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Valérie Gay-Aksoy (Traducteur)
EAN : 9782264049605
576 pages
Éditeur : 10-18 (03/09/2009)
3.32/5   130 notes
Résumé :

Bienvenue à Bonbon Palace ! Elif Shafak nous ouvre grand les portes de cet immeuble d'Istanbul, jadis bâti par un riche Russe pour son épouse dont le regard vide ne s'allumait plus qu'à la vue de friandises...

Si l'édifice a gardé une élégance surannée, il est aujourd'hui infesté par la vermine et les ordures, au grand dam de ses habitants. Les coups de sang ne sont pas rares à Bonbon Palace !

Appartement après appartement, no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Sachenka
  19 mai 2019
Bonbon Palace me fait beaucoup penser à un autre roman choral, L'immeuble Yacoubian. Et cela à plusieurs égards. Ici, ce n'est pas un Arménien qui a contruit un édifice en Égypte mais un Russe en Turquie. Les destins des différents habitants de l'édifice, de classe sociale plutôt pauvre, finissent par s'entremêler. Un ou deux me semblaient superflus, peu en lien avec les autres, mais c'est aussi ça la vie. Il y a les coiffeurs Djemal et Djelal, au rez-de-chaussée, qui s'occupe de la tête de quelques unes des locataires, de là on assiste aux scènes des autres.
Avec eux, on découvre le quotidien des Turcs. Hadji Hadji, la femme au foyer Nadia, l'entreprenante Meryem et son fils qui ne veut plus aller à l'école, la vieille Maîtresse bleue, etc. Et ce narrateur, jeune homme récemment séparé, qui cherche sa place dans le monde. D'abord distant des autres habitants de l'immeuble et, ensuite, tranquillement mêlé à leurs histoires parfois cocasses, d'autres fois désespérantes… Comme l'indique le résumé en quatrième de couverture : «Elif Shafak nous fait découvrir dans ce roman choral pimenté les petits secrets, les menus drames et les grandes espérances de chacun.» Rien n'est plus vrai. Bonbon Palace est comme un microcosme de la société turque.
Le roman avait aussi de ces éléments ont retenu mon attention. Par exemple, une histoire, avec ces émigrés russes qui ont débarqué à Istanbul (deux fois plutôt qu'une) au début du siècle précédent et qui ont fait leur ce Bonbon Palace. Je partageais leurs impressions de la ville, ses couleurs, ses odeurs. Il y avait également ce brin de mysticisme avec la découverte sous terre d'un sarcophage mystérieux d'un saint tout aussi mystérieux datant de la conquête de la ville par les Turcs. Ces éléments, qui ne me semblaient pas si important à l'intrigue, donnaient de la profondeur.
Passé le deux tiers du roman, je me demandais où l'auteure Elif Shafak voulait nous amener. Ça semblait s'essoufler. Plusieurs personnages sont haut en couleur (d'autres moins, mais c'est la vie) et, conséquemment, intéressants. Toutefois, comme il ne se passe presque rien, après un moment, il s'en dégage une impression de longueur et d'ennui. Mais la finale inattendue a réussi à tout ramasser et, si les histoires de chacun des locataires de Bonbon Palace ne trouvent pas leur dénouement, c'est pour le mieux. On peut laisser aller notre imagination.
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Under_the_Moon
  05 mars 2016
J'ai passé un très bon moment avec la lecture de ce roman, faussement intitulé Bonbon palace alors que le titre original loin de parler de bonbons parle de ....poux !!! hé oui !
Les poux, les cafards se sont invités parmi les habitants du 88 rue Jurnal à Istanbul à force de cumuler des choses que l'on ferait mieux d'évacuer pour mieux avancer dans la vie.
J'ai apprécié découvrir les personnages de cet immeuble à l'histoire si particulière où les morts et les vivants ne font qu'un. Comme dans les danses de derviches où l'harmonie de l'univers est dans le cercle qu'ils décrivent.
Objectivement c'est un roman où il ne se passe rien ; si ce n'est la vie, la mort. Et c'est ce que j'ai trouvé beau, de voir comment Elif Safak nous dit comme la mort fait partie de la vie et chacun d'entre nous.
