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ISBN : 2290339083
Éditeur : J'ai Lu (01/11/2003)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 291 notes)
Résumé :
" Ma conscience a mille langues, et chaque langue raconte une histoire, et chaque histoire me condamne comme scélérat. Le parjure, le parjure, au plus haut degré, le meurtre, le meurtre cruel, au plus atroce degré, tous les crimes, poussés au suprême degré, se pressent à la barre criant tous Coupable ! coupable ! " O roi criminel, maître des cruautés et des traîtrises, la démesure de ton ambition t'a fait commettre les pires violences. Souviens-toi de tes victimes, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  13 février 2019
Finir oublié sous un parking avec un grand coup de poignard dans le derrière ! Quel destin, tout de même, quel destin ! C'était bien la peine de monter si haut pour finir si bas, tout compte fait. Étonnante, étonnante destinée que celle du houleux Richard III.
Je ne résiste pas à l'envie de vous entretenir de ce que vous ne trouverez pas, même dans les meilleures présentations, même dans la notice de la Pléiade, pour la bonne et simple raison que, pour la plupart, ces présentations de la pièce de William Shakespeare sont antérieures à la surprenante redécouverte du squelette de Richard III en 2012, comme je l'indiquais plus haut, sous un très ordinaire parking recouvrant l'ancien prieuré de Leicester.
À grand renfort d'ADN mitochondrial et d'analyses dernier cri ultra poussées, il fut donc démontré que le squelette scoliotique ainsi exhumé était bien celui du célèbre Richard III, mort d'un bon gros coup de hallebarde derrière la théière et mutilé par la suite (balafré, scalpé ?), enterré à la va-vite (sans doute assez peu présentable) dans le choeur d'une petite église locale, loin des fastes londoniens.
Il est intéressant, tout de même, ce personnage historique. Psychologiquement parlant, j'entends. Beaucoup de personnes ont une vie rocambolesque ou mouvementée, très sujette à être portée sur scène (ou à l'écran de nos jours). Mais parmi ceux-là, je remarque que ceux qui cristallisent le plus la fascination sont les êtres négatifs, au premier rang desquels on peut probablement citer Hitler.
Et là, je crois que William Shakespeare touche à de l'universel et, cela va peut-être vous faire sourire (ou au contraire vous allez trouver ça pathétique), mais j'ai l'impression que ma fille de huit ans m'a aidé à formuler cette réflexion. En effet, l'autre jour avec elle, j'ai re-re-regardé Kirikou et la Sorcière. Quel lien me direz-vous entre Kirikou et Richard III ? J'y viens.
Michel Ocelot dit s'être inspiré de multiples contes ou légendes africaines pour bâtir l'histoire de Kirikou. Mais ce qu'il y a mis de lui-même, c'est un questionnement d'enfant, c'est SON questionnement d'enfant, à savoir : « Pourquoi le méchant est-il méchant ? » Et ce questionnement d'enfant, même s'il est celui de Michel Ocelot est aussi et surtout un questionnement universel d'enfant : chacun de nous aime à comprendre pourquoi le méchant est méchant.
Karaba la sorcière avait une grosse épine plantée dans le dos et c'était à la fois la cause de sa haine et de sa puissance : l'énergie de la vengeance. le monde m'a fait mal ? Très bien, je ferai mal au monde et j'y mettrai toute ma haine, toute ma détestation à l'encontre de ceux qui ne souffrent pas comme moi. Car ma souffrance est injuste, le monde est injuste vis-à-vis de moi si je suis la seule à souffrir.
Revenons à Richard III. Lui aussi avait une grosse épine plantée dans le dos. L'analyse du squelette a révélé un grave cas de scoliose apparue probablement lors de la croissance entre 10 et 13 ans. Imaginez à présent ce qui peut se passer dans la tête d'un jeune homme qui voit son corps se déformer à vue d'oeil, devenir hideux, faible et contrefait.
Comme ce doit être humiliant, comme ce doit être injuste, comme ce doit être douloureux de voir les autres grandir normalement, devenir grands, forts et beaux quand vous, vous devenez tordu, faible et très peu désirable. Shakespeare écrit à l'acte III, scène IV : « Que vos yeux soient témoins du mal qu'ils m'ont fait. Voyez comme je suis ensorcelé : regardez, mon bras est desséché comme un rameau flétri ! » (Be your eyes the witness of their evil. Look how I am bewitch'd : behold, mine arm is like a blasted sapling, wither'd up.)
