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ISBN : 2843441064
Éditeur : Le Bélial' (22/09/2011)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 44 notes)
Résumé :

En 1984 paraît «L'Homme qui peignit le Dragon Griaule», récit de Lucius Shepard qui introduit l'univers du Dragon Griaule, un monde préindustriel (disons, début de notre XIXe siècle) dans lequel une créature fantastique, Griaule, un dragon de plusieurs kilomètres de long, a été pétrifié par un puissant magicien voilà plusieurs millénaires. Depuis, la créature titanesque, reliquat d'un âge oublié, s'est totalement «intégrée» au paysage, devenant à elle se... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Tatooa
  04 septembre 2016
Souvent, je lis mes bouquins des lustres après les avoir achetés, énorme pal oblige...
Ce qui fait que je ne sais plus "pourquoi" je les ai achetés. Et comme je les lis, la plupart du temps, sans lire le quatrième de couverture, il m'arrive d'être fort surprise par le contenu.
Cela a été le cas ici. Je dois dire que j'ai été un peu déçue au départ, car je ne m'attendais pas à tomber sur un dragon qui roupille depuis des millénaires. Ce qui fait que je n'ai que très moyennement apprécié les trois premières "nouvelles", puisque, de fait, on n'a pas là un roman mais bien un recueil de nouvelles, toutes axées sur Griaule, et dans l'ordre chronologique des événements autour de "sa mort"...
Les premières nouvelles sont assez lentes, il n'y a pas vraiment d'action, et comme j'attendais autre chose, je me suis un peu ennuyée, surtout dans "Le père des pierres", qui ne devient intéressante que dans son dernier tiers... Mais c'est formidablement bien écrit et traduit, ce qui fait que je n'ai pas abandonné en cours.
J'ai bien fait, car les événements se précipitent quand on avance dans les nouvelles, et l'action se réveille, enfin, dans les trois dernières ! Par conséquent, j'ai fini sur une excellente impression, qui rattrape ma déception des débuts !
Il y a quelques questions existentielles abordées dans le bouquin, mais ça demeure superficiel, de mon point de vue trop pour en faire un argument suffisant pour son intérêt. L'intérêt de ce livre réside dans les histoires, encore faut-il apprécier les histoires plus contemplatives que réellement "actives", ce qui n'est guère mon cas. C'est donc quand même un tour de force de l'auteur que d'être arrivé à me faire apprécier son livre, et, pour finir, son dragon Griaule ! (Ma note : 3,5/5, 4 sur Babelio)
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Walktapus
  13 décembre 2011
Le dragon Griaule est un recueil de six longues nouvelles, écrites entre 1984 et 2011. C'est de la fantasy par son thème - un dragon paralysé par un magicien dans un lointain passé - mais qui ne s'adonne à aucun des codes et clichés du genre (1). Elles mettent plutôt en scène des personnages en proie au doute, à des questions existentielles et aux manipulations de Griaule, dans des situations baignées de mystère.
Car si le dragon, gigantesque et paralysé, a fini par être envahi par la végétation et se fondre parmi les collines environnantes, un village ayant même été construit sur son dos et une ville contre son flanc, il est loin d'être mort, et exerce son influence sur son entourage, manipulant les gens de manière insidieuse, et on découvre petit à petit les plans qu'il échafaude. Dans le premier récit, un artiste convainc les notables de la validité de son projet de 40 ans pour les débarasser du monstre : le peindre intégralement afin de l'empoisonner avec les composés toxiques des pigments (2). Mais le fait qu'ils acceptent ce projet excentrique est-il une résultante de leur libre arbitre ou bien une preuve de l'influence occulte de Griaule, et cela ne s'inscrit-il pas dans un plan mystérieux du dragon ? Ce genre de doute, magnifié par la chute de la nouvelle, baigne tout le livre.
J'ai dévoré la plupart de ces nouvelles, les unes après les autres, et c'est dû pour bonne part à leur style, recherché mais sans temps mort, avec ces phrases à rallonge mais jamais lourdes, brossant des tableaux puissamment évocateurs, soutenant du même souffle scènes d'action, récits, descriptions et passages introspectifs, et dont je me suis surpris à relire des passages pour le plaisir. L'effet puzzle joue aussi. Des nouvelles, disposées dans l'ordre de leur parution, racontant chacune une histoire indépendante et complémentaire, à peine unies parfois par des personnages récurrents, et se répondant à distance, finit par émerger une chronologie sur plusieurs siècles qui nous amène d'ailleurs à notre propre monde et à un discours politique (3).
