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Xavier Collette (Autre)Lionel Evrard (Traducteur)
EAN : 9782492403347
496 pages
Argyll (03/02/2022)
4.58/5   13 notes
Résumé :
Voici venir le temps des retrouvailles avec un auteur qui, à l’instar de son compatriote Philip K. Dick, aura été de son vivant plus apprécié en France que dans son propre pays, la faute à une œuvre singulière et sans concession, souvent incomprise. Toutefois, la comparaison entre ces deux géants s’arrête là : les textes de Robert Sheckley sont drôles et mettent en jeu des personnages qui se débattent pour survivre à des situations absurdes. Avec l’humour féroce et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
JustAWord
  13 février 2022
Les jeunes éditions Argyll continuent à remettre sur le devant de la scène des auteurs et autrices qui mériteraient certainement une meilleure visibilité auprès des lecteurs français actuels.
Après La Monture de Carol Emshwiller et avant la réédition de l'indispensable Un Étranger en Olondre de Sofia Samatar, voici celle d'un géant de l'imaginaire en la personne de l'américain Robert Sheckley.
Particulièrement prolifique et plusieurs fois adapté au cinéma et à la télévision, Robert Sheckley n'est pourtant plus très présent dans les rayons d'imaginaire français…et pour cause puisque la dernière publication d'une de ses oeuvres dans la langue de Molière date de 1997 !
Avec le Temps des Retrouvailles, recueil de treize nouvelles dont les traductions ont été revues par Lionel Évrard pour l'occasion, voici une occasion en or (et dans un superbe écrin signé Xavier Collette) de redécouvrir ce géant de la science-fiction dans l'un de ses domaines de prédilection : la nouvelle !
Sélectionnées sur une période allant de 1952 à 1960, soit à la fin de l'âge d'or de la science-fiction, les nouvelles du présent recueil surprennent à la fois par la modernité des thèmes abordés mais également pas l'habilité de Robert Sheckley pour manier l'absurde et en faire un outil imparable capable à la fois de questionner son époque et l'homme en général.
Majoritairement, les treize textes réunis dans le Temps des Retrouvailles s'intéressent à la communication et au sens que l'on donne aux mots comme aux coutumes. Sheckley semble fasciné par la capacité des peuples à se méprendre sur les intentions de l'autre mais aussi sur les minces éléments, de langage, de culture ou de physiologie qui peuvent mener à des quiproquos pour le moins embarrassant. Dans Une race de guerrier, la guerre prend un sens totalement inattendu et désarme les humains face aux Cascelliens tandis que dans N'y touchez pas ! les différences physiques fondamentales entre l'équipage humain et Kalen transforment un simple vol de vaisseau en opération à haut risque. Il en sera de même pour Un Billet pour Tranaï où c'est le sens et la perception de ce qu'est l'Utopie pour les uns et pour les autres qui fait capoter le rêve glorieux de Marvin Goodman.
Avec un humour et une inventivité débridée, l'américain s'amuse de l'incompréhension mais tente toujours de montrer que ces différences ont aussi des raisons d'être, aussi étranges soient-elles.
Pour Sheckley, outre les problèmes de communication qu'il révèle, le premier contact constitue une étape majeure mais hautement problématique pour l'espèce humaine. de ces confrontations parfois hostiles vont naître des nouvelles comme La Mission du Quedak, Tels que nous sommes ou La Suprême Récompense. Cette fois, c'est aussi le symbole et la conception même de l'individualité qui titillent l'imagination de l'américain.
Dans La Mission du Quedak comme dans Les Spécialisés, c'est l'opposition entre l'individu et le collectif qui s'oppose et entre en conflit. Alors que la Guerre Froide impose une vision binaire de la société de l'époque, Sheckley parcourt l'espace en quête de sens. Il ira même jusqu'à utiliser la pensée Freudienne pour scinder l'être humain et s'interroger sur notre propre unité dans le Temps des Retrouvailles.
Robert Sheckley n'est cependant jamais aussi efficace que lorsqu'il mêle ses questionnements à une absurdité évidente qui détricote les manières humaines et exhume ses vices. le Prix du Danger et La Septième Victime en sont des exemples évidents, l'exploration spatiale laissant place ici à des sociétés dystopiques où la violence est détournée à des fins utilitaristes.
