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EAN : 9782752905789
336 pages
Éditeur : Phébus (10/03/2011)
4.04/5   120 notes
Résumé :
Août 1914, la Grande Guerre éclate. Mais Sir Ernest Shackleton s'est lancé dans une toute autre bataille : la traversée du continent Antarctique de bout en bout. Et de l'échec - total - de cette tentative, il va faire une victoire : la plus stupéfiante épopée de toute l'histoire de l'exploration polaire. Leur navire, l'Endurance, bientôt broyé par les glaces, Shackleton et son équipage passen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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PhilippeCastellain
  20 mars 2017
Jusqu'où peuvent être repoussées les limites de l'endurance humaine ? Il y eut un navire qui portait justement le nom d' « Endurance », et dont l'odyssée prouva qu'elles peuvent aller très loin. A l'âge héroïque de l'exploration de l'Antarctique, l'expédition fut lancée juste avant la première guerre mondiale par un capitaine anglais du nom d'Ernest Shackleton. L'objectif était de traverser le continent de mer à mer, en passant par le pôle.
Mais rien ne se passa comme prévu. Avant même d'être arrivé en vu du continent, le bateau fut pris dans les glaces. Pendant dix mois ils dérivèrent avec la banquise, incapable de se libérer. Il fine, la pression sur le bâtiment l'écrasa, et ils durent l'abandonner pour survivre. Tantôt trainant avec eux leurs canots tantôt naviguant sur l'eau libre, ils parvinrent à gagner l'île de l'Eléphant, petite montagne gelée et inhospitalière au beau milieu de l'océan Australe. Ayant perdu le gros de leurs réserve de nourriture, ils survécurent en mangeant les rares phoques et pingouins qu'ils pouvaient attraper.
Nul secours n'étant à attendre, Shackleton prit la décision de tenter avec quelques hommes une traversée jusqu'en Géorgie du Sud, la plus proche terre habitée : 1500 km à travers la mer la plus dangereuse du monde, dans une coquille de noix de sept mètres de long, rafistolée et pontée avec des morceaux de caisses…
Les souffrances qu'ils supportèrent et les dangers qu'ils bravèrent sont simplement hallucinants. le plus impressionnant reste cependant que jamais le groupe ne perdit sa cohésion et sa discipline, et fit toujours face aux pires épreuves avec résolution et courage. Au final, pas un seul homme de l'expédition ne mourut.
Le ton avec lequel Shackleton raconte tout cela prouve que le célèbre flegme britannique n'est pas une légende. C'est avec calme que lui et ses camarades font face au danger, et avec humour qu'il raconte leurs dures conditions de vie et qu'il constate leur stupéfiante capacité d'adaptation. Serions-nous encore capable aujourd'hui d'endurer autant d'épreuve avec autant de courage ? Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas Koh Lanta qui vous le dira.
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majero
  14 juin 2021
Les 50èmes hurlants, c'est ce que va devoir affronter Shackleton. Son expédition a foiré. D'abord les glaces précoces ont empêché le débarquement pour une première, la traversée de l'Antarctique. S'ensuit un hivernage au cours duquel l'Endurance est broyé par la débâcle, 260 jours de dérive sur la banquise, les fissures au dégel, le camp sans cesse déménagé sur des îlots de plus en plus restreints, secoués par la houle du sud et enfin l'embarquement des 28 hommes dans trois canots, l'accostage sur l'inhospitalière île de l'Elephant où un deuxième hivernage s'avérerait problématique.

Seul espoir, partir chercher de l'aide sur un frêle canot avec quelques hommes, 1500km à l'Est sur l'île de Géorgie du sud.
Récit factuel, total dénuement où le moral est vital, humour anglais, une chanson fredonnée, la majesté d'un iceberg, le bonheur de sucer un glaçon quand l'eau potable vient à manquer.
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rotsenamrub
  10 juin 2021
"On va finir un peu tard ce soir ma puce"
En entendant le ton doucereux de mon collègue qui calme son épouse inquiète de nos aléas professionnels, j'ai une pensée pour madame Shackleton qui attendait son mari parti vagabonder des mois, voire des années et sans smartphone, parmi les glaces antarctiques.
Ce type et les gars de son équipe n'étaient pas des pétochards.
De quel bois étaient-ils faits ?
Incroyable, passionnante odyssée que cette expédition qui tourne à l'échec puis à la catastrophe.
On pourra regretter quelques longueurs lorsque Shackleton retrace ses difficultés à passer la banquise mais il s'agit d'une sorte de journal de bord et non d'un roman.
