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EAN : 9782823611793
144 pages
Editions de l'Olivier (20/08/2020)
3.31/5   53 notes
Résumé :
Lorsqu’elle se retrouve seule, à l’abri des regards, Anna entend des voix, aperçoit des lumières derrière les rideaux, surprend des ombres dans le couloir. Elle sait qu’elle appartient à un autre monde, qui n’obéit pas aux mêmes lois que le monde ordinaire.

Cela l’effraie, et la remplit de honte.

Est-ce pour la protéger d’un danger que, depuis l’âge de douze ans, Anna doit avaler des comprimés prescrits par un certain Georg ? De quelle ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Tombée gravement malade à douze ans, Anna ne doit la vie sauve qu'au mystérieux traitement administré par un ami de sa mère, un certain Georg. Guérie mais transformée, elle se retrouve aujourd'hui la proie de curieux troubles : hallucinations visuelles et auditives, mais aussi, étranges et inquiétantes pulsions lorsqu'elle s'aventure à interrompre la prise des médicaments fournis par Georg. Peu à peu, la peur envahit la jeune fille : de quelle dangereuse maladie souffre-t-elle ? Quelle espèce de créature est-elle donc en train de devenir ?


Une seule certitude surnage dans ma perplexité : ce livre déconcertant tient son lecteur d'un bout à l'autre par la curiosité et cette brève histoire servie par une écriture efficace et fluide se lit d'une traite sans déplaisir aucun. S'alignent ensuite une série de points d'interrogation sans réponse. Anna n'est-elle qu'une adolescente en souffrance, est-elle manipulée par son entourage ou encore atteinte d'une maladie mentale ? S'agit-il en définitive d'un conte fantastique ? Ambigu à souhait, le texte ne lève jamais le doute. Au final, je me suis sentie autant intriguée que frustrée par le caractère insaisissable du personnage d'Anna et par l'aspect énigmatique de cette histoire ouverte à toutes les hypothèses.


Ce livre empreint d'une trouble étrangeté offre au global une lecture plutôt envoûtante. L'on s'y retrouve plongé dans une atmosphère dérangeante, où la métamorphose d'une adolescente l'amène à la frontière de la folie et du surnaturel. La réalité en sort tellement distordue que, tout comme Anna, le lecteur n'aura au final que ses doutes auxquels se raccrocher.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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RENTREE LITTERAIRE 2020

Je sors de la lecture de ce récit très mitigée. On connaît Florence Seyvos pour ses écrits pour la jeunesse, pour « le garçon incassable » aussi, et on découvre ici l'histoire de cette « Bête aux aguets » qui nous intrigue.
L'histoire d'Anna, qui a l'âge de 12 ans, tombe malade, et se retrouve avec de profonds troubles neurologiques, soigné par un traitement étrange à base de pilules blanches et pilules bleues.
Anna souffre, elle entend des voix dans sa tête, elle a des vertiges, ne comprend pas bien ce qui se passe, et se prend même à léviter quand les regards sont loin d'elle.
Le thème de l'hypersensibilité aurait pu être un thème intéressant, dans lequel on aurait pu se projeter. Anna est très seule. Sa mère, divorcée, n'est visiblement pas à la hauteur de la situation. Anna a une amie, Christine, puis un copain, Ariel, qu'elle ne veut pas voir mais qu'elle voit tout de même, mais au fond Anna n'a pour compagnons réels que ces pilules blanches et bleues, seul curseur qu'elle fait jouer pour en expérimenter les effets.
Avec Florence Seyvos, on bascule aisément dans le fantastique – et pourquoi pas - mais on peine à suivre Anna dans ses pérégrinations. Il y aura bien à la fin un semblant d'explication : le personnage étrange de Georg, un proche de sa mère, aurait bien pu jouer les apprentis sorciers, et Anna être sa cobaye…