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(1) Donc pas de quoi s'attirer les mêmes hordes enthousiastes que les séries au kilomètre parlant de p'tits gars promis à un grand destin, tout en s'attirant le mépris des inconditionnels de la littérature blanche.
(2) J'ai quand même une question : et il est sensé se passer quoi quand il pleut ? C'est de la peinture indélébile ?
(3) Mais qui l'était depuis le début.
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TwiTwi
  29 mars 2012
C'est avec une certaine appréhension que j'ai commencé ma lecture du Dragon Griaule. En effet, outre le sujet des dragons qui est un thème qui m'intéresse au plus haut point comme vous pouvez vous en douter, la couverture m'avait littéralement tapé dans l'oeil. Hop, achat, triple dédicace, place de choix dans la PàL. Et du coup grosse pression. Je craignais que le bouquin ne soit pas à la hauteur de mes attentes, qu'il ne me plaise pas, que le style de l'auteur me donne envie de fuir en courant dans la direction opposée ou que sais-je d'autre qui aurait pu me faire regretter mon acquisition et devoir ranger ce superbe objet dans ma bibliothèque en sanglotant " t'es beau mais t'es nul".
Force est de constater que mes craintes étaient infondées : le Dragon Griaule est un sans faute. L'écriture / la traduction sont parfaites, la narration prenante et très construite, explorant différentes facettes du dragon et de la population qui vit alentour. Des six textes présentés, je serais bien en peine d'en choisir un préféré, tellement chacun est original.
Mais qui est donc ce fameux Griaule ? C'est un dragon gigantesque pétrifié il y a fort longtemps par un magicien qui tenta de le tuer. Mais Griaule n'est pas mort. Son corps ancré au milieu d'une vallée sud américaine fait partie du paysage à présent. Quant à son esprit, il distille son venin à la population établie alentours.
"En 1853, dans un lointain pays du Sud, en un monde séparé du nôtre par la plus infime marge de possibilité, la vallée de Carbonales, une région fertile entourant la cité de Teocinte et réputée pour sa production d'argent, d'acajou et d'indigo, était placée sous la domination d'un dragon nommé Griaule." [L'homme qui peignit le Dragon Griaule]
Au travers de six récits, rassemblés dans un même recueil pour la première fois, Shepard nous conte la terrible influence de ce dragon fabuleux et effrayant qui n'a d'égal que sa taille impressionnante.
L'homme qui peignit Griaule. Vaste entreprise de peindre les écailles du dragon millénaire qui inflige sa néfaste influence sur les habitants, dans le but de le faire mourir à petit feu, empoisonné par les toxines de la peinture.
"Quoi que un peu là de s'émerveiller de tout, Méric ne put s'empêcher de tomber en arrêt devant l'oeil. Large de soixante-dix pieds et haut de cinquante, il était protégé pas une membrane opaque et luisante, étrangement vierge d'algue et de lichens; derrière laquelle on devinait des masses de couleur. Alors que le soleil rougeoyant achevait de sombrer entre deux lointaines collines, cette membrane frémit puis s'ouvrit en son centre. Avec la lenteur cérémonieuse d'un rideau de théâtre, les deux moitiés s'écartèrent pour révéler la lumière de l'humeur aqueuse." [L'homme qui peignit le dragon Griaule]
La fille du chasseur d'écailles. Catherine a grandi en dormant tout contre les écailles du dragon. Suites à certains concours de circonstances malheureuses, elle se retrouve littéralement à l'intérieur du dragon. L'atmosphère de cette nouvelle est aussi moite et brûlante que les organes internes de la bête.
Le père des pierres. Un homme tue l'amant de sa fille, une espèce d'illuminé qui a créé un secte dont le culte tourne autour du dragon. L'histoire est racontée du point de vue de l'avocat du meurtrier. La ligne de défense de l'accusé est de mettre en cause le dragon qui, par son influence pernicieuse, l'a poussé à commettre ce crime.
La Maison du Menteur est une auberge qui porte ce nom car son propriétaire dit l'avoir construite avec du bois prélevé sur le dos du dragon. Ce que personne ne croit. Hota, qui a fuit sa ville d'origine après en avoir tué un dignitaire, vit dans cette auberge. Un jour, il rencontre une étrange femme sur le dos du dragon ...
Si vous n'avez pas lu le recueil : possibles spoilers dans les deux paragraphes suivants.
