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ISBN : 2264060522
Éditeur : 10-18 (17/04/2014)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 215 notes)
Résumé :
« Ma mère est morte deux fois. » C’est par ces mots qu’Esma, jeune femme kurde, commence le récit de l’histoire de sa famille née sur les rives de l’Euphrate et émigrée à Londres en 1970.

L’histoire, d’abord, de sa grand-mère dans le village de Mala Car Bayan, désespérée de ne mettre au monde que des filles, elle qui sait combien la vie ne les épargnera pas. L’histoire de sa mère, Pembe la superstitieuse, et de sa tante, Jamila la guérisseuse, sœurs j... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
majero
  29 décembre 2018
Jolie construction de petits bouts de vie autour du couple formé de l'Istanbuliote Adem fils d'ivrogne et de la jumelle Kurde Pembe dont la mère est morte en accouchant sa neuvième fille, leur émigration à Londres, leurs trois enfants, la destruction d'Adem addict aux jeux et aux femmes, le faux pas de Pembe et l'honneur que leur fils Iskender se doit de laver, la prison.
Avec Elif Shafak on voyage, Londres, Istanbul, mais on voyage surtout dans la tête de ses personnages, qu'ils soient homme, femme, enfant, vieillard, généreux, vulnérable... tel le mystique Zeeshan, compagnon de cellule, la guérisseuse Jamila ou l'amour tendre et platonique du jeune Yunus pour la punk Tobiko. Ainsi le livre serait beau même sans le crime et son incroyable dénouement.
Et pour moi, sa créativité, généreuse, qui semble sans effort est un véritable cadeau!
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Cath36
  18 septembre 2013
Entre traditions et modernité, culture et exil, Elif Shafak construit petit à petit une oeuvre à part, où les histoires de famille au destin marquant révèlent des personnages pris dans des conflits qui les dépassent, entre sentiments personnels et devoirs vis-àvis de leur communauté. Son écriture incisive faite à la fois de vocabulaire précis et de métaphores bien concrètes porte ces destins jusqu'à l'extrême de leurs situations, les croisant et les entrecroisant dans la montée du drame, comme dans un kaléidoscope à multiples facettes. Hommes, femmes, parents et enfants s'aiment et se confrontent sans cesse, se cherchent et se fuient , pris dans l'engrenage de leurs amours, de leurs amitiés, des influences et des rencontres qui forgent leur destin, communauté turque et kurde en exil à Londres.
"Crime d'honneur" est l'histoire d'une femme qui sera assassinée par un jeune homme qui la croit infidèle à son mari, mais c'est surtout l'histoire de cette communauté prise en étau entre liberté occidentale et valeurs propres. Les personnages sont riches, profondément humains, et leur histoire sonne juste d'un bout à l'autre. On est pris dans cette histoire comme dans un tourbillon qui nous entraîne au-delà de nous-mêmes, au-delà des choix que nous sommes tous un jour ou l'autre amenés à faire et qui sont pour certains, beaucoup plus difficiles et douloureux que pour d'autres. Ce n'est pas le livre de Shafak que je préfère, mais c'est tout de même superbe, éblouissant d'intelligence des êtres et des situations.
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letteratura
  22 juin 2013
Une histoire que je ne saurais définir mais qui m'a pris mon coeur, me l'a écrasé pour me le redonner tout en morceaux…chacun des thèmes abordés m'a touché au plus profond de moi, je ne savais plus quoi faire à part penser à cette histoire, à ces personnages, à cette chose…bref ce livre est un coup de coeur qui m'a brisé en mille morceaux.
L'auteur nous présente une panoplie de personnages différents, on se perd un peu au début pour ensuite s'y retrouver et comprendre que chaque Homme est une histoire, que chaque Homme a son importance…au final je me suis attaché à chacun de ces personnages parce qu'ils ont tous leur raisons, leurs histoires, parce qu'on a tous un coeur brisé ! Quand on lit ce livre on se dit qu'il n'y a pas de notion de bonheur qui peut exister parce que tout n'est que faux…
On a aussi le fait générateur de l'auteur pour nous raconter toute cette histoire…il faut dire qu'elle est horrible, glaçante…mais si elle se contentait de raconter le fait dans un style journalistique, ça l'aurait resté, mais le pire c'est qu'elle tente de comprendre, d'expliquer, de voir comment ça s'est passé…ça en devient juste trop émouvant, haletant et surtout, on se sent impuissant face à toute cette histoire qui se déroule telle une machine infernale !
Elif Shafak, écrivaine turque a la renommée quasi-mondiale. Je me demandais bien ce qui faisait cette renommée et je m'étais acheté quatre de ces livres pendant un de mes voyages en Turquie et conséquence, je viens tout juste de la lire. Résultat ? Elle a une plume splendide, moi qui ne trouvait pas le turque excessivement beau du point de vue littéraire, j'ai changé d'avis puisque quand c'est bien écrit, c'est beau et même très !
