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EAN : 9782840551973
48 pages
Éditeur : Delcourt (01/01/2004)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 139 notes)
Résumé :
Donjon, c'est tout un monde. Il y a Herbert de Vaucanson, trouillard de génie qui se fait passer pour un valeureux barbare. Il lui sera beaucoup pardonné, car le bougre est sympathique et a le sens de la réplique. Ensuite, il y a Marvin, personnage un peu abrupt mais bon camarade tout de même. Et puis le Gardien du Donjon, bien sûr, et son délicieux prénom : Hyacinthe. Enfin, n'oublions pas le Donjon lui-même, peut-ê... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
jyrille
  29 janvier 2016
Donjon est une série finie mais pas vraiment terminée de trente-six tomes et cinq tomes bonus, tous parus chez Delcourt. La série a été traduite dans plusieurs langues, notamment en Anglais et en Tchèque.
Vous connaissez peut-être les livres dont vous êtes le héros, où l'on vous propose d'incarner un personnage qui doit faire des choix. le principe est simple : découpé en paragraphes numérotés, vous devez décider du chemin à suivre et des actions à mener à la fin de courts chapitres. Votre personnage possède des caractéristiques, et à l'aide de dés et de règles, vous influez sur vos actions et celles des personnages non-joueurs du livre, ainsi que sur des concepts plus étranges comme la chance. Je vous invite à découvrir le Donjon de la même façon. Vous êtes prêt ? Alors affûtez vos dés à dix faces, taillez votre crayon de papier de bois, c'est parti, l'aventure Donjon commence au 1.
1
Quatre tours noires dont la plus haute est visible à dix jours de marche… Une porte en plomb cachée au coeur des marais infects… Des kilomètres de couloir tapissés de mousse et de salpêtre… Des échelles, des monte-charges, des escaliers jusqu'aux entrailles de la terre… C'est le donjon.
Vous avez mis des mois à parvenir à cet endroit où les trésors pullulent, enfin d'après les histoires de certains aventuriers que vous avez croisés dans les auberges de Terra Amata. D'autres vous ont prévenu que vous y trouverez votre perte, car ils recèlent bien plus de pièges et de monstres inamicaux que de pièces sonnantes et trébuchantes. Mais qu'importe ! Vous y voilà, vous n'allez pas reculer maintenant ! Entrez donc y occire tous les orques qui n'attendent que de se faire embrocher par votre heu… votre quoi au fait ?
Si vous avez opté pour la panoplie du barbare classique genre Conan, slip en peau de bête, bottes fourrées et épée à deux mains, vos points de vie sont égaux au résultat d'un lancer de 2D6+2 (deux dés à six faces + 2 points). Une fois notés, courez en 12.
Si vous êtes une jeune prêtresse-guerrière bardée de cuir rouge et imbattable à l'arc, vous possédez 2D6-2 points de vie (deux dés à six faces - 2 points), puis vous pourrez tirer un trait vers le 38.
Mais si vous n'avez foi qu'en la magie et les longs manteaux peu pratiques, lancez votre premier sort au 90. Par contre, vous n'obtenez que 1D6+2 points de vie.
3
Votre nouveau refuge évite de justesse la masse qui se trouvait au-dessus de vous. Les choses semblent se calmer, vous en profitez pour essayer de comprendre ce qu'il se passe. La surface terrestre est désormais éparpillée en milliers d'îlots comme le vôtre, de tailles et d'aspects divers. le Donjon n'y a pas résisté et ses tours flottent autour du bâtiment principal, alors que de nombreux êtres volants (dragons mais aussi oiseaux de toutes tailles et dirigeables) s'en échappent. Vous le sentez, partout, c'est la panique.
Vos intentions initiales se retrouvent ainsi réduites au néant, vous ne trouvez pas ? Allez-vous tenter malgré tout de rejoindre le Donjon en sautant d'îlots en îlots au 10 ou souhaitez-vous trouver une autre destination au 70 ?

