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ISBN : 2809714134
Éditeur : Editions Philippe Picquier (07/03/2019)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Dans une petite ville du Nord du Japon, située au bord de l'océan Pacifique, un homme parcourt son pays natal comme une grande demeure désertée après la catastrophe de Fukushima. Il y revient pour prendre soin de sa mère et parcourt les rues abandonnées et les jardins vides, les poches remplies de nourriture pour les chats et les chiens. Comme un promeneur solitaire à la recherche de souvenirs éparpillés autour d'un amour d'enfance qui a maintenant le goût de de la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
LePamplemousse
  01 avril 2019
Un homme parcourt chaque jour les rues de sa ville abandonnée après la catastrophe de Fukushima.
Tous les habitants ont été évacués, lui, il est resté pour s'occuper de sa mère infirme. Ses déambulations nous entraînent à la fois dans les tours et détours de cette ville déserte, mais aussi dans ses souvenirs, ceux qui émergent à la vue d'une maison, d'une porte, d'une volière…
Ce très court roman est poétique et hypnotique, tout comme le personnage principal, nous marchons au hasard, nous profitons du calme, de ce moment silencieux comme d'un temps de recueillement, de deuil, mais c'est aussi une pause avant la suite, un avenir incertain mais pas forcément vain.
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Osmanthe
  19 mars 2019
Izumi Shiga est né à Minamisôma, une ville proche de Fukushima. Depuis la double catastrophe du tsunami et de l'explosion de la centrale nucléaire, il écrit sur cette déchirure. J'ai trouvé beaucoup d'intérêt dans le court roman qu'il nous livre ici, 120 pages de gros caractères. Nous sommes deux semaines après l'accident, et l'histoire se déroulera sur les quelques semaines suivantes. le personnage narrateur, Yôhei, est l'un des rares habitants errant encore à Okuma, ville d'implantation du réacteur n°1 de la centrale qui a explosé. Il revient prendre soin de sa vieille mère, qui tenait dans sa maison un salon de coiffure. Sa conscience s'éteint doucement, elle ne s'est pas rendue compte du drame qui a ravagé tout le paysage alentour. Yôhei revient aussi sur les lieux de ses premiers émois amoureux et d'un autre drame, personnel celui-ci : la maison, abandonnée, de la famille de son amoureuse d'enfance, Misuzu. Dans la cour, dans une cage, un pauvre chien est abandonné à son triste sort. Il va le nourrir…mais son souvenir, entêtant, ressurgit : d'abord avec éclat, cette cage était à l'époque occupée par un paon. L'animal mythique finira bien par faire la roue tant désirée, mais il prendra son envol. En voulant le rattraper, Misuzu se fera renverser par une voiture et perdra la vie, sous les yeux de Yôhei. La mère de Yôhei saura, mais ne dira jamais rien, la famille de Misuzu ne saura rien de la responsabilité de Yôhei, qui avait involontairement laissé s'échapper le paon.
Yôhei va arpenter les alentours, ressentir la dévastation du paysage extérieur, ces bateaux, voitures amoncelés pêle-mêle dans les terres largement inondées, les infrastructures, ponts, pylônes électriques, routes, détruites, et les marais souillés, là où il allait jadis attraper des grenouilles pour nourrir le paon de Misuzu, et l'inciter à faire la roue…dévastation de son paysage intérieur aussi, quand cette déploration s'accompagne d'un terrible sentiment de perte, et de culpabilité individuelle, mais aussi collective. Il lui vient à l'esprit que cette image du paon, animal quasi-divin dans son imaginaire d'enfance, s'échappant de ses mains pour entraîner le drame de la mort de Misuzu, c'est aussi la divine énergie nucléaire, trop encensée comme miraculeuse, et que l'homme n'a pas su dompter, entraînant cette terrible issue.
Mais la vie, et l'espoir, vont pointer leur nez au milieu du désastre, lorsqu'il rencontre Reiko, membre d'une association qui nourrit les chats abandonnés. Ils vont se parler, se rapprocher, avec pudeur. Reiko divorcée et ayant elle-même perdu sa mère, prendra la main de la mère de Yôhei quelques jours avant qu'elle ne décède. Pleine de regrets de ne pas avoir honoré dignement le deuil de sa propre mère, elle aidera Yôhei aux opérations d'incinération de sa mère.
Ce livre paru en 2017 au Japon est un très beau livre, à l'esprit bien japonais : le coeur est pudique, solitaire, sobre, simple. L'émotion est là, mais pas trop, la mort est dans l'ordre des choses, elle est peut-être une libération. L'impermanence des choses est encore de mise, la roue, et pas celle du paon, tourne. Au malheur peut succéder un espoir de renaissance…à condition, sans doute, que l'homme soit plus modeste par rapport à la nature, et à l'étendue de ses pouvoirs. Les deux héros se frôlent à peine, les sentiments naissent mais sont tout en retenue, ces deux âmes solitaires semblent bien s'être trouvées, mais l'auteur n'en fait pas trop. C'est un livre avant tout sur la culpabilité, et la rédemption, qui passe aussi par le respect pour ses anciens, ses parents, le cérémonial autour de la mort et le salut des âmes, humaines, mais aussi animales, les animaux étant particulièrement à l'honneur dans cet ouvrage.
