvre peu à peu la nature réelle de sa personnalité, son côté maladif, ses crises maniaques, son obsession pour des listes de tâches, mais la mère aussi, soumise, totalement soumise à l'empreinte d'un mari qui ressemble davantage à un pervers narcissique qu'à un doux poète rêveur épris des chansons de Bob Dylan ou de Joan Baez.
Le style est fluide, nous emporte, nous tient dans une sorte de jubilation enfantine, jusqu'au moment, où l'on sent que quelque chose ne va pas dans le décor, et dès lors justement on a envie d'en savoir davantage, cela devient comme une sorte de thriller psychologique.
Chaque personnage est décrit avec ironie et finesse. L'auteure n'épargne personne, ni la société, ni les religions, qui font de ce roman un univers essentiel à la narration du récit.
Plusieurs thèmes ici sont conviés avec délectation, l'enfance, l'héritage familial, la filiation... Mais aussi plus tragiquement le mal-être...
Au final, j'ai fredonné ce couplet d'une merveilleuse chanson de Maxime le Forestier que m'a évoqué le roman, au passage de certaines pages :
« On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher
Être né quelque part
Être né quelque part, pour celui qui est né
C'est toujours un hasard »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200


critiques presse (1)
LeFigaro   05 septembre 2019
Dans son premier roman, Ingrid Seyman raconte avec un humour mordant l’enfance d’Esther, qui se présente comme une fille de droite née malencontreusement dans une famille de nudistes de gauche.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   01 février 2020
A l'inverse d'une partie de notre famille, mon père n'était juif que par intermittence. L'essentiel de sa pratique religieuse consistait à ajouter un suffixe à consonance israélite au patronyme des gens célèbres n'en étant pas encore pourvus. Et il suffisait qu'on entende à la radio les premières notes du tube 'Boule de flipper' pour que Patrick en baisse autoritairement le son et me convoque dans le salon :
« Esther, écoute-moi bien !
Corinne Charby, mon cul.
C'est Corinne Charbit qu'elle s'appelle.
Mais les Juifs ont peur, tu comprends.
Ils continuent à se cacher. »
J'appris ainsi que la plupart des gens qui passaient à la télé étaient de la même confession religieuse que mon père mais préféraient taire leurs origines par crainte des représailles. A trois ans, je ne savais pas encore en quoi consistaient ces représailles mais j'avais déjà peur, au cas où.
(p. 8-9)
____
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=mBiTrNzJ7DE (1986)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
ZilizZiliz   02 février 2020
[Ma mère] posa la poêle sur le dessous-de-plat et commença à nous servir.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Agnès en désignant les rectangles de colin qui baignaient dans leur huile de friture.
- T'as jamais mangé de poisson ? s'étonna Jérémy sans soupçonner qu'Agnès n'ait pu connaître de cet aliment que sa version préindustrielle.
- J'en mange tous les vendredis soir, répondit Agnès. Je n'aime pas trop, à cause des arêtes.
Babeth [ma mère] s'engouffra dans la brèche :
- Esther se plaint tout le temps parce que je ne cuisine jamais et que je préfère de loin jouer à 'La Bonne Paye' avec elle. La maman d'Agnès passe certainement des heures aux fourneaux et Agnès n'est pas contente non plus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
ZilizZiliz   08 février 2020
[ première rentrée à l’école privée Jeanne-d’Arc ]
Toujours bien rangée dans la file de ma classe, j'observai le corps du Christ qu'arboraient à leur cou mère Charles, Mme Monasterio - ma maîtresse de CP - ainsi que la quasi-totalité de mes camarades. Si j'avais déjà pénétré dans une église, c'était la première fois que je le voyais de si près. Le surprendre dans de tels états - agonisant au-dessus du tableau ou étouffant entre les seins de ma truculente maîtresse - ne me rassura pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
hcdahlemhcdahlem   26 septembre 2019
Il faisait très chaud le jour de ma première rentrée à l’école privée Jeanne-d’Arc. Et je fondais dans mes bottines en poil de chèvre.
Les mères des autres avaient fait un brushing.
On était venus en avance et Jérémy, qui s’ennuyait dans sa salopette rouge, tentait d’arracher le sparadrap d’un blanc douteux – qui ornait depuis peu le verre gauche de ses lunettes de vue – censé guider ses yeux vers ce point d’équilibre que ses pieds jamais ne trouvèrent.
Les fils des autres portaient des bermudas en flanelle.
Autour de nous, tout le monde se connaissait. Des filles en robes marine se racontaient leurs vacances. Et des mères en tailleur s’invitaient à boire le thé au bord de leur piscine sur le coup des 15 heures.
Personne n’avait l’accent marseillais. p. 29
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
berni_29berni_29   20 juin 2020
Toujours bien rangée dans la file de ma classe, j'observai le corps du Christ qu'arboraient à leur cou mère Charles, Mme Monasterio - ma maîtresse de CP - ainsi que la quasi-totalité de mes camarades. Si j'avais déjà pénétré dans une église, c'était la première fois que je le voyais de si près. Le suspendre dans de tels états - agonisant au-dessus du tableau ou étouffant entre les seins de ma truculente maîtresse - ne me rassura pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130

autres livres classés : bipolaireVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
2345 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre

.. ..