4
Après de nombreux escaliers et une sorte de monte-charge, Marvin vous amène dans une grande pièce gardé par deux squelettes. Derrière le bureau, un petit homme-oiseau fume une pipe et semble absorbé par divers manuscrits. Il ne lève même pas la tête lorsque vous entrez.
- Bonjour Gardien, voici le nouveau préposé aux règlements intérieurs !
- C'est bien Marvin, tu lui as déjà présenté ses nouveaux camarades ?
- Pas encore.
- Bon dit-il en vous fixant pour la première fois, vous aurez droit à trois jours de congé par an dès la deuxième année. Quant au salaire, il est le même pour tous, mais vous avez le droit de manger à la cantine. Bienvenu parmi nous !
- Il n'y a donc pas de trésor ici ? demandez-vous timidement, maintenant que vous êtes devant le boss en ayant sauté plusieurs niveaux avec une déconcertante facilité.
- Vous êtes client ou quoi ? Mon vieux, vous ne trouverez pas mieux qu'une place ici ! dit alors le Gardien, soudainement avenant.
Il semblerait que votre avenir soit tout tracé, devenant désormais un membre du Donjon à temps complet. Cependant, si vous pensez trouver de nouvelles pistes, rien ne vous empêche de recommencer au 1.
5
Rapide comme le serpent, vous bandez votre arc et tirez là où vos sens exacerbés vous ont informé du danger. Un râle terrible retentit alors.
- Arrgheuflûteuh ! Ça va pas non ? Ça vous arrive souvent, de vouloir transpercer les professeurs de physique appliquée ?
- Heu je quoi ?
- Je ne sais pas ce que vous imaginiez, jeune donzelle, mais je n'ai pas pour habitude de tendre des guet-apens aux visiteurs du Donjon. Je me présente : Professeur Cormor, et ami du comte Hyacinthe de Cavallère.
Cormor est un grand canard très mince sous une robe de bure mitée. Il vous tend votre flèche, définitivement brisée, et ne semble pas le moins du monde incommodé par une blessure quelconque.
- Vous venez voir le Comte ?
- Heu… je… non je pensais trouver quelque trésor pour ma sororité.
- Ah je vois, et bien vous vous êtes trompée, le Donjon ne possède aucune valeur à l'exception de ses nombreux habitants. du moins actuellement.
Vous voilà un peu étonnée ! Vous aurait-on menti ? Continuez cette passionnante conversation au 71.
6
Sortant la tête de l'eau, le spectacle vous laisse sans voix. Toute la terre est séparée en petits îlots flottants dans les airs, et le Donjon n'est plus qu'un amas de tours et de mottes suspendues éclatées, entourées d'objets volants divers. Les rats quittent le navire !
Désormais, plus rien ne vous oblige à aller chercher un hypothétique trésor dans les restes de ce château. Allez-vous tenter malgré tout de rejoindre le Donjon en sautant d'îlots en îlots au 10 ou souhaitez-vous trouver une autre destination au 70 ?
7
Je m'appelle Marvin, au fait, vous dit-il avec bienveillance, et c'est vraiment dommage que vous ne vouliez pas vous occuper de ce tableau, vous gagneriez plus à vous faire engager qu'à courir l'aventure. Ici, vous tomberez forcément sur plus fort que vous, je peux vous le garantir (le souvenir de la baffe n'est vraiment pas éloigné, vous croyez donc votre interlocuteur sur parole). Je vous disais, c'est vrai qu'on ne comprend pas cette liste d'albums avec les copains (Marvin vous accompagne vers l'entrée de la tour droite, vous aviez raison : c'est plein d'escaliers), parce qu'on est jamais d'accord sur l'ordre dans lequel il faut les lire (ça y est, vous avez commencé l'ascension. Ça risque de piquer les mollets).
Parce que voyez-vous, c'est un peu comme La guerre des étoiles : faut-il suivre l'ordre chronologique, ici représenté par le niveau de chaque album, ou l'ordre de parution, qui permet de se faire une idée de ce que les auteurs ont créé au fur et à mesure et ce qui était prévu dès le début, ou enfin lire par sous-série, restant ainsi toujours dans une ambiance particulière ?