Durant toute ma lecture, ce livre est devenu une obsession. Je pensais à Iskender, à son histoire, et je trouve que mes moments préférés (ou j'étais le plus triste quoi et le plus à fond dans l'histoire…) c'était surtout dans les lettres d'Iskender. Son histoire est bouleversante, on ne sait même plus comment réagir face à lui, l'apprécier, le détester…que faire ? On ne sait pas, et ça nous trouble et nous fascine encore plus…
PS : Il faut savoir que j'ai bien pleuré en lisant ce livre surtout en lisant les lettres de certains personnages qui sont justes bouleversantes vu le contexte…
J'ai adoré la trame narrative ! On fait des espèces de saut dans le temps parfois alors que parfois c'est linéaire, j'avais un peu peur de m'y perdre, mais on s'y retrouve assez vite. Et les points de vue puzzle qui se complète est encore meilleur puisque ça nous permet de tout comprendre et de remplir le puzzle qu'on a en nous.
La fin !! Je ne m'y attendais pas du tout, mais pas du tout…je ne sais pas si d'autres lecteurs s'y attendaient, mais moi, PAS DU TOUT ! Elif Shafak m'a choqué, m'a surpris, elle m'a fait espérer avant de me remettre dans un gouffre, à cause de ce livre, je suis passé à travers toute la panoplie des sentiments existants…bref, la fin est bien comme elle est même si j'aurais eu quelques questions à l'auteur si je la vois !
Après quelques temps de réflexion, il me vient à l'idée que cette fin est super bien fait, qu'elle insiste encore plus sur l'aspect message social de ce livre, que ce livre n'est pas une « simple » histoire (comme dans la réalité) mais surtout une fiction qui permet d'insister sur quelque chose qui permet de montrer l'horreur de la situation. Si vous ne m'avez pas vraiment compris, je vous comprends, il faut que vous lisiez le livre.
Il ne faut pas oublier l'aspect message social de ce livre. Il n'est pas clairement dit, mais on le comprend aisément. le crime d'honneur, acte horrible qui détruit des familles surtout à cause des malentendus, des problèmes de communications, à cause de valeurs qui ne sont même pas bafoués…bref un très beau message à travers une histoire brisante !
A part le crime d'honneur, il y a encore de nombreux sujets traités comme les parents, les enfants, les relations entre enfants-parents, la famille…brève un peu de tout ça pour faire cette histoire touchante au possible.
Pour terminer, je vous conseille ce livre. Il est à lire si vous voulez découvrir une histoire émouvante, triste, magnifiquement bien écrite (pour la traduction, je ne peux rien dire…) pour découvrir la vie d'Iskender…
- Ce livre est unique -
Lien : http://letteraturaa.wordpres..
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Olivia-A
  04 avril 2015
Etre Européen, et lire un roman d'Elif Shafak, c'est remettre en question sa propre culture, avoir l'impression qu'elle est complètement incohérente et pervertie. Ce « Crime d'honneur » c'est un peu ça: nous faire comprendre des coutumes qui ne sont pas les nôtres, des règles que nous ne connaissons pas, nous faire accepter que notre mode de vie est largement questionnable et qu'il y a des valeurs que nous avons oubliées en cours de route.
Elif Shafak nous plonge au coeur des traditions et des cultures kurdes et turques, lorsqu'elles sont confrontées à un monde qui n'est pas le leur, celui de l'Occident, de l'Angleterre. On prend véritablement la mesure de ce que c'est que de vivre dans une contradiction permanente, chercher à maintenir son identité et ses valeurs, face au laxisme d'une société qui nous pousse au vice.
La famille d'Esma a beau être atypique, on s'y attache, à chacun d'eux, chaque personnage, malgré ses contradictions et ses faiblesses, puisque chacun d'entre eux au final a des raisons d'être ce qu'il est, des circonstances atténuantes. On se laisse porter par l'histoire, persuadé que dès le début, on n'a tout compris. En fait, les indices ont beau être disséminés tout au long du récit, on ne comprend rien du tout, et on hallucine jusqu'à la fin.
Magistral.
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cheyenne-tala
  28 octobre 2015
Dans ce roman, l’auteure nous entraîne dans un petit village kurde au bord de l’Euphrate. Elle raconte l’histoire d’une famille de paysans du fin fond de la Turquie, loin de l’agitation des grandes villes.
Avec simplicité et délicatesse, elle montre le visage d’une culture d’un autre âge, où le cours du temps semble s’être arrêté. Familles nombreuses, nécessité d’engendrer des descendants mâles, traditions, religion et superstitions intimement mêlées.
A travers l’enchevêtrement de toutes ces vies, elle aborde également le déracinement culturel, poussé par le besoin de trouver un emploi, de survivre. S’exiler en occident c’est porter sur son dos son passé, ses principes moraux, trainer derrière soi le poids de ses peurs et de ses regrets.
