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EAN : 9782742793907
136 pages
Éditeur : Actes Sud (04/05/2011)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 251 notes)
Résumé :
Nobu a fondé en 1981 un juku, établissement de cours privés spécialisé dans la préparation des examens. Six ans plus tard, avec la visite inattendue d’un homme qui réveille le souvenir du suicide de son père, il apprend une tout autre histoire que celle qui a assombri sa jeunesse. Professeur respecté, injustement accusé d’avoir provoqué la mort d’un élève rebelle, le père de Nobu avait vu son destin littéralement pris dans les mailles inextricables d’une rivalité d’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  10 septembre 2019
Nobu est un fils sans père- un thème récurrent de cette pentalogie où les pères meurent d'épuisement au travail,-Mitsuba- disparaissent pour permettre à leur famille de vivre sans déshonneur -Zakuro- ou se suicident harcelés par des campagnes de dénigrement injustes -Tonbo.
Nobu est un fils sans père , donc, et un homme qui oppose à l'injustice, à la sujétion, au sacrifice de l'individu,  le pouvoir du libre arbitre, de l'initiative individuelle.
Et qui ose substituer aux valeurs toutes puissantes d'un capitalisme ancré dans les traditions féodales de soumission au chef, les ambitions d'une pédagogie de la confiance, du soutien, de la créativité.  Il quitte la grande compagnie Goshima et crée une école du soir, un juku, fondée sur ces valeurs, pour permettre aux collégiens d'intégrer l'école de leur choix.
Son école porte un nom ailé,  diapré , joyeux comme une ancienne chanson,  léger comme l'insecte qu'elle désigne : Tonbo, la libellule.
A travers elle, et grâce à des emboîtements de récits- gigogne, Nobu redonne sens et honneur au métier et à la vie de son père,  enseignant calomnié.
Il retrouve la gaieté de la chanson enfantine fredonnée par sa fille.
En somme, il renoue les deux bouts de son histoire, il les accole. 
Ne dit-on pas que deux libellules qui s'accouplent forment un coeur?  Et que ce coeur a la forme même du Yamato, le vieux Japon primitif?
Le  coeur du pays, le coeur d'un père, le coeur d'un fils.
Le nom d'un insecte ailé,  celui d'une chanson, celui d'une école et celui d'une petite fille.
Ce troisième livre  tisse des correspondances plus étroites entre passé et présent, tradition et modernité.  
La trame se serre, le fil se tend, la navette passe et repasse entre les personnages.
Le chagrin se console, la blessure se ferme, la poésie s'incante, le coeur se berce.
Je suis au coeur du labyrinthe et je ne veux surtout plus en sortir. Je ne lâche pas le fil.. .
Impossible de refermer ce bestiaire fabuleux,  cet herbier délicat , où fruits,  fleurs,  insectes dessinent une cosmogonie complexe , malgré des phrases toutes simples, des histoires toutes nues.
 Touché(e) par  une simplicité si profonde, une complexité si limpide.

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Commenter  J’apprécie          498
fanfanouche24
  12 mai 2019
Je suis "tombée" dans l'univers d'Aki Shimazaki...qui me captive totalement: le style épuré, poétique, des secrets, des histoires de vie, l'histoire du Japon, les usages & coutumes du pays...le poids des
conventions sociales au Japon, l'univers implacable du travail et de la compétitivité, l'ostracisme des Japonais à l'égard des Chrétiens, etc. Un suspens toujours très savamment dosé !...

Vu ma boulimie et ma curiosité du moment, j'ai fait une "razzia de réservations" de cette auteure à la médiathèque... Je constate au flux continu des emprunts des ouvrages d'Aki Shimazaki qu'elle est très "populaire" en France, et lu par un cercle des plus "fidèles" !
Comme je l'ai exprimé dans une précédente critique je lis les textes dans le désordre, indépendamment les uns des autres; ce qui ne gêne en rien...[Celui-ci "Tonbo" est le 3ème volet du cycle " Au coeur de Yamato"]
J'en arrive enfin à l'histoire de cet opus sous le cygne de "la libellule" ["Tonbo"]...nom donné par le narrateur, Nobu (sur l'idée de sa petite fille) à son institution de cours du soir ["juku" ] qu'il a créée après avoir dû quitter une grande entreprise, où un nouveau "chef" lui menait la vie dure,
l'avait pris en grippe !