Comme l'injustice doit vous paraître criante. Si l'on se replace dans la pensée religieuse de l'époque, comme l'on doit croire à une malédiction divine (ou orchestrée par un tiers, la suite de la tirade accuse d'ailleurs ouvertement la femme d'Édouard d'être une espèce de sorcière jetant des maléfices).
De plus, vous êtes le quatrième fils de Richard Plantagenêt, 3ème duc d'York. Les honneurs seront pour les aînés et vous, vous ? Il ne vous restera rien, rien d'autre que cette grosse rancune et cette abominable scoliose qui vous fait marcher comme un crapaud. Si par hasard il arrivait malheur à votre frère aîné, Édouard, il resterait encore Georges (car, Dieu merci, le second fils, Edmond, a eu le bon goût de mourir précocement, enfin un peu de justice en ce monde bouffi d'iniquité).
Avez-vous encore une vraie bonne raison de croire en la bonté divine ? Certes non, alors vous apprenez la ruse et le vice, vous apprenez les sales coups, faits discrètement, l'air de rien. Vous apprenez l'art des faibles : la fourberie, l'hypocrisie, le double jeu. Et cela vous réussit. Peu à peu vos desseins s'accomplissent, mieux que vous n'eussiez osé l'espérer… Cela vous encourage, un acte vil entraîne un acte pendable, un acte pendable appelle une abomination… Et les forfaits s'accumulent, dans la douleur et dans le sang des autres.
Dieu n'existe pas, vous en êtes à présent absolument certain, car avec un tel chapelet d'horreurs au fond de votre poche, IL ne pourrait laisser faire pareilles ignominies s'IL était vraiment le Dieu de bonté et de justice qu'on prétend. Et s'IL n'existe pas, qu'est-ce qui pourrait bien vous arrêter, dites-le-moi ?
Bon, je m'éloigne et je divague, me semble-t-il. Qu'en est-il de la pièce de Shakespeare là-dedans ? Eh bien, ma foi, je la trouve à l'image de son sinistre héros : boiteuse, contrefaite mais non dénuée de certaines fulgurances, notamment dans les formules, qui la rendent tout de même intéressante.
Je ne peux pas dire que j'aie trouvé Shakespeare particulièrement subtil quant à la construction de son intrigue ou de son personnage. On est loin de Jules César, par exemple, où il avait su rendre tous les personnages complexes et finement ciselés. Ici, c'est du très gros, du très caricatural, les méchants sont bien méchants et les gentils gentils.
Certes, je n'oublie pas que le dramaturge n'avait pas l'avantage du recul comme avec les pièces antiques : il écrivait à peine un siècle après les faits, notamment pour des souverains qui détenaient leur pouvoir de la chute dudit Richard III. Donc il fallait bien qu'il soit un méchant absolu pour justifier des monarques actuels. Certes, certes, mais un peu de nuance tout de même, eût été appréciable, du moins l'eus-je grandement apprécié (je sens que je glisse de plus en plus sur ma " l'eus-je ").
Non, le canevas est grossier mais le fil à broder, lui, est parfois d'une finesse exquise. C'est particulièrement flagrant si on compare, à titre d'exemple Richard III et le Roi Lear. J'ai également éprouvé beaucoup de peine avec le canevas du Roi Lear et à très peu d'endroits j'ai été séduite par le verbe ou le sens de la formule. Ici, c'est tout différent. Beaucoup de répliques fusent et sont de purs joyaux d'orfèvrerie élisabéthaine.
Bref, pas trop ma tasse de thé quant au fond, bien plus séduite en revanche par la forme. Lisez, si le coeur vous en dit « La Tragédie de Richard III, avec le débarquement du comte de Richmond et la bataille de Bosworth » (titre complet de la pièce) afin de connaître comment se termina la fameuse Guerre des deux Roses opposant les horribles Lancastre aux infâmes York (tous plus ou moins descendants de rois de France, ce n'est pas une référence !) racontée à la sauce Shakespeare.
Et encore, gardez à l'esprit que ceci n'est que mon avis, qu'il ne vaut pas grand-chose, en tout cas beaucoup moins qu'un cheval. Un cheval ! Un cheval ! Mon avis pour un cheval !
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michfred
  03 février 2016
Richard III
Comme le beau est toujours bizarre, le mal est toujours scénique.
Le mal, le diable, la laideur.Tout Richard, duc de Gloucester, en somme !
A plus d'un titre, Richard est la quintessence du personnage théâtral.