De part certains aspects, Bonbon palace m'a rappelé ma lecture de la vie est un caravansérail d'Emine Sevgi Özdamar. A ceci près que l'écriture d'Elif Safak reste bien plus occidentale, mais ce roman est bien plus un roman turc que son précédent (La Bâtarde d'Istanbul) et de ce fait moins à la portée de tous.
Un roman que j'ai beaucoup apprécié, que j'ai trouvé réconfortant dans la mesure où c'est le genre de livre qui dit à son lecteur "tu n'es pas seul(e)".
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Chaplum
  15 juin 2012
Construite par un riche russe en exil pour son épouse bien aimée, Bonbon Palace est une résidence à appartements située sur l'emplacement de deux anciens cimetières où les caveaux d'un saint avaient été retrouvés. Mais la période fastueuse est bien finie et l'immeuble tombe en décrépitude. L'héritière actuelle ne veut pas en entendre parler, les poubelles s'entassent devant l'enceinte et les cafards ont envahi chaque étage. Pour le plus grand déplaisir des habitants : les jumeaux coiffeurs ; la concierge, dont le fils ne veut pas aller à l'école et le mari ne travaille pas ; la maîtresse bleue qui attend que son amant vienne la retrouver ; le professeur qui vient de divorcer ; la femme obsédée par la propreté et dont la fille a attrapé des poux ; la vieille dame qui a perdu son mari ; la femme qui découvre que son époux la trompe ou encore le grand-père qui s'occupe des petits-enfants pendant que son fils et sa belle-fille sont au travail.
J'avais adoré La bâtarde d'Istanbul mais après avoir lu quelques avis mitigés sur Bonbon Palace, j'avais peur de poursuivre ma découverte de l'oeuvre de Elif Shafak. Et pourtant, à nouveau, j'ai été sous le charme d'un Istanbul vivant, coloré, dynamique et multiculturel. Avec une langue énergique et lumineuse, Elif Shafak nous entraîne au sein d'un immeuble bouillonnant où chacun est doté d'une personnalité hors du commun et d'un caractère trempé. J'adore ce genre de romans où d'un chapitre à l'autre, on met l'oeil dans un appartement avant de passer au suivant, découvrant l'intimité de chacun, les ramifications entre les personnages, les secrets et les cachotteries. Chaque chapitre nous entraîne dans une ambiance différente, nous faisant découvrir une facette de la Turquie, tantôt très délurée avec une jeunesse qui boit, qui fume et se livre à divers vices, tantôt plus traditionnelle avec ce grand-père qui raconte les vieux contes ou cette mère qui, bien que très moderne, reste soumise à de nombreuses anciennes croyances.
Je regrette cependant deux choses, qui font que ce roman choral passe à côté du coup de coeur. L'auteur a choisi de faire du jeune professeur divorcé le narrateur, ce dont on ne se rend compte qu'au bout de cent pages. J'aurais préféré un narrateur omniscient extérieur à l'immeuble. La deuxième déception découle de la narration et concerne la fin, qui ne m'a vraiment pas plu. Mais bon, il n'est pas difficile d'en faire abstraction, comme si elle n'existait pas. Ces deux petits détails ne m'ont pas empêché d'apprécier cet épais roman baroque remplis de personnages hauts en couleurs. Je n'y ai pas vu de longueurs même si certains habitants m'ont moins séduits et intéressés que d'autres. La mauvaise odeur due aux poubelles sert de fil rouge au roman et trouve un dénouement des plus inattendus.
Je ne pense pas en rester là avec Elif Shafak qui m'a déjà charmée à deux reprises.
Lien : http://www.chaplum.com/bonbo..
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isabroot
  02 mai 2015
Pas terminé. le live me tombe des mains. Ce style foisonnant m'énerve. On a l'impression d'être face à un conteur à l'imagination débordante qui ne sait plus s'arrêter de parler et dont le récit part dans tous les sens. Trop de descriptions, de longeurs, de flash-back, de disgressions, de personnages excentriques à en être caricaturaux, de situations rocambolesques à en être horripilantes. Te veel is te veel. Dommage. La ville d'Istanbul et ce vieux palais décrépit avaient tout pour me plaire. La rencontre n'a pas eu lieu. J'aurais mieux compris si ce texte était paru sous forme de nouvelles. A lire à voix haute, chaque jour, à petites doses ?