« Je me suis aperçue depuis quelques temps que je ne croyais plus au monde » dit Anna.
Le problème, c'est que nous, lecteurs, avons du mal à croire à l'histoire d'Anna, à nous identifier à ses tourments, la partie la plus intéressante étant finalement la solitude incompressible dont elle souffre – un thème auquel le lecteur enfin s'identifier.
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Un roman entre deux eaux troubles, au parfum d'éther. Ce n'est pas faute d'avoir laissé planer le mystère, d'accepter l'irrationnel qui, à chaque instant, peut faire basculer le récit dans le fantastique. La langue est belle, le rythme est lent et le silence, omniprésent. Cela suffit-il à sauver ce roman ? Non. Anna, l'héroïne, est à côté de ses pompes et on a l'impression qu'elle demande au lecteur de l'aider à les rechausser. Quant aux pilules bleu et blanche qu'elle avale pour rester debout, la symbolique a dû m'échapper.
Ce livre m'a fait l'effet d'une fille, belle et taiseuse, que tout le monde admire dans une soirée sans jamais l'avoir entendue parler, alors qu'elle n'est que vide et présomption. Hermétique. « Elle est d'une autre planète » vous dit-on, ou « tu ne peux pas comprendre ». Bah non, désolée.
Un extrait : « Tout à coup j'ai eu une conscience très aiguë de tout ce qui existait atour de moi. Comme si chaque particule d'air ou de matière dans la pièce me rendait personnellement des comptes ». À cette phrase, vous mesurez l'empathie de la dame. Florence Seyvos est dans son trip et ne vous laisse aucune chance d'y participer. Dans le genre maladie mentale rampante, énigme psychiatrique et autre phénomène inexpliqué, j'ai lu beaucoup plus convaincant. Je passe, sans dissuader personne de découvrir cette prose singulière.
Bilan : 🔪

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Voilà un livre que j'avais envie de lire depuis longtemps déjà. Inséré dans ma pile après avoir lu et entendu quelques critiques élogieuses ou perplexes, il me tardait de partir à l'affût de cette étrange bête aux aguets.

C'est donc chez Anna que j'ai tenté mon observation. Cette adolescente, livrée aux lecteurs par le truchement d'une écriture aussi fluide qu'énigmatique, n'en finit pas de se poser des questions et le lecteur bien davantage encore.

Dans l'enchaînement des mots, groupés en courtes phrases et en paragraphes très courts, l'autrice nous propose d'observer une adolescente mal dans sa peau, rongée par la peur de ce qu'elle ressent, de ce qu'elle entend, de ce qu'elle vit au plus profond d'elle-même. Elle se transforme, mais en quoi ?

Son entourage apparaît peu structurant. Rongée par les silences, les non-dits qui voltigent autour d'elle, sur quoi s'appuyer ?  Sur les paroles ? Celles qu'elle reçoit, celles qu'elle s'invente, celles qu'elle entend ou prononce dans les communications télépathiques qu'elle est persuadée d'expérimenter ? Et comme garde-fou, elle bénéficie au mieux de parents divorcés, un père qu'elle aimait enfant, qu'elle ne supporte plus quand, adolescente, elle croit lire dans son regard que sa fille lui fait horreur. Une mère qui se dit à son écoute mais qui décide de tout en fonction de ses propres terreurs et maintient Anna dans un carcan où la jeune fille ne peut qu'angoisser ou s'évader dans un monde onirique qu'elle s'est fabriqué, à moins que ce ne soient les pilules, une blanche et une bleue, que sa mère lui fait prendre et avec lesquelles la fille triche par bravade, par volonté d'expérimentation ou par soif de comprendre, de se comprendre!