L'écaille de Taborin. George Taborin fait l'acquisition d'un morceau d'écaille de dragon, lors d'une de ses visites à Teocinte, ville limitrophe du monstre. Il rencontre la prostituée Sylvia à qui il promet l'écaille si elle lui consacre quelques semaines de bon temps. Un jour il frotte l'écaille et se retrouve en compagnie de Sylvia projeté dans une sorte de savane, semblant venue d'un autre temps.
" Nous l'avons toujours sous-estimé. En le débitant en pièces et en transportant celles-ci aux quatre coins du monde, nous avons fait exactement ce qu'il souhaitait. Désormais, il règne que la terre tout entière". [L'écaille de Taborin]
Le crâne. Griaule est mort et ses restes ont été dispersés aux quatre coins du monde ... Son crâne défie le temps et les hommes au milieu d'une jungle. Une communauté d'illuminés vit à ses alentours, guidé par une jeune fille qui semble agir sous l'influence du dragon.
" de toutes les choses que j'avais vues, le crâne était la première qui parût en mesure d'ébranler ma vision du monde. Sa taille et son apparence incroyable, les décorations barbares dont l'homme et la nature l'avaient orné au fil des siècles, ces graffiti de mousse et de lichen, ces enluminures de jade laiteux et d'onyx noir, ces crocs gainés de vert-de-gris, cette gueule recouverte d'arabesques fanées, appliquées par quelque tribu disparue depuis des lustres, tout cela éclairé par la lueur mouvante des torches ... à un instant donné, je croyais découvrir le visage grotesque d'un clown, un gigantesque masque de mardi gras en papier mâché, l'instant d'après je frémissais de terreur, persuadé qu'il allait s'animer et hurler. "[Le crâne]
Le thème récurrent des nouvelles est l'influence qu'exerce le dragon sur les hommes. Suggérée dans la première nouvelle, elle monte crescendo au fil des cinq suivantes. La question est : ce que fait cet homme ou cette femme est-il dicté par sa propre volonté ou par celle du dragon ? Voilà une bien étrange - et passionnante -façon de métaphoriser le concept du libre examen.
Dans sa postface, Shepard parle de métaphore politique, en pensant en particulier à administration Reagan pour la première nouvelle. Cela m'a un peu échappé à la lecture, sauf dans la dernière nouvelle où l'on n'est plus dans la métaphore mais dans la réalité. Cela dit, au final, on parle bien de la même chose.
Parlant de la postface, elle est tout à fait éclairante sur la genèse du dragon dans l'esprit de l'auteur et de chacune des nouvelles. Shepard nous propose un travail assez personnel sur ce qu'il a mis dans ces textes, au fil des années. Et d'en venir à la conclusion :
"Je pense à présent que je n'en aurai jamais fini avec Griaule."

Lien : http://ledragongalactique.bl..
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Charybde2
  18 mars 2013
La fantasy à un sommet d'écriture, au service d'une puissante fable politique contemporaine.
Lucius Shepard crée cet assemblage romanesque à partir d'une nouvelle de 1984, "L'homme qui peignit le dragon Griaule", dans laquelle un dragon extrêmement puissant, long de plusieurs kilomètres, a été paralysé au cours d'une ancienne bataille, quasiment dans la nuit des temps, devenant ainsi peu à peu à la fois un très encombrant élément du paysage (sur lequel poussent arbres, fleurs ou mousses) et une source pernicieuse d'influence, psychologique ou magique, sur les habitants voisins.
La métaphore, si elle peut effrayer de prime abord (et particulièrement le lecteur non aficionado de "fantasy à dragons"), est superbement conduite et écrite par Shepard (et traduite avec finesse et justesse par Jean-Daniel Brèque). Un peu comme chez Yves et Ada Rémy, une fois la prémisse fantastique installée, elle devient toujours plus discrète, laissant le récit se concentrer sur situations et personnages. On explorera ainsi la faune qui vit dans le dragon, et les curieux adorateurs humains qui y évoluent, dans "La fille du chasseur d'écailles" (1988), au style encore plus abouti que dans la nouvelle initiale, puis la manière dont l'influence du dragon se développe dans les esprits des humains avoisinants et peut même "être utilisée", dans "Le Père des pierres" (1989) (qui constitue aussi une nouvelle policière au brio machiavélique), avant de revenir sur les desseins et les plans de ce dragon emprisonné, dans "La Maison du Menteur" (2003) et dans "L'Écaille de Taburin" (2010). "Le Crâne" (2011), conclusion - provisoire ? - de cette histoire au très long cours, renoue, dans un Guatemala contemporain cher à l'auteur et à peine dissimulé, avec la fable politique incisive du début du cycle, en forme d'apothéose cette fois.
