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EAN : 9782742764846
155 pages
Actes Sud (03/01/2007)
4.13/5   535 notes
Résumé :
Quand la compagnie d'import-export Goshima de Tokyo se propose d'affecter Takashi Aoki à sa succursale de Paris, ce jeune employé prometteur se trouve à un point tournant de sa vie puisqu'il vient de rencontrer enfin la femme avec qui il souhaite fonder une famille, Yûko Tanase. Mais il sait aussi que les lois silencieuses et impitoyables de sa société, à l'intransigeance impériale, peuvent écraser d'un doigt les relations humaines des êtres qui ne font pas partie d... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (115) Voir plus Ajouter une critique
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sur 535 notes
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latina
  09 juillet 2013
Et moi qui pensais que le Japon était civilisé ! Ce roman de l'écrivaine Aki Shimazaki m'a totalement détournée de cette vision...
Takashi Aoki travaille, avec joie et fierté, dans une des plus grandes compagnies d'import-export du pays : la compagnie Goshima de Tokyo. Il y exerce la fonction de commercial, fonction qui lui prend tout son temps, car très souvent, il doit accueillir des visiteurs importants pour leur faire visiter quelques sites ou doit même partir à l'étranger pour établir des contacts avec des clients.
Sans oublier bien sûr « aller boire après le travail, qui est une coutume qu'on ne peut ignorer. Si l'on souhaite rester dans la même compagnie, il faut accepter ce mal nécessaire, car cette obligation régit les relations humaines au sein de la société japonaise ». Et c'est à partir de cette obligation que tout se grippe. C'est là que j'ai senti que la vie privée n'avait pas de poids, au Japon. Un homme marié qui désire rentrer chez lui après le travail pour passer du temps avec sa famille...est mal vu ! Il est écarté, mis au rancard !
Et ce n'est pas tout : le souci du client est tel que l'entreprise manipule (mal)adroitement ses employés dans leurs histoires de coeur. D'ailleurs, peut-on vraiment parler d'histoires d'amour quand tout est décidé à l'avance ? Takashi va en faire les frais, lui qui tombe amoureux d'une jeune fille travaillant dans cette entreprise...
Aki Shimazaki, à petites doses et très progressivement, distille le poison qui lentement, s'insinue dans nos veines d'Occidentaux. Au début du roman, je me disais que cette vie de cadre était tout à fait normale et épanouissante, puis au fur et à mesure, des indices viennent déposer le soupçon dans mon esprit, indices de plus en plus gros, qui éclatent finalement en un scandale impossible à accepter. Et pourtant, si !
L'amour ou le travail ? La famille ou les clients ? L'intimité ou la sociabilité à outrance ? Ces dilemmes, c'est la réalité au Japon !
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Annette55
  04 janvier 2019
Ce petit livre est un moment de pur bonheur.
L'ecriture sensible et délicate peint un univers sans pitié.
Surtout, surtout ne point faire de vague, ne pas perturber "le Wa ": harmonie , paix et union au Japon....
Faire ce que l'on vous demande sans rechigner, se conformer aux désirs des puissants ....
Brillant employé prometteur d'une compagnie d'import- export Takashi Aoki doit partir à Paris .
Il tombe amoureux de Yûko Tanase -----jolie réceptionniste distinguée -----qui apprend le français comme lui....
Nous plongeons au coeur de cette société japonaise pétrie de traditions qui compliquent les promesses de bonheur au café Mitsuba de ces deux tourtereaux ....
Rien ne sera simple dans un univers intransigeant, figé et rigide , aux lois silencieuses impitoyables et implacables ..
L'auteur met en exergue avec grâce et sensibilité la complexité de la vie amoureuse au Japon, la naïveté des personnages et le devoir social , si important !
A quel point le monde du travail peut perturber ou détourner la vie des êtres qui ne font pas partie des puissants , un frein absolu à la liberté individuelle dans un monde froid ....
Pas un mot de trop chez cet auteur, lecture rapide et agréable . '
J'aime les romans japonais !


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fanfanouche24
  13 mai 2019
Je poursuis mes lectures de Aki Shimazaki... avec cette fois un symbole de promesse , pour le Japon [et pour nous Européens, signe de chance, de bonheur ], je voulais nommer le "Mitsuba": Trèfle (ou trois feuilles )
Encore un petit bijou... qui en dit bien long sur la vie japonaise... Comme dans chaque récit, Aki Shimazaki se dévoile aussi attachée aux beautés, particularités uniques du Japon, son pays de naissance qu'extrêmement
critique, lucide sur les travers des gouvernants,en politique comme à la tête des entreprises ainsi que sur les souffrances morales de ses concitoyens !
Nous sentons d'entrée de jeu... que dans cette fiction, Tabashi Aoki, le narrateur est accaparé par son travail dans une importante compagnie d'import-export à Tokyo où avait déjà travaillé son père, et ce, jusqu'à
l'épuisement total et une mort prématurée !!
Il fallait se vouer à la nation, et redresser le pays après les affres de la guerre...
L'individu ne représente donc pas grand-chose !!