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Colchik
  19 avril 2018
Lire un roman d'Elif Shafak, c'est ouvrir grand une fenêtre sur le monde et entendre le joyeux tohu-bohu que ferait un concert de voix animées, se chamaillant, s'interpellant les unes les autres, se houspillant avant de s'attendrir devant une plaisanterie. En effet, il n'est pas dans les habitudes de l'auteure de proposer des vignettes lénifiantes sur la vie à Istanbul. Non, ses romans sont une manière de toiser la ville et de lui dire : alors, aujourd'hui, qu'ont-ils encore inventé, ces fous d'Istanbouliotes ? Bonbon Palace ne fait pas exception à cette règle.
Nous voici devant ce Bonbon Palace, immeuble construit en 1966 par un Russe blanc ayant fui la révolution d'Octobre. de retour à Istanbul après un calamiteux exil dans les années 20, le général Antipov avait fait édifier ce bâtiment pour son épouse Agripina Fiodorovna qui avait sombré dans la mélancolie après les épreuves vécues lors de son premier séjour. Aujourd'hui, outre le salon de coiffure des jumeaux Djemal et Djelal installé au rez-de-chaussée, l'immeuble abrite un échantillon de population haut en couleur. Sous les yeux du narrateur, fraîchement divorcé et qui vient d'emménager, se croisent les destinées des occupants fantasques du lieu : Hygiène Tijen qui passe son temps à récurer son appartement de fond en comble, sa voisine Mme Teyze, une vieille dame arménienne très discrète et jalouse de son intimité, le grand-père Hadji-Hadji qui garde ses petits-enfants, la jeune maîtresse d'un riche commerçant, ou encore Nadya, l'épouse russe délaissée d'un doubleur de voix…
Elif Shafak a le talent de restituer dans une suite d'instantanés la vie souvent perturbée des habitants du Bonbon Palace. Mais la fable n'est jamais loin, comme les djinns que se plaisent à débusquer les superstitieux. D'où vient la puanteur qui envahit les lieux et attire fourmis et cafards ? Pour tous, elle vient de l'extérieur, des dépôts d'ordures de voisins peu scrupuleux. L'ordure n'est-elle pas toujours celle des autres ? La sagace petite Su, marquée du sceau de l'infamie pour sa mère obsédée par la propreté – l'enfant a eu des poux – a elle identifié l'origine des mauvaises odeurs qui ont envahi l'immeuble. Mais, il ne faut jamais faire confiance aux adultes quand il s'agit de garder un secret.
Dans une écriture chamarrée, tourbillonnante, tonique, Elif Shafak nous entraîne dans une histoire où la magie le dispute à la poésie, où le mordant balaie les convenances et où les blessures de l'existence ont assez de dents pour paraître des sourires.


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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   02 mai 2019
Des cheveux teints en blond ne vont pas de pair avec le respect. Une femme blonde ne peut transgresser cette règle qu'à une seule condition : qu'elle soit une vraie blonde! L'originalité est une problème tout à fait spécifique aux blondes. Les rousses, les brunes, les châtaines et les albinos peuvent se teindre les cheveux aussi souvent qu'elles le souhaitent et dans toutes la variations de tons imaginables, jamais elles ne se retrouvent, cinquante fois par jour, confrontées à la question de l'authenticité de leur couleur. Le désir de blondeur pousse les femmes au mensonge et les incite à la supercherie. Mais leur imposture apparaît rapidement au grand jour. Elles peuvent toujours essayer de convaincre les autres, la vérité ricane sournoisement à la racine de leurs cheveux. La blondeur fait de son adepte une falsificatrice, et de sa représentante authentique une asociale.