Pour ma part, je préfère l'ordre chronologique, du niveau -400 au niveau 111. Il se rapproche de la lecture par série et permet de bien comprendre les relations et les évènements qui façonnent le Donjon et Terra Amata. Et puis, les personnages sont nombreux et leurs interactions souvent compliquées. Pour Potron-Minet, vous avez Hyacinthe de Cavallère comme personnage principal, le futur Gardien du Donjon. C'est lui qui fera, inconsciemment ou non, grandir le château de son père qui deviendra au fil du temps ce Donjon majestueux dans lequel vous vous trouvez (majestueux, sans doute, vu que vous en êtes déjà à votre 65ème marche et que cela semble encore long, pensez-vous rapidement). Il côtoie nombre de malandrins, car c'est un âge de cape et d'épée, plein d'honneur et de grands sentiments. Saviez-vous que c'était lui, La chemise de la nuit ? le Gardien, un justicier masqué ! Il y a aussi l'intrigant chef de la police, Jean-Michel, la tueuse à gage Alexandra au corps de déesse, ses amis professeurs et notables, qui, pour ces derniers, étaient tous ses compagnons de faculté. Beaucoup travaillent pour lui maintenant, et même certains de leurs enfants.
Et puis au Zénith, il y a moi, que l'on peut voir dans Mon fils le tueur alors que je n'étais qu'un marmot, et que le Gardien était déjà un notable respecté. Et surtout, mon ami Herbert de Vaucanson, le canard qui deviendra le Grand Khân dans la série Crépuscule. Moi, je deviendrai le Roi-poussière, et je serai très respecté. Notamment parce que je gagne des pouvoirs en perdant des membres. Si je n'ai plus d'ailes, je peux lancer des Tong Deum – cracher du feu si vous préférez. Nous aurons d'autres amis, comme Pipistrelle la chauve-souris et Marvin Rouge, le vrai héros de Crépuscule, un lapin totalement purpurin honni de Zautamauxime. Vous devez connaître Zautamauxime non ? Les lapins qui y habitent ont beaux être lâches, stupides et racistes, ils font la meilleure bière de Terra Amata.
Mais pour l'heure, c'est Herbert et moi qui faisons les beaux jours de Donjon. Bien malgré nous, d'ailleurs. Herbert n'a pas l'âme d'un guerrier, il cache une enfance traumatisante, ce qui fait qu'il préfère jouer aux dilettantes désinvoltes. Alors qu'au fond, c'est un bon type, qui ferait tout pour ses amis. Moi, je suis un peu trop crédule, il faut dire que ma mère m'a bien éduqué, avec elle, ça rigolait pas ! Je suis très fort pour la bagarre, mais ma religion – je suis draconiste – n'est clairement pas au point : tenez, si vous m'insultez, je ne peux pas vous frapper ! Rapport à la fierté et au contrôle de soi je crois. C'est comme la connerie de se crever les yeux si on regarde nos propres enfants ! C'est juste pour éviter de s'en occuper que nos anciens prêtres ont créé cette loi. Enfin, il y en a qui croient encore à ces fariboles d'un autre âge, c'est désespérant (tout comme cette montée, qui arrive tranquillement à la 307ème marche).
Si vous désirez savoir où vous emmène ce grand saurien, demandez-lui au 9. Sinon, attendez de voir ce qui se passe au 78.
8
Vous avez raison, vous dit Cormor lorsque vous lui faites remarquer que cette carte ne retrace aucun lieu mais un ensemble chronologique. le Donjon n'a pas de carte, du moins, je ne pense pas qu'une telle carte puisse exister, même si le Gardien en possèderait un exemplaire - ce dont je doute, les multiples transformations n'ont pas pu être toutes répertoriées, demandez à Herbert, il a découvert des toilettes bouchées de la taille d'un domaine viticole dans Des fleurs et des marmots… le Donjon est un lieu de repère tout au long des diverses séries, même s'il devient un amas de pierres tenues entre elles par de lourdes chaînes lorsque Terra Amata explose finalement dans Crépuscule. Mais Donjon a une chronologie, une suite logique. C'est elle qui nous guide dans le dédale de ses albums, ce sont les niveaux qui nous explique dans quel monde nous nous trouvons (celui de Hyacinthe qui débute puis règne sur Antipolis, celui de Herbert jeune canard couard qui deviendra un grand guerrier, ou celui de Marvin Rouge, lapin libidineux et arrogant qui finira par comprendre que rien ne vaut l'amitié), c'est elle qui donne la conclusion, forcément un peu décevante, de la Fin du Donjon (tome 111, niveau 111).
