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EAN : 9782330038199
133 pages
Actes Sud (07/01/2015)
4.01/5   506 notes
Résumé :
Pentalogie : L’ombre du chardon comprenant :
1 Azami (2014)
2 Hôzuki (2015)
3 Suisen (2016)
4 Fuki-no-tô (2017)
5 Maïmaï (2018)

Azami [Actes Sud, 2014 /// coll. Babel, 2018]

Mitsuo Kawano est étonné quand il croise par hasard un ancien copain d'école devenu président d'une importante compagnie. Il est encore plus surpris lorsque celui-ci l'invite dans un club très sélect où travaille une autre ancienn... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (111) Voir plus Ajouter une critique
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Cette couverture rose vif avait attiré immédiatement mon attention. Et puis, toutes ces critiques alléchantes ont fini par attiser ma curiosité... Après moins d'une heure et demi de lecture, me voilà tombée sous le charme d'une plume parfaitement dosée, fluide et sensuelle.

Il s'agit là d'une radiographie de la société japonaise, en général, et des relations de couple (conjugales, et extra-), en particulier... À travers le portrait de Mitsuo et de ses déboires sentimentaux, ce récit nous parle en filigrane de la réalité du mariage au pays du Soleil Levant. Serait-ce cette trop grande pudeur des sentiments qui conduit les couples, une fois unis et parents, à l'échec, à la frustration (affective, sexuelle), à l'indifférence et à la solitude ?!

Ce qui semble probant, c'est ce manque flagrant d'attention et de communication entre les conjoints, la place prédominante du travail, celle dévaluée des femmes (devenues mères)...

Bref, tout ce qui entrave l'épanouissement personnel, cet ingrédient essentiel à la bonne santé d'un couple.... Un ensemble confinant à l'adultère, presque fatalement, pire à l'acceptation passive (confort ?) ou, bien plus rarement, au divorce, socialement honteux.

Quant au portait de Mitsuko, cette fragile "fleur de chardon", célibataire et maman solo, ex-prostituée devenue serveuse et entraîneuse (escort-girl de luxe), son sort n'est pas tellement plus enviable.

Quelle triste réalité... Mais avec quelles justesse et saveur l'auteure a su la mettre en mots !!

Je suis, bien sûr, avide de découvrir la suite de cette série. (Merci encore pour l'échange de livres)

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Ouvrir un roman d'Aki Shimazaki, c'est sentir ce souffle de la passion orientale se lever sur ma nuque. C'est se laisser porter par une berceuse mélancolique pour une histoire courte aux sentiments intenses. Au toucher délicat que j'apporte à tourner chaque page, ses mots se transforment en une caresse gémissante de plaisir. Mon esprit vogue vers des rivages de sensualité. Une grue en origami m'accompagne tout au long de cette lecture. Une grue faite par Aki elle-même. Je l'imagine douce et sereine, pendant cet instant de concentration, faire des animaux en origami me fascine. Dans cet oiseau de papier, il y a toute la grâce de l'auteure et de sa poésie.

« Elle baisse la tête. Je vois sa nuque blanche et les quelques mèches de cheveux tombant dessus. La rondeur de sa poitrine ressort sous sa tunique. Je saisie ses bras. le parfum du savon. Soudain, mon corps frissonne. Je brûle de désir. Elle lève les yeux vers moi. Avant qu'elle ne prononce un mot, je couvre ses lèvres des miennes. »

Tes lèvres contre un silence. Dès que j'ai plongé mon regard dans les premières pages de ce roman, c'est comme si celui-ci plongeait dans le décolleté de Mitsuko. A travers son kimono légèrement ouvert qui laissait entrevoir la pointe de ses seins, je restais hypnotisé par la page, mon esprit s'évadait vers ce monde de sensualité. Frissons de plaisir. le silence accentue cette sensation.

« Dès qu'elle ferme la porte, j'embrasse son visage et sa nuque. Je touche son corps sous sa tunique. Elle ne porte rien dessous. Comme un fou, je caresse ses fesses, son dos, ses seins. Elle guide ma main vers les parties sensibles.

Toujours debout, elle me laisse entrer en elle. En la pénétrant, je pleure presque tant la sensation est exquise. Elle gémit en étouffant sa voix. »

A chaque court chapitre, je gémis de plaisir, besoin de refermer le livre. Actes Sud et sa couverture entre rose et violet. Actes sud et cette abeille butinant une fleur. Acte premier, celui d'ouvrir tes cuisses et de butiner ta fleur. J'aime prendre mon temps, dans ces moments-là, le temps est la seule chose qui me reste et qui défile par moment trop vite, par moment trop lentement. Je respire ton parfum, - une fleur ? chardon ou jasmin -, m'hydrate de ton pollen. Je peux reprendre ma sain(t)e lecture.