"Une fois franchie la porte, qui donnait sur un couloir éclairé par une mosaïque de mousse lumineuse évoquant des veines d'un minerai bleu-vert courant dans les lambris de teck, sa peur monta d'un cran. Il était sûr de sentir l'influence de Griaule ; à chaque pas, la présence du dragon était de plus en plus prégnante. Comme une aura d'intemporalité, ou plutôt l'impression que le temps lui-même était moins majestueux, moins élémentaire que le dragon, que ce n'était qu'une donnée que celui-ci maîtrisait totalement, comme s'il avait sur les éons la plus absolue des perspectives. Et ces murs, ces veines de mousse... il avait l'impression que leur configuration reflétait celle des pensées de Griaule. On eût dit qu'il s'aventurait dans les entrailles du dragon, dans quelque boyau pétrifié, et il fut frappé par la justesse de cette observation : cet antique bâtiment, aligné de tout temps avec Griaule, était peut-être entré en résonance avec lui, jusqu'à devenir un analogue de son corps assujetti à son contrôle."
En tant que nouvelles isolées, "Le Père des pierres" et "Le Crâne" (et dans une légèrement moindre mesure, "L'homme qui peignit le dragon Griaule") seraient déjà des réussites majeures. La continuité subtile, les effets de contraste et de résonance à travers le temps et les personnages, permis par l'assemblage des six longues nouvelles, construisent un grand roman à facettes.
Il justifie a posteriori l'ambition de Shepard, dévoilée dans une postface fouillée : "L'idée d'un gigantesque dragon paralysé (...), dominant le monde qui l'entoure grâce à ses pouvoirs mentaux, un monstre vicieux irradiant ses pensées vengeresses et faisant de nous les jouets de sa volonté... voilà qui m'apparaissait comme une métaphore appropriée pour l'administration Reagan, qui s'affairait alors à proclamer qu'un jour nouveau se levait sur notre patrie, à dévaster l'Amérique centrale et à réduire en pièces notre constitution. Cela explique le contenu politique qu'on pourra lire en filigrane dans ces récits. Dans un sens, le cycle de Griaule tourne autour de deux bestioles, un dragon et un président mentalement handicapé dont l'avatar est un monstre immortel... ou vice versa."
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frankgth
  27 décembre 2013
Lorsque je me suis inscrit pour ce livre dans Masse Critique je l'ai fait uniquement sur le titre et l'éditeur, n'ayant jamais rien lu de son auteur. Je m'attendais donc plutôt à un bon gros roman de Fantasy comme je les aime et j'avoue avoir été un peu déçu lorsque j'ai réalisé que c'était un recueil de 6 nouvelles même si toutes tournent autour d'un même sujet, le dragon Griaule. Je me suis quand même rapidement lancé dans la lecture et là seconde déception, ce dragon n'a rien de ceux auxquels on est habitué, il serait plutôt le reste immense de ce qui fut un dragon, et qui immobilisé par un sort mais ne pouvant mourir se contente de grandir et d'influencer le monde qui l'entoure.
Et voilà comment parti pour un bon vieux roman de Fantasy plein de fureur et de combats je me suis retrouvé à lire des nouvelles pleines de questions et d'introspections. Car si toutes ces nouvelles tournent autour de Griaule, elle permettent surtout à l'auteur de disserter sur le libre arbitre, depuis celui de l'individu jusqu'à celui des peuples à disposer d'eux-même.
Dans l'ensemble j'ai surtout apprécié deux de ces nouvelles, "Le Père des pierres" et "Le Crâne", sans doute les plus dynamiques du lot. Dans la première, une enquête dans le ton des romans noirs Américains va nous faire suivre un enquêteur dans une histoire qui sent la manipulation bien menée, et dans la seconde nous allons plutôt assister à une révolution guère reluisante dans une Amérique centrale que l'auteur semble bien connaître.
Sinon le vrai point positif de cette lecture pour moi restera l'auteur dont le style clair et entraînant, et surtout le ton jamais trop sérieux m'ont permis de ne jamais m'ennuyer même lorsque les histoires me correspondaient un peu moins.
Au final je ne peux que remercier le Bélial et Babelio pour cette sympathique découverte d'un véritable auteur, et que les Masses Critiques continuent longtemps de m'apporter leurs rafraîchissantes découvertes.