Il révulse le regard. Contrefait, boiteux, difforme, bossu : les femmes s'en détournent avec dégoût, les enfants le fuient avec horreur, les hommes le haïssent ou le craignent.
Il exsude la méchanceté. Sur les griffes qui lui servent de mains : tout le sang de sa famille. Il faut dire que le contexte historique a tout pour lui convenir : la guerre des Deux- Roses, celle des Lancastre et celle des York, n'a de poétique que le nom, c'est en fait une interminable suite de forfaits, de meurtres, de trahisons, de guet-apens, de guerres civiles…
C'est un alambic d'abominations. Dans sa tête perverse, Richard ourdit les pires traîtrises, les crimes plus sanglants, les plus détestables : son frère, Edouard, est roi- mais il est malade. Il a des fils, mais ils sont bien jeunes. Il a une femme, mais c'est une roturière mal vue à la cour. Il rêve de les mettre au pas ou de les envoyer au trépas !
Il est la fausseté personnifiée. Son amitié est grimace, sa familiarité, dangereuse. Richard a un autre frère, Clarence, mais c'est un naïf, un ami, le duc de Buckingham, mais c'est un ambitieux à tenir à l'oeil.. – frère ou ami, tous ne sont que des pions sur son échiquier diabolique.
Le jour où ce crapaud difforme et venimeux se découvre capable de séduire, par le seul pouvoir de son verbe fielleux, la belle Lady Ann, veuve du prince de Lancastre -qu'il a pourtant proprement expédié- et qui est donc archi prévenue contre lui, ce jour-là est son épiphanie : plus rien ne l'arrête, la bête sort de sa tanière et dévore tout sur son passage.Le mal se déchaîne.
Le duc de Gloucester est couronné roi et devient Richard III au terme d'un chemin plein de sang et de fureur.
Mais la vieille reine Marguerite, la veuve du bon roi Henri V-, lui aussi dépêché par les York- éclate en imprécations et en sombres prophéties : le crapaud et tous ceux qui l'ont approché, aidé, servi, finiront dans la gorge de la Mort…
Les crimes de Richard ne resteront pas impunis…
Une grande tragédie de Shakespeare, la plus grande peut-être, la plus noire, sûrement. Je l'ai vue souvent au théâtre – et aussi au cinéma : en version classique chez Laurence Olivier, modernisé et nazifié chez Richard Longcraine et enfin quasiment ontologique chez Al Pacino dans Looking for Richard. Mais jamais je ne l'ai vu comme hier soir, à l'Odéon, dans la mise en scène électrique de Thomas Jolly !
Imaginez un Richard III sorti d'une caricature infernale de Hiéronymus Bosch, ou de Brueghel l'Ancien mais tatoué comme un rocker, inquiétant comme un vampire, narcissique comme une rock star, et dangereux comme un Alien…

Imaginez la fameuse scène du face à face entre Richard et la reine Elizabeth, mère des malheureux enfants d’Édouard assassinés à la Tour de Londres,se défiant sur un plateau animé seulement par un réseau fluctuant de rayons lasers qui cerne et capture peu à peu le personnage rétif et très fort de la reine, jusqu'à sa capitulation finale…
Imaginez la scène non moins fameuse où Richard s'écrie : « Mon royaume pour un cheval ! », avec un "vrai" cheval, immense et fantômatique.
Imaginez la scène de malédiction des victimes de Richard - "Désespère et meurs ! » - dans un tressautement hystérique de lampes stroboscopiques !
Toute cette démesure, ce baroque, cette frénésie, loin de tuer le tragique comme on pouvait le craindre, le galvanise au contraire, le cravache, en épouse les débordements, en explore les sombres abysses, en dévoile la folie exacerbée…
Au final, je n'ai jamais vu salle plus enthousiaste ..
Beaucoup de jeunes spectateurs ont compris ce soir-là ce qu'était l'absolu génie de Shakespeare, « notre contemporain » comme disait Jan Kott…
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raton-liseur
  06 mars 2015
J'aborde avec cette pièce les tragédies historiques de Shakespeare. On est loin des trois unités de lieu, de temps et d'action prônées par le théâtre classique puisque la pièce balaie les trois courtes années du règne de ce roi, qui sera le dernier perdant de la guerre des Deux Roses et le dernier représentant de la dynastie des Plantagenêts à régner sur l'Angleterre entre 1483 et 1485. Shakespeare écrit donc cette pièce à peu près un siècle après les évènements, alors qu'est sur le trône la dernière représentante de la dynastie des Tudors, qui avait mis fin au règne de Richard III. Il n'est donc pas exclu que Shakespeare soit influencé par l'historiographie de son temps, qui aime à faire de ce roi un personnage noir (à juste titre si l'on prend pour argent comptant tous les crimes dont il est accusé), mais l'important n'est pas dans la vérité historique de cette pièce.
