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ISBN : 2283032016
Éditeur : Buchet-Chastel (24/05/2018)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Un jeune homme, le narrateur, attend sa commande dans une coffee house de Bangalore. Tout est calme, en apparence, et l’ambiance indolente, pourtant notre homme est inquiet. Qu’est-ce qui le tourmente ainsi ?

Dans une prose précise, maîtrisée et condensée, Ghachar Ghochar explore les mécanismes complexes d’une famille, celle du narrateur, clan modeste qu’un commerce peu regardant a soudainement propulse dans un monde de riches. Cette opulence inattend... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  31 mai 2018
C'est à la Coffee House que le narrateur passe le plus clair de son temps. Là, loin de sa famille, il peut se vider la tête ou réfléchir, et profiter des maximes que lui prodigue Vincent, le sage et inspiré serveur des lieux. Pourtant, il fut un temps où il aimait être en famille. Un temps révolu où lui et les siens étaient soudés, solidaires et aimants. A l'époque, la famille vivait dans une petite maison d'un quartier défavorisé de Bangalore. Tous dépendaient du maigre salaire du père. Chaque sou était compté, chaque dépense mûrement réfléchie et le commercial était fier de nourrir sa femme, sa fille, son fils et son frère cadet. Et puis un jour, tout a changé. le père a été mis à la retraite, le frère cadet a lancé un commerce d'épices et la famille s'est très vite enrichie. Désormais riche, marié et désoeuvré, le narrateur ne trouve plus sa place dans une maison où les relations se sont tendues.
On dit que l'argent ne fait pas le bonheur et cette famille indienne modeste qui goûte aux joies de l'argent facile ne fait pas exception à la règle. S'ils sont restés unis, les rapports entre eux ont tout de même changé. le père a perdu de son prestige et du respect dû par les siens au profit de son jeune frère dont tous les désirs sont exaucés avant même qu'il ne les formule. C'est lui qui apporte l'argent tandis que les autres le dépense avec plus ou moins de prodigalité. Les caractères changent aussi. le père se renferme sur lui-même, acceptant difficilement cette nouvelle richesse. La jeune soeur devient difficile, égoïste et capricieuse. La mère continue de cuisiner, nettoyer, régenter, tout en s'inquiétant de l'arrivée d'une éventuelle épouse de son beau-frère. Quant au narrateur, il vit au gré du vent. Petit, il avait l'ambition de devenir riche et de veiller sur sa famille. Dorénavant, il fait de la figuration dans l'entreprise de son oncle, passant ses journées au café ou à faire la sieste dans son bureau. S'ils ne sont pas heureux, au moins ont-ils trouver un équilibre. C'est Anita, la femme du narrateur qui vient bousculer tout ce petit monde. Elle ne comprend pas les codes qui régissent sa belle-famille et a conservé certaines valeurs qu'eux ont perdu.
Tout cela est intéressant et donne un bon aperçu de la vie en Inde. le récit est plaisant mais reste superficiel, tout juste peut-on y voir une réflexion sur les dégâts de l'argent trop vite gagné. Une lecture facile, sans plus.
Merci à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel pour cette masse critique privilégiée.
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tchouk-tchouk-nougat
  22 mai 2018
Merci à Babelio pour l'envoi de cette nouvelle indienne qui nous emmène à Bangalore dans le quotidien d'une famille indienne qui oscille entre tradition et modernisme.
Le narrateur c'est Vincent. Il va nous raconter son enfance puis son parcours pour en arriver là où il est : à faire passer le temps au café. Au départ sa famille était pauvre, mais heureuse. Il régnait bonne entente et valeur morale. Puis un jour l'argent est rentrée à flot grâce à leur oncle. Et leur ancienne vie avec bonne entente et valeur morale fut balayée en un rien de temps.
Avec une plume simple et neutre mais prenante l'auteur nous fait découvrir l'Inde de tous les jours mais pas sous son beau jour. Les dégâts qu'y fait l'argent facile est monstrueux.
