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EAN : 9782752905789
336 pages
Éditeur : Phébus (10/03/2011)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Août 1914, la Grande Guerre éclate. Mais Sir Ernest Shackleton s'est lancé dans une toute autre bataille : la traversée du continent Antarctique de bout en bout. Et de l'échec - total - de cette tentative, il va faire une victoire : la plus stupéfiante épopée de toute l'histoire de l'exploration polaire. Leur navire, l'Endurance, bientôt broyé par les glaces, Shackleton et son équipage passen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  20 mars 2017
Jusqu'où peuvent être repoussées les limites de l'endurance humaine ? Il y eut un navire qui portait justement le nom d' « Endurance », et dont l'odyssée prouva qu'elles peuvent aller très loin. A l'âge héroïque de l'exploration de l'Antarctique, l'expédition fut lancée juste avant la première guerre mondiale par un capitaine anglais du nom d'Ernest Shackleton. L'objectif était de traverser le continent de mer à mer, en passant par le pôle.
Mais rien ne se passa comme prévu. Avant même d'être arrivé en vu du continent, le bateau fut pris dans les glaces. Pendant dix mois ils dérivèrent avec la banquise, incapable de se libérer. Il fine, la pression sur le bâtiment l'écrasa, et ils durent l'abandonner pour survivre. Tantôt trainant avec eux leurs canots tantôt naviguant sur l'eau libre, ils parvinrent à gagner l'île de l'Eléphant, petite montagne gelée et inhospitalière au beau milieu de l'océan Australe. Ayant perdu le gros de leurs réserve de nourriture, ils survécurent en mangeant les rares phoques et pingouins qu'ils pouvaient attraper.
Nul secours n'étant à attendre, Shackleton prit la décision de tenter avec quelques hommes une traversée jusqu'en Géorgie du Sud, la plus proche terre habitée : 1500 km à travers la mer la plus dangereuse du monde, dans une coquille de noix de sept mètres de long, rafistolée et pontée avec des morceaux de caisses…
Les souffrances qu'ils supportèrent et les dangers qu'ils bravèrent sont simplement hallucinants. le plus impressionnant reste cependant que jamais le groupe ne perdit sa cohésion et sa discipline, et fit toujours face aux pires épreuves avec résolution et courage. Au final, pas un seul homme de l'expédition ne mourut.
Le ton avec lequel Shackleton raconte tout cela prouve que le célèbre flegme britannique n'est pas une légende. C'est avec calme que lui et ses camarades font face au danger, et avec humour qu'il raconte leurs dures conditions de vie et qu'il constate leur stupéfiante capacité d'adaptation. Serions-nous encore capable aujourd'hui d'endurer autant d'épreuve avec autant de courage ? Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas Koh Lanta qui vous le dira.
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Jacocorico
  05 janvier 2020
Woooh !...
À la veille de la première guerre mondiale, vingt-huit marins d'un côté et une trentaine de l'autre embarquent pour l'Antarctique, dans le but de réaliser la première traversée du continent Blanc.
Une organisation du tonnerre contrecarrée par la glace, le blizzard et la nuit polaire, qui entraînera les explorateurs, dans une tourmente de près de deux ans pour certains.
On ne peut imaginer les terribles privations, la peur et les souffrances qu'ont enduré ces marins tout au long de leur odyssée; et Shackleton a la pudeur de nous ménager. Il nous fait voir cependant la bravoure et la persévérance de ses hommes, déterminés à survivre, et maintenus par l'espoir chaque jour plus ténu, de retourner à la civilisation. Car si l'Antarctique est sans doute magnifique, comme le dépeint l'auteur entre paysages de glace et de neige sublimes, parhélies et autres étrangetés des jours et des nuits polaires, il n'en est pas moins un monde que l'homme ne fait qu'effleurer, tant celui-ci est impropre à la vie humaine.
Récit d'expédition, d'exploration, d'aventure, grandiose, le style est parfois laconique comme l'a exprimé CVolland dans sa critique. Je pense que l'auteur, conscient de s'adresser à un public plus familier du plancher des vaches que de l'océan, a limité leurs apparitions, mais fidèle à ses états de service, les positions, longitudes, latitudes, les dates, heures, rapports sur l'état du ciel et de la mer, sont omniprésents à la lecture.
Il a un terme pour parler de l'âge des premières expéditions polaires ; et celui-ci me paraît tout à fait approprié : HÉROÏQUE.