La nation, l'entreprise, la réussite professionnelle tout est là, au détriment de toute existence personnelle...
On apprend à Tabashi, doué en langues et connaissant le français, qu'il va être muté prochaînement à Paris... Il en est très honoré tout en étant bien perplexe car il est amoureux de Yûko...qui travaille elle-même dans la même compagnie... Mais le fils du principal banquier de l'entreprise veut se marier avec yûko....
Que deviendra la promesse des amoureux face au poids des puissants et des directeurs de la célèbre compagnie ?
On croise à nouveau Nobu, son ami... qui n'a pas pu rester dans cette compagnie car il refusait d'aller à l'étranger , en mission; qu'il souhaitait préserver sa vie de couple... Il est impensable de raisonner ainsi, de faire passer sa vie personnelle avant ses devoirs envers l'Employeur ou l'Etat !! ...d''exprimer la moindre opinion individuelle, ou une différence (même minime) dans son comportement social !...
"Il est dommage que son supérieur n'apprécie pas l'efficacité de Nobu au travail . Il veut que Nobu se comporte comme tout le monde pour ne pas troubler le wa (harmonie) c'est ironique , car ce mot signifie aussi "Japon" . Je songe au dicton :"le clou qui dépasse se fait taper dessus" . C'est triste mais c'est une réalité
qu'on ne peut ignorer dans cette société."
Une société fascinante par certains côtés, et absolument terrifiante, par d'autres aspects, dont ceux que je viens d'énumérer, de décrire ...
"Il est connu comme un -aïsaïka-. [: homme qui traite sa femme avec égards]. Depuis son mariage, il rentre à la maison directement alors que la majorité d'entre nous fréquentons les bars ou les restaurants jusque tard dans la nuit. Il ne joue ni au golf ni au mah-jong. C'est évident qu'il s'isole ainsi de ses collègues. Quoiqu'il expédie bien ses affaires, d'après ce que j'ai entendu dire, il n'est pas apprécié par son supérieur à cause de son attitude distante. D'ailleurs, ce supérieur n'aime pas le fait que Nobu est chrétien. En réalité, quand on prononce le mot -aïsaïka-, c'est plutôt pour ironiser sur quelqu'un comme Nobu, qui ne s'intéresse pas assez à son avancement professionnel. "(p. 23)
Takashi comme son camarade, Nubo... vont tenter dans ces règles sociales impitoyables...de ne pas complètement abdiquer leur vie et leur personnalité,
mais à quel prix !! On s'attache à Takashi, à ses efforts, ses combats pour une vie différente de son père, qui fut "sacrifié" sur l'autel de la Compagnie !...
Comme chaque fois, nous retrouvons des années plus tard, Takashi et l'auteure nous réservera une surprise de taille !
Un texte bouleversant, au style fluide et plein de légèreté...Une lecture forte gardant en dépit de règles sociales écrasant les individus, une luminosité
irradiant des personnages constructifs, courageux et bienveillants !..... Belle lumière induite par la tendresse qu' Aki Shimazaki éprouve pour ses personnages !!
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Marple
  16 avril 2014
C'est mon premier Aki Shimazaki mais ce ne sera certainement pas le dernier, tant son univers m'a séduite et intriguée. En fait, elle écrit de courts romans épurés sur la société japonaise, presque des nouvelles, qui s'assemblent pour former de grandes fresques, le héros du roman 1 étant un second rôle du roman 2, et ainsi de suite. Apparemment, elle écrit directement en français depuis son installation au Quebec, intégrant simplement les quelques termes japonais intraduisibles ou indispensables à l'ambiance.
Ici, on est immergé dans le Japon des années 80, celui des grandes compagnies internationales et de leurs shosha-men, ces businessmen qui doivent travailler comme on pratiquerait une religion, celui aussi des mïaï, ces mariages arrangés d'un autre âge qui se pratiquent encore pourtant, celui enfin où la froideur, l'absence de sentiment et la retenue sont érigées en valeurs... On y suit Takashi Aoki, le shosha-man amoureux, confronté à un dilemme aberrant entre Yuko sa belle et Goshima sa firme. L'immersion est profondément dépaysante, parfois effrayante, mais aussi étonnante et intéressante.
S'il y a beaucoup de cruauté et d'injustice dans le monde de Takashi, elles sont dissimulées derrière le masque d'une courtoisie parfaite. Il y a donc beaucoup de délicatesse, de pudeur et de poésie dans ce roman. Il y a surtout de petites perles d'humanisme, telles la métaphore du clou qui dépasse, et deux ou trois hommes bons et généreux, comme Toda ou Nobu. Dans le roman, Takashi dit que ces quelques hommes suffisent à lui donner envie de travailler pour la firme, je le paraphraserai en disant qu'ils suffisent aussi à donner un peu d'espoir dans cet univers déshumanisé, désincarné et complètement moutonnier...
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sabine59
  28 août 2021
Entamer une pentalogie de l'auteure est toujours un grand plaisir. Je n'avais lu d'" Au coeur du Yamato" que le troisième tome, " Tonbo", et j'ai voulu reprendre ma lecture dans l'ordre .