Que ce soit pour divertir ou pour subvertir, le meurtre s'affirme comme une composante sinistre de l'humanité avec laquelle il faut s'arranger.
Mais cette violence est-elle inévitable ? Doit-elle se concevoir comme une fin et non comme un écueil ? Sheckley utilise le prisme temporel dans les Morts de Ben Baxter pour savoir ce qui peut faire dévier l'humanité et les ravages qu'elle commet avant d'imaginer dans Permis de Maraude un village utopique qui ne connaît ni la guerre, ni le crime ni la religion, comme si l'ignorance était une solution. À moins qu'il ne faille carrément déconstruire notre perception du réel comme cela arrive à Anders dans Tu brûles !
Ce qui est certain, c'est que la science-fiction de Robert Sheckley sait encore se ménager un optimisme qui fait cruellement défaut à notre époque.
Derrière les mésententes du premier contact se cache l'exploration téméraire de la galaxie à bord de vaisseaux spatiaux ultra-rapides, derrière son analyse de la dystopie et de l'utopie se terre une sincère interrogation sur ce que l'humanité peut encore accomplir et derrière les facéties du destin, l'humour de Robert Sheckley nous enjoint à ne pas trop prendre au sérieux les quiproquos de l'univers pour nous concentrer sur les merveilles qui le peuple et les perspectives que son exploration nous offre.
Passionnantes, étonnantes et délicieusement décalées, les nouvelles qui composent le Temps des Retrouvailles sont autant de trésors issus de l'imagination fertile et absurde de Robert Sheckley. Il serait dommage de vous en priver, surtout dans une édition aussi soignée !
(Retrouvez sur le site la critique nouvelle par nouvelle pour les plus curieux)
Lien : https://justaword.fr/le-temp..
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Lenocherdeslivres
  15 mars 2022
Des explorateurs interstellaires au contact avec des extraterrestres aux moeurs étranges, voire dangereuses pour eux. Une émission de télévision où l'on met sa vie en jeu. Une machine qui permet de voyager dans le passé pour choisir la ligne temporelle la plus favorable. Treize nouvelles amusantes et décapantes, typiques de l'imagination et, surtout, de l'humour corrosif de Robert Sheckley. Témoignage indispensable de l'art de la nouvelle américaine des années cinquante. Tel est le programme du Temps des retrouvailles, récemment paru aux éditions Argyll.
Cet auteur classique, dont certains disent qu'il est meilleur nouvelliste que romancier (je ne suis pas d'accord, ayant bien aimé, entre autres, La Dimension des miracles) mérite amplement que l'on republie certaines de ses oeuvres. D'autant que nombre d'entre elles ont conservé une modernité dans le propos, à défaut de modernité dans le décor : en effet, les aventures spatiales, sur Vénus, Mars ou autres mondes extra-solaires, sont datées. Mais elles ne gênent en rien l'avancée de l'intrigue et, surtout, la force de la satire sociale.
Car, et c'est un autre talent que l'on concède à Robert Sheckley, il sait observer des traits caractéristiques de la société dans laquelle il vit, les mettre en lumière et les ridiculiser à travers des histoires entraînantes, mais jamais creuses. Il ne raconte pas seulement pour raconter. On peut, bien sûr, se contenter de prendre plaisir à être distrait pendant plusieurs pages. Mais on peut aussi se poser des questions sur les dysfonctionnements qu'elles mettent en lumière. Et là, cela devient intéressant. Car si les récits ont été publiés dans les années cinquante, certains points soulevés sont encore bien présents de nos jours : cupidité, besoin de violence, égoïsme, racisme et peur de l'autre. L'auteur les aborde avec humour, mais sans concession, mettant en défaut la logique qui les guide. Il appuie là où cela gratte. Comme dans les textes mettant en scène la mort légalisée : pour canaliser la violence de certains, on est autorisé à tuer, devant des caméras de télévision ou dans la ville, devant le reste de la population, complice. Ou dans ceux mettant des humains aux prises avec d'autres civilisations. Tout cela tourne rarement à l'avantage des femmes ou des hommes venus de la Terre. Souvent parce qu'ils sont incapables d'observer le monde avec un oeil neuf. Ou, au moins, décentré. Ils contemplent tout à travers leur prisme, forcément déformant et leur vie est alors mise en danger presque bêtement. Dérisoire.
