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Laurence Sendrowicz (Traducteur)
EAN : 9782070780822
491 pages
Gallimard (22/02/2007)
3.94/5   33 notes
Résumé :
Ella a décidé de mettre fin à la lente décomposition du couple qu'elle forme depuis une dizaine d'années avec Amnon. Mais lorsque ce dernier quitte l'appartement familial à sa demande, la laissant seule avec leur petit garçon de six ans, la libération tant espérée ne se produit pas, bien au contraire. Confrontée à l'incompréhension de ses propres parents, paralysée par l'angoisse devant un avenir incertain et dévorée par un sentiment de culpabilité à l'égard de son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  20 juin 2021
La lecture de Thèra m'a agréablement surpris. Les histoires de couples, ou de couples à la dérive, ne m'attirent pas particulièrement. Pas du tout, en fait. Mais je suis curieux de nature et, de temps à autre, je me lance dans ce type de bouquin. Et celui-là, avec ses plus de 500 pages, m'effrayait un peu. En plus, dès le début, je me suis senti submergé par ces petits caractères et ces pages remplies comme pas possible. C'est que les dialogues ne sont pas détachés (remarquez, ce n'est une mauvaise chose en soi). Ces éléments dégagent une impression de surchargé. Toutefois, j'ai persévéré et j'en suis satisfait. Zeruya Shalev a extrêmement bien analysé la décomposition d'un couple.
Dans Thèra, on évite les lieux communs, les disputes à n'en plus finir (enfin, presque). Quand le roman s'ouvre, Ella et Amon sont déjà en instance de divorce. Nous sommes davantage devant la séparation des biens, l'organisation de la garde partagée, sur la manière de protéger leur fils unique Guili, six ans. le roman reste centré sur le personnage d'Ella et son point de vue féminin. Surtout, sur la manière dont elle perçoit les choses. Son sentiment de solitude, de ne pas être à la hauteur, de ne pas être comprise, de se sentir jugée, etc. Et tout cela avec sensibilité et honnêteté.
Puis, Ella rencontre un type, Oded, lui aussi, un père de famille en instance de divorce – enfin quelqu'un qui pourra la comprendre! – et, rapidement, les deux décident d'aménager ensemble. Toutefois, tout aussi rapidement, j'avais l'impression que les choses allaient trop vite. Pourtant, on aurait pu croire que leur situation similaire allait les rapprocher. Mais voilà, il n'y a pas qu'une seule façon de divorcer, chaque famille qui éclate le fait à sa façon. Bref, je trouvais que c'était un portrait très réaliste et moderne des relations de couples qui se terminent et qui se créent, loin des clichés.
Pour revenir à mon impression première, avec ces pages remplies, compactes, à n'en plus finir (ce qui me dérangeait au début, je me sentais attaqué, envahi), m'a finalement plu : j'avais l'impression de partager le malaise d'Ella. J'ai lu deux ou trois autres romans de cette auteure, je ne me rappelle pas s'ils sont tous construit ainsi.
J'aimais bien les parallèles faits avec Thèra, cette île grecque à moitié engloutie par une éruption volcanique, détruisant la civilisation minoenne il y a environ 3500 ans. Après tout, Ella est archéologue. Les comparaisons entre elle, son couple et cette île détruite ne manquaient pas. « […] cette famille-là allait bientôt être rayée de la surface de la terre? » (p. 213) Ils revenaient de temps à autre. Toutefois, son emploi d'archéologue semblait plus un prétexte à ces comparaisons qu'à une véritable occupation.
Au final, ce roman de Shalev fut une lecture que je suis content d'avoir faite.
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blandine5674
  18 février 2017
Dissection au scalpel, comme je pensai que seul les japonais savaient le faire, de la vie de couple. Ella se sépare de son mari, puis revivra avec un autre homme. Comment gérer ces situations avec son fils de six ans ? 492 longues pages que j'ai parfois eu envie de lâcher. Mais l'écriture est belle, avec de longues phrases, l'histoire pas niaise comme pourrait le supposer le sujet et comme c'est Bookycooky qui me l'a conseillé… Certaines scènes sont drôles, mais racontées de façon sérieuse. Tout tourne autour de Léna, son ex, son actuel, son fils, ses parents. Avis mitigé tout en ayant conscience d'un petit chef d'oeuvre pour ce qui concerne les sentiments dans le couple, ainsi que celle d'une mère à son enfant. Ce qui est sûr c'est qu'il fera parti des romans qui ne s'oublient pas…
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Rhodopsine
  02 juin 2017
Thèra, une île grecque engloutie dans un cataclysme. Ella, une femme engloutie dans un cataclysme. Giulad, Amnon, Oded... quel personnage survit là aux cataclysmes en cascade déclenchés par la décision d'Ella: quitter son mari?
S'il faut persévérer pour entrer dans le roman, il devient captivant. Seule la voix d'Ella mène le récit, introspection poussée, sentiments disséqués, décisions trop vite prises ou contraire retardées . Aucune complaisance de Zeruya Shalev à l'égard de ses personnages: Ella fait-elle preuve d'un courage exceptionnel ou d'un égoïsme impardonnable? Oded est-il un séducteur sans scrupules ou un homme malheureux? Amnon un mari égocentrique ou un père attentif? Guili un enfant gâté ou un fils écartelé entre ses parents? Aucune réponse, mais des interrogations si précises, des doutes si bien exprimés que je me suis parfois demandée si Z.Shalev ne les avait extirpés de mes pensées. Bien au-delà de l'anecdote (ce n'est après tout que l'histoire d'un divorce), un roman qui s'immisce au microscope électronique dans la vie d'une femme, dans les doutes, dans les mécanismes mentaux qui l'ont façonnée (formidables figures de ses parents par exemple).