Cette lecture a été une heureuse surprise !
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Les_lectures_de_Sophie
  09 mars 2019
Je voudrais mettre en avant le challenge #varionsleseditions lancé sur instagram par @madame.tapioca et @librairieenfolie dont le but est de mettre en avant de « petites » maisons d'édition. Chaque mois est consacré à l'une d'elle, et ce mois-ci, il s'agit des éditions Picquier.
Ce qui tombe très bien pour plusieurs raisons. La première et principale, c'est qu'il s'agit d'une maison d'édition que j'adore. Grâce à eux, je découvre la littérature asiatique au sens large du terme, autrement que par les mangas ! Car si j'adore les mangas, historiques notamment, on reste centré sur le Japon, et finalement, dans ce que je lis, assez rarement sur l'Asie contemporaine.
La deuxième raison, c'est que j'ai la chance de recevoir régulièrement des livres de chez eux, et que je suis heureuse, du coup, de pouvoir mettre en avant leur dernière parution, qui arrive en librairie aujourd'hui.
Il s'agit d'un court roman, dont le narrateur est un homme qui a choisit de rester dans son village suite au tsunami et à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Pourquoi ce choix ? A première vue pour veiller sur sa mère en fin de vie, et lui éviter la douleur d'un déplacement, et de mourir dans un lieu inconnu loin de son foyer. Mais il reste aussi car il a des comptes à régler avec son passé, et avec lui-même. Il a besoin de faire le point, et de se pardonner pour avancer. Y arrivera-t-il ? C'est une autre histoire… (ou plutôt c'est la même mais ne comptez pas sur moi pour tout vous divulgâcher^^). Il est extrêmement difficile de se pardonner ses erreurs, et de pardonner à ceux qui vous ont profondément blessé.
Il déambule donc dans la ville désertée, et rencontre des animaux, pour certains enfermés depuis probablement des jours depuis la catastrophe et l'évacuation. Il se prendra d'affection pour un chien, pas n'importe lequel, et fera quelques rencontres inattendues…
Les descriptions de ses errances en ville et de ses ballades sur la côte ravagée sont à la fois dures et pleines d'amertume, mais aussi et surtout de poésie. Cet homme, qui a choisi sa solitude pour accompagner sa mère, arrive à voir le beau dans ce qui reste de sa région natale. Un arbre, une fleur, un animal… tout est prétexte à rêverie et réflexion.
Je vous laisserai découvrir par vous même où ses réflexions et rencontres vont le mener, et s'il va réussir à avancer malgré les épreuves. Tout ceci est important dans le parcours de cet homme, qui a sur certains points résonné en moi, même si je retiens avant tout la poésie et la douceur avec lesquelles Shiga Izumi aborde le sujet difficile de la vie et de la résilience post catastrophe.
Bien que douce-amère, c'est une très jolie lecture, pleine de poésie.
Lien : https://leslecturesdesophieb..
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Realita18
  27 mars 2019
Un roman court mélancolique et poétique.
Ce roman est hanté par les tristes événements survenus en 2011 au Japon, les personnages sont imprégnés de la souffrance et de la détresse qui découlent de ces catastrophes. Un homme qui vit au milieu d'un village déserté, où la végétation et l'environnement qui l'entoure sont anéantis, trouve un chien abandonné dans une maison qu'il connaissait bien étant enfant. de là resurgissent différents souvenirs, liés à un fameux paon et à sa jeune maîtresse. On découvre un pan de son passé assez obscur qui l'a marqué à vie et l'on voit encore une fois à quel point certaines actions peuvent imposer une marque indélébile sur notre conscience.
Il rencontre différentes personnes et on a un bref aperçu de ce que les gens ont pu perdre dans cette catastrophe. Il rencontre une jeune femme qui sauve les chats abandonnés, lui avec son caractère un peu bourru finit par devoir se confier.
Sa relation avec sa mère est assez particulière, très profonde et très belle. Beaucoup de non-dits qui ont pu entacher cette relation.
Un très beau récit !
Lien : http://labullederealita.word..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   17 mars 2019
Cet été-là, je l'avais passé à ruisseler de sueur sous un soleil de plomb, écartant les herbes et les feuilles dans les rigoles des rizières ou les ruisseaux, à la recherche de grenouilles. A bout de souffle, je m'arrêtais un moment pour regarder le ciel, le vent traversait les rizières, soufflant au-dessus de ma tête dressée au milieu de la mer des épis verdoyants. Le bruit des vagues résonnait lourdement dans ma tête vide de pensées.
