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Marion Danton (Traducteur)
ISBN : 2211093922
Éditeur : L'Ecole des loisirs (07/05/2010)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Leela a été fiancée à deux ans, mariée à neuf. A treize ans elle s'apprête à s'installer dans sa belle-famille quand son mari, mordu par un serpent venimeux, meurt de ses blessures.
Dans l'Inde des années 1920, il y a pire que d'être un intouchable.
C'est être une veuve.
Leela va devenir une morte vivante. Rester cloîtrée pendant un an. Ôter tous ses bijoux, se raser la tête et ne plus porter qu'un sari spécial couleur de boue. Elle ne devra jam... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Neneve
  23 janvier 2018
L'Inde occupe une place dans le palmarès des pays que j'aimerais visiter avant de mourir... alors, pour moi, lire un ouvrage s'y déroulant est un véritable plaisir. J'aime qu'un livre m'apprenne les us et coutumes d'un endroit, ses règles, ses systèmes sociaux, son mode de vie, ses croyances et ses traditions... J'ai été servi avec ce livre. Une véritable photographie d'une Inde régit par son système de caste, par ses cérémonies et ses dictats dans les années 1920.
C'est le destin de la petite Leela, fillette de 13 ans, qui, promit à un homme dès ses 2 ans, aura à vivre le lourd fardeau d'une femme veuve, bien trop tôt. Même pas encore mariée, son promis succombe sous la morsure d'un serpent... Elle devra tout de même se faire raser les cheveux, porter ce sari couleur de boue et vivre recluse pendant une année complète pour vivre son deuil. Mais Leela ne veut pas, m'accepte pas... Elle vit mal ce dur moment à passer. Mais heureusement qu'elle pourra compter sur son frère, à l'esprit trop progressiste et sur Saviben, directrice d'école qui lui propose de lui donner des cours à la maison pendant son année de veuvage.
Ce sera pour elle l'occasion d'apprendre, de comprendre, de se faire enseigner bien plus que les mathématiques ou la langue... Peu à peu, elle s'intéresse à la politique, d'autant plus qu'un fameux Gandhiji bouleverse pas ses idées révolutionnaires, refusant les inégalités sociales et de genres.. Une année de réclusion, certes, mais surtout une année d'émancipation, de libération où Leela se forge peu à peu un esprit, une culture générale, des connaissances... qui l'amèneront à vouloir jouer un bien plus grand rôle que sa condition lui impose.
Une belle histoire, racontée avec une plume très délicate. Une mine d'informations sur tous ses rites qui meublent l'Inde... Un petit livre qui fait réfléchir sur la condition de la femme et la place qu'elle occupe dans les diverses sociétés... Un beau voyage que celui que je viens de faire.
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Pas-chacha
  16 mai 2017
De l'Inde je ne connais pas grand chose. J'ai lu quelques livres, vu quelques films, et je sais que tout y est -était?- très codifié. Alors je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Je pense que j'imaginais un livre plus gai et plus révolutionnaire ou alors plus fleur bleue.
1918. Une adolescente enfermée dans sa caste, qui doit respecter son karma.
Nous suivons cette jeune fille toute jeune, les coutumes intransigeantes. Nous souffrons avec elle de l'injustice de la situation, de cette brusque fin de l'enfance.
Et nous découvrons de l'intérieur la petite révolution qui surgit avec Gandhi.
Une année pour grandir, se former, apprendre à réfléchir et apprendre à espérer.
Un livre pour ados qui se lit tout seul et qui nous immerge dans une autre époque, une autre culture et où on découvre des pratiques assez choquantes pour nous occidentaux du XXIème siècle.
Un livre qui peut amener de belles discussions, de belles réflexions.
En tout cas, un moment sympathique.
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paroles
  19 juillet 2013
Inde, 1918.
Tout commençait bien pour Leela, 13 ans. Elle s'apprêtait à fêter son anu (cérémonie donnée en l'honneur d'une jeune mariée avant qu'elle parte vivre chez son époux). Mais suite à la morsure d'un serpent, son mari décède. Et devenir veuve, en Inde et à cette époque, est une rude épreuve. le poids des traditions est lourd : rester cloîtrée pendant un an, avoir la tête rasée, renoncer aux couleurs et revêtir un sari marron, couleur de boue, ne plus porter aucun bijou. Mais le plus difficile encore, c'est le regard des autres : être traitée comme une pestiférée, être le centre des ragots et des méchancetés.
Quand on a treize ans et la joie de vivre, il est dur de renoncer. Heureusement, Leela a des alliés. Sa mère, d'abord, qui l'aime. Sa tante qui la soutient et l'aide. Saviben, son professeur qui lui ouvre les yeux sur ce qui l'entoure. Et surtout, son frère qui se rebelle contre les traditions et veut infléchir la décision de ses parents.
C'est un très beau roman sur la liberté, sur les libertés. La lutte pour l'indépendance que mène Leela (combattre les traditions) entre en résonance avec la lutte des Indiens et celle de Gandhi (combattre la domination anglaise).
De plus, l'auteure s'est inspirée de la vie de sa grand-tante et lui rend hommage, ainsi qu'au « nombre incalculable d'enfants veuves qui ont souffert inutilement. »
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VanessaV
  23 octobre 2014
Acheté il y a pourtant longtemps, je m'attendais à un livre rêche, je tardais encore et encore. Et non. Kashmira SHETH s'inspire de sa grande-tante pour décrire son héroïne dans "Un sari couleur de boue" et le résultat est un bel hommage à cette jeune fille et à toute l'Inde qui change.
Leela a 13 ans. Elle aime les saris colorés, les fêtes, les amies, les gourmandises et les bracelets. Sa vie est réglée depuis longtemps, fiancée, mariée, elle va bientôt vivre son anu, cérémonie qui l'emportera dans sa belle-famille auprès de son jeune époux Ramanlal. Elle est gâtée par la vie, chouchoutée par ses parents, elle a été à l'école jusque là. Et puis même sa belle-mère semble lui vouloir du bien, même son mari, qu'elle n'a pas encore le droit de connaître ni de regarder dans les yeux, semble l'apprécier.
Et puis, son jeune époux meurt de la morsure d'un serpent. Son monde s'écroule. Plus de feu aux joues ou d'impression dans le ventre pour ce jeune homme. Un grand chagrin. Et la fin de la vie. Elle ne sera plus qu'une veuve, une widhwa, sans le droit de se remarier, sans le droit de prendre position dans la société, sans le droit de se vêtir à nouveau comme une femme. Plus de magnifiques saris, bijoux de poignets, d'oreilles, de doigts de pieds, de nez. Plus de maquillage au khôl sur la tempe pour prévenir le mauvais oeil ou de rouge sur le front pour marquer son état. Elle ne portera que des chidri (sari couleur de boue réservé aux veuves dans l'État du Gujarat), se rasera la tête.
Pendant un an, Leela ne pourra ni sortir de chez elle, ni accompagner sa famille dans les tâches quotidiennes, ni participer à aucune fête. Elle vivra la mise au coin, c'est à ce khuno palvo de deuil que l'auteure choisit de nous convier.
La fin de l'enfance, de l'adolescence prend ici le goût du manque. Leela décrit toutes ces choses qui apportent la joie, l'enthousiasme dans cette Inde du début du siècle. Les couleurs, odeurs, chaleurs et vents, les plats, fêtes, discussions de village.
Il y a aussi le poids des coutumes, elle est devenue pour certains une raand. Une non-personne voire une à fuir, à mépriser, à dénigrer. le poids des traditions est lourd et cette année va dérouler toutes les nuances de cet état et permettre de micro-changements.
Leela, perdue, anéantie, va pourtant trouver un autre chemin en reprenant l'école à la maison, avec cette enseignante aux idées progressistes. Elle est soutenue par un grand frère parti en ville. Elle qui se morfond va prendre la plume pour écrire sur les bruits du monde écoutés de son coin, comme un devoir de classe. Elle lira le journal et l'intellectuel Narmad. Jour après jour, ses sens s'éveillent, son esprit aussi.
Lentement, doucement, elle change. de petite fille choyée, elle devient en attente. de couleurs, de touchers de sari. Puis de discussions, d'apprentissages, de lectures et de débats. Brahmane (classe la plus haute), elle se prend d'amitié avec une rabari de basse caste. de thés en thés, elle apprend que l'écriture, la lecture et les mathématiques ne sont pas les seuls apprentissages nécessaires. L'actualité comprise, la littérature essayiste abordée, elle devient un esprit critique. Gandhi(ji) réveille l'Inde dans ses rapports à la colonisation et à l'agriculture. Leela y lit aussi toute une ouverture sur l'égalité des sexes, une prise de position possible pour chacun dans le monde.
Lien : http://1pageluechaquesoir.bl..
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Fifibrinda
  27 février 2014
Leela, 13 ans, insouciante et choyée, va célébrer sa fête d'Anu et rejoindre sa belle-famille, car elle a été mariée à 9 ans. Hélas son mari meurt brutalement, mordu par un serpent. La tradition veut alors qu'elle vive une année entière cachée dans sa famille, sans sortir ni rencontrer d'autres personnes. Dans sa caste, les brahmanes, les jeunes veuves ne sont pas autorisées à se remarier, leur vie s'arrête avec celle de leur mari. Heureusement, grâce à son frère aîné, une institutrice viendra rompre cet isolement par des cours particuliers. Mais cela ira bien plus loin que quelques leçons : elle guidera Leela sur la voie de l'émancipation, bravant les traditions de l'Inde des années '20 où l'on commence à parler d'un certain Gandhi.
Par le biais d'un récit plutôt classique mais attachant, inspiré de la vie des sa grand-tante, l'auteur nous fait découvrir à la fois les traditions indiennes et les premières années de la révolution menée par Gandhi. La lecture en est donc doublement passionnante.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
VanessaVVanessaV   23 octobre 2014
- Veux-tu du thé? lui demandé-je en avançant vers elle.
- Ho've, bien-sûr! crie-t-elle.
- Allons à la maison alors.
J'attrape son coussin et son ouvrage et la laisse prendre sa tasse. Elle reste assise sur le seuil de la cuisine en attendant qe je prépare le thé.
- Leelabon, qu'est-ce que tu lis toute la journée?
Je lui tends mon livre. [...] Le thé est prêt, elle me tend sa tasse et je la sers. Je bois le mien dans une tasse en argentan, assise à côté d'elle.
Elle souffle sur son thé avant d'en boire une petite gorgée.
- Il est bon.
De son autre main, elle tourne les pages du livre.
- C'est la légende de Rama et Sita?
- Non.
- Alors de quoi ça parle? Nous [les rabari] ne savons pas lire, mais nos anciens nous racontent beaucoup d'histoires sur Rama et Sita, sur le combat de Rama contre Ravana. Ils nous parlent aussi de Krishna, qui volait du beurre et qui a anéanti le méchant roi Kansa. Nous écoutons tellement d'histoires que, si on devait les écrire dans le ciel, elles le rempliraient entièrement, il n'y aurait plus de place pour les étoiles.
- Il y a d'autres histoires que tu ne connais pas.
- Alors raconte-m'en une de ce livre.
Il n'y a pas d'histoires dans ce livre. C'est juste un texte.
- Mais si ça ne raconte pas une histoire, de quoi ça parle?
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LenelaiLenelai   09 janvier 2011
Les traditions n’entravent-elles pas les peuples tout comme l’occupation étrangère occupe notre pays ? Nous ne parvenons pas à nous défaire de ces chaines, même si elles nous blessent, nous nous sommes habitués.
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LeonieLeonie   26 avril 2014
"La mort m'ensevelit,tout s'assombrit
Je suis prise au piège.
Je voulais être libre de courir,
comme le veau qui vient de naître
dans une prairie verdoyante
Attachée,
je suis attachée par mon chidri au clou du veuvage.
Ce clou enfoncé
dans le sol de ma vie.''
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Video de Kashmira Sheth (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kashmira Sheth

MP 2014-03-20-106-003048BDD2D9.mp4
Payot - Marque Page - Kashmira Sheth - Garçons sans noms.
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