C'est une pièce qui surtout montre l'archétype du mal, ou de la soif de pouvoir, ou des deux, l'un allant rarement sans l'autre. Richard III ne recule devant rien pour atteindre la couronne. Ni les meurtres de ceux qui sont avant lui dans l'ordre de succession au trône, ni la trahison ou le parjure. Qu'importe les moyens, tout justifie la fin. Mais si je parle d'archétype du mal, c'est parce que le plus marquant dans le personnage de Richard III est probablement le fait qu'il assume sa soif de pouvoir et la noirceur tant de ses actes que de lui-même. Il se sait mauvais, ne se le cache pas et vit en conséquence. Personnage fascinant sur lequel aucune morale ne peut avoir prise. Et si l'histoire ne semble au spectateur qu'un éternel recommencement, Richard III chutant de la même façon qu'il a fait chuter son prédécesseur, cela ne rend le propos de Shakespeare que plus sombre, excluant les petits que nous sommes de ces sphères bien trop entières pour que les caractères mitigés que nous sommes puissent y avoir leur place et, surtout, montrant que Richard III n'est finalement pas le seul à être aussi noir. Il a les honneurs de cette pièce et passera donc à la postérité comme l'image même du tyran, mais celui qui était avant et celui qui vint après lui ne furent pas mieux. Comprenne qui voudra.
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Darkcook
  26 octobre 2017
Presque deux ans sans Shakespeare...! Il me fallait remédier à cela, avec pas des moindres parmi les pièces qu'il me restait à découvrir : Richard III!
J'avais lu Richard II, je n'en garde qu'un souvenir très lointain, et j'espérais mieux, même si j'avais fait une critique élogieuse à l'époque... Richard III est d'un autre genre, et ne joue pas dans la même catégorie. Comme je l'avais déjà dit à ce moment-là, le Shakespeare historique est difficile à aborder : Vous vous trouvez en pleine guerre intestine avec une foultitude de personnages, d'homonymies... Là, il y avait des rappels (d'Henry VI, apparemment), mais au début, la confusion est facile de par la multitude, par exemple, de personnages distincts appelés Edouard.
Richard III est un personnage machiavélique, au sens propre du terme, autre Macbeth, mais qui opère toujours de façon indirecte, sous des dehors flatteurs, bien que doté d'un physique ingrat. À ce sujet, sa tirade d'ouverture, déjà plébiscitée par nombre de mes collègues ici, est extraordinaire, je m'ajoute au cheptel de laudateurs! Richard va donc passer la pièce à faire assassiner frères, neveux, amis... Afin de gravir les échelons du pouvoir, et évidemment, rien ne l'arrête, et comme Macbeth, ce seront les instruments de sa chute. Parmi les autres passages d'anthologie, il y a pour moi la malédiction de Margaret, ses divers face-à-face avec ceux qu'il condamnera plus tard (les double-entendre sont légion, et la pièce n'est pas dénuée d'humour!), les imprécations lancées par sa mère, puis tout l'acte V avec les spectres (aaaah, eux aussi, m'avaient manqué) et la bataille finale! Il y a quelques longueurs, personnages inutiles, joutes verbales un peu étranges, et dans l'anarchie du théâtre shakespearien, certains dont le destin reste en suspens, mais on passe un excellent moment.
J'étais tellement à fond que j'ai failli poursuivre par ses pièces antiques... Que je finirai par dévorer, je l'espère, très bientôt. Une très bonne pièce, en somme, du Dieu de la littérature, avec un protagoniste inoubliable, même si loin de Macbeth, Othello, de La Tempête et même de Roméo et Juliette, à mes yeux.
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Nelja
  19 septembre 2014
Je ne connais pas bien les pièces historiques de Shakespeare, mais celle-là est incontournable. Elle raconte l'histoire de Richard III qui tue, manipule, etc, afin d'arriver à la couronne d'Angleterre - mais bien sûr tout cela finira mal pour lui... Quand j'y pense, j'aurais peut-être dû lire Henry VI avant ? Il y est fait de nombreuses références, et j'aime l'idée d'avoir une histoire suivie, surtout pour Margaret d'Anjou, qui a l'air d'avoir un Passé.