Si un orage me surprenait, j'allais m'abriter sous un arbre et je regardais la rizière éclairée par la lumière verdâtre des éclairs. La forêt d'un vert dense où s'enchevêtraient les feuillages bruissait sous le vent mêlé de pluie, comme un être étrange tremblant de tous ses membres verts. J'étais trempé jusqu'aux os, les grenouilles s'agitaient dans leur boîte en plastique. Je savais bien que si le tonnerre grondais, je devais m'éloigner des arbres, mais je n'avais aucun autre endroit où me réfugier. La seule chose que je pouvais faire était d'essayer de me protéger.
Les souvenirs que j'avais oubliés se bousculaient dans ma mémoire. Cependant, ils ne se recoupaient pas avec le paysage qui s'offrait à mes yeux. Ils flottaient dans le cosmos, je ne savais plus moi-même où je me trouvais. En fait de nostalgie, mon coeur se serrait jusqu'à éclater. Les larmes m'ont assailli. Il n'y avait personne pour me voir mais je me suis accroupi pour cacher mon visage en larmes, j'ai mis la main sur mes yeux. Un long moment, je suis resté à sangloter sans bruit, à cause du paysage disparu à jamais.
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OsmantheOsmanthe   18 mars 2019
Reiko a mis le chaton dans un panier qu'elle avait apporté et elle est sortie de la maison. Le soleil du crépuscule brillait sur la ville déserte avec un éclat blanc. Après avoir posé le panier sur le siège, comme elle allait s'installer au volant, je l'ai attirée contre moi sans un mot. Elle ne m'a pas repoussé.
"Je reviendrai bientôt." Le lobe de mon oreille a senti le souffle tiède de sa voix.
Quand j'ai levé les yeux tout en respirant l'odeur de ses cheveux, un paon à la cime d'un poteau électrique, enveloppé du rouge pâle des nuages, pointait un regard perçant vers le sol, puis il a gonflé ses ailes comme s'il allait fendre l'air du soir pour venir s'y poser.
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OsmantheOsmanthe   18 mars 2019
Depuis la catastrophe, je n'avais jamais emmené ma mère dehors. A présent qu'elle était morte, il était peut-être un peu tard, mais je voulais lui montrer la rue au moins une fois avant qu'elle n'aille dans l'autre monde.
Le quartier avait les couleurs de l'aurore, comme habité par une présence divine. Au-delà de la gare, le soleil venait de se lever sur la mer et une brume dorée brûlait d'une chaude lumière. Les montagnes derrière moi étaient revêtues de couleurs vives, quelques nuages roses flottaient ça et là dans le ciel. Le visage inondé par la lumière du soleil levant, ma mère m'a semblé heureuse. La tête inclinée sur sa poitrine, les yeux fermés, elle avait un visage dépouillé de tout regret, lavé de toute souffrance.
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OsmantheOsmanthe   11 mars 2019
Le chien levait le museau, cherchant à identifier le visiteur. Il hésitait, ne sachant s'il devait aboyer devant l'intrus ou agiter la queue en face de son sauveur. De toute façon, je n'avais rien sur moi à lui donner à manger. Sans nourriture, il ne devait pas y avoir grande différence entre les bons et les mauvais. J'ai regardé l'animal, d'un air de lui dire de ne rien attendre de moi. Parce que tu sais, mon vieux, moi non plus, depuis le sinistre, je ne mène pas une vie digne d'un être humain.
A-t-il lu dans mes pensées, j'ai surpris dans ses yeux une lueur de renoncement. Avançant sa tête pitoyable, il s'est traîné vers l'étang, a posé ses pattes sur la bordure en pierre et s'est penché pour boire. Il était tellement décharné que la peau de ses joues ballotait. Une corde attachée à un perchoir était passée à son collier. S'il fallait que les gens abandonnent leur animal, au moins, qu'ils lui laissent sa liberté, bon sang ! Est-ce qu'ils aimaient mieux laisser crever leur chien plutôt que d'avoir des comptes à rendre s'il se mettait à errer partout ? L'eau a dessiné des cercles autour du museau noir et le ciel qui se reflétait dans l'étang s'est déchiqueté. Il ne faisait pas de doute que l'eau était une véritable soupe d'éléments radioactifs.
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OsmantheOsmanthe   11 mars 2019
Cette petite ville du nord du Japon, située au bord de l'océan Pacifique, a été déclarée zone sinistrée devant être évacuée parce qu'elle se trouve à l'intérieur d'un périmètre de vingt kilomètres autour de la centrale qui a explosé. THREE MILE ISLAND, TCHERNOBYL, FUKUSHIMA, OU BIEN ENCORE HIROSHIMA, NAGASAKI, FUKUSHIMA. Le monde entier a été bouleversé, comme si des trous s'étaient ouverts dans la terre. C'est bien possible, et alors ? La ville aura beau être le point de mire de l'univers, c'est ma ville. Et moi, je ne suis pas parti, malgré l'ordre d'évacuer. Deux semaines ont passé. Mon corps est peut-être traversé d'innombrables radiations, je suis en vie. Même si d'innombrables cellules sont atteintes, à l'heure qu'il est, je vis, incontestablement.
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