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Laurence Sendrowicz (Traducteur)
ISBN : 2070780821
Éditeur : Gallimard (22/02/2007)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Ella a décidé de mettre fin à la lente décomposition du couple qu'elle forme depuis une dizaine d'années avec Amnon. Mais lorsque ce dernier quitte l'appartement familial à sa demande, la laissant seule avec leur petit garçon de six ans, la libération tant espérée ne se produit pas, bien au contraire. Confrontée à l'incompréhension de ses propres parents, paralysée par l'angoisse devant un avenir incertain et dévorée par un sentiment de culpabilité à l'égard de son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
  18 mars 2013
De prime abord, c'est une histoire d'amour que l'on n'a pas envie de lire. Un livre auquel on ne croit pas pouvoir adhérer (mon ressenti initial). Une tragédie lente comme l'est parfois la perte des illusions. C'est le récit d'une femme qui quitte un homme, d'un amour perdu, d'un autre introuvable, du chagrin d'un enfant et de celui d'adultes qui ne savent plus comment faire pour être moins grand. Ce n'est ni léger ni élégant comme les standards français des niaiseries sentimentales l'imposeraient. C'est triste et malaisé et aucun sourire de commande ne vient aérer le récit (une séparation saurait-elle faire rire?) mais, comme nulle part ailleurs, cela vit et vibre. Et c'est magnifique.
«Théra», puisque tel est le titre de cette oeuvre au noir, de cette plongée au coeur de la psyché conjugale, de ce portrait de femme après l'amour est un livre traduit de la romancière israélienne Zeruya SHALEV. Encore faudra-t-il attendre plus tard, pour prendre pleinement la mesure de la force et de la vivacité de sa littérature? Il est dommage que je ne puisse apporter aucun élément de comparaison, seulement un jugement lié à l'instinct. Mais est-ce suffisant?
Lorsque l'amour s'en va, se meurt le beau rêve d'Ella, l'héroïne de «Théra». Archéologue, Ella vit depuis dix ans avec Amnon, rencontré sur un chantier de fouilles. Ils ont un enfant, Guilad, 6 ans. Et aussi tant de souvenirs en commun que le passé n'est plus un album de famille, mais un recueil nourri par les habitudes. Amnon était un maître et un amant; c'est un mari distrait et un père insuffisant. Alors Ella s'en va, malgré les craintes de ses amis, les foudres de ses parents. Et cette séparation, promesse de liberté, entrainera un chapelet de doutes, de souffrances et de trahisons. En amour, il n'y a pas d'après (ou peu), il n'y a que le regard d'un petit garçon, les reproches des uns, les calculs des autres, le chagrin de tous. Et parfois (vous pensez souvent?) un nouvel amour, aussi insensé que ceux qui l'ont précédé.
«Théra» est un roman presque trop puissant, trop dense, trop profond, pour se résumer en un seul «niveau» de lecture. Une chose est sûre, mon recul de cinq ans sur ma découverte de l'oeuvre ne rendra pas mon regard plus pénétrant.
Bien sûr, la nationalité de son auteure incite à voir en Ella, gagnant si chèrement le prix de sa liberté, un paradigme de la société israélienne, déchirée entre modernité et tradition. de même la séparation douloureuse, autant que nécessaire, entre Ella et Amnon, résonne-telle comme en écho de celle, impossible et tragique, du couple Israël-Palestine.
Toutefois, il faut savoir se garder de la paresse d'une lecture journalistique et évènementielle d'une oeuvre de cette ampleur. Des hommes, des femmes, de comment ils se prennent, se déprennent, se quittent, s'étreignent et s'oublient. Une femme qui espérait l'aube rentre dans sa «nuit». La fin du monde est proche et, derrière les volets clos de Tel-Aviv ou Jérusalem, écrasés de chaleur, se rejoue en petit cercle la comédie biblique de l'apocalypse.