Ce lycée du soir est une réussite dont Nobu est d'autant plus heureux qu'il réalisait en quelque sorte le rêve de son père, professeur ! Il est heureusement marié, a une petite fille...
Et un jour...il est contacté par un homme, Jirô, qui fut l'élève de son père; ce dernier... nous l'apprenons s'est suicidé quinze années auparavant, tourmenté et malheureux , après le décès brutal d'un lycéen rebelle et vindicatif ! Jirô...élève très apprécié de ce professeur était malmené, harcelé par Kazu (l'élève décédé...dont le "père -professeur" sera accusé totalement injustement de sa mort !)
Curieusement, Jirô ne viendra pas aux obsèques de son professeur, qu'il aimait pourtant... d'où l'incompréhension du fils, le narrateur !
Jirô, après toutes ses années de silence, viendra s'excuser et expliquer les éléments non-dits de cette tragédie passée entre deux lycéens, et un professeur qui a tenté de freiner, gérer une relation toxique entre deux lycéens à problèmes,.un face à face cruel entre deux adolescents: une victime, un bourreau... et un professeur impliqué, tentant de briser le cercle infernal !...
Deux extraits décrivent fort bien ce rapport destructeur et ambigu. Un professeur trop sensible, dépassé sans doute par cette violence
adolescente et mortifère, "démoli"ensuite par les commentaires mensongers des journalistes et d'une partie de l'entourage...!
Jirô se racontant,coupable de ne pas avoir soutenu son professeur, explique jusqu'à sa passion de la littérature russe, induite par cet événement cruel....
"-Pourquoi Kazu vous persécutait-il ?
- Au début , je pensais que c'était par jalousie.
Il était l'élève le plus brillant de l'école avant mon arrivée. Mais maintenant je ne pense plus ainsi.
- Alors, dis-je, quel était son problème ?
-Le problème de Kazu ? Non., c'était notre problème, à nous deux, comme agresseur et victime.
Nous étions attirés l'un vers l'autre, étant tous deux des enfants à problèmes. "(p. 90)

"Mais pourquoi la littérature russe ?
- A l'époque où je fréquentais un -teijisei- [= lycée du soir] à Yokohama, ma mère m'emmenait souvent au restaurant Zakuro, près de Chinatown. (...) Un jour, j'ai entendu deux vieux messieurs parler de Soljenitsyne et de la vie au goulag. L'un expliquait : " un thème récurrent de la littérature russe est la relation entre le tourmenteur et sa victime." j'ai été saisi en pensant à ma relation avec kazu. J'ai aussitôt lu cet auteur ainsi que Dostoïevski. Graduellement, l'envie m'a pris d'étudier la littérature russe." (p. 100)
Une histoire fort triste, enchaînant un tragique concours de circonstances, qui se poursuit heureusement de façon sereine et lumineuse... comme pour "racheter" , réparer le passé....Je n'en dirai pas plus long !!
Comme je l'écrivais en début de ce billet, nous retrouvons les mêmes thèmes récurrents dans des histoires de vies très différentes, avec toujours
un secret... qui est le moteur de la narration et du suspens ! Un délicieux moment de lecture...
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Annette55
  06 janvier 2019
Encore un roman délicat , au style épuré et sobre, une petite merveille de lecture comme une petite boîte à musique qui diffuserait une ritournelle sans fin: ici " la libellule" , nom donné à l'établissement de cours privé que dirige Nodu.
" La libellule rouge sous le soleil embrasé " plane dans le ciel avec délicatesse et raffinement ... Parce que la petite Fìlle de Tonbu chantait une comptine enfantine ...." Les lunettes des libellules sont des lunettes bleues parce qu'elles ont volé dans le ciel bleu..."
Marié et pére de famille Nobu ---après sa démission de la compagnie Goshima -----oú il avait travaillé sept ans fonda le Juku , "Tonbo " cours privé en dehors des heures régulières d'école au Japon.
Il se sent bien dans cet endroit même si une nostalgie lancinante le ronge , en rapport avec l'histoire de son pére, professeur respecté , qui a assombri sa jeunesse. ...
