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Jean-Christian Bouvier (Traducteur)
EAN : 9782268059518
365 pages
Les Editions du Rocher (07/09/2006)
3.2/5   5 notes
Résumé :

Dans le Tokyo de l'après-guerre, losuke Minarnimura, colosse nonchalant et allergique au travail, est chassé de son foyer par une épouse trop exigeante. Sans argent, il est recueilli par un chiffonnier qui va lui faire découvrir et partager l'existence marginale des exclus de la nouvelle société nippone. De son côté, sa femme Komako s'efforce de refaire sa vie dans un Japon où les mœurs évoluent . plu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Dans ce Japon de l'après-guerre tout est bouleversé : tout le monde a le mot « liberté » à la bouche, et beaucoup sont littéralement déboussolés. le roman totalement en phase avec son époque (parution en 1950) s'attache donc à décrire cette société chamboulée (classes sociales, moeurs, économie, influence américaine) en suivant sur quelques mois la séparation d'un couple.

Lui, Iosuke, est décrit comme un « pachyderme », vraiment pas fait pour le travail, une grande carcasse impressionnante, mais vide : un fardeau, qui n'a jamais pris une seule vraie décision de sa vie, que sa femme met dehors !

Elle, Komako, a fini par assumer seule et subvenir à ses besoins tant elle ne pouvait compter sur son mari. Née dans une ancienne famille aisée, elle a fait des études, elle fait depuis la fin de la guerre des traductions et de la couture pour vivre (le salaire de journaliste de Iosuke suffisant à peine), et l'expérience de la guerre l'a endurcie. Femme de la guerre, elle a compris qu'elle n'avait plus besoin de mari. Son idéal est désormais d'être indépendante : « liberté, j'écris ton nom : ma liberté ! »

Si la coupe est pleine -dehors le bon à rien -, elle ne peut pourtant envisager de divorcer (« j'ai été floué ! Criait son coeur »). Au fil du récit, on comprendra qu'ils s'inquiètent l'un et l'autre de ce qu'ils deviennent.

Le sort des femmes occupe une place centrale dans le livre à une période où une nouvelle constitution de 1947 apporte réformes et libertés (égalité de droits, droit de vote).

Mais Iosuke aussi, ressentant le poids et les pesanteurs de la société, a envi d'être libre et respecté. le fait qu'il ne rentre pas à son domicile est aussi à voir comme un acte de révolte, notamment contre sa femme qui le domine et « lui donne sans arrêt des ordres ».

Mais Shishi ne raconte pas uniquement cette histoire de couple, il décrit une société en pleine interrogation et en plein changement : la reconstruction de Tokyo, les difficultés quotidiennes, les nouvelles moeurs etc. Ces personnages s'interrogent sur le bien-fondé de ces mutations : sont-elles bien sincères ? Que va-t-il advenir de cette superficialité et de ce consumérisme (cf les deux jeunes personnages du livre) ? Shishi invente aussi trois groupes dont les membres lui permettent de décrire ce Japon d'après-guerre et sa survie : le Vallon, où Iosuke va vivre, sorte de terrain vague où cohabitent quelques familles dans des cabanes de fortunes, peut être vu comme un embryon de société qui se redéfinit après l'épisode militaire et la guerre ; le Club des Turlupins où quelques vieux messieurs cherchent à maintenir l'existence de traditions culturelles populaires : enfin la Ligue pour la rédemption des responsables de la défaite, qui va se servir de l'innocent Iosuke, qui voit d'un mauvais oeil l'influence étrangère.

Tout cela est raconté avec vivacité, cocasserie, l'auteur s'interrogeant sans lourdeur ou pédantisme sur les changements qui s'opérait alors dans son pays déchu.

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Dans ce roman qui raconte les bouleversements dans la société après la défaite du Japon en 1945, et plus précisément dans le couple formé par Iosuke (lui) et Komako (elle), j'ai trouvé le récit plus vivant lorsqu'après cent-vingt pages consacrées à Komako, nous suivons Iosuke après son départ de la maison. le récit est élargi à la ville de Tokyo et ses habitants, on pourrait presque dire et son habitat.

Finalement, si Komako a mis Iosuke à la porte, elle se retrouve seule avec le poids du regard de la société, et le sien! c'est bien lui qui s'en sort le mieux, faisant les bonnes rencontres au bon moment, comme il s'en émerveille lui-même.

traduction de Jean-Claude Bouvier.

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Un livre intéressant sur l'émancipation de la femme japonaise après la seconde guerre mondiale, un portrait du couple et des relations familiales. Pas mal.

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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
N'ayant rien à faire, Iosuke se mit à rendre des visites de plus en plus fréquentes à la chaumière. Kenpei Kajiki n'était pas toujours là : il était même le plus souvent absent, sans que personne ne sache ce qu'il faisait. Iosuke avait l'autorisation d'entrer dans la maison et la considérait un peu comme sa maison de campagne, y faisant même de somptueuses siestes ininterrompues. Parfois, il nourrissait la chèvre d'un peu de lie de soja qu'il trouvait dans la maison. Il aimait bien les animaux.
Un jour qu'il jouait avec elle, il s'était mis à pleuvoir et, n'ayant pas le coeur de la laisser sous la pluie, il l'avait attachée sous l'auvent, là où elle avait apparemment l'habitude de dormir le soir. Lui-même entra dans la chaumière pour s'abriter. Dans la maison sous le pont, il ne craignait pas la pluie puisque le toit était bien protégé ; en revanche, il n'avait pas le plaisir d'entendre la pluie tomber.
Le bruit de la pluie tombant sur l'auvent de la chaumière le plongea soudain dans ses souvenirs.
Kumiko vivait-elle tranquillement toute seule ?
Une supposition saugrenue lui traversa soudain l'esprit : elle avait trouvé un petit ami à la mode d'aujourd'hui et filait le parfait amour... Jamais il n'avait soupçonné sa femme de quoi que ce soit sur ce plan.
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Quand il eut fini son bol, Iosuke était plus que rassasié. le prix, vingt yens, était imbattable. Il n'arrivait pas à croire que l'on puisse tenir un commerce en faisant ces prix-là, mais le vieil homme lui expliqua d'où venaient les produits. Comme le fromage de Hollande, c'étaient le plus souvent des restes des résidences de l'armée américaine. D'une certaine façon, le peuple japonais avait bien de la chance d'être occupé par un ancien ennemi aussi généreux.
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Tout objet abandonné sur la voie publique était susceptible d'être emporté par les services de voirie. C'est dans cet interstice légal où le droit de propriété perdait de sa force que le métier de chiffonnier avait pu voir le jour.
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Elle n'était pas une femme d'avant la guerre prisonnière des conventions et des apparences. Elle voulait aimer, agir et voler librement de ses ailes.
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