« Mitsuko regarde vers le plafond. Sa longue tunique en coton est relevée haut. Allongé sur le côté, je glisse ma main sur ses jambes soyeuses. Elle ferme les yeux.

Ce soir aussi, dès que je suis entré ici, je l'ai embrassée, comme un fou, sur le visage et la nuque. J'ai caressé ses jambes et ses fesses. Elle ne portait rien sous sa tunique. Mon corps brûlait. »

Mon corps brûlait de désir à chaque phrase, couchée là sur le papier, comme un papillon qui virevolte sous mes yeux ou une sirène qui s'allonge sur un banc de sable. Je ferme les yeux, je la vois. Elle, brune aux longues jambes. Rien dessous. Je n'en peux plus de cette attente. Se lever alors au milieu de la nuit, sombre et fraîche, blue moon, pour replonger dans ce bonheur éphémère, cet instantané de jouissance littéraire dans une lande couverte de fleurs de chardon, - ça me change de mes plaines poussiéreuses. le silence est toujours présent, une musique qui m'enveloppe, des mots qui me caressent, une sève qui coule. Azami.

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Ayant terminé le cycle de L'ombre du chardon par le début avec Azami, je n'ignorais pas le dénouement de l'histoire. Ce qui chez Aki Shimazaki est sans importance tellement priment sur tout le reste, à la fois la façon simple et sophistiquée dont l'histoire est racontée, et son ambiance sensuelle et poétique vraiment singulière.

Tout semble bien aller chez eux, ils sont en bonne santé, mariés depuis huit ans et parents de deux jeunes enfants. Pourtant cela fait presque trois ans que Atsuko et Mitsuo ne font plus l'amour, qu'ils vivent sexless. Une situation qui n'est pas exceptionnelle au Japon où après avoir conçu des enfants des épouses se refusent à leurs maris, et ferment les yeux sur leur fréquentation des maisons de plaisir. Une pratique que Mitsuo, qui aime toujours sa femme, a en toute bonne conscience jusqu'à ce qu'il tombe éperdument amoureux de Mitsuko, une ancienne camarade de classe devenue entraîneuse sous le nom d'Azami — fleur de chardon... irrésistible.

« Ce soir encore, ton oreiller est baigné de larmes.

À qui rêves-tu ? Viens, viens vers moi. Je m'appelle Azami.

Je suis la fleur qui berce la nuit.

Pleure, pleure dans mes bras. L'aube est loin. »

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Une très belle couverture pourpre m'a d'abord attirée comme l'abeille de la photo l'a été par le chardon, l'azami en japonais. Puis, 130 pages dévorées en apnée se sont achevées quand, captivée, je voulais évidemment connaître la suite. Madame Shimazaki, je vous en veux terriblement. Je vous découvre et vous me laissez frustrée, vous avez manifestement la manie des cycles. Est-il vraiment nécessaire de découper une oeuvre en petits opus, si ce n'est pour des considérations d'ordre financières, pour multiplier les ventes ?

Mais laissons de côté ma contrariété passagère et revenons au roman. J'apprends que vous écrivez directement en français, nul souci de traduction donc ni d'incompréhension culturelle, d'autant que vous avez eu l'excellente idée de joindre un glossaire des termes japonais utilisés à la fin de l'ouvrage. J'apprécie d'apprendre quelques particularités de votre culture.

J'avoue que votre écriture simple, précise, m'a un peu déconcertée au début, j'ai crains l'histoire banale vite expédiée. Mais rapidement l'écheveau de coïncidences troublantes qui se tissent doucement entre vos personnages parvient à créer une ambiance, un suspense auquel je reconnais m'être laissée franchement prendre. Là réside pour moi tout l'intérêt de cette histoire entre trentenaires de Nagoya et ses environs.

Que deviendront Mitsuo Kawano, rédacteur, et sa femme Atsuko, qui forme un couple sexless depuis la naissance de leur fils de quatre ans ? Un couple peut-il survivre à l'absence de contacts charnels ?

Les retrouvailles fortuites de Mitsuo avec d'anciens camarades de classe primaire, Gorô, président de l'entreprise familiale, gentil mais peut-être pas aussi désintéressé qu'il y paraît, et surtout la belle et envoûtante Mitsuko, devenue entraîneuse et serveuse de bar, premier amour de Mitsuo, forment la trame de ce premier titre.

Je salue votre talent, votre imagination et la finesse de votre analyse des sentiments amoureux. Ces retrouvailles sont adroitement menées, les menus détails insignifiants en apparence s'emboîtent progressivement, enfin et surtout, troubles et désirs rythment le récit.

J'espère juste qu'il ne faudra pas attendre trop longtemps...la suite.

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Mitsuo a une vie professionnelle et familiale équilibrée et réussie, mais une vie de couple sexless depuis la naissance de son deuxième enfant.