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SachenkaSachenka   02 mai 2019
... Acquérir des objets, les utiliser un moment avant de les jeter est une habitude propre à ceux qui s'imaginent posséder ce qu'ils ont. Or, les objets n'ont pas de propriétaires, ils ont seulement une histoire. Et il arrive parfois que ces histoires prennent possession des gens qui s'y frottent...
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MissAlfieMissAlfie   28 avril 2011
Le sol était jonché de stylos billes vides. Ampoules grillées, piles usagées, tulles déchirés, ballons crevés, médicaments périmés, vêtements usés, boutons dépareillés, papiers adhésifs ne collant plus, cartouches vides, briquets sans gaz, lunettes aux verres brisés, couvercles de bocaux de toutes tailles, pièces de monnaie n'ayant plus cours, tissus en lambeaux, bibelots ébréchés, photos jaunies, tableaux sans cadres, pompons arrachés, perruques désagrégées, clefs ayant perdu leur porte-clefs, porte-clefs ayant perdu leurs clés, tasses à l'anse brisées, biberons sans tétine, abat-jour disloqués, livres déglingués, boites de toutes dimensions (en carton, en plastique, en bois, en nacre), bouteilles de lait vides, bâtonnets de pommes d'amour, bâtonnets de crème glacée, plats, poupées sans bras ou sans tête, parapluies aux baleines désarticulées, passoires noircies, sonnettes ayant elle-mêmes oubliées à quelle porte elles sonnaient, collants filés aux mailles retenues par une touche de vernis à ongles, papiers d'emballage, poignées de porte, ustensiles ménagers, cahiers noircis, revues jaunies, flacons de parfum vides, chaussures orphelines, télécommandes, métaux rouillés, bonbons rancis, bagues sans pierre, suspensions en macramé, semelles élastiques, cages à oiseaux, claviers aux lettres muettes, thé moisi dans des boites métalliques blanches, paquets de tabac, bracelets bigarrés, barrettes à cheveux toutes plus jolies les unes que les autres, optiques de jumelles...
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   16 février 2016
Car ainsi va le monde. L'infortune d'appartenir à une minorité ne vient pas d'une infériorité numérique face à la majorité, mais d'une assimilation qualitative. En tant que membre d'une minorité, vous pouvez trimer comme une fourmi et vous tuer à la tâche, voire trouver le bon filon pour amasser des biens et vous constituer une fortune considérable, un beau jour, vous pouvez être mis dans le même panier et soumis au même traitement que des gens ayant passé leur vie dans l'oisiveté ou restés dans un état crasse depuis l'eau du premier bain donné par la sage-femme, pour la simple raison que vous êtes membres de la même communauté et le resterez à jamais. Jamais les riches issus de minorités ne sont assez riches, ni les puissants suffisamment puissants.
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mlopmlop   27 septembre 2012
"Aimer quelqu'un, c'est faire remonter une à une à la surface les histoires enfouies dans l'antre de ses douleurs, des histoires qui remuent encore le couteau dans la plaie. Tomber amoureux, c'est plonger, à la suite de ces récits, dans l'imaginaire de l'être aimé et ne plus vouloir en sortir, malgré toutes les ombres auxquelles on est confronté, bien plus terribles que celles exprimées."
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Vidéo de Elif Shafak
Elif Shafak - 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange
Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ?
10 minutes et 38 secondes exactement. C'est ce qui arrive à Leila, jeune prostituée brutalement assassinée dans une rue d'Istanbul. En attendant que l'on retrouve son corps, jeté par ses meurtriers dans une poubelle, ces quelques précieuses minutes sont pour elle l'occasion de se remémorer tous les événements qui l'ont conduite d'Anatolie jusqu'aux quartiers les plus mal famés de la ville. C'est ainsi qu'Elif Shafak – auteure saluée par la critique et traduite en cinquante langues – retrace le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé et qu'elle nous raconte, à travers elle, l'histoire de tant d'autres femmes dans la Turquie d'aujourd'hui.

À lire – Elif Shafak, 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange, trad. de l'anglais par Dominique Goy-Blanquet, Flammarion, 2020.
Le mercredi 15 janvier 2020 - 19H00
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