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Catherine Gibert (Traducteur)
EAN : 9782266337540
368 pages
Pocket (04/01/2024)
3.6/5   425 notes
Résumé :
Pendant dix ans, Kay a assisté son père atteint de la maladie d’Alzheimer. A la mort de ce dernier, le soulagement l’emporte sur la tristesse et une question surgit : comment gérer sa propre fin de vie ?
Une discussion avec son mari Cyril, quelques verres de vin et les voici qui en viennent à nouer un pacte. Certes, ils n’ont que cinquante ans, sont en bonne santé et comptent bien profiter encore de leurs proches, mais pas question de faire peser sur ceux-ci ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (122) Voir plus Ajouter une critique
3,6

sur 425 notes
Le soulagement l'emportant sur le chagrin lorsque son père succombe (enfin?) à dix terribles années de démence sénile, Kay se rallie à la résolution de Cyril, son mari. Hors de question de passer un jour à leur tour par une telle déchéance, d'encombrer leurs enfants et de peser sur le chancelant système de santé britannique : cette infirmière et ce médecin d'un hôpital public londonien se suicideront préventivement aux barbituriques dès que sonneront leurs 80 ans, dans trois décennies d'ici. Mais, quand survient la date fatidique, le passage de la théorie à la pratique s'avère bien plus compliqué que prévu…


On est alors en 2020 et le couple, toujours très actif et en parfaite santé, se déchire, à l'image de toute la société britannique, à propos du Brexit et du confinement. Est-ce bien le moment de partir ? En écho malicieux au titre original « Should I Stay or Should I Go » emprunté aux Clash, et sur le ton au vitriol avec lequel, de livre en livre, elle s'attaque au prêt-à-penser de tout poil, l'auteur décline la réponse en douze versions cyniquement jubilatoires, entrelacées de scènes familiales et de tableaux de la classe moyenne anglaise aussi justes que féroces.


Vieillesse précaire ou épanouie, entourage prévenant ou maltraitant, hospice sordide ou établissement haut de gamme inabordable : le livre sonde tous les sujets sensibles avec une joyeuse absence de retenue, pointant les irrationalités nées de nos terreurs face à la mort, soulignant les égoïsmes générationnels et cette étrange conviction que la décrépitude n'arrive qu'aux autres, s'aventurant dans la dystopie et la science-fiction pour explorer un futur post-cryogénisation ou les conséquences qu'aurait sur le monde la découverte d'un élixir de jouvence.


Il en résulte un texte original et décapant, souvent drôle, tendre aussi, pour une conclusion paradoxale et pourtant évidente : c'est son inévitable échéance qui donne toute sa valeur à la vie.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Lorsque Lionel Shriver s'attaque à un thème, elle ne donne pas dans la demi-mesure ! Cette fois, elle aborde avec brio une période délicate de la vie, le grand âge.

Ses deux personnages principaux Kay et Cyril approchent de leur quatre-vingt printemps. le père de Kay a vécu une fin dégradante, et la résolution du couple, à l'initiative de Cyril est de se suicider lors de l'anniversaire des quatre-vingt un an de Kay. le Séconal est dans une petite boite au frigo, leur rappelant la résolution à chaque fois qu'il en ouvrent la porte.

Mais pour traiter ce sujet, Lionel Shriver ne s'en tient pas à un déroulé unique. Elle décline de multiples issues à cet engagement mutuel, n'hésitant pas à se projeter dans un avenir extrêmement lