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ISBN : 2070387275
Éditeur : Gallimard (04/05/1993)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 49 notes)
Résumé :
L'un des principaux romanciers de sa génération, Lao She est aussi un admirable auteur de nouvelles et de récits. A travers les personnages très divers que l'auteur met en scène, c'est toute la vie pékinoise, à la fin de l'Empire et dans les premières années de la République, qui resurgit.

Les prostituées y côtoient les amateurs d'opéra et les agents de police ; les bandits y font bon ménage avec les honnêtes gens, les simples artisans avec les petit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  09 novembre 2013
Gens de Pékin rassemble plusieurs nouvelles écrites par Lao She. le contexte historique de ces récits se situe entre la fin de l'Empire et les premières années de la République.
A travers ces différentes histoires, Lao She offre un retour dans le passé, vers la vie pékinoise du début du XXème siècle. Il s'attache plus particulièrement au quotidien des petites gens, qu'ils soient simples policiers des rues, ancien maître d'art martial ou prostituée.
Le ton se fait tour à tour mélancolique, amer, mélodramatique ou franchement comique. Il n'est qu'à lire les atermoiements du nouvel inspecteur dans la nouvelle éponyme pour découvrir tout l'humour de Lao She. Ce personnage, policier certes mais aux liens très étroits avec des rebelles plus ou moins brigands, est chargé de les chasser de leur montagne. Mais ces brigands, loin des images de brutes sanguinaires, viennent trouver l'inspecteur pour lui proposer un arrangement: ils quitteront la province pour ne pas avoir à le combattre sous condition que celui-ci leur paie le transport. Et voici notre pauvre inspecteur à donner de sa poche ses précieux yuans, plus par pusillanimité que par devoir de mémoire.
La dernière histoire narre le cheminement d'une jeune fille qui finit, misère oblige, par tomber dans la prostitution. le ton ici se fait âpre et chargé d'amertume.
Lao She, à travers ses différents personnages féminins, démontre les difficiles conditions de vie des femmes chinoises de cette époque. Hors le mariage, point de salut et il ne reste plus guère que la mendicité ou vendre son corps pour subvenir aux besoins intransigeants de la bouche.
Et même dans le mariage, la situation de belle-fille, telle qu'il la dépeint dans une de ces nouvelles, ne garantit aucunement le bonheur et la félicité, bien au contraire. "Achetée" par mariage, elle tombe en esclavage, sous la coupe d'un mari et de sa belle-famille. Les coups, les épreuves, les injures et les humiliations apparaissent comme le pain quotidien de ces pauvres femmes des catégories sociales les plus populaires.
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gonewiththegreen
  17 avril 2018
Avant de parler du livre en lui même , recueil de 9 nouvelles dont une a fait l'objet d'un livre à part, il faut situer le contexte .
On est à Pékin dans les années 30 pour la plupart du temps. La dynastie Mandchoue est déchue depuis une vingtaine d'années et les mandchous en sont réduits à des travaux dégradants pour subsister, tireur de pousse pousse ou pour les femmes, prostituées.
Le pays est soumis au chaos. Les seigneurs de guerre domaine des régions immenses , les Japonais sont au nord de la Chine et rêvent de la coloniser.Pendant ce temps les étrangers , qui ont pris pied au début du siècle, jouissent de beaucoup de pouvoir , dont celui de l'argent.
Lao She est d'origine mandchoue et est né avec le vingtième siècle. Autant dire pas au bon moment.
C'est la vie qu'il a connu qu'il nous décrit dans ce livre , celle des prostituées de mères en filles pour qui le corps est l'unique façon de survivre (magnifique nouvelle , où le croissant de lune joue un rôle de catalyseur formidable). C'est le Pékin des cours carrées dans les hutong où la misère est prégnante et les voisins jaloux.
Il nous parle des petits métiers , des commerçants, des professeurs , des amateurs d'opéra, des policiers. Tous ces êtres n'ont qu'un but : gagner de l'argent pour manger. C'est la vie très dure menée par les femmes.
Il y a beaucoup de désillusion, la nostalgie du temps passé où l'honneur et les traditions étaient la norme . Dans le Pékin qu'il nous décrit, l'avidité , la corruption ,l'occidentalisation s'imposent .
Ce sont de très beaux textes , inégaux à mes yeux. En effet , la première histoire , autour des arts martiaux me parait bien en dessous des autres.
Un peu comme si un chanteur avait mis sa plus grosse bouse en premier titre d'un album (certains n'ont pas le choix cependant, les bouses s'enchaînant...). Cependant Lao She n'y est pour rien, ce n'est pas lui qui a composé le recueil et la première nouvelle est intéressante mais pour moi en dessous des autres.
L'écriture ? Belle , précise, teintée de nostalgie et de tradition.
Je critiquerai "histoire de ma vie " à part puisque cette nouvelle est l'objet d'un ouvrage à elle seule.
Il me semble que la connaissance du contexte historique est nécessaire pour comprendre ce livre . On peut donc remercier le traducteur d'avoir ajouté une préface fixant bien les données.
C'est vraiment une belle lecture qui peut s'échelonner dans le temps comme tout recueil de nouvelles. Je ne saurais trop vous la conseiller.
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domisylzen
  21 août 2015
Un recueil de neuf nouvelles sur des gens simples, au tournant de l'empire de Chine, et au début de la République nouvelle. Il y est décrit " le petit peuple" de pékin, prostituées, policiers, bandits, enseignants, commerçants …
Sur un ton ironique et cruel, tragique et humoristique, Lao She nous brosse un tableau de cette Chine en pleine mutation. Grace à ses talents d'observateur de ses contemporains et de raconteurs d'histoires, les scènes s'animent devant nos yeux, pour notre plus grand bonheur.
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Walktapus
  22 janvier 2010
Ce livre de 300 pages est un recueil de nouvelles écrites dans le sannées par Lao She, qui mourra pendant la révolution culturelle. Elles ont pour thème le Pékin des années 1910 et 1920, pendant la période de changements qui a accompagné le déclin et la chute (1911) du régime mandchou et les débuts de la République et de la guerre civile.
Entre parenthèse, avoir gardé si longtemps vis à vis de l'extérieur la façade d'une république allant jusqu'à déclarer la guerre à l'Allemagne et envoyer des travailleurs creuser des tranchées en France, alors même qu'elle était déchirée entre seigneurs de la guerre en dit long sur la Chine et devrait nous éclairer sur la vraie nature de l'aspect monolothique qu'on perçoit ici de ce pays aujourd'hui.
Les nouvelles de Gens de Pékin sont de longueur inégale et brossent une série de portraits ou racontent des vies. C'est tout un peuple de policiers, commis de boutique, tireurs de pousse, prostitués, maîtresses de maison, chanteur d'opéras. Certaines histoires sont ironiques, d'autres nous plongent dans la réalité crue une condition sociale déprimante. Toutes sont racontées à la première personne, par des témoins ou des acteurs, par des narrateurs de leur vie, chacun avec sa voix propre.
C'est un portrait d'une ville en proie à de profonds changements et à une grande misère qui apparaît. C'est à la fois dépaysant et très humain. Toutes ces histoires sont vues à travers la mentalité de celui qui les narre. Si le message n'est jamais asséné directement par l'écrivain, le portrait social est sans concession, de même que la condition de la femme, et il y a beaucoup de choses à apprendre sur la mentalité chinoise et sur la société traditionnelle.
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Derwijes
  24 août 2016
Gens de Pékin ressemble en beaucoup de points à le Pousse-Pousse, de par son style, ses personnages et ses histoires.
Par le biais de ses nouvelles, Lao She nous emmène dans son Pékin, pour y rencontrer les malheureux, les exclus, les oubliés. Très bonne traduction, qui fait honneur très ironique, acide, de l'auteur. Rien à dire non plus des nouvelles, aucunes d'entre elles n'est mauvaises, juste certaines qui sont plus anecdotiques que d'autres. Mention spéciale à celle sur les voisins, qui est pour moi la meilleure du recueil.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   25 mai 2016
Après ces troubles dans l'armée, ce fut à nouveau un grand chambardement : l'Empire des Qing fit place à la République de Chine. Des changements de dynastie ou de régime, on n'en rencontrait pas souvent, mais personnellement je trouvais que ça n'avait aucun intérêt. À dire vrai, pour un événement qui ne se produit même pas tous les cent ans, l'agitation fut à peine comparable à celle que le soulèvement militaire avait entraînée. Et puis les gens disaient qu'avec la République, le peuple aurait, en toutes choses, le contrôle suprême. Or, je n'ai rien constaté de tel. J'étais toujours agent de police, mon salaire n'avait pas augmenté, et le travail qu'on nous demandait était toujours aussi routinier. Après comme avant, j'étais victime des mêmes humiliations. Avant, les serviteurs de ces messieurs les grands mandarins nous traitaient plus bas que terre. Après, les hommes à la solde des nouveaux mandarins furent tout aussi désagréables avec nous. On continua donc de "se foutre du monde" : le passage d'un régime à l'autre au fond ne changea rien.
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missmolko1missmolko1   25 mai 2015
La prison est l'endroit idéal pour vous convaincre que l'humanité ne s'améliorera jamais.
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gonewiththegreengonewiththegreen   16 avril 2018
....la haine et le dégoût ne sont pas des sentiments parfaitement identiques : dans la haine se mêle toujours un peu de respect.

Extrait de la nouvelle Les voisins .
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domisylzendomisylzen   19 août 2015
- Plus on est pauvre plus on a d'enfants : après tout les pauvres ont aussi le droit d'en avoir!
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kuroinekokuroineko   16 janvier 2017
Oui, je revois enfin le croissant de lune, froide faucille d'or pâle. Combien de fois, oh! combien de fois ne l'ai- je pas déjà vu, fidèle et immuable? Il est lié pour moi à tant d'émotions, tant de scènes différentes : assise à le contempler, je le retrouve, accroché de biais aux nuages, au fil de mes souvenirs, qu'il réveille comme le vent du soir effeuille une fleur qui voudrait dormir.
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Videos de Lao She (2) Voir plusAjouter une vidéo
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Le pousse-pousse au Japon.
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