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Critique de melumelo


melumelo
  28 mai 2017
Bioshock, c'est tout d'abord un jeu vidéo, au succès retentissant entraînant 2 suites. le jeu plonge le joueur dans une cité utopique, « Rapture », construite sous la mer par un riche business man craignant la bombe atomique et souhaitant un marché économique libéré de toute entrave. L'époque après guerre donne la patte visuelle au jeu, mélangeant l'ambiance des années 45/50 à un effet steampunk, censé être futuriste pour l'époque. le jeu est une très belle réussite tant du niveau de l'ambiance, du scénario ou du graphisme.

Qu'en est -t-il du livre? Tout d'abord, le livre en lui même. Bragelonne fait généralement de très belles éditions. Dans ce cas-ci, les tranches et la gouttière sont dorés, rappelant les effets sur la couverture et l'univers steampunk de Bioshock. Cela donne immédiatement une impression de qualité et envie de s'intéresser ou de lire le livre. Bon point !
Ensuite l'auteur: John Shirley. C'est un auteur dont le style de prédilection est la science-fiction. C'est aussi l'auteur de nombreux scripts pour le cinéma ou la télévision. Cela se ressent d'ailleurs dans son écriture. Il semblait donc un choix approprié pour écrire et nous faire découvrir l'histoire complète de Rapture. de mon point de vue, il y a eu des moment un peu lourds à lire, mais l'ambiance est très bien retranscrite et la pression de reprendre un licence pareille ne devait pas être facile. Je ne suis pas fan de son style, trop scolaire à mon goût, mais il n'y a rien à redire. Toutes les bonnes mécaniques sont présentes.
Et maintenant, l'histoire. le livre se divise en trois parties, le premier, le second et le troisième âge de Rapture. le premier âge se concentre sur la création conceptuelle et technique de la cité. Elle n'existe encore que dans l'imaginaire d'Andrew Ryan , le fameux business man mentionné au début de cette critique. Celui-ci s'attelle à la mettre en place secrètement, afin qu'aucun gouvernement ne puisse avoir la main mise dessus. Pour cela, il choisit des hommes de valeur au compte goutte. Cette première partie est un peu longue à se mettre en place. On y découvre Bill McDonagh, plombier honnête, qui deviendra l'ingénieur de Rapture, ainsi que Frank, arnaqueur et criminel qui arrivera à se faire une place dans la cité sous le pseudonyme de Frank Fontaine. La psychologie d'Andrew Ryan est déjà bien visible avec des tirades du style : « Un homme se doit de faire de sa vie l'échelle qui le mènera au sommet, et jamais il ne doit cesser de la gravir. Car, mon ami, à rester trop longtemps sur le même échelon, on finit toujours par perdre l'équilibre... et tomber. » (p28) le message est bien passé, Ryan est prêt à tuer père et mère pour rester au sommet. Ces personnages sont bien entendu des clés de l'histoire du début à la fin, mais il est difficile de comprendre l'intérêt de Franck avant la fin de la première partie. Hors ses passages sont assez longs, donc pénibles.
Heureusement, la deuxième partie prend le relais. Là, c'est vraiment du bonheur. Les dysfonctionnements de Rapture se créent, les différences sociales s'accentuent, clairement à cause des lacunes dans la conception de ce monde de libre marché et de ses conséquences potentielles. le confinement des habitants, ne peuvant quitter la ville sous peine de mort, accentue encore cet isolement et la loi du plus fort. Ici, aucun tribunal viendra vous sauver la mise. Tout est permis, sauf l'assassinat et la religion. Andrew Ryan a crée une réussite technique, mais un désastre social et surtout éthique. Des horreurs sans nom vont se perpétrer dans la cité. L'utopie va se muer en horreur. Horreur que Frank Fontaine utilise pour attiser les flammes de la colère et créer ce qui détruira en partie Rapture: les plasmides. (rappel pour les néophytes : Les plasmides sont des sortes de sérums à s'injecter afin d'obtenir une capacité, par exemple lancer des boules de feu. Ils fonctionnent grâce à deux matières: l'Adam et l'Eve. Les conséquences physiques et mentales sur l'homme sont malheureusement assez catastrophique après utilisation). Dès que les plasmides se mettent en place, on retrouve instantanément l'univers du jeu vidéo. le monde dans lequel le joueur découvre Rapture est celui du milieu de la deuxième partie. Il faut donc des centaines de pages et pour être plus exacte, 221 pages pour se dire, Rapture de mes souvenirs, tu es là. Même si les plasmides sont une part importante de Bioshock, ce qui est mémorable, ce sont les petites soeurs. Et page 221, on retrouve ces quelques mots, qui suffisent à mettre en émoi n'importe quel joueur de Bioshock: « Elles étaient seules désormais. Orphelines. Deux petites filles...Deux petites soeurs...» Et les stars de Bioshock font enfin leur apparition dans le livre.

La troisième partie, c'est l'anarchie. Rapture est divisée en trois groupes :
1 – Les partisans de Lamb, docteur voulant révolutionner Rapture par la force sociale et manipulatrice de la psychologie afin d'évincer Andrew Ryan.
2 - Frank Fontaine, devenu le mystérieux Atlas voulant détruire Andrew Ryan (L'intérêt du changement de Franck en Atlas reste très limité pour moi. le retour sur investissement me semblant assez faible.)
3- Andrew Ryan lui même devenant un vieux paranoïaque destructeur et assassin. (Il lâche pas facilement l'affaire le pépé.)
Chaque groupe contrôle des hommes surhumains crées par les plasmides et tous s'entre tuent. Autant dire que dès qu'un habitant dit quelque chose de déplaisant pour un des groupes, il finit mangé par les poissons qui entourent la cité. le troisième âge de Rapture est donc plutôt difficile à vivre pour sa population en diminution croissante chaque jour.
Au milieu de cela, l'histoire complète des petites soeurs est enfin révélée. C'est encore plus glauque que ce que l'on voyait dans le jeu vidéo. Heureusement, un soupçon d'humanité de Brigid Tenenbaum, (l'affreuse médecin nazie qui a torturé d'innombrables habitants de Rapture sans le moindre remord), finit par réapparaître au contact des enfants. Petit espoir dans ce monde horrible.
Bill McDonagh, que l'on suit depuis le début du livre, reste un des rares hommes toujours sain d'esprit dans cette ville, et tente de sauver sa famille. Il est le personnage auquel le lecteur peut s'attacher et a clairement été crée pour que le lecteur puisse s'identifier à lui. On souhaite vraiment sa réussite. Franck Fontaine/Atlas et Andrew Ryan sont tellement dévorés et aveuglés par leur ambition et l'orgueil qu'il n'aurait pas été possible de ne suivre que ces deux personnages.
Que dire de la fin? Tout d'abord ce n'est pas une fin au sens traditionnelle du terme car la véritable fin se découvre et se vit dans le jeu. Mais elle est correcte en ce sens qu' une conclusion d'épisode est donnée pour chacun des personnages. Est ce que c'est un livre à lire? Si vous êtes fan de Bioshock, foncez! Si vous ne connaissez pas l'univers, il 'est possible que ce que vous allez découvrir vous charme et vous intrigue mais la fin vous laissera forcément un goût d'inachevé.
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