On ne peut pas dire que je me sois beaucoup attachée aux personnages, encore moins au narrateur passif d'un bout à l'autre de l'histoire même pour le travail ou pour trouver une épouse.
J'ai été assez surprise de la fin. Pendant tout le livre, l'auteur nous raconte la vie de cette famille indienne. Tout semble nous mener à la question finale, comme si tout le livre n'était que le début de quelque chose, l'introduction d'une histoire plus longue. Alors qu'il semblait enfin se passer quelque chose, un meurtre en préparation?, mais uniquement sur les 4 dernières pages!!! J'ai horreur d'être laissée en plan comme ça!
On pourrai donc dire que ce livre serait un bon début mais que tout seul il ne mène pas à grand chose en dehors une petite vision de l'Inde et une réflexion sur l'argent facile.
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traversay
  04 juin 2018
Un roman indien qui se respecte fait au moins 500 pages. du moins, c'est l'habitude que nous ont donnée les auteurs du sous-continent avec quelques exceptions pour confirmer la règle. Mais Vivek Shanhbag, inconnu jusqu'alors en nos contrées, est différent. Ne serait-ce que parce qu'il écrit directement en langue kannada. Et avec Ghachar Ghochar, son premier livre traduit en français, paru aux éditons Buchet-Chastel, il nous offre un récit de moins de 200 pages qui, par bien des égards, ressemble à une longue nouvelle. Inutile donc de le comparer aux pavés indiens auxquels nous sommes accoutumés, sinon c'est la déception assurée. le récit, lui-même, n'est pas vraiment lié à une évolution narrative constante. Il s'agit plutôt d'un grand flashback d'un homme qui nous raconte sa vie familiale depuis divers angles comme pour constituer une tapisserie ou, si l'on préfère, esquisser une miniature. La quatrième de couverture parle d'un roman "en forme de parabole sur les affres de la richesse trop vite venue et la dégradation morale qui l'accompagne, campé dans une Inde tiraillée entre traditions et modernité." Hormis les deux derniers termes, cliché absolu, c'est assez bien vu. L'accession à un standard de vie supérieur, en Inde, est quelque chose de très spécial et de déstabilisant, non seulement aux yeux des autres mais au sein même de la famille qui en bénéficie. C'est tout l'art de Vivek Shanhbhag que de nous en expliquer les composantes et les conséquences avec une finesse de trait doublée d'une sorte de douceur qui cache pourtant de grandes cruautés. Chacun des personnages de Ghachar Ghochar a droit à une portrait admirablement ciselé dans ce qui pourrait être une comédie de moeurs sur les nouveaux riches indiens. La chute du livre est brutal et ouverte : elle pourrait être frustrante mais elle donne surtout envie de découvrir d'autres récits de l'auteur. Un de plus à ajouter à la longue liste des romanciers passionnants de ce pays aux folles contradictions..

Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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clairejeanne
  24 mai 2018
Merci à Babelio et aux éditions Buchet Chastel.
Comment traduire "ghachar ghochar" ? C'est une expression utilisée par la famille d'Anita quand les évènements ou les gens sont un peu emmêlés, confus... Chaos est un mot sans doute trop fort, désordre peut-être ou imbroglio conviendraient mieux.
Vivek Shanbhag, qui écrit en langue "kannada", celle utilisée par les indiens de Bangalore, nous parle ici (dans son premier livre traduit en français) des membres d'une famille de la classe moyenne, représentative de ce qui peut se passer de nos jours dans une ville du sud de l'Inde.
Un homme, le narrateur, s'assoit tous les jours au café "Coffee House", un établissement raffiné qui existe depuis plus d'un siècle. le serveur, dénommé Vincent, lui glisse régulièrement des petits conseils du genre "Monsieur, laissez faire" ou "Monsieur, une histoire... plusieurs points de vue" ; c'est un sage que "Monsieur" a souvent envie de consulter...