C'est ainsi que les amours meurent. Comme en ce matin de janvier 2004 où Zeruya SHALEV fut victime d'un attentat qui la laissa grièvement blessée. Comme en ce jour de 1500 ans avant J-C où une civilisation fut engloutie l'espace d'un soupir, le temps d'un «je t'aime», sur l'île de Santorin, anciennement nommée Théra. Alors bien sûr, Ella s'en va; et nous, nous ne la quitterons plus.
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blandine5674
  18 février 2017
Dissection au scalpel, comme je pensai que seul les japonais savaient le faire, de la vie de couple. Ella se sépare de son mari, puis revivra avec un autre homme. Comment gérer ces situations avec son fils de six ans ? 492 longues pages que j'ai parfois eu envie de lâcher. Mais l'écriture est belle, avec de longues phrases, l'histoire pas niaise comme pourrait le supposer le sujet et comme c'est Bookycooky qui me l'a conseillé… Certaines scènes sont drôles, mais racontées de façon sérieuse. Tout tourne autour de Léna, son ex, son actuel, son fils, ses parents. Avis mitigé tout en ayant conscience d'un petit chef d'oeuvre pour ce qui concerne les sentiments dans le couple, ainsi que celle d'une mère à son enfant. Ce qui est sûr c'est qu'il fera parti des romans qui ne s'oublient pas…
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Rhodopsine
  02 juin 2017
Thèra, une île grecque engloutie dans un cataclysme. Ella, une femme engloutie dans un cataclysme. Giulad, Amnon, Oded... quel personnage survit là aux cataclysmes en cascade déclenchés par la décision d'Ella: quitter son mari?
S'il faut persévérer pour entrer dans le roman, il devient captivant. Seule la voix d'Ella mène le récit, introspection poussée, sentiments disséqués, décisions trop vite prises ou contraire retardées . Aucune complaisance de Zeruya Shalev à l'égard de ses personnages: Ella fait-elle preuve d'un courage exceptionnel ou d'un égoïsme impardonnable? Oded est-il un séducteur sans scrupules ou un homme malheureux? Amnon un mari égocentrique ou un père attentif? Guili un enfant gâté ou un fils écartelé entre ses parents? Aucune réponse, mais des interrogations si précises, des doutes si bien exprimés que je me suis parfois demandée si Z.Shalev ne les avait extirpés de mes pensées. Bien au-delà de l'anecdote (ce n'est après tout que l'histoire d'un divorce), un roman qui s'immisce au microscope électronique dans la vie d'une femme, dans les doutes, dans les mécanismes mentaux qui l'ont façonnée (formidables figures de ses parents par exemple).
Un livre dont le souvenir ne s'effacera pas, et que je relirai, c'est certain.
Et encore un fois, j'exprime ma reconnaissance à la traductrice, Laurence Sendrowicz. Quelle richesse perdrions nous si les traducteurs ne jetaient pas des ponts entre les langues
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miriam
  30 mars 2014
En partance pour Santorin, j'imaginais que l'héroïne, archéologue faisant des recherches sur l'éruption du volcan aurait peut être des choses à me raconter. Très peu!
L'éruption cataclysmique, c'est la séparation du couple formé par Ella et Amnon.Séparation envisagée sereinement par Ella qui voit une ouverture mais qui tourne mal.
Avec la précision de l'archéologue, ou de l'entomologiste, l'auteure décortique les sentiments, les réactions, les tactiques, de la femme désemparée, du mari abandonné, des parents très critiques, de Gili, son fils de six ans. Ella s'enfonce dans la dépression.
Puis tombe amoureuse d'un père de deux enfants. Une famille recomposée emménage dans un nouvel appartement. Nouvelles difficultés, réaction des parents, des enfants...
C'est assez pénible, mais très bien analysé. Peu de distance vis à vis de la famille qui est l'institution centrale. Peu de critique envers "l'instinct maternel". Ella est une mère dévouée. Société bienoconservatrice!