Shackleton s'en tient au faits et aux hommes qui se révèlent extraordinaires de courage, d'entêtement, d'abnégation et de loyauté.
Quand on réalise que la majorité de ceux qui échappèrent aux mille périls de ces contrées glacées perdirent la vie dans une tranchée, sous les obus de l'effroyable hécatombe odieusement appelée "Grande Guerre".
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Jacocorico
  05 janvier 2020
Woooh !...
À la veille de la première guerre mondiale, vingt-huit marins d'un côté et une trentaine de l'autre embarquent pour l'Antarctique, dans le but de réaliser la première traversée du continent Blanc.
Une organisation du tonnerre contrecarrée par la glace, le blizzard et la nuit polaire, qui entraînera les explorateurs, dans une tourmente de près de deux ans pour certains.
On ne peut imaginer les terribles privations, la peur et les souffrances qu'ont enduré ces marins tout au long de leur odyssée; et Shackleton a la pudeur de nous ménager. Il nous fait voir cependant la bravoure et la persévérance de ses hommes, déterminés à survivre, et maintenus par l'espoir chaque jour plus ténu, de retourner à la civilisation. Car si l'Antarctique est sans doute magnifique, comme le dépeint l'auteur entre paysages de glace et de neige sublimes, parhélies et autres étrangetés des jours et des nuits polaires, il n'en est pas moins un monde que l'homme ne fait qu'effleurer, tant celui-ci est impropre à la vie humaine.
Récit d'expédition, d'exploration, d'aventure, grandiose, le style est parfois laconique comme l'a exprimé CVolland dans sa critique. Je pense que l'auteur, conscient de s'adresser à un public plus familier du plancher des vaches que de l'océan, a limité leurs apparitions, mais fidèle à ses états de service, les positions, longitudes, latitudes, les dates, heures, rapports sur l'état du ciel et de la mer, sont omniprésents à la lecture.
Il a un terme pour parler de l'âge des premières expéditions polaires ; et celui-ci me paraît tout à fait approprié : HÉROÏQUE.
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vitaleta
  09 octobre 2019
C'est sous les couvertures de mon lit, clouée par un effroyable rhume que j'ai commencé à lire la terrible aventure de l'expédition de Shackleton en Antarctique. Cette dernière devait effectuer la première tentative de traversée du continent glacé après l'échec du malheureux Scott. Sauf que tout ne s'est pas passé comme prévu. A l'arrivée de l'Endurance dans la mer de Wendell, le pack de glace est encore là, à peine fragmenté. le bateau s'engage et se retrouve bloqué sur une banquise qui au gré des vents et des courants dérive. L'été passe et le bateau est toujours coincé. Commence alors l'hivernage entre blizzard et température à -30°C, sans compter la glace qui sous la pression de la poussée se soulève, brise tout ce qui est à proximité… dont le navire l'Endurance. S'ensuit une course contre la montre pour survivre et surtout se secourir. Les moments les plus effrayants sont évidemment la traversée en barque en pleine tempête antarctique pour rejoindre une supposée île (et sans GPS bien évidemment, et le sextant ne sert pas à grand chose quand la barque tangue et roule et que l'ouragan cache les étoiles), et le ultra trail entre sommets de plus de 3000m et crevasses profondes de glaciers pour atteindre la colonie de pêcheurs située bien entendu de l'autre côté. Evidemment, Decatlon n'étant pas à proximité pour assurer un minimum d'équipement convenable, chaud et commode, les hommes ont affronté ces situations extrêmes dans des conditions qu'on a encore aujourd'hui dù mal à imaginer. Les gêlures étaient leur mal quotidien sur les mains, orteils, nez, oreilles et cela devait être insupportablement douloureux. du coup, je relativise largement mon petit rhume de rien du tout…
Shakleton raconte non pas l'échec d'une expédition mais le secours extraordinaire d'hommes prisonniers de l'Antarctique qui ont su par la force psychologique (Shakleton a particulièrement fait attention à l'ambiance du groupe) et leur compétence professionnelle, se sortir d'une situation qui en toute logique aurait dû être fatale. le récit s'attache aussi à décrire le quotidien de ces hommes entre labeur et petits divertissements (comme la partie de foot ou les soirées chants) illustrés par quelques photos prises par Frank Hurley, un membre de l'expédition. Juste une observation: son inimitié avec le charpentier et les quelques tensions entre certains marins sont tus, ce qui est surprenant quand on sait que Shakleton leur a refusé la médaille polaire.