"Après avoir regardé par la fenêtre pendant une bonne demi-heure, j'appelle Vincent, engage la conversation et guette quelques pépites de sagesse dans tout ce qu'il raconte. Si la tempête souffle dans mon crâne, il m'arrive de commander un en-cas et de prolonger la conversation. Parfois, j'ai envie de m'épancher. Mais à quoi bon, puisqu'il semble tout savoir, sans que j'aie à lui dire quoi que ce soit ? Mon interlude à la Coffee House, loin des tensions de la vie familiale, est le moment le plus paisible de ma journée." (p 16)
Notre homme est assis là, se remémorant tout ce qui lui est arrivé depuis quelques années et hésitant à rentrer chez lui ; il est un peu perdu ce buveur de café, il s'est laissé ballotté par la vie et ce que les autres ont décidé pour lui : sa mère pour son mariage, son oncle pour son travail.
Il faut dire qu'ils vivent en famille : le père Appa, la mère Amma, Malati la fille aînée qui a quitté son mari, le narrateur et sa femme Anita et l'oncle Venkatachala, frère cadet du père, celui qui a apporté la richesse grâce à son entreprise commerciale d'épices.
Dans l'ensemble du livre, la question de la femme, de sa place dans la famille, dans la société, dans son rapport à l'homme est posée ; l'auteur ne répond pas précisément, mais donne à voir des comportements, des attitudes qui ont changé. La mère n'a pas du tout la même attitude que sa fille Malati : si l'une aime cuisiner pour les siens et ne mange qu'après eux, la fille n'a aucune attirance pour les tâches ménagères ; si l'une se tait souvent quand l'homme a parlé, l'autre s'exprime haut et fort et ne voit pas pourquoi elle ne dirait pas ce qu'elle pense.
D'où viennent les tracas de celui qui nous raconte l'histoire de cette famille en transition ? Justement de ces changements au sein de la famille et dans la société indienne. Par exemple Anita voudrait que son mari ait un vrai travail - alors qu'il est un directeur fantoche et désoeuvré - quitte à avoir moins d'argent, et elle le lui dit ; il y a des affrontements à la maison commune du fait de la promiscuité et l'auteur a l'air de penser -et de montrer - que les femmes non seulement ne sont plus soumises mais sont perpétuellement en colère !
" Que puis-je dire sur moi-même qui me soit vraiment personnel et pas lié aux autres ? de quelque façon que je m'y prenne, je retombe vite sur l'une de ces trois femmes - Amma, Malati ou Anita -, chacune plus redoutable que l'autre. Parfois, je me demande si elles ne passent pas tout leur temps à acérer leur langue, à accumuler en silence des ressentiments en vue d'un usage ultérieur." (p 93)
Le passage de la pauvreté à une certaine aisance financière est bien montrée par l'évolution du rapport de la famille aux repas : avant ils mangaient tous assis ou accroupis par terre ; avec l'argent, ils ont acheté une cuisinière à gaz et il faut donc être debout pour faire cuire les aliments et ils ont acheté une table et des chaises...
Un livre très intéressant sur la mutation des comportements féminins en Inde et ce qui arrive à une famille qui accède à un statut social plus élevé et à la richesse ; l'auteur est un conteur habile qui sait évoquer avec précision ces moments de vie en Inde et nous entraîner à sa suite...
" Lorsque nous prîmes congé des voisins au moment du départ, nous éprouvâmes à la fois de la fierté et de l'inquiétude. Notre prospérité nouvelle était connue de tous dans la rue ; n'empêche, le fait que nous ayons pu nous permettre d'acheter une maison, qui plus est dans un quartier prisé, était susceptible de provoquer surprise et jalousie. Amma ne s'étendit donc pas sur les détails. J'imagine que nous-mêmes considérions notre ascension avec une certaine incrédulité : argent vite acquis, argent vite englouti ?" (p 71)
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paulinedumont86
  17 juin 2018
Ghachar Ghochar n'est pas un livre comme les autres. Court, incisif, tendre, complexe, sous forme de parabole, il nous décrit en moins de deux cent pages la vie d'une famille typique en Inde, qui vit à Bangalore. Un roman maîtrisé, qui nous happe, tout en finesse.