Son épouse, la délicieuse Hakuro, infirmière , positive et souriante , ouverte et aimante, le réconforte et l'apaise .
Un jour se présente un homme qui va réveiller les fantômes du passé .....
Réussira t- il à l'aider à sortir de ce drame ancien?
C'est un roman fascinant entre modernité et coutumes ancestrales , au coeur du fonctionnement du système scolaire au Japon, où les relations entre vie professionnelle et sociale sont beaucoup plus complexes qu'en France , où les secrets et les non - dits étouffent et paralysent familles et personnes ...
Vivre au Japon ne doit pas être facile où travail ,famille , éducation, devoir, rang dans la société sont des piliers mais où les différences sont mal vécues ....
Une pure merveille de raffinement, de poésie , de beauté , mots simples , merveilleusement choisis , phrases courtes, comme une mélodie subtile et fascinante donnent une grâce infinie , un charme émouvant à ce récit même si ce ne sont pas les mêmes thèmes que dans les opus précédents .
Cet ouvrage est assez statique.
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sabine59
  07 mars 2017
Tonbo ou la libellule... Un petit livre choisi par impulsion, troisième volet d'un cycle romanesque, dont il me tarde de lire les deux autres .
Je découvre une auteure tout en finesse et sensibilité. Et un personnage à la tristesse poignante: Nobu. Traumatisé par le suicide de son père, accusé d'être responsable de la mort d'un de ses élèves, il a dû quitter sa région natale avec sa mère. Devenu adulte, après son licenciement d'une société, il décide de créer un junku, c'est-à -dire au Japon, un cours privé où les élèves viennent étudier le soir.
Le junku Tonbo,ou libellule, appelé ainsi parce que la fille de Nobu chantait une comptine enfantine:
" Les lunettes des libellules sont des lunettes
Des lunettes bleues, parce qu'elles ont volé dans le ciel bleu
Parce qu'elles ont volé dans le ciel bleu"...
Et dans la symbolique des mots japonais, il revêt bien d'autres significations, ce terme "tonbo". En particulier pour Nobu.
Il se sent bien dans cet endroit ,même si une nostalgie lancinante lui serre le coeur, avec sa femme, la sereine et délicieuse Haruko, qui lui apporte réconfort et amour, et ses enfants.Il s'investit avec passion dans son école. Quand un jour arrive Jirô , un fantôme du passé. L'aidera-t-il à panser ses blessures?
J'ai beaucoup apprécié le style épuré, où les sentiments, les chagrins secrets transparaissent. Je me suis attachée à Nobu, beau personnage hanté par une tragédie familiale, porteur d'un poids trop lourd, et qui reste cependant courageux et digne.
-Savez-vous qu'on les appelle aussi "Libellules âmes des morts"?
- Oui. Je trouve cela très poétique.
Les libellules de cet émouvant roman s'envolent avec délicatesse dans le ciel, bleu, bleu et ont touché mon âme ...
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latina
  04 octobre 2019
« Les lunettes des libellules sont des lunettes bleues parce qu'elles ont volé dans le ciel bleu
Les lunettes des libellules sont des lunettes brillantes parce qu'elles regardaient le soleil
Les lunettes des libellules sont des lunettes rouges parce qu'elles ont volé dans le nuage embrasé »
Tonbo no megane, cette jolie chanson traditionnelle, la petite fille de Nobu la chante tout le temps. Elle parle de la libellule, ‘tonbo », cet insecte qui remonte de ville en ville vers le Nord, où elle meurt.
Ce roman plein de l'âme japonaise m'a remplie, il n'y a pas d'autre mot. Je me suis sentie comblée par la profondeur des personnages, par le désir intense du héros de préserver le kokugo, la langue nationale, en la transmettant aux élèves de son juku, l'établissement qu'il a créé.
Ce roman m'a parlé de la vulnérabilité, à travers le harcèlement dont le père de Nobu, enseignant, a fait les frais ; dont un élève de cet enseignant, également, a souffert.
« Il voulait me faire souffrir par n'importe quel moyen. Il sentait ma faiblesse : j'avais peur de lui. Nous étions maladifs tous les deux. Agresseur et victime : nous étions attirés l'un vers l'autre. »
Cette vulnérabilité est le coeur de l'histoire. Elle est intimement liée à la cruauté, qui peut toucher chacun d'entre nous.