Découvrir ce recueil a été pour moi une joie, car, d'une part, il m'a rappelé de bons souvenirs à la lecture de certaines nouvelles déjà appréciées voilà plusieurs années. Et, d'autre part, il m'a permis de découvrir de nouveaux récits, intelligents, et bien menés, qui m'ont tenu en haleine et m'ont permis de m'interroger sur l'humain et sa place dans l'univers.
(Avis détaillé, nouvelle par nouvelle, sur le blog)
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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gruz
  14 février 2022
C'est une véritable expérience à laquelle nous convient les éditions Argyll. Se plonger dans les meilleures nouvelles de Robert Sheckley est un voyage dans le temps autant que dans l'espace. Avec treize textes publiés entre 1953 et 1960.
On imagine bien que ces nouvelles, d'un âge où l'informatique n'avait pas encore bouleversé le monde, sonnent parfois désuètes. Mais c'est aussi le charme de ce retour en arrière vers un auteur qui mérite qu'on se le remémore.
Parce que Sheckley fait montre d'un ton toujours aussi mordant, tant d'années après, et aussi d'une troublante capacité à prévoir le futur. Comme avec sa nouvelle qui a servi de support au film le prix du danger d'Yves Boisset où il invente carrément la télé-réalité et ses dérives. En 1958 ! La définition même de l'Anticipation.
Une expérience double pour moi, puisque j'ai lu une partie de ces nouvelles durant mon adolescence dans les années 80. Autant dire que ça a conféré un intérêt supplémentaire à cette lecture qui n'en manque pas.
Ceux qui vont découvrir l'auteur se rendront compte, même si son nom n'est pas très connu, qu'il a inspiré pas mal de ses congénères. Clairement, il était en avance sur son temps, par ses idées mais aussi sa patte.
Ses histoires sont pour la plupart assez décalées, avec une ironie bien présente mais jamais méchante. Où il place ses personnages dans des situations qui tournent assez vite à l'absurde, avec comme point commun une incapacité à communiquer. Entre humains, ou envers d'autres êtres. La lutte des classes vers l'infini et au-delà.
Ces nouvelles de SF ont un charme suranné qui ne les dessert aucunement, parce que c'est bien la dérision et l'inventivité qui ressortent au final. Satirique à souhait, jamais dénué d'une pertinente et piquante analyse des moeurs.
C'est une vraie bonne pioche que cette anthologie du meilleur de Robert Sheckley, il est vraiment bon le temps des retrouvailles avec un auteur qui mérite d'être remis en lumière.
Lien : https://gruznamur.com/2022/0..
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gloubik
  05 mars 2022
Je n'en suis pas à mon coup d'essai avec l'oeuvre de cet écrivain américain. Et c'est avec enthousiasme que j'ai entamé la lecture de ce recueil de nouvelles bien choisies. Chose d'autant plus appréciable que ce volume n'inclut aucune nouvelle que j'aurais déjà lue. Pas toujours gagné quand la liste de textes présentés résulte du choix de l'éditeur. Je suis toutefois certain d'en avoir lu quelques-unes il y a longtemps.
On ne peut pas affirmer qu'elles m'aient toutes autant emballé. Mais toutes restent très bonnes.
Le recueil s'ouvrent sur le prix du danger, mise en image par Yves boisset en 1983 avec, entre autres, Michel Piccoli et Gérard Lanvin. Mais cette nouvelle a beaucoup fait parler par sa ressemblance avec le roman de Stephen King Running Man, adapté au cinéma par Paul Michael Glaser en 1987 avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal. La nouvelle date de 1958 et le roman de 1982. Mais King a toujours avoir eu connaissance de la nouvelle de Sheckley avant qu'on lui en parle. Maintenant, vous savez comment troller un groupe de fan de Stephen King :-)
Et les autres nouvelles ? Si je les listais une à une en donnant mon avis sur chaque vous en auriez vite marre de lire : Celle-là est génial ! Celle-là aussi ! etc.