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vitaleta
  09 octobre 2019
C'est sous les couvertures de mon lit, clouée par un effroyable rhume que j'ai commencé à lire la terrible aventure de l'expédition de Shackleton en Antarctique. Cette dernière devait effectuer la première tentative de traversée du continent glacé après l'échec du malheureux Scott. Sauf que tout ne s'est pas passé comme prévu. A l'arrivée de l'Endurance dans la mer de Wendell, le pack de glace est encore là, à peine fragmenté. le bateau s'engage et se retrouve bloqué sur une banquise qui au gré des vents et des courants dérive. L'été passe et le bateau est toujours coincé. Commence alors l'hivernage entre blizzard et température à -30°C, sans compter la glace qui sous la pression de la poussée se soulève, brise tout ce qui est à proximité… dont le navire l'Endurance. S'ensuit une course contre la montre pour survivre et surtout se secourir. Les moments les plus effrayants sont évidemment la traversée en barque en pleine tempête antarctique pour rejoindre une supposée île (et sans GPS bien évidemment, et le sextant ne sert pas à grand chose quand la barque tangue et roule et que l'ouragan cache les étoiles), et le ultra trail entre sommets de plus de 3000m et crevasses profondes de glaciers pour atteindre la colonie de pêcheurs située bien entendu de l'autre côté. Evidemment, Decatlon n'étant pas à proximité pour assurer un minimum d'équipement convenable, chaud et commode, les hommes ont affronté ces situations extrêmes dans des conditions qu'on a encore aujourd'hui dù mal à imaginer. Les gêlures étaient leur mal quotidien sur les mains, orteils, nez, oreilles et cela devait être insupportablement douloureux. du coup, je relativise largement mon petit rhume de rien du tout…
Shakleton raconte non pas l'échec d'une expédition mais le secours extraordinaire d'hommes prisonniers de l'Antarctique qui ont su par la force psychologique (Shakleton a particulièrement fait attention à l'ambiance du groupe) et leur compétence professionnelle, se sortir d'une situation qui en toute logique aurait dû être fatale. le récit s'attache aussi à décrire le quotidien de ces hommes entre labeur et petits divertissements (comme la partie de foot ou les soirées chants) illustrés par quelques photos prises par Frank Hurley, un membre de l'expédition. Juste une observation: son inimitié avec le charpentier et les quelques tensions entre certains marins sont tus, ce qui est surprenant quand on sait que Shakleton leur a refusé la médaille polaire.
Bref, à lire bien au chaud !
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CVolland
  22 avril 2019
Après l'échec du Britannique Scott face au Norvégien Amundsen pour la conquête du pôle sud, l'Angleterre doit redorer sa réputation de nation pionnière que rien n'arrête dans la conquête du monde.
Shackleton est l'homme de la situation, il connu Scott et possède déjà une sérieuse expérience des milieux polaires.
Après avoir réunit les fonds, trouvé le bateau adéquat et recruté des hommes d'équipages, Shackleton et son équipe s'engagent pour une traversé de l'antarctique en passant par le pôle sud. Mais un imprévu de taille survint. L'Europe devenu folle s'abîme dans la première guerre mondial. Doivent ils annuler leurs projet ? Impossible, les sommes réunit sont trop grandes, rien ne doit plus retarder l'entreprise qui s'annonce. Les voila partie à bord de l'endurance pour la mer de Wedell en Antarctique. Hélas le navire seras pris dans les glaces et progressivement avalé par la banquise. C'est là que l'odyssée commence puisqu'il s'agit pour ses hommes de survivre et de rentrer chez eux.
Si le style est celui d'un rapport d'expédition et n'a assurément rien de littéraire, les anecdotes nombreuses rendent la lecture vivante malgré tout.
Parfois passionnant, parfois angoissant ou drôle. le récit nous plonges au coeur de l'action avec les naufragés.
Shackleton est un formidable meneur d'hommes, un "chef" au sens noble du terme. Il sut conserver le moral de l'équipe jusqu'au bout s'en jamais baisser les bras. On s'amuse parfois du côté gentleman Anglais, car même échoué sur la banquise, on discute temps d'infusion du thé. (enfin tant qu'il en restera).
La survit sera le fait du courage, de l'ingéniosité et aussi de la chance. Des chances de survit proche de zéro, mais pas totalement nul. C'est bien sur, ce qu'il faut retenir de ce livre. Lorsque tout semble perdu, il y à encore de l'espoir.
L'odyssée de l'endurance est évidement un indispensable à avoir dans toute bibliothèque consacrée à l'aventure et au monde polaire.
L'édition libretto est en plus accompagnée de photos émouvantes et d'une bonne introduction recontextualisante.
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ghislainemota
  08 juin 2020
Bien avant les croisières à la Mazetti ou les expéditions scientifiques comme celles de la Désolation, des pionniers ont affronté les glaces de l'Antarctique attirés comme un aimant par le pôle.
En 1914 Shakleton projette de traverser le pôle sud de la Mer de Weddell à la Mer de Ross. Vingt -huit hommes à son bord poursuivent avec lui la même quête. Mais le pack bloque l'Endurance jusqu'à faire éclater le bateau sous la pression des glaces. Pris dans la banquise, les hommes doivent rejoindre l'île Paulet s'ils veulent survivre. En homme d'expérience et prévoyant "Un homme doit savoir se façonner en fonction des changements de l'existence", il programme un parcours de survie avec des calots sur des traîneaux tirés par des chiens et des provisions indispensables. Dérivant sur leur îlot de glace, et vivant de chasse aux phoques quand les rations sont trop maigres, le groupe affronte le blizzard, le froid polaire qui gèle les pieds et la soif intense.