Un livre dont le souvenir ne s'effacera pas, et que je relirai, c'est certain.
Et encore un fois, j'exprime ma reconnaissance à la traductrice, Laurence Sendrowicz. Quelle richesse perdrions nous si les traducteurs ne jetaient pas des ponts entre les langues
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miriam
  30 mars 2014
En partance pour Santorin, j'imaginais que l'héroïne, archéologue faisant des recherches sur l'éruption du volcan aurait peut être des choses à me raconter. Très peu!
L'éruption cataclysmique, c'est la séparation du couple formé par Ella et Amnon.Séparation envisagée sereinement par Ella qui voit une ouverture mais qui tourne mal.
Avec la précision de l'archéologue, ou de l'entomologiste, l'auteure décortique les sentiments, les réactions, les tactiques, de la femme désemparée, du mari abandonné, des parents très critiques, de Gili, son fils de six ans. Ella s'enfonce dans la dépression.
Puis tombe amoureuse d'un père de deux enfants. Une famille recomposée emménage dans un nouvel appartement. Nouvelles difficultés, réaction des parents, des enfants...
C'est assez pénible, mais très bien analysé. Peu de distance vis à vis de la famille qui est l'institution centrale. Peu de critique envers "l'instinct maternel". Ella est une mère dévouée. Société bienoconservatrice!
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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jfponge
  12 juillet 2015
Thèra est écrit comme un long monologue, celui d'une jeune femme juive, Ella, habitante de Jérusalem. Son couple se défait, après une dizaine d'années de vie commune avec Amnon, qu'elle n'aime plus. Très attachée à son fils Guili, âgé de six ans, elle va longtemps hésiter, puis se décider, et revenir sur sa décision lorsqu'il sera malheureusement trop tard. Il y a bien sûr une suite à cette histoire assez banale, que le lecteur (patient) découvrira au fil de ce long, très long récit. Zeruya Shalev décrit par le menu toutes les sensations qui accompagnent une vie qui se cherche, au fil des rencontres, de l'attachement aux êtres chers, mais aussi des rancoeurs et des meurtrissures qui s'accumulent au cours du temps. Une très fine analyse psychologique des rapports entre les êtres humains, qui atteint à l'universel. Hélas, quel ennui à la lecture de ce récit à une voix qui démontre au final, mais sans jamais l'avouer, que le mal-être provient souvent d'un profond égoïsme...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
TandaricaTandarica   21 juin 2015
Mais qu'est-ce qu'une famille ? Une longue association basée sur la confiance ou la terreur, sur des traditions communes construites dans le passé, sur des besoins partagés dans le présent, des espoirs pour l'avenir, une entité liée par une même adresse, un même réfrigérateur, une même machine à laver, un même compte en banque, des projets de vacances communs, des droits et des devoirs, des croyances et des idées, mais est-ce bien tout, et si c'est vraiment tout, ce tout que je possédais moi aussi, pourquoi sont-ce justement les petits détails qui me bouleversent comme s'ils constituaient un idéal inaccessible, le summum des aspirations sur terre...
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blandine5674blandine5674   15 février 2017
Gaudi détestait les lignes droites, explique d'une voix lasse la guide debout à côté de moi, dans la nature il n'y a pas de lignes droites, or il avait décidé de ne se baser que sur les formes de la nature, puis elle raconte la mort de l'architecte, renversé précisément ici par un tramway tandis qu'il marchait à reculons, tenant à la main les plans de construction de la cathédrale qui deviendrait quelques jours plus tard sa sépulture, il regardait les tours, vieillard anonyme négligemment vêtu et ce n'est qu'au bout de deux jours que son corps fut identifié. ... Pourquoi tiennent-ils tant à l'achever, cette cathédrale, s'enquiert en hébreu quelqu'un derrière moi, il faudrait la laisser en l'état, ce serait le symbole de tout ce que nous n'arrivons pas à terminer de notre vivant....
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SachenkaSachenka   12 juin 2021
[...] je me règle sur la venue de Guili, sur celle de Maya et Yotam, voilà donc les tribus nomades des temps modernes, les enfants de divorcés qui, l'après-midi, conduisent leur troupeau de jouets d'une maison à une autre, d'une maman à un papa et inversement [...]
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blandine5674blandine5674   17 février 2017
… l’amour ce n’est pas quelque chose que l’on sent, c’est comme la santé, on ne sent pas qu’on va bien, ce n’est que si on tombe malade qu’on sent la perte de la santé.
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blandine5674blandine5674   16 février 2017
... mais Oded sourit dans un adorable embarras, la vérité c'est que je préfère ne pas trop le dire, quand les gens savent qu'un psychiatre est assis à leur table, ils commencent en général à se comporter bizarrement. Dans quel sens ? s'enquiert mon père, se mettant aussitôt hors du lot. Eh bien, ils cessent d'être eux-mêmes, comme si j'allais les hospitaliser de force s'ils restaient naturels, ils sont sûr que j'analyse le moindre de leur mot alors qu'en vrai je ne le fais jamais en dehors de mon travail, ....
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Vidéo de Zeruya Shalev
Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière et délégué général du Festival de Cannes, publie «Sélection officielle», le journal d'une année dans la vie d'un boulimique de cinéma. Il évoque les rouages de la machine du festival, qui fête ses 70 ans en 2017. A ses côtés, Costa Gavras, qui fait paraître le premier volume de l'intégrale de ses films, souvent adaptés de romans. Anne Akrich part sur les traces d'une figure culte du cinéma, Marlon Brando, héros de son dernier roman, «Il faut se méfier des hommes nus». La romancière israélienne Zeruya Shalev, Prix Femina étranger 2014, publie «Douleur», cinquième roman très remarqué. Yelena Moskovich complète la liste des invités avec «Les Natasha».
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