En bref : Je vais conclure simplement en disant que si vous n'aimez pas ce recueil de nouvelles c'est que vous n'aimez pas l'oeuvre de Robert Sheckley dans son ensemble, avec son humour décalé et sarcastique. Car entre les guerriers qui de suicident pour montrer leur courage et les colons humains qui ont perdu tout sens de l'agressivité, vous aurez le choix.
Allez ! Bonne lecture.
Lien : http://livres.gloubik.info/s..
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Lauryn
  22 janvier 2022
Robert Sheckley fait partie de ses auteurs dont j'ai souvent entendu parler, mais dont je n'ai jamais rien lu, soit par manque de curiosité, soit par manque d'opportunité (la plupart de ses livres ne se trouvent que d'occasion). Alors lorsque les éditions Argyll ont annoncé qu'ils publiaient ce recueil de nouvelles, je me suis précipitée. J'aime la science-fiction, et j'aime lire des nouvelles, tout était donc réuni pour une sympathique découverte de ce célèbre auteur dont j'étais incapable de citer le moindre titre.
La suite sur mon blog :
Lien : https://lauryn-books.blogspo..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   19 mai 2022
— Écoute, espèce de pachyderme, d'après ce que nous savons, les Cascelliens peuvent penser que la meilleure façon d'accueillir des visiteurs consiste à leur trancher la tête pour la farcir avec des pommes vertes. Si le Guide Galactique dit que leur civilisation est unique, c'est qu'elle l'est.
— Il est également indiqué qu'ils sont amicaux.
— Ce qui veut sans doute dire qu'ils ne disposent pas de la bombe atomique.
("Une race de guerriers")
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BazaRBazaR   13 mai 2022
Ils l'avaient dupé, pensa-t-il. Tous ces braves gens normaux. N'avaient-ils pas affirmé qu'il était leur représentant ? N'avaient-ils pas jurer de le protéger ? Mais non, ils le haïssaient. Pourquoi ne s'en était-il pas rendu compte ? Leur héros, c'était le tueur cynique au regard froid : Thompson, Al Capone, Billy the Kid, le jeune Lochinvar, El Cid, Cuchulainn... l'homme sans craintes et sans espoirs. Ils le vénéraient, cet implacable robot meurtrier, et aspiraient à recevoir son coup de pied en pleine face.
("Le prix du danger")
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JustAWordJustAWord   11 février 2022
Ce qu'il y avait d'admirable dans ce système, c'est que les gens qui avaient envie de tuer pouvaient le faire et que ceux qui n'en avaient pas envie - soit la grosse majorité de la population - n'étaient pas tenus de devenir des meurtriers.
Au moins n'y avait-il plus de grandes guerres, ni même de menaces de conflits armés. Rien que de petites guerres - des centaines de milliers de petites guerres individuelles.
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JustAWordJustAWord   11 février 2022
Peu d'individus, quelle que soit la race à laquelle ils appartiennent, tuent pour le plaisir. Il existe cependant des raisons de donner la mort parfaitement valides et aptes à satisfaire n'importe quel philosophe. Seulement, une fois qu'on les a acceptées, on en découvre sans cesse de nouvelles. Dès qu'il est admis, le meurtre se fait difficile à contenir. Ce qui me et inéluctablement à la guerre et, de là, à l'annihilation.
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kristobalonekristobalone   01 février 2022
Tout le monde a fait cette expérience. A un moment de notre vie, chacun de nous a regardé un objet familier sans pouvoir lui trouver le moindre sens. Momentanément la gestalt échoue, mais cet instant de lucidité passe. L'esprit en revient à la superposition des formes conventionnelles. La normalité continue.
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Videos de Robert Sheckley (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Sheckley
Extrait de la conférence "Dialogue entre les morts : Robert Sheckley et Fredric Brown" aux Utopiales 2017 avec J._A.Debats, S.Lainé et X.Mauméjean.
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