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Karine Laléchère (Traducteur)
EAN : 9782283024454
408 pages
Buchet-Chastel (26/08/2010)
4.01/5   59 notes
Résumé :
Quand le 9 août 1945 au matin, Hiroko Tanaka sort sur sa terrasse en kimono aux motifs d’oiseaux, elle est enivrée par le bleu du ciel de Nagasaki, son cœur bat à tout rompre. Sur ses lèvres, elle a encore l’empreinte de celles de Konrad Weiss, son amant allemand, et à ses oreilles résonne toujours sa demande en mariage.

Mais, à peine née, leur histoire s’achève déjà. Car, d’un coup, le monde blanchit…

Contrairement à Konrad, Hiroko sur... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Nagasaki, 9 août 1945: sur sa terrasse, Hiroko Tanaka, rêve de son amant Konrad Weiss. Et soudain le monde blanchit.

Seule survivante, marquée dans sa chair et son âme, elle fuit alors son pays. Refusant de n'être qu'un hikabusha (survivant de la bombe), elle part à la rencontre de la famille de Konrad. La soeur du jeune homme est mariée à un anglais. Ils vivent à Dehli les derniers instants de l'Empire Britannique et accueillent la jeune femme.

Le destin des deux familles seront désormais inextricablement liés.

J'ai adoré ce roman dense et fort, qui parle d'amour, d'amitié, de culpabilité, d'engagement politique, de trahison et de promesses tenues. Aux côtés de ces personnages magnifiques, on traverse la deuxième moitié du 20ème siécle, de Nagasaki jusqu'au 11 septembre 2001, en passant par l'Inde, Istanbul, Karachi, l'Afghanistan, le Canada et New York. Les thèmes de ce roman écrit en 2010 sont plus que jamais d'actualité.

Je suis épatée par le talent de cette jeune auteure. La construction est brillante et l'écriture d'une grande qualité (même après traduction, je pense).

Elle s'interroge avec beaucoup de maturité et de lucidité sur les terribles conflits politico-religieux qui bouleversent notre monde.

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Déjà, dans Kartographie, son précédent roman traduit en français, Kamila Shamsie évoquait l'influence de l'histoire et de la géographie dans les destinées humaines. Dans Quand blanchit le monde, ce thème s'est amplifié : deux familles, 60 années, de Nagasaki à Guantanamo.

Au centre du roman, une femme, Hiroko, qui ne se considérerait certainement pas comme courageuse, et pourtant. Survivante de la bombe de Nagasaki, marquée dans ses chairs, elle transporte sur son dos les stigmates de l'horreur, qui l'accompagneront sa vie durant. Un personnage superbe, libre et indomptable parce, que d'une certaine façon, elle est déjà morte une fois.

Autour d'elle, un monde en ébullition. Delhi, à la veille de la partition, un idylle qui naît, improbable, avec le musulman qui lui apprend l'ourdou. Chaque amour d'Hiroko découle de l'enseignement des langues (son fiancé, mort à Nagasaki, était allemand) comme si en parlant le même langage que l'autre, le monde pourrait devenir soudain tolérant et éviter de s'entredéchirer. Message subliminal.

Plus tard, les années 80 à Karachi, au moment où les afghans se battent contre les soviétiques. de nouveaux personnages entrent en scène, risquent leurs vies. Hiroko, est là, dans l'ombre, figure rassurante et tutélaire. Ses cicatrices se réveillent pourtant encore, quand la mort frappe l'un de ses proches.

New York, enfin. Et l'Afghanistan, en parallèle. Les tours sont tombées. Hiroko vit désormais aux Etats-Unis, le pays qui a crucifié son avenir. Un paradoxe de plus. Comme pourrait-elle prêcher la compréhension dans un siècle binaire où deux pensées s'opposent, chacune croyant représenter le bien face aux forces du mal ?

Quand blanchit le monde est un roman ample et magnifique, d'un pessimisme serein dans le tumulte et la folie du monde. Faut-il donc, comme Hiroko, connaître les plus terribles souffrances pour acquérir sagesse et acceptation des différences ?

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Un livre écrit par une écrivaine Pakistanaise. Je me demande si ce n'est pas le premier roman Pakistanais que je lis. C'est une belle découverte.

On suit la triste épopée de Hiroko qui réchappée de Nagasaki va se marier à un Pakistanais devenir musulmane. de cette union improbable, un fils va naitre. A travers son fils métis, qui a du mal à trouver sa place dans une société qui n'accepte pas la différence, elle va se retrouver plongée en Afghanistan.

C'est la grande Histoire vu au travers de la petite. Cette femme va vivre dans sa propre chair la bombe atomique. Elle restera toute sa vie sceptique face au coté sauveur des US. Mais par son histoire, sa famille se retrouvera mêler à une famille Américaine. Et les deux cotés vont se trouver confronter à des choix difficiles qui vont challenger leurs croyances les plus profondes.

On ressort chamboulé de ce livre. le style n'est pas sans maladresse et certains éléments (comme la colonisation) sont un peu facile mais cela ne change pas le fait que c'est un livre intéressant. On note à quels points les individus sont des brins de paille que l'Histoire se charge de transporter à droite et à gauche. Où est le libre arbitre, quels choix peut faire l'individu pris dans ces tourbillons.

Il y a peu de place dans ce méandre pour le manichéisme. le blanc et le noir n'existent pas vraiment.