Les personnages se battent avec le temps, puisque nous les croisons dans plusieurs séries, voyons leur évolution sans savoir ce qui a bien pu les transformer. Ils ne sont pas des conquérants, des guerriers assoiffés de reconnaissance, de terre, de royaumes, leurs missions n'ont aucun rapport avec la géographie. D'ailleurs, les lieux semblent tous être détachés d'une carte globale, on est loin du Seigneur des Anneaux et de Game of Thrones. La seule ville qui ressemble à une capitale s'appelle Antipolis, soit la non-cité si l'on décompose son nom en anti- et -polis et que l'on s'en réfère au grec.
Il est vrai cependant qu'une carte apparaît comme primordiale dans Crépuscule : la Carte Majeure. Celle-ci décrit toute la planète, qui, ayant explosé, se décompose en îlots indépendants. Cette carte place chaque îlot à une position précise et à un moment donné : elle sera avantageusement remplacée par tout ce qui peut mesurer le temps dès que l'on connaît le moment auquel l'îlot recherché doit apparaître.
Sous couvert de faire de l'humour sur le dos de la fantasy, en ridiculisant des aventuriers qui se feraient battre au bingo par des dames âgées ou en invitant le libéralisme au sein du Donjon, Sfar et Trondheim s'attachent à parler de sujets plus vastes : les mécanismes de la justice, du travail, de l'amour, du terrorisme, de la paternité et surtout de la religion sont étudiés entre autre grands thèmes. Même si elle reste ludique, la série adopte souvent un ton sombre sans aucune pitié ni pour ses personnages ni pour le lecteur, notamment dans la série Monster. Donjon ne pouvait donc pas se contenter de cartographier des lieux qui auraient pu représenter ces thèmes, comme le Mordor représente le mal dans le Seigneur des Anneaux, il leur fallait une dimension plus universelle et surtout moins représentative visuellement. Cela permet également d'expliquer que rien n'est figé, qu'un jeune canard caustique peut devenir un tyran, ou qu'une brute épaisse peut devenir un sage. Par leurs actes et les évènements auxquels ils sont confrontés, le lecteur se rend compte que rien ne s'explique simplement.
C'est pile à ce moment que vous vous demandez si ce canard va se taire un jour. Tout en vous parlant, vous vous êtes tous deux rapprochés de l'entrée du Donjon, au-dessus des douves, et vous apercevez un petit homme en grand manteau, fumant la pipe et n'ayant pas l'air commode. A coup sûr, c'est le Gardien. Assurez-vous en au 34.
9
Je ne sais pas encore vraiment… vous répond Marvin doucement (trop doucement selon les poils de vos avant-bras). Je me demande si je dois vous emmener voir le Gardien pour vous présenter comme le nouvel intendant des tableaux du règlement intérieur, ou attendre d'arriver au sommet pour vous faire descendre par les airs. Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
Qu'allez-vous lui répondre ? « Ho moi ? Une reconversion me semble tout à fait honorable dans ces conditions… » ? Dans ce cas, pensez à changer votre épée contre un tournevis en 25. Si vous préférez tenter de battre cette pipelette de dragon à la loyale ou dans le dos, rendez-vous au 14.
10
Le chemin est malaisé, imaginez : vous devez sauter d'îlot en îlot, tout en essayant de garder votre cap sur le Donjon, alors que tout est en mouvement, que les hauteurs se modifient parfois sans crier gare, et que vous devez de temps en temps essayer de grimper sur un îlot supérieur. Je sais, vous êtes un optimiste dans l'âme, mais il faut se rendre à l'évidence : vous allez finir par vous retrouver au 14.