Sans jamais juger ni condamner, Elif Shafak incarne tour à tour le bourreau ou la victime, l’homme ou la femme, les anciens ou la nouvelle génération, celle qui est née dans le nouveau pays et tente d’y trouver sa place.
Difficile de s’intégrer dans une culture qui est en totale opposition avec celle de ces ancêtres. Trouver ses marques sans vaciller, être moderne tout en honorant sa famille.
L’honneur…parlons-en ! l’honneur d’une famille qui tient presque exclusivement à la vertu de ses femmes, mère ou filles, et qui peut conduire à bien des drames, à bien des vies brisées, des malheurs et du chagrin.
Hommes et femmes sont enfermés dans un carcan éducatif dont le schéma se perpétue à travers les générations. Les mêmes principes sont transmis, de mère à enfants, et reflètent les valeurs d’une société. Comme c’est souvent le cas (toujours ?), les règles de bonne conduite sont impitoyables quand elles sont appliquées aux femmes, et bien laxistes quand il s’agit des hommes…
Au final, qu’il s’agisse des uns ou des autres, l’élan du cœur est ignoré, brisé et dévalorisé.
Le regard de l’auteure est comme toujours tellement plein de douceur et d’amour qu’il incite à la compréhension et à l’ouverture d’esprit.
Un sujet délicat abordé avec beaucoup de pudeur, un roman bouleversant…


Lien : http://lebouddhadejade.blogs..
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critiques presse (1)
LaPresse   10 juin 2013
Ce roman est intense et parfois déroutant. D'autant qu'il est un peu difficile à suivre, au début, à cause de nombreux aller et retour dans le temps. Au fil des pages, tous les morceaux du puzzle finissent par se mettre en place.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
Cath36Cath36   18 septembre 2013
Une fois, après un orage, il était tombé sur des créatures des profondeurs rejetées sur la rive. ça l'avait choqué de voir ces organismes si singuliers sans espoir, après ce déplacement. Au fil des ans, tandis qu'il travaillait dans de nombreuses villes occidentales, il s'était souvenu de cette scène en observant la vie des immigrants de première génération. Eux aussi étaient coupés de leur environnement naturel. Dans leur nouveau cadre, ils avaient du mal à respirer, ils étaient vulnérables, ils attendaient que l'océan les remporte ou que la plage avale leur inconfort, les aide à se faire une place. Elias comprenait ces émotions, car il s'était toujours considéré comme un homme vivant en marge d'autes cultures, mais, fondamentalement, il était différent d'eux. Il pouvait survivre n'importe où, puisqu'il n'était attaché à aucun bout de terre.
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Olivia-AOlivia-A   04 avril 2015
A une époque, je me croyais de taille à réaliser de grandes choses, à livrer des batailles épiques, à défendre des idéaux. J'allais devenir écrivain et militante des droits de l'homme. Je voyagerais par le monde pour voler au secours des opprimés, des victimes. J.B. Ono- le célèbre auteur de romans où personne ne se laisse piéger par l'amour. J'avais souhaité être au centre du monde. J'ai fini par accepter de n'être qu'un des nombreux personnages d'une histoire, et encore, pas un des principaux.
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fanfanouche24fanfanouche24   21 juillet 2017
Je ne crois pas être en mesure de devenir un véritable écrivain, et ça n'a plus d'importance. J'ai atteint un âge qui me met davantage en paix avec mes limites et mes échecs. Il fallait pourtant que je raconte cette histoire, ne serait-ce qu'à une personne. Il fallait que je l'envoie dans un coin de l'univers où elle pourrait flotter librement, loin de nous. Je la devais à maman, cette liberté. (p. 11)
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Cath36Cath36   18 septembre 2013
-Ma grand-mère a épousé un Libanais et ils ont donné naissance à ma mère. Mon père est né de citoyens canadiens originaires de Téhéran. Je suis né à Beyrouth, mais j'ai été élevé à Montréal. Maintenant je suis à Londres. Que suis-je, en réalité ?
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Cath36Cath36   18 septembre 2013
Notre père nous envoyait des cartes postales, des cadeaux et de l'argent d'Abu Dhabi, de moins en moins au fil des ans, jusqu'à ce qu'il finisse par couper tout contact. Mon oncle et ma tante nous ont cachés son suicide aussi longtemps qu'ils ont pu, en dissimulant, brouillant, déformant la vérité. Je le sais, parce que je fais la même chose avec mes enfants. C'est devenu une tradition familiale de voiler la vérité, de l'enterrer si profondément dans le quotidien immuable qu'au bout d'un moment on ne peut plus l'atteindre, même par l'imagination.
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Videos de Elif Shafak (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elif Shafak
Avec "Trois filles d'Eve", Elif Shafak signe une satire violente de la bourgeoisie stambouliote comme du fanatisme religieux, également aveugles aux aspirations d?une jeunesse en quête de vérité et de liberté. En librairie le 10 janvier.
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