Cet auteur est à suivre, elle nous offre un autre regard moins occidentalisé.

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Splendide, grandiose, une valse de couleurs et d'écriture sublimes.

Quand blanchit le monde, un roman qui, pour moi est de qualité.

Tout d'abord, Kamila Shamsie nous transporte avec des métaphores proches du rêve sans inculper les coupables ni reculer les victimes au statut de victiomes éternelles de la cruauté humaine. En lisant le résumé je m'attendais à la quête perdue d'une pauvre hibakusha pour reformer sa vie, mais Hiroko ne peut pas être réduite à la catastrophe. C'est une femme née dans une société de tradition mais qui se veut moderne.

Ce roman est également une sorte d'hymne à l'humanité dans un monde bouleversé par la Seconde guerre mondiales, en passant de Nagasaki, aux révoltes pakistanaise, la guerre d'Afghanistan ou les deux tours. L'histoire est la base d'une toile aux visages nombreux, plusieurs visions ou propositions d'interprêtations nous sont prsentées : japonaise, anglais, allemands, indiens, pakistanais, américains, tous concernés ont une voix bien à eux avec des convictions qui leurs sont propres. Pas besoin pour cela de connaitre les fondements de l'histoire de cette période. L'auteure s'intéresse uniquement aux mouvances de moeurs ou sociales et aux interactions entre les cultures à travers époques et personnalités.

Je conseille ce livre à ceux qui ont de l'espoir en l'être humain, qui songent que le mal n'est pas immuable ou propre à sa nature. Attention à la fin, elle . dévoile un trait du livre innattendu, un retournement de situation.

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En 1945 à Nagasaki la bombe atomique explose et même si Hiroko a survécue, elle en reste marquée dans sa tête et dans son corps car elle a perdu Konrad l'homme qu'elle aimait et elle porte dans son dos les brûlures de cette explosion. Fuyant son pays et la menace atomique, elle trouve refuge en Inde chez la soeur de son fiancé. Commence alors entre ses deux familles , celle que formera Hiroko et celle de la soeur de Konrad une histoire aux rapports compliqués faite d'amour mais aussi d'une forme de rejet. Deux familles étroitement liées qui verront L Histoire interagir dans leurs relations.

Fresque romanesque s'étalant sur une durée d'une soixantaine d'années et sur cinq pays différents. le roman est divisé en quatre parties distinctes. La première se passe en 1945 au Japon quand la bombe atomique est lancé sur Nagasaki, la deuxième en Inde en 1947 pendant la partition de l'Inde et la création d'un état musulman, le Pakistan, la troisième se passe pendant la guerre d'Afghanistan contre l'invasion soviétique en 1982-83 et la quatrième en 2001-2002 entre New York et l'Afghanistan après l'attentat du World trade center et "la croisade" des américains contre les talibans afghans.

C'est un livre sur la guerre, ses atrocités, la peur de l'étranger qu'elle véhicule et qui entraîne souvent des malentendus qui enveniment les relations entre des cultures différentes et que l'on oppose. Dans le livre ces deux cultures différentes sont représentés par deux familles dont le lien est Hiroko, la survivante de Hiroshima qui ne s'arrête pas aux apparences et qui s'intéresse a l'être humain et non à ce qu'il représente. Grâce à elle ceux qui l'entourent vont essayer de dépasser leurs a priori.

Un livre très intéressant par le sujet et la manière de le traiter. La description de l'explosion de Hiroshima est d'une grande sobriété non dénuée d'une certaine poésie. Un livre qui rend bien les différents contextes politiques que traversent les héros pendant leurs existences. Un livre de presque 500 pages qui se lit avec beaucoup de plaisir.

Ma note 7.5/10.


Lien : http://desgoutsetdeslivres.o..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation

Hiroko sort sur la terrasse. Une colonne de soie blanche, avec trois grues noires qui déploient leurs ailes dans le dos. Elle regarde en direction des montagnes. Tout lui semble plus beau qu'à son réveil. En fait, jamais sa ville ne lui apparue aussi belle. Elle se tourne vers les flèches de la cathédrale que Konrad contemple au même instant, quand il remarque une déchirure entre les nuages. Un rayon de soleil s'y insinue et l'élargit encore.

Hiroko.

Alors, le monde blanchit.

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"Vingt ans auparavant, à Sohrab Goth, dans les restaurants en bord de route, ou dans la cabine du camion que décorait un Soviétique mort, il avait écouté Abdullah chanter les louanges de sa ville : l'émeraude au milieu du désert, dont les arbres fruitiers portaient des poèmes et dont le verbe avait la saveur des figues mûres. Mais lorsqu'ils avaient traversé Kandahar, tout n'était que poussière et violence. Et, un mois après la défaite des talibans, pas une seule femme non voilée." (Buchet/Chastel - p.422)

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Le message non verbal n'échappa pas à l'attention d'Hiroko: elle étudiait les couples avec un intérêt aigu depuis que la bombe lui avait ôté tout espoir de faire un jour l'expérience de la vie conjugale.

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Video de Kamila Shamsie (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kamila Shamsie
Interview sous-titrée de Kamila Shamsie pour la sortie de son roman "Quand blanchit le monde" (Ed. Buchet/Chastel, août 2010). Réalisée originellement par la maison d'édition américaine Bloomsburry.
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