C'est pourquoi penser à trouver autre chose qui mènerait au 70 me semble bien plus approprié. Mais c'est vous qui voyez.
12
On ne vous avait pas menti : la porte en plomb cachée dans les marais mène bien dans les tréfonds du Donjon ! Evidemment, il aurait été plus pratique d'avoir une torche pour vous éclairer, puisqu'il y fait plus sombre que dans un roman de James Ellroy… Heureusement, tout est prévu : vous en décrochez une quelques dizaines de mètres plus loin, après vous être tant bien que mal dirigé en tendant les bras (et touché, par la même occasion, quelques secrétions inconnues et désagréables). Désormais éclairé, vous comprenez que le sol sur lequel vous vous tenez est une passerelle de pierre entre deux tours qui plongent dans les ténèbres et s'élèvent vers un plafond lointain. Tout autour, des dizaines d'escalier, de paliers, de ponts de cordes et de murs s'enchevêtrent en un labyrinthe souterrain a priori gigantesque.
C'est pas gagné ! Si la vue vous plaît, vous pouvez toujours tenter de décrypter les runes gravées sur l'entrée de la tour gauche, au 75. Mais si vous pensez tenir une ascension de marches de longue haleine (on ne vous a pas surnommé le grimpeur pour rien !), la tour droite vous attend au 22.
14
Cela devait arriver : à force de visiter des endroits dangereux, de vouloir se frotter à des orques sans âme et de faire des jeux de mots pourris, vous avez trépassé. Vous êtes cané, lessivé, refroidi, repassé, trépané, cuit, rôti, clamsé, fini quoi. Mais bon, rien n'est perdu ! Reprenez vos dés, votre crayon et recommencez au 1, de nouvelles aventures vous attendent ! Vous pouvez même, si vous le désirez, recommencer au dernier paragraphe qui vous a mené ici, mais dans ce cas, vous n'aurez pas la possibilité de trouver de nouveaux objets ou des informations de valeur.
15
Je vais vous présenter au Gardien, pardi, c'est lui qui décidera de votre sort. Après tout, vous êtes sur son domaine sans avoir été invitée et avec d'évidentes intentions belliqueuses. Mais n'ayez crainte, il est très magnanime.
A priori, le Gardien serait le petit homme avec une pipe sur le pont-levis dont vous vous rapprochez tout en écoutant Cormor. Vérifiez sa magnanimité au 34.
22
Un dragon relativement petit (c'est-à-dire grosso modo de votre taille) vous fait face. Il est rouge, porte une coiffe ridicule en os et ne semble pas rigoler. Il a même l'air balèze, à bien y regarder. Vous commencez à peser le pour et le contre d'une attaque frontale (soit côté coiffe soit côté cache-sexe) mais c'est à ce moment qu'il vous adresse la parole.
- Ah ben il était temps ! Ca fait trois semaines qu'on attendait la réfection du tableau de ce niveau. Vous aurez fini quand ?
- RRRAAAAAH faites-vous en vous ruant sur ce dragon arrogant, l'épée fièrement dressée.
- PAF fait le dragon en vous filant une grosse baffe que vous n'avez pas vue venir. Vous n'êtes pas là pour la réfection du tableau ? Vous cherchez un trésor comme les autres clients ?
- Mmfg oui marmonnez-vous en tentant de remettre votre mâchoire en place.
- Aaah pardon pardon, fallait prévenir, on n'a pas l'habitude de voir des aventuriers tenter de lire les instructions du Gardien. Ce sont les règles du Donjon, remémorées avec la liste des albums de la série. Mais on n'y comprend pas grand-chose.
Ce Donjon vous semble de plus en plus éloigné de ce qu'on vous en a raconté, mais votre nouvel ami dragon va vous éclairer au 7.