Un soir, sortant du travail, il rencontre Gorô, un ancien camarade d'école, qui l'emmène boire un verre dans un bar luxueux. Là il reconnaît Mitsuko, une entraîneuse, qui fut son premier amour d'enfance.

L'équilibre de sa vie va en être bouleversé...

Premier tome de la pentalogie, mais troisième que je lis. J'y ai donc retrouvé avec plaisir Mitsuko, héroïne de Hôzuki (le tome 2) et Gorô, le personnage principal du tome 3 (Suisen) qui ne joue ici qu'un rôle secondaire. Ne pas avoir lu les romans dans l'ordre ne m'a pas gêné.

Ce sont tous les trois de très courts romans, presque de longues nouvelles. Azami se lit avec intensité ; on a envie de tourner les pages et d'aller au bout sans pose.

Dans l'intention, il me semble que Azami est plus proche de Suisen que de Hôzuki. Ils décrivent des univers emplis de certitudes, que des rencontres hasardeuses vont faire voler en éclat. Les fins diffèrent néanmoins, laissant subsister un espoir dans Azami.

La plume de Aki Shimazaki est toujours aussi fine, claire et précise. J'ai trouvé qu'ici elle prenait un ton un peu trop froid, impersonnel, détaché. le texte traduit assez peu les sentiments des personnages et c'est au lecteur de prendre du recul pour les imaginer. le résultat est un texte qui ressemble à celui d'un reporter, factuel mais sans empathie. Mais c'est aussi ce qui en fait l'originalité !


Lien : http://michelgiraud.fr/2022/..
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critiques presse (1)
Culturebox
05 janvier 2015
Les romans d'Aki Shimazaki décrivent un certain rapport au temps, et au monde : l'odeur d'une fleur, la forme des villes, le goût des aliments, les sons du monde, y tiennent pleinement leur place. On y retrouve aussi l'attachement aux symboles, aux signes, à la destinée. La chimie très absorbante de ce roman donne envie d'y rester.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation

— Je me suis marié avec elle par miaï [rencontre arrangée]. C’est une femme gentille et attentionnée. En plus, c’est une bonne mère. Je ne me plains pas. Mais j’ai besoin de changement.

— Est-elle au courant pour tes maîtresses ?

— Peut-être que oui, peut-être que non. Mais quel avantage aurait-elle à le savoir ? Si j’en avais seulement une, ce serait inquiétant pour elle, mais ce n’est pas le cas. Mes maîtresses, ce ne sont que des aventures. Je n’ai aucune intention de divorcer d’avec ma femme. 

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- Si on ne se marie que par convention comme par -miai-, on reste tout le temps entre gens du même genre. Les riches entre eux, les gens instruits entre eux. C'est inquiétant.

-Pourquoi inquiétant ? C'est normal que les riches se rencontrent entre eux pour protéger leur fortune. Les gens instruits souhaitent que leurs enfants le soient aussi.

-Oui, c'est normal. Mais il n'y a pas de mélange entre les gens de milieux différents. Par exemple, si les pauvres sont toujours coincés entre eux, leurs enfants seront défavorisés, ce qui peut les pousser vers le crime. (...)

- Et si les criminels sont coincés entre eux et que ça se répète au fil des générations, les problèmes sociaux s'aggraveront. (...)

-Alors, conclut Mitsuko, l'intégration par l'amour permettrait d'atténuer ces problèmes.

-Ah, je comprends maintenant ce dont tu parles.Comme ça, la société deviendrait plus juste ! (p. 96)

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Dès qu’elle ferme la porte, j’embrasse son visage et sa nuque. Je touche son corps sous sa tunique. Elle ne porte rien dessous. Comme un fou, je caresse ses fesses, son dos, ses seins. Elle guide ma main vers les parties sensibles.

Toujours debout, elle me laisse entrer en elle. En la pénétrant, je pleure presque tant la sensation est exquise. Elle gémit en étouffant sa voix.

A l’instant où une inquiétude m’envahit, elle me prend le visage dans les mains :

-Ça va, Mitsuo. Je n’ai plus d’ovaires.

Je l’allonge sur le tapis et nous continuons à faire l’amour.

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Nous sommes devenus plus intimes à l'occasion du dîner d'adieu d'un de nos collègues. Et un an plus tard, nous nous sommes mariés ; elle a quitté la compagnie à ce moment là.

C'est une femme solide et intelligente. Aussi sage que patiente, elle est une excellente mère. C'est exactement ce que je voulais pour ma future épouse. Bien éduqués, les enfants se développent sainement et j'en suis très heureux. Par ailleurs, elle tient efficacement le ménage et je peux me consacrer à mon travail en toute quiétude.

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Ce soir encore, ton oreiller est baigné de larmes.

A qui rêves-tu ? Viens, viens vers moi.

Je m'appelle Azami. Je suis la fleur qui berce la nuit.

Pleure, pleure dans mes bras. L'aube est loin encore ...

(berceuse...)

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