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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jfponge
  12 juillet 2015
Thèra est écrit comme un long monologue, celui d'une jeune femme juive, Ella, habitante de Jérusalem. Son couple se défait, après une dizaine d'années de vie commune avec Amnon, qu'elle n'aime plus. Très attachée à son fils Guili, âgé de six ans, elle va longtemps hésiter, puis se décider, et revenir sur sa décision lorsqu'il sera malheureusement trop tard. Il y a bien sûr une suite à cette histoire assez banale, que le lecteur (patient) découvrira au fil de ce long, très long récit. Zeruya Shalev décrit par le menu toutes les sensations qui accompagnent une vie qui se cherche, au fil des rencontres, de l'attachement aux êtres chers, mais aussi des rancoeurs et des meurtrissures qui s'accumulent au cours du temps. Une très fine analyse psychologique des rapports entre les êtres humains, qui atteint à l'universel. Hélas, quel ennui à la lecture de ce récit à une voix qui démontre au final, mais sans jamais l'avouer, que le mal-être provient souvent d'un profond égoïsme...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
blandine5674blandine5674   15 février 2017
Gaudi détestait les lignes droites, explique d'une voix lasse la guide debout à côté de moi, dans la nature il n'y a pas de lignes droites, or il avait décidé de ne se baser que sur les formes de la nature, puis elle raconte la mort de l'architecte, renversé précisément ici par un tramway tandis qu'il marchait à reculons, tenant à la main les plans de construction de la cathédrale qui deviendrait quelques jours plus tard sa sépulture, il regardait les tours, vieillard anonyme négligemment vêtu et ce n'est qu'au bout de deux jours que son corps fut identifié. ... Pourquoi tiennent-ils tant à l'achever, cette cathédrale, s'enquiert en hébreu quelqu'un derrière moi, il faudrait la laisser en l'état, ce serait le symbole de tout ce que nous n'arrivons pas à terminer de notre vivant....
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TandaricaTandarica   21 juin 2015
Mais qu'est-ce qu'une famille ? Une longue association basée sur la confiance ou la terreur, sur des traditions communes construites dans le passé, sur des besoins partagés dans le présent, des espoirs pour l'avenir, une entité liée par une même adresse, un même réfrigérateur, une même machine à laver, un même compte en banque, des projets de vacances communs, des droits et des devoirs, des croyances et des idées, mais est-ce bien tout, et si c'est vraiment tout, ce tout que je possédais moi aussi, pourquoi sont-ce justement les petits détails qui me bouleversent comme s'ils constituaient un idéal inaccessible, le summum des aspirations sur terre...
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blandine5674blandine5674   17 février 2017
… l’amour ce n’est pas quelque chose que l’on sent, c’est comme la santé, on ne sent pas qu’on va bien, ce n’est que si on tombe malade qu’on sent la perte de la santé.
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blandine5674blandine5674   16 février 2017
... mais Oded sourit dans un adorable embarras, la vérité c'est que je préfère ne pas trop le dire, quand les gens savent qu'un psychiatre est assis à leur table, ils commencent en général à se comporter bizarrement. Dans quel sens ? s'enquiert mon père, se mettant aussitôt hors du lot. Eh bien, ils cessent d'être eux-mêmes, comme si j'allais les hospitaliser de force s'ils restaient naturels, ils sont sûr que j'analyse le moindre de leur mot alors qu'en vrai je ne le fais jamais en dehors de mon travail, ....
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Videos de Zeruya Shalev (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Zeruya Shalev
Je vous parle de trois romans contemporains lus dernièrement et que j'ai beaucoup (beaucoup) aimé : le Voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy, Douleur de Zeruya Shalev et Les échoués de Pascal Manoukian.
Longing by Joakim Karud https://soundcloud.com/joakimkarud Music provided by Audio Library https://youtu.be/wSL0sGLTgLQ
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