Le narrateur est assis au coffee house de Bangalore. Il attend sa commande, attend que l'énigmatique serveur Vincent s'approche de lui. Il ne sait s'il doit lui parler de ce qui le préoccupe. Avec ses réponses laconiques mais toujours adéquates, le narrateur a peur que la réponse ne soit que trop dure à encaisser. Petit à petit, le jeune homme retrace sa vie, et surtout celle de sa famille. Entouré d'une mère autoritaire, d'un père juste et un peu effacé, d'une soeur au caractère très fort et d'un oncle ambitieux, il grandit dans une certaine pauvreté. Jusqu'à ce que son oncle finisse ses études et se lance, avec l'argent épargné du père, dans une société commerciale d'épices. Idée fabuleuse puisqu'elle leur apporte la richesse ! Déménagement, plus d'inquiétudes matérielles et d'invasion de fourmis, un mariage avantageux possible pour Malati, mais aussi pour le narrateur, un poste tranquille pour ce dernier. A ce point tranquille qu'il ne sait qu'y faire et se transforme en client très régulier du coffee house où il devient un très bon buveur de café. Mais cet argent providentiel va faire éclater les rôles de chacun. Appa, le père, perd son rôle de père nourricier, Amma, la mère, son rôle de cuisinière et de gestionnaire du foyer. Tout finit par être imposé au narrateur, femme et travail, sans qu'il ne s'y retrouve, sans qu'il ne comprenne ce qui arrive. Cette petite famille qui vivait tranquillement, droite et honnête, voit cet argent entrer à flot et tout emporter sur son passage…
Le narrateur se souvient de tout ce qui l'a amené ce jour-la dans ce café. Et il essaie de comprendre. Comprendre comment il en est arrivé là, ce qui se cache derrière leur équilibre familial. Sans aucun jugement, nous nous laissons entraîner dans des souvenirs difficiles mais plein d'une tendresse familiale et d'une solidarité à toute épreuve. A tel point que l'argent ne peut casser cette solidarité, mais va, par contre, mettre à mal la droiture de la famille. Parce que les frontière bougent, et alors qu'ils avaient subi les manques, ils ne veulent pas que des profiteurs viennent leur prendre leurs biens. Et ce, quitte à faire preuve de méchanceté, d'indifférence et d'égoïsme. Car l'argent va indéniablement changer cette famille.
En plus de l'influence néfaste de l'argent venu d'un seul coup, c'est aussi du statut de la femme qu'il est question dans ce roman. Que ce soit Malati, Anita, la femme du narrateur, Amma, ou encore « l'amourette » de l'oncle, on ne peut que remarquer leurs caractères forts, mais aussi leur place instable dans cette société en pleine mutation mais emplie de traditions. Elles restent libres, mais pleines de colères face à toutes les injustices, les changements et les difficultés auxquelles elles sont confrontées. le changement de revenus de la maison met Amma dans une situation où elle n'est plus tout à fait essentielle au bon déroulement du quotidien. Si Malati réussit à divorcer à moindre frais, c'est bien grâce à la richesse et à l'aide de son oncle, et non grâce à ses droits. Quant à Anita, elle est ulcérée face au statut de son mari qui n'est qu'un directeur fantoche et ne peut accepter qu'il ne travaille pas réellement, quitte à gagner moins d'argent, et ce dans une famille dont elle ne partage pas les valeurs de nouveaux riches. Leurs situations montrent leur fragilité et leur peu de place dans cette société indienne, qui cependant va devoir faire face à leur colère et leur insoumission.
L'auteur est un merveilleux conteur, qui nous dépeint avec brio une famille qui connaît une chance inouïe, mais peut-être pas si miraculeuse que cela. Car dans les dernières lignes, on comprend enfin ce qui tracassait réellement le narrateur. Et c'est bien ce changement de statut de sa famille, sa position négligeable au sein d'une entreprise dont il connaît finalement peu les tenants et aboutissants, la protection coûte que coûte des siens, au mépris des autres, qui va tout faire basculer. Coup de grâce et maestro de l'auteur : ne jamais nous dire ouvertement ce qui se trame mais nous le laisser entendre, nous le faire deviner, comme le fait quotidiennement le serveur Vincent.
