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Critique de Tatooa


Tatooa
  01 décembre 2017
« Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate »
(« Laissez toute espérance, vous qui entrez »)
Dante.

Dévoré, ce bouquin ! J'ai adoré. Adoré son cynisme, adoré son réalisme. Car oui, messieurs dames, nous VIVONS dans une société comme celle-là.
Sauf que nous, on nous endort à coups de belles paroles, on nous ment, et les "homines crevarices" font leurs coups en douce.
Andrew Ryan, le "maître" de Rapture, n'a au moins pas ce défaut.

Mais mon enthousiasme déborde et vous ne devez rien comprendre. Je m'explique.
Sieur le milliardaire Andrew Ryan (émigré russe et pauvre, de base, aux dents fort longues, donc...), à la fin de la seconde guerre mondiale, a à la fois assez des impôts et des "règles" de la société américaine, et peur des implications d'une éventuelle guerre nucléaire. (Vous savez, cette période où les sociétés vendant des abris anti-atomiques ont fait fortune...).
Règles de la société qu'il estime aller contre la "libre-entreprise" et le développement technologique.

Il a donc l'idée d'aller créer non un abri anti-atomique, mais carrément une ville sous-marine. Dans le plus grand secret, une ville où l'esprit capitaliste de compétition régnera en maître et où tout sera possible pour tout le monde.
Que c'est beau ! Maguenifaïque, n'est-il pas !
Que ce monsieur Ryan ressemble trait pour trait à nos dirigeants européens, américains, "développés" - je ris, jaune -.

Parce qu'il oublie un truc, monsieur Ryan. Une société capitaliste où chacun est libre de marcher sur les autres pour devenir plus riche que le voisin, bah c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres.
Il oublie aussi que pour qu'il y ait des gros richards, il faut qu'il y ait des esclaves, et ça aussi ça me rappelle des gens, mais qui, voyons ?... ... ...
Il oublie également qu'à requin, requin et demi. Voire au carré. On trouve toujours plus compétiteur que soi.
Et si, en tant que chef d'Etat, on laisse des mecs qui n'ont aucun scrupule devenir puissants et riches, il y a de fortes chances pour qu'à un moment donné, ces sales types envisagent de mettre la main sur la place que vous pensiez vous être réservée... de devenir calife à la place du calife. Au point que pour rester calife au royaume de la liberté absolue, vous voilà obligé de devenir tyran !

Toute ressemblance avec une situation existante ou ayant existé serait purement fortuite ?
Haha ! hahahaaaaaaaa !

Restons aveugles, bêtes (il y a eu une émission sur Arte, "Tous crétins" ça s'appelle, fort instructive, je vous la conseille), n'ouvrons pas les yeux. Il y en a que ça arrange...
Même si ce n'est que le temps de leur petite vie minable à s'engraisser comme des gros porcs sur le dos des autres, puisqu'à la fin ils crèvent pareil. (quoi que... quoi que...)

Enfin bref, la lecture, parfois, ça vous fout un électrochoc. Ben ce livre-là, au-delà du caractère science-fictionnesque de la drogue vendue par ce foutu mafieux que Ryan se refuse à "borner" dès le départ sous prétexte que ça irait contre son idéologie, il est simplement réaliste.
Sur l'être humain, sur ce qu'on est capable de s'infliger les uns aux autres, sur notre extrême stupidité en tant que race soit-disant consciente et intelligente.
J'ai adoré alors que je ne connais pas le jeu (enfin je le connais par mes enfants mais je n'y joue pas)! ça me fait un peu rigoler que certains le notent mal à cause de ça (Elbakin pour ne pas les citer).

Avertissement : ne le lisez pas en période de déprime.
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