23
Malgré votre optimisme, la terre ne s'arrête pas de trembler. Au contraire, elle semble même se fragmenter de plus en plus… Vous voilà projeté dans les airs, vous agrippant comme vous le pouvez à l'herbe sous vos pieds, invoquant tout ce qui vous est sacré et serrant les fesses, car d'autres morceaux de Terra Amata sont lancés dans tous les sens autour de vous. Et votre îlot fonce rapidement vers un autre qui semble plus lourd et donc, moins véloce !
Tentez votre chance ! Lancez deux dés : si vous faites plus de 6, vous vous aplatirez contre votre cible au 14. Si vous faites moins de 6, vous l'évitez (et lévitez) au 3.
25
Parfait ! vous dit Marvin en tapant ses mains de satisfaction. le Gardien va être content. J'aurai peut-être droit à une heure de congé aujourd'hui.
Vous poursuivez votre route dans un dédale de couloirs en vous demandant s'il ne serait pas plus judicieux d'insulter Marvin et de quitter de suite ce bâtiment infernal au 66 ou si votre nouvelle place ne mérite pas qu'on s'y attarde un peu au 4.
34
Le Gardien vous jauge avec méfiance (car vous aviez raison, c'est bien lui ! Votre entraînement est vraiment formidable).
- On peut vous aider mademoiselle ? Vous voulez une
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ladyshania
  16 février 2017
Donjon, c'est une BD d'heroic fantasy plutôt singulière. Certes on retrouve des codes propres au genre comme un univers médiéval et des batailles même les personnages ne sont pas les héros ni les méchants qu'on imagine, tous sont assez bêtes et maladroits. A commencer par le personnage principal, Herbert, un canard qui se voit obliger de se faire passer pour un puissant barbare et d'aller combattre des monstres qui veulent attaquer le donjon. Dans sa mission, il est accompagné de Marvin, un dragon végétarien.
Le duo de dessinateurs Sfar / Trondheim réussissent le pari de créer une BD de fantasy qui plaira aux amateurs au tant qu'aux novices du genre. Ici il n'y a pas de roi, de reine ni de grandes guerres menées, mais seulement la défense du Donjon racontée avec beaucoup d'humour et de dérision.
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RosenDero
  03 juillet 2017
Autant le Donjon Monster "Jean Jean la Terreur" m'avait paru un peu plat, autant ce Donjon Zénith est très bon.
Quiproquo, tentacules, ceinture maléfique et grosses bastons. le tout agrémenté d'un duo de héros végétariens cocasses et attachants.
La présentation du Donjon dans les premières planches est excellente. du coup, la fin me parait un peu faiblarde à côté (mais surement qu'il s'agit là d'une ouverture ou d'un renvoi à un autre tome de ce donjon-ci).
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Sejy
  24 août 2012
Je n'aime pas (ou si peu) l'Héroic Fantasy. Et je le confesse, c'est avec un plaisir doublé d'un chouia de perversité que j'aspirais à voir tourné en dérision cette branche de la Bd ultra codifiée et trop uniforme à mon goût. Mais le couple Trondheim/Sfar est plus subtil que cela et surtout plus talentueux. Inventifs, drôles, ils revisitent les clichés, détournent les conventions et, dépassant avec brio la parodie, créent finalement un nouveau courant rafraichissant et savoureux. Une alternative et un presque hommage (j'ai dit presque) à un genre qui m'apparaît à présent infiniment plus sympathique.
Donjon Zénith, c'est du fantastique médiéval, exubérant et décalé, quelquefois absurde, où les antihéros côtoient des monstres « gentils » (non, on n'est pas chez Casimir ! quoique Marvin aurait un petit air de famille) et dans lequel les combats les plus sanglants et meurtriers sont livrés à coups de plume et de rot dévastateur. Les situations dramatiques succèdent aux péripéties les plus loufoques ou aux parenthèses plus poétiques (si, si, y'en a), toutes portées par de délicieuses répliques au vocabulaire étrangement contemporain et rivalisant d'ingéniosité ou de drôlerie. Les trésors d'un humour ciselé indifféremment au scalpel ou au bulldozer qui offre à la série une atmosphère burlesque, légère, où la cruauté et la mort paraissent pour ainsi dire anecdotiques.