Arrivés à l'île Clarence, celle-ci se disloque et grâce aux canots direction l'île de l'Eléphant.
Là, Shakleton laisse ses hommes et avec cinq compagnons , il va atteindre la Géorgie du Sud non sans péril.
Dans des conditions précaires et ultra dangereuses, l'équipage met pieds à terre sur l'île providence. Leur ténacité est de nouveau mise à l'épreuve car les ports baleiniers sont à l'opposé de leur position. Une traversée à pieds est nécessaire pour trouver des secours.
Les hommes seront tous sauvés de justesse sauf trois de l'expédition de l'Aurora, bateau qui devait ravitailler l'expédition .
Shakleton en homme modeste reconnait son échec mais chacun parle de l'exploit incroyable de cet homme d'envergure exceptionnelle et de ses hommes.
Le récit s'appuie sur le carnet de bord du commandant et d'extraits de journaux des autres marins.
Mais jamais Shakleton ne s'apitoie sur son sort.
Il en reste un récit clinique mettant en avant les difficultés d'une nature cruelle et des efforts surhumains de son équipage.
Shakleton nous donne avec ce document une vision passionnante de son expédition et une leçon de courage: devant l'adversité il ne faut rien lâcher.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Blandine54Blandine54   09 février 2020
Les rations suffisaient à nous entretenir en vie; mais nous nous sentions tous capables de manger trois fois plus. La ration d'un jour ordinaire consistait en une demi-livre de phoque et trois quarts de pinte de thé pour déjeuner, un hannock de quatre onces avec du lait pour le lunch, et trois quarts de pinte de ragoût de phoque pour souper. C'était très juste, même avec le peu de travail que nous fournissions. Naturellement pain et pommes de terre manquaient complètement. Quelques-uns souffraient plus que d'autres de ces privations, et le thème "nourriture" devint l'unique sujet de leur conversation; mais la plupart d'entre nous trouvaient qu'à trop parler de la chose, on ne faisait que développer un appétit impossible à satisfaire. Cela dit, notre désir de pain et de beurre n'était pas une fantaisie, mais bien un besoin de l'organisme.
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JacocoricoJacocorico   10 janvier 2020
Après déjà plusieurs mois de dérive, bloqué sur la banquise:
"Le thermomètre indiquait 20° sous zéro et une pellicule de glace se formait sur la surface de la mer. Ceux qui n'étaient pas de garde se blotissaient dans les bras les uns des autres pour se réchauffer. Nos habits dégelaient au contact de nos corps et, le plus léger mouvement exposant à l'air vif les places relativement chaudes, nous gardions une immobilité absolue tout en nous murmurant les uns aux autres nos espoirs et nos pensées. De temps en temps, d'un ciel presque clair, des averses de neige tombaient silencieusement sur la mer, recouvrant nos corps comme d'un mince linceul."
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MagBMagB   04 octobre 2013
Ce jour-là, le cuisinier, qui avait si bien travaillé sur la banquise et pendant le voyage, s'affaissa soudain. J'étais à la cuisine à ce moment-là et le vis tomber. Je l'emmenai dans sa tente et le mis dans son sac de couchage, avec ordre à ses compagnons de tente de ne pas l'en laisser sortir sans ma permission ou celle des docteurs. Je le remplaçai aux fourneaux par un homme qui avait exprimé le désir de se coucher par terre et de mourir. La tâche difficile et fatigante d'entretenir le feu éloigna ses idées noires. Je le retrouvai un peu plus tard, surveillant gravement le séchage d'une paire de chaussettes - naturellement pas lavées - pendue à proximité de notre lait du soir. L'occupation avait ramené ses pensées aux petits soucis de l'existence.
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finitysendfinitysend   04 octobre 2012
Notre îlot de glace a été jusqu'ici notre meilleur ami , mais maintenant il est capable à tout moment de se briser et de nous jeter tout au fond de la mer insondable .
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ghislainemotaghislainemota   06 juin 2020
Nous avions souffert et triomphé, rampant par terre en cherchant à saisir la gloire, grandissant au contact de l'immensité. Nous avions vu Dieu dans sa splendeur, entendu la voix de la Nature. Nous avions touché l'âme humaine dépouillée de tout artifice.
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Videos de Ernest Shackleton (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ernest Shackleton
L'écrivain Yann Queffélec parle du livre l'Endurance et de la formidable épopée de Shackleton et de ses hommes lors de leur expédition en Antarctique entre 1914 et 1916. Ce livre, publié aux éditions Paulsen, permet de découvrir le récit de Shackleton illustré par les magnifiques photos de Franck Hurley. Un livre indispensable pour tous ceux qui s'intéressent aux grandes aventures et aux plus beaux textes d'exploration.
>Géographie générale>Géographie des pays>Océan Arctique, Antarctique (23)
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