Ce roman m'a touchée par la souffrance infinie qui transparait dans ses lignes.
Nobu a perdu son père.
Un élève de son père a perdu le sien.
Le père de Nobu a perdu son travail, sa confiance en soi et son but dans la vie.
Ce roman susurre la souffrance d'un fils, d'un père, et leur culpabilité.
Est-on responsable des actes de son père ?
La perte, la souffrance, mais aussi l'espoir.
Les libellules sont les symboles de l'âme des morts qui viennent en aide aux vivants.
La clarté revient toujours.
La vie, cette éblouissante aventure.
Les lunettes des libellules sont des lunettes brillantes parce qu'elles regardaient le soleil.
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   11 mai 2019
-Mais pourquoi la littérature russe ?
- A l'époque où je fréquentais un -teijisei- [= lycée du soir] à Yokohama, ma mère m'emmenait souvent au restaurant Zakuro, près de Chinatown. (...) Un jour, j'ai entendu deux vieux messieurs parler de Soljenitsyne et de la vie au goulag. L'un expliquait : " un thème récurrent de la littérature russe est la relation entre le tourmenteur et sa victime." j'ai été saisi en pensant à ma relation avec kazu. J'ai aussitôt lu cet auteur ainsi que Dostoïevski. Graduellement, l'envie m'a pris d'étudier la littérature russe. (p. 100)
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sabine59sabine59   07 mars 2017

La rivière me fait penser à ma ville natale, Kobe. Près de chez mes parents coulait une grande rivière menant jusqu'a la baie Osaka. L'eau était pure. Je m'y baignais avec mon frère. Au printemps, mon père y allait pour pêcher et cueillir des tsukushi.
Soudain, je sens la douleur m'envahir: devant mon esprit passe l'image de mon père, seul au bord de l'eau. Sa silhouette de dos reste immobile, longtemps, comme s'il était déjà mort.
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fanfanouche24fanfanouche24   12 mai 2019
- On a déjà dépassé le nombre d'élèves qui vont partir pour le lycée. C'est encourageant, n'est-ce-pas ?
Voilà en effet une très bonne nouvelle. Je devrais m'en réjouir. Mais je m'inquiète de l'économie du Japon. je suis toujours d'avis que cette prospérité ne durera pas. " Il faut faire quelque chose en prévision..." Je regarde les tulipes sur le rebord de la fenêtre. Elles me rappellent la crise de la tulipe en Hollande, en 1637, une des premières bulles spéculatives de l'histoire moderne. (p; 23)
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fanfanouche24fanfanouche24   12 mai 2019
-Pourquoi Kazu vous persécutait-il ?
- Au début , je pensais que c'était par jalousie.
Il était l'élève le plus brillant de l'école avant mon arrivée. Mais maintenant je ne pense plus ainsi.
- Alors, dis-je, quel était son problème ?
-Le problème de Kazu ? Non., c'était notre problème, à nous deux, comme agresseur et victime. Nous étions attirés l'un vers l'autre, étant tous deux des enfants à problèmes. (p. 90)
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polarjazzpolarjazz   21 janvier 2017
Je suis devenu chrétien à la mort de mon père. Plus précisément, après ma rencontre avec Haruko. Auparavant, j'étais bouddhiste non pratiquant, comme mes parents et comme la plupart des Japonais.
Lorsque je suis venu à Tokyo pour travailler à la compagnie Goshima, J'ai retrouvé mon ami d'enfance de Kobe. Il m'a présenté à ses amis et je me suis lié d'amitié avec l'un d'eux, qui comme moi aimait la littérature. Celui-ci était chrétien.
Un jour, il m'a invité à son église pour assister à une séance de lecture de la Bible. Je l'ai suivi par curiosité. L'ambiance était agréable et le pasteur amusant. A la fin de la soirée, on a chanté un hymne. J'ai continué d'assister aux séances, qui se tenaient les jeudis soirs. Je ne pensais pas devenir chrétien, et personne ne me le demandait. Mais pour moi, cette activité était bien plus agréable que de sortir boire avec mes collègues de la compagnie. Et c'est là, dans cette église, que j'ai rencontré Haruko.
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