Là où l'oeuvre frôle le magistral, c'est que tout ce énième degré se donne des airs sérieux. Un univers (en expansion) qui, outre son délire et son originalité, affiche une légitimité et une cohérence qui le révèlent d'autant plus riche et passionnant. Les personnages, faisant montre d'une belle profondeur de caractère, s'éloignent de la caricature et ne sont que plus attachants. L'émotion s'en ressent, forcément. La trame est emportée et souvent surprenante, mais demeure parfaitement maîtrisée. Elle est efficace, d'un intérêt grandissant et d'une irrésistible intelligence ; on y appréciera, de-ci de-là, les quelques accents de philosophie (version comptoir) ou ersatz de réflexion lorsque la critique sociale affleure. Des douceurs qui s'ajoutent à la marrade générale et au plaisir sans pareil de réveiller et régaler notre imaginaire d'ancien gosse (on aurait dit que je suis un gentil avec une super épée et une ceinture magique qui me transforme en guerrier et que j'aurais aussi un manteau qui me protège des blessures et aussi un copain reptile vachement balèze...).
Le graphisme, de ce style minimaliste que l'on a souvent lu « enfantin », je le trouve simplement beau. Dynamique, généreux dans le détail et d'une superbe mise en couleurs, il va d'abord à l'essentiel. Impulsant également un tempo, une petite folie supplémentaire, il fournit le « costume » idéal au récit.
Bienvenue dans la cour de récré pour adultes !
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Arthemyce
  28 septembre 2018
Critique générale de la série :
Donjon regroupe une quanrantaine de BD sur fond d'Heroic Fantasy médiévale reprenant à merveille les codes du jeu-de-rôle type Donjons & Dragons (auquel je n'ai jamais joué mais dont on entend suffisament parler dans The Big Bang Theory et autres geekeries que j'affectionne).
La série est divisée en 5 domaines représentant soit une époque de la vie du Donjon et de son monde : Terra Amata ; ou des opus focalisant sur des personnages spécifiques de l'univers. Elle est également agencée par niveaux, qui permettent de s'y retrouver chronologiquement pour reconstituer une épique fresque historique.
Ainsi on a :
POTRON-MINET (Niveaux -100 à 0) : qui raconte l'histoire du (futur) Gardien et de la création de son Donjon.
ZENITH (Niveaux 1 à 100): qui raconte l'apogée du Donjon et voit se mettre en place "le héro" de la série, ce cher Herbert de VAUCANSON.
CREPUSCULE (Niveaux 101 à ...) : qui relate la fin du Donjon.
MONSTERS : qui nous en apprend un peu plus sur les personnages secondaires (à des "niveaux" très variable, allant au delà des -100 ou +100)
PARADE : qui nous fait vivre quelques aventures d'Herbet & Marvin - protagonistes de la période Zénith - situées entre les niveaux 1 et 2
Il y'a aussi un Donjon "Bonus" qui n'est rien moins que le grimoire du jeu-de-rôlé basé sur l'univers de Terra Amata - vraiment sympa.
La série est (malheureusement) finie bien qu'incomplète : avec une quarantaine de tomes sorties qui couvrent une période de niveaux de -400 à +114 ; on peut suivre tout de même à loisir l'évolution du monde et des personnages et on n'a pas le sentiment d'une série inabouttie. On regrrette surtout de ne plus avoir de nouvelles aventures d'Herbert, de ses comparses, parents ou descendants...
J'ai commencé à lire cette série étant ado et encore maintenant je m'y replonge avec plaisir. L'humour y est tantôt grossier, tantôt fin; les codes et l'immagination propre à la Fantasy y sont repris (souvent caricaturés) à bon escient; chaque période/catégorie de la série appelle des dessinateurs différents, ainsi, Pontron-Minet, Zénith ou Crépuscule ont chacune un style qui colle bien à l'atmosphère. Pour les categories annexes, les auteurs ont fait appel à plusieurs amis qui imposeront chacun leur style au tome auquel ils ont contribué - certains plus marqués que d'autres par leur difference avec le style d'origine (Zénith).