Mitsuba, le trèfle à trois feuilles...symbole de promesse en japonais...shamrock irlandais...
C'est au café qui porte ce nom que Takashi Aoki , trentenaire ambitieux, donne depuis quelques temps rendez-vous à la jolie réceptionniste de son entreprise, Yûko, dont il est amoureux. Il est fier d'être un shôsha-man ( employé d'une firme commerciale) . Et il désire épouser Yûko, qui accepte.
Socialement et sentimentalement, tout semble donc aller pour le mieux. Mais c'était sans compter l'emprise psychologique, le harcèlement moral que les grandes sociétés japonaises exercent sur leurs salariés... Effarante et révoltante réalité de femmes et d'hommes dévoués à leurs entreprises jusqu'à en perdre toute vie de famille., toute liberte individuelle... A moins de démissionner...
Je me suis beaucoup attachée aux personnages, écartelés entre leurs désirs profonds et le poids social, professionnel. L'écriture est toujours délicate et sensible. J'ai trouvé la fin fort émouvante, le tremblement de terre de Kobe en arrière-plan donne une dimension tragique aux destins.... Je suis impatiente de découvrir la suite! Mitsuba,une promesse de lecture à venir tout aussi réjouissante.
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Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   07 septembre 2019
Allongé sur le sofa, je songe à Yûko. Je vois son image au café Mitsuba, dans le shinkansen, dans la chambre d'hôtel à Kobe, devant le merveilleux panorama nocturne... Elle sourit, elle parle, elle chuchote, elle mange, elle marche, elle dort dans mes bras... Je vois son profil même à Montréal que je ne connais pas. Toutes ces images ne sont-elles qu'un rêve maintenant? Sa voix douce et claire, son espièglerie, son élégance, ses mains délicates, son corps souple.. .Je les ai perdus. Mes joues se mouillent de larmes.
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luocineluocine   13 octobre 2012
Il est dommage que son supérieur n'apprécie pas l'efficacité de Nobu au travail . Il veut que Nobu se comporte comme tout le monde pour ne pas troubler le wa (harmonie) c'est ironique , car ce mot signifie aussi "Japon" . Je songe au dicton :"le clou qui depasse se fait taper dessus" . C'est triste mais c'est une réalité qu'on ne peut ignorer dans cette société.

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MoanMoan   21 octobre 2012
Aller boire après le travail, c'est une coutume qu'on ne peut ignorer. Si l'on souhaite rester dans la même compagnie, il faut accepter ce mal nécessaire,car cette obligation régit les relations humaines au sein de la société japonaise.
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PalmyrePalmyre   27 décembre 2013
Les femmes sont compliquées, leurs gestes envers les hommes qu'elles aiment sont souvent différents de leurs pensées.
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MegGomarMegGomar   01 novembre 2021
J’ai considéré sérieusement les paroles de monsieur Toda à propos de
l’invitation de la compagnie Goshima. Cependant, je n’ai pas voulu être
accepté à cause de mon père. Alors, j’ai décidé d’étudier l’économie à
l’université et d’apprendre des langues étrangères à l’école privée. Sans
connaître mes plans, ma mère et mon grand-père étaient contents de me voir travailler avec zèle pour le concours d’entrée de l’université que j’avais
choisie.
C’est pendant ma quatrième année à l’université que mon grand-père est
décédé d’un cancer de l’estomac. Sa mort a été plutôt subite et pendant
quelque temps je suis resté désorienté.
Il avait été tout le temps à nos côtés, ma sœur et moi. Quand notre père
était absent, il s’occupait de nous comme un père. Sa présence était
précieuse pour nous. Je suis alors devenu le seul homme dans la famille, je
me sentais responsable de ma sœur et ma mère. Je les ai aidées autant que je pouvais jusqu’à la fin de mes études.
En 1974, je me suis présenté à l’examen d’entrée de la compagnie
Goshima, qui était toujours l’une des plus populaires chez les étudiants qui
souhaitent devenir shôsha-man. J’ai demandé un poste d’attaché
commercial. Monsieur Toda était devenu le chef du département des
affaires étrangères. C’était l’année qui a suivi la crise du pétrole. Puisque la
plupart des entreprises avaient déjà réduit le nombre de nouveaux
employés, la concurrence était très sévère. Beaucoup de mes collègues qui
s’y sont présentés comme moi n’ont pas eu de chance.
Lors de l’entrevue, le directeur du personnel a apprécié mes excellentes
notes et ma capacité de parler deux langues étrangères : l’anglais et le mandarin. Il a aussi remarqué mon caractère énergique. Au lycée, j’avais
fait du tennis et été une fois champion lors d’une compétition régionale. À
l’université, j’avais gardé ce sport comme passe-temps.
Plus tard, monsieur Toda m’a appris que j’avais été choisi en premier
parmi les candidats finals. Il m’a répété : « Ton père serait content de toi ! »
Quant à ma mère, elle semblait embarrassée que je sois devenu shôsha-
man dans la même compagnie que mon père. Pourtant, plusieurs membres
de la famille Aoki y travaillaient depuis longtemps et j’en étais fier.
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