Bref, à lire bien au chaud !
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Blandine54Blandine54   09 février 2020
Les rations suffisaient à nous entretenir en vie; mais nous nous sentions tous capables de manger trois fois plus. La ration d'un jour ordinaire consistait en une demi-livre de phoque et trois quarts de pinte de thé pour déjeuner, un hannock de quatre onces avec du lait pour le lunch, et trois quarts de pinte de ragoût de phoque pour souper. C'était très juste, même avec le peu de travail que nous fournissions. Naturellement pain et pommes de terre manquaient complètement. Quelques-uns souffraient plus que d'autres de ces privations, et le thème "nourriture" devint l'unique sujet de leur conversation; mais la plupart d'entre nous trouvaient qu'à trop parler de la chose, on ne faisait que développer un appétit impossible à satisfaire. Cela dit, notre désir de pain et de beurre n'était pas une fantaisie, mais bien un besoin de l'organisme.
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JacocoricoJacocorico   10 janvier 2020
Après déjà plusieurs mois de dérive, bloqué sur la banquise:
"Le thermomètre indiquait 20° sous zéro et une pellicule de glace se formait sur la surface de la mer. Ceux qui n'étaient pas de garde se blotissaient dans les bras les uns des autres pour se réchauffer. Nos habits dégelaient au contact de nos corps et, le plus léger mouvement exposant à l'air vif les places relativement chaudes, nous gardions une immobilité absolue tout en nous murmurant les uns aux autres nos espoirs et nos pensées. De temps en temps, d'un ciel presque clair, des averses de neige tombaient silencieusement sur la mer, recouvrant nos corps comme d'un mince linceul."
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MagBMagB   04 octobre 2013
Ce jour-là, le cuisinier, qui avait si bien travaillé sur la banquise et pendant le voyage, s'affaissa soudain. J'étais à la cuisine à ce moment-là et le vis tomber. Je l'emmenai dans sa tente et le mis dans son sac de couchage, avec ordre à ses compagnons de tente de ne pas l'en laisser sortir sans ma permission ou celle des docteurs. Je le remplaçai aux fourneaux par un homme qui avait exprimé le désir de se coucher par terre et de mourir. La tâche difficile et fatigante d'entretenir le feu éloigna ses idées noires. Je le retrouvai un peu plus tard, surveillant gravement le séchage d'une paire de chaussettes - naturellement pas lavées - pendue à proximité de notre lait du soir. L'occupation avait ramené ses pensées aux petits soucis de l'existence.
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finitysendfinitysend   04 octobre 2012
Notre îlot de glace a été jusqu'ici notre meilleur ami , mais maintenant il est capable à tout moment de se briser et de nous jeter tout au fond de la mer insondable .
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ghislainemotaghislainemota   06 juin 2020
Nous avions souffert et triomphé, rampant par terre en cherchant à saisir la gloire, grandissant au contact de l'immensité. Nous avions vu Dieu dans sa splendeur, entendu la voix de la Nature. Nous avions touché l'âme humaine dépouillée de tout artifice.
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Videos de Ernest Shackleton (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ernest Shackleton
Comme souvent dans les récits de David Grann, un homme est dévoré par son idéal. Ce personnage d'un autre temps sorti tout droit d'un film de Werner Herzog, se nomme Henry Worsley. "The White Darkness" raconte son extraordinaire histoire. Celle d'un militaire britannique fasciné par l'exemple d'Ernest Shackleton (1874-1922) et par ses expéditions polaires ; un homme excentrique, généreux, d'une volonté exceptionnelle, qui réussira ce que Shackleton avait raté un siècle plus tôt : relier à pied une extrémité du continent à l'autre. Une fois à la retraite, il tentera d'aller encore plus loin en traversant l'Antarctique seul, sans assistance. Il abandonne tout près du but, dans un état de santé tel qu'il meurt quelques heures après son sauvetage. Édifiant destin d'un homme perdu par une quête d'impossible, qui n'est pas sans rappeler Percy Fawcett, autre explorateur guidé par une obsession, dont David Grann avait conté l'histoire dans "La Cité perdue de Z". “Tout le monde a son Antarctique”, a écrit Thomas Pynchon, rien n'est moins vrai dans ce récit magnifique qu'on ne peut lâcher avant de l'avoir accompagné jusqu'à son terme.
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>Géographie générale>Géographie des pays>Océan Arctique, Antarctique (23)
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