En somme, en moins de deux pages, l'auteur nous dépeint habilement et très finement une Inde en pleine mutation, une famille bouleversée par une richesse inattendue qui va bouleverser le rôle de chacun dans la famille, qui va redistribuer les cartes pour le pire et le meilleur. Une belle parabole, à l'écriture maîtrisée, qui se lit en quelques heures.
Lien : https://breveslitteraires.wo..
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critiques presse (2)
LeMonde   22 juin 2018
Dans « Ghachar Ghochar », l’écrivain Vivek Shanbhag sonde avec finesse la dissolution morale d’une famille sous l’effet de la richesse.

Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   04 juin 2018
Auscultant la maisonnée de sa langue nette et sautillante, Vivek Shanbhag en donne à voir les mesquineries, l'hypocrisie, les tabous et les moments de tendresse. Une parabole mordante de l'Inde, tout en inconfort et en contradictions.

Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   22 mai 2018
C'est vrai, ce qu'on raconte : On ne contrôle pas l'argent, c'est lui qui nous contrôle. Quand il manque, il fait le dos rond ; quand il y en a trop, il fait l'impertinent et vous mène par le bout du nez.L'argent nous avait transportés tout là-haut puis relâchés en pleine tornade.
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AtasiAtasi   19 mai 2018
Vincent se serait-il donné un nom prestigieux et laissé pousser une longue barbe dansante, des lakhs de fidèles se seraient prosternés à ses pieds. En quoi les paroles de ces gourous exaltés sont-elles différentes des siennes ? Après tout, les mots ne sont rien en eux-mêmes. Ils ne prennent de sens qu'une fois installés dans l'esprit qu'ils pénètres. Quand on y pense, même ceux qu'on vénère comme des dieux profèrent des vérités profondes. Ce sont leurs énoncés quotidiens qui empreints d'un sens sublime. Et qui pourrait dire que les dieux ne peuvent pas prendre la forme d'un serveur s'ils choisissent d'y habiter ?
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rkhettaouirkhettaoui   30 mai 2018
Appa est un homme tranquille qui vit dans son monde : réglé comme du papier à musique, il sort matin et soir à heure fixe. S’il ne rédige pas de testament, ses biens seront divisés à parts égales entre ma mère, ma sœur et moi. Notre seule crainte est qu’avec l’âge, il puisse perdre la tête et se ruiner en se lançant dans quelque entreprise philanthropique. Nous faisons donc en sorte qu’il soit le plus possible toujours de bonne humeur, qu’il ne perde pas le goût de manger et ne se laisse pas aller à l’ascèse. Nous éloignons de lui toute pensée sur la futilité de la vie et ce genre de choses. Une conséquence malheureuse est que nous devons supporter sa loquacité dès qu’il sort de sa coquille : toujours à ressasser les mêmes vieilles histoires.
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rkhettaouirkhettaoui   30 mai 2018
Jamais je n’avais connu instant plus intense – et je n’en ai jamais connu depuis. Une étrangère avait choisi de m’accepter, en corps et en esprit. Sans doute est-ce cet instant-là qui constitue le socle d’un mariage traditionnel. Une totale inconnue, tout à coup, m’appartenait. Et je lui appartenais. Je devais tout lui donner. Je voulais qu’elle exerce son pouvoir sur moi comme preuve de notre amour. Je ne saurais décrire l’afflux de ces sentiments combinés
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rkhettaouirkhettaoui   30 mai 2018
Après tout, les mots ne sont rien en eux-mêmes. Ils ne prennent de sens qu’une fois installés dans l’esprit qu’ils pénètrent. Quand on y pense, même ceux qu’on vénère comme des dieux profèrent rarement des vérités profondes. Ce sont leurs énoncés quotidiens qui sont empreints d’un sens sublime.
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