J'ai pour ma part un faible très marqué pour la période Zénith et Crépuscule dont j'adore l'histoire et les traits. Un peu moins fan de Potron-Minet, notamment car j'aime moins le trait malgré l'histoire toujours intéressante. Les Donjons Parades sont à mes yeux très inégaux... Enfin les Donjons Monsters sont un petit plaisir à part qui permet d'élargir l'univers tout en faisant résonner l'histoire.
Série atypique, aussi bien accessible aux ados qu'aux lecteurs avec plus de bouteille, Donjon, c'est un peu à mes yeux comme ces films qu'on a vu et revu mais dont on ne se lasse pas.
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critiques presse (1)
BullesEtOnomatopees   24 août 2011
Que du bon, j’vous dis !
Lire la critique sur le site : BullesEtOnomatopees
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
PavlikPavlik   28 mars 2016
A partir de cette salle, nous pouvons épier tous les visiteurs du donjon. En ce moment, il y a exactement 576 aventuriers encore vivants dans nos murs. Je ne compte bien sûr pas les zombifiés. Les groupes sont composés en majorité de guerriers sans cervelle ou de semi-magiciens du genre je-préfère-lancer-une-boule-de-feu-que-lire-un-livre...C'est monotone...Lucratif mais monotone.
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lunchlunch   23 décembre 2010
_ C'est bien ce que je pensais : un berbouche évolutif. Je vais lui injecter des petits bonshommes qui feront sortir le berbouche. L'embêtant c'est qu'après les petits bonhommes voudront rester dedans. Alors ensuite, je mets des fourmis bonhommivores pour nettoyer tout ça.
_ Et les fourmis ? ... Il faut s'en débarrasser aussi, non ?
_ C'est pour ça que j'ai apporté un fourmilier...
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YzouYzou   08 janvier 2014
Il semblerait que sans sa capuche, cette créature ne fasse pas la différence entre les vivants et les morts.
Par exemple, derrière un mortel, elle voit tous ses ancêtres disparus. Elle voit vos parents, les parents de vos parents et ainsi de suite jusqu'à l'origine du monde.
Pour elle, nous ne sommes qu'un maillon d'une immense chaine.
Pour faire savant, je dirai que cela s'appelle la généalophtalmie.
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YzouYzou   30 décembre 2013
Quatre tours noires dont la plus haute est visible à dix jours de marche...
Une porte en plomb cachée au cœur de marais infects...
Des kilomètres de couloirs tapissés de mousse et de salpêtre...
Des échelles, des monte-charge, des escaliers jusqu'aux entrailles de la terre...
C'est le donjon.
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lunchlunch   23 décembre 2010
_ Le géant est toujours vivant et depuis des années il doit être à la recherche de son œil. Et comme il voit ce que voit son œil, il connaît ton visage.
_ Peuh... Je n'ai rien à craindre... Le cerveau d'un géant pèse le même poids que son œil. Ha ha ha...
_ Ne ris pas, Alcibiade... Ça lui fait un cerveau de 30 kilos !!!!
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Vidéo de Joann Sfar
Pour Joann Sfar, auteur du Chat du rabbin et de Gainsbourg, vie héroïque, Petit Vampire est une lettre d'amour au cinéma «destinée au jeune public dans la lignée des Miyazaki, Disney ou Pixar », qu'il « admire en tant que spectateur, quand ils traitent de sujets essentiels et d'émotions profondes.» L'histoire est située dans un décor de Côte d'Azur et un manoir qui évoque l'ancienne villa des grands-parents du réalisateur — «la plus petite, à l'époque, du cap d'Antibes, mais, évidemment, la plus jolie à mes yeux!» Dans le film, son petit héros âgé de trois cents ans et ses copains monstres passent des siècles, au sens propre, dans une cinémathèque. Quelles sont les influences majeures de Sfar, mordu de septième art qui rêve que «les classiques restent un essentiel maillage culturel entre générations»?
Réalisation : Pierrick Allain, Guillemette Odicino
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