Apparemment le Richard III historique était loin d'être si mauvais que ça mais à l'époque de Shakespeare ce n'était pas forcément évident de trouver les documents pour s'en rendre compte. Et peu importe, mes sentiments sur les rois anglais ne sont pas assez intenses pour que cela me choque je vais analyser comme si c'était une oeuvre de fiction.
Déjà, c'est magnifiquement écrit, comme toujours avec Shakespeare ! J'aime comment il utilise ses parallèles, ses scènes où tout le monde fait du sarcasme en renvoyant à son interlocuteur ses propres répliques avec quelques modifications choisies !
Il y a certains moments où les manipulations de Richard font très plaisir à voir, pour quelqu'un comme moi qui aime les méchants intelligents et charismatiques, et aussi quelques répliques cyniques particulièrement bien trouvées. Malheureusement, il n'a pas d'adversaire à sa mesure ; il y a quelques moments où on se dit que la plupart des hommes de son entourage ne sont pas très intelligents, et surtout, il ne perd pas à la fin parce qu'il a un adversaire à sa mesure mais parce qu'il a beaucoup diminué. C'est un peu frustrant. Au total, je trouve qu'on n'aime pas grand monde, même si on peut aimer haïr le personnage principal.
Mes passages préférés : les malédictions des femmes, et surtout de Marguerite d'Anjou, avec toujours une ambiguité sur si elles se réalisent pour des raisons surnaturelles ou par hasard. J'aime aussi, dans le même genre, les manifestations d'esprits dans les rêves de Richard et du futur Henry VII : parole de leur inconscient, ou vraie intervention surnaturelle ?
En bref : pas ma pièce préférée de Shakespeare, mais un très bon moment de lecture quand même ! Il faudra que je la voie sur scène !
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   17 février 2019
RICHARD : Tendre prince, la vertu sans tache de vos années
N'a pas encore plongé dans la duplicité du monde,
Vous ne savez distinguer d'un homme
Que sa figure externe, qui, Dieu le sait,
S'accorde rarement ou jamais à son cœur.

(RICHARD : Sweet prince, the untainted virtue of your years
Hath not yet div'd into the world's deceit,
No more can you distinguish of a man
Then of his outward show, which, God He knows,
Seldom or never jumpeth with the heart.)

Acte III, Scène I.
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Nastasia-BNastasia-B   16 février 2019
BUCKINGHAM : Nous reconnaissons là votre tendresse de cœur
Et cette douce, aimable, féminine compassion
Que nous avons remarquée chez vous à l'égard de votre parenté,
Comme à vrai dire à l'égard de tous.

Acte III, Scène VII.
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Cer45RtCer45Rt   16 février 2019
LE PRINCE. Je n'aime pas la Tour du tout. Milord, est-ce bien Jules César qui l'a bâtie ?
GLOUCESTER. C'est lui, mon gracieux lord, qui en a jeté les fondements. Mais elle a été reconstruite par les âges suivants.
LE PRINCE. Est-ce un fait constaté par les archives ou seulement par la tradition successive des âges, que c'est César qui l'a bâtie ?
BUCKINGHAM. Par les archives, gracieux lord.
LE PRINCE. Mais supposons, milord, que la vérité ne fût pas enregistrée. Il suffirait, ce me semble, qu'elle fût racontée par toutes les générations, pour vivre d'âge en âge jusqu'au dernier jour du monde.
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tolstoievskitolstoievski   18 février 2019
MARGUERITE : Reine de comédie, présente seulement pour occuper la scène.
Où est ton mari à présent ? Où sont tes frères ?
Où sont tes deux fils ? Où est ta joie ?
Qui supplie, s'agenouille et dit : « Dieu sauve la reine » ?
Où sont les pairs prosternés qui te flattaient ?
Où les foules pressées qui te suivaient ?
Rappelle-toi tout cela et vois ce que tu es maintenant.

Acte IV, Scène 4.
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tolstoievskitolstoievski   18 février 2019
HASTINGS : Ô fugitive grâce des hommes mortels,
Que nous recherchons plus que la grâce de Dieu !
Qui bâtit son espoir sur le vide de votre belle apparence
Vit comme un marin ivre en haut d'un mât,
Prêt à chaque roulis à culbuter
Dans les fatals viscères des profondeurs.

Acte III, Scène 5.
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