Pour le lecteur, l'histoire se lit facilement, sans heurt, avec plaisir parfois mais découvrir, sans y être préparé, ces facettes de la vie d'Anna aussi banales que fantasmagoriques ne peut que soulever de multiples questions. Qu'est-ce qui est vrai, vraisemblable ou complètement fou et irréel ? Comment faut-il interpréter ces images d'une adolescente en quête d'elle-même ? Peut-on accorder du crédit à une autrice qui déstructure sans cesse le réel pour nous ouvrir à ce que vit la jeune fille ?  

Florence Seyos, ne donnera aucune réponse précise à ces légitimes interrogations. Se poser la question n'est pas toujours déjà y répondre ! Au lecteur de prolonger sa lecture. Il refermera le livre, le laissera – ou non – décanter en lui et se sentira nourri -ou pas – par cette approche de l'infinie solitude et des peurs que peut vivre une adolescence en recherche.

Après, il aimera – ou pas – ce récit qui lui aura offert un enrichissement de sa recherche de compréhension de l'autre ou l'aura plongé dans une perplexité abyssale voire dans un rejet total. Quoi qu'il en soit, ‘Une bête aux aguets' ne l'aura pas laissé indifférent.  

Pour ce qui me concerne, j'ai aimé me plonger en questionnement et me sentir provoqué à toujours chercher à mieux comprendre les non-dits qui structurent l'autre.
Lien : https://frconstant.com
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" Mais le sujet de ma honte n'est pas ce que j'ai pu faire c'est ma personne toute entière"
Ainsi entre t-on dès les premières pages, dans l'histoire d'un divorce intérieur. le récit est dense et fort, dans un trompe l'oeil qui fait plonger le lecteur dans le quotidien d'Anna, les mystères d'une autre vie souterraine et cachée, s'y installent progressivement . le récit n'a pas la forme d'un conte, nous ne sommes pas dans "L'écume des jours" et Anna n'est pas Chloé. L'écriture de Florence Seyvos reste toujours à distance de son personnage, les deux vies d'Anna s'inscrivent dans un quotidien omniprésent, habité par le mystère de sa maladie et de ces comprimés blancs et bleus. La force du récit tient à la subtilité dans laquelle l'autre Anna prend forme, sans que l'auteur ne tranche les questionnements qui ne manquent pas de nous interpeller.
A chacun de déterminer qui est Anna, adolescente en souffrance, schizophrène, ou éternelle" Luminata" à la recherche d'elle même?
"Le lecteur se trouve libre de choisir sa vérité, entre la singularité du personnage, et une allégorie plus générale de la part d'ombre que l'humain recèle.
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critiques presse (2)
Actualitte
10 février 2021
Une bête aux aguets, troublant et envoûtant, échappe à toute tentative de définition – c’est à la fois un récit initiatique, un conte noir, un roman gothique.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaCroix
03 novembre 2020
La romancière Florence Seyvos fait entendre la voix d'une jeune fille prisonnière de son monde onirique et de blessures d'enfance.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Je regardais les mains de Louis, elles étaient devenues longues et fines. Son visage avait changé aussi, mais il gardait des traits enfantins. Ses yeux étaient marron clair, ses sourcils délicats, et j'aimais la façon dont il fronçait le nez quand il riait. Je me suis laissée aller contre le dossier du canapé, et Louis a posé la tête sur mon épaule. Je regardais les cartes sur la table basse, et je pensais qu'elles n'existaient pas. Pas plus que n'existait cet appartement qui me guettait. Ou l'immeuble, ou notre rue. Ni toutes les rues autour. Si je plissais les yeux, il me semblait voir la fente dans le rideau, et le vide et l'obscurité derrière cette fente. Le néant. Louis ne savait pas qu'il n'y avait pas de sol sous ses pieds. Que notre monde n'existait pas. Et moi qui le savais, il fallait que je fasse tenir cette réalité pour lui. Il fallait que je porte le poids de ce vide infini, et que je dompte ma peur.
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Vidéo de Florence Seyvos
Avec Geneviève Brisac, Agnès Desarthe, Florence Seyvos. Modération : Francesca Isidori.
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