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critiques presse (2)
Elbakin.net   16 décembre 2011
Chacune des nouvelles nous permet ainsi d’en apprendre un peu plus sur le Dragon et le microcosme environnant. Au point dans certains cas d’occulter tout le reste, malgré (ou à cause de ?) son pouvoir évocateur. Cependant, la plume de Lucius Shepard nous entraîne dans un monde cohérent en suivant une ligne directrice définie dès le début, sans hésiter à aborder frontalement une noirceur souvent diffuse.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
SciFiUniverse   22 septembre 2011
Au final, ces textes réunis forment une histoire cohérente, une chronologie sur deux siècles d'un monde alternatif très intéressant. Si l'on ajoute à cela la qualité stylistique de Lucius Shepard et sa capacité à évoquer des images frappantes, on ne peut qu'en recommander sa lecture. C'est un grand auteur.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa   02 septembre 2016
- Elle s'appelle Yara. Elle est folle.
- En quoi ça la distingue de tous les autres ?
Snow songea qu'il allait devoir expliquer sa conception du genre humain, à savoir que nous ne sommes tous qu'une collection de pulsions aléatoires contenues par le maillage des contraintes sociétales, mais le gamin semblait savoir cela d'une façon innée, car, sans qu'une clarification fût nécessaire, il précisa : "Yara n'est pas folle comme un singe. Elle est folle comme un serpent."
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WalktapusWalktapus   05 décembre 2011
Lorsqu'il arriva à destination, les rues étaient désertes et la brume isolait les maisons décrépites de la plage, du ciel et du reste du monde, réduisant l'éclat des réverbères à un halo vaporeux ; le ressac semblait mollasson, telle une succession de gifles de géant, et l'humidité de l'air obligea Korrogly à relever le col de son manteau et à presser le pas ; le sable apporté par le vent crissait sous ses pieds. Il aperçut son reflet dans une vitrine : un homme pâle et anxieux, maintenant son manteau fermé d'une main, le front soucieux, filant au sein d'une purée de noirceur… le milieu naturel de Griaule, imaginait-il, celui de l'innocence et de la culpabilité, de toutes les questions humaines. Il accéléra encore l'allure, impatient de subsumer ses doutes dans la chaleur de Mirielle. Il distingua devant lui une silhouette floue drapée dans la brume. Elle se tenait banalement debout, mais il en émanait quelque chose d'inquiétant. Imbécile, se dit-il, et il continua sa route. Mais à mesure que la silhouette se définissait un peu mieux, son inquiétude ne fit que croître
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TatooaTatooa   30 août 2016
Jamais elle n'avait considéré le dragon comme un objet de compassion ; mais en le percevant emprisonné dans les rets d'une antique magie, sans compter le puzzle intriqué de charmes secondaires dérivant de cet événement fondateur, elle se sentit ridicule d'avoir versé des larmes (ndr : sur son propre sort). N'importe quelle occurrence, y compris la plus heureuse, pouvait être source de tristesse si on échouait à la voir dans le contexte du monde que l'on habitait.
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WalktapusWalktapus   03 décembre 2011
Peu après que se fut estompée la lumière christique du premier matin du monde, quand les oiseaux volaient encore entre la terre et le ciel et que les plus perverses des créatures elles-mêmes brillaient comme des saints, si pure était la parcelle de mal qu'elles recelaient, il était un village nommé Hangtown accroché au dos du dragon Griaule, une gigantesque bête d'un mille de long qu'un charme magique avait paralysée sans toutefois la tuer et qui régnait sur la vallée de Carbonales, contrôlant dans ses moindres détails la vie de tous les habitants, auxquels elle manifestait sa volonté grâce aux ineffables radiations émanant de la soute froide de son esprit.
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TwiTwiTwiTwi   25 mars 2012
De toutes les choses que j'avais vues, le crâne était la première qui parût en mesure d'ébranler ma vision du monde. Sa taille et son apparence incroyable, les décorations barbares dont l'homme et la nature l'avaient orné au fil des siècles, ces graffiti de mousse et de lichen, ces enluminures de jade laiteux et d'onyx noir, ces crocs gainés de vert-de-gris, cette gueule recouverte d'arabesques fanées, appliquées par quelque tribu disparue depuis des lustres, tout cela éclairé par la lueur mouvante des torches ... à un instant donné, je croyais découvrir le visage grotesque d'un clown, un gigantesque masque de mardi gras en papier mâché, l'instant d'après je frémissais de terreur, persuadé qu'il allait s'animer et hurler. [Le crâne]
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Videos de Lucius Shepard (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lucius Shepard

Entretien avec Lucius Shepard aux Imaginales
Entretien avec Lucius Shepard enregistrée aux Imaginales (Epinal, mai 2013) L'audio de la rencontre : http://www.actusf.com/spip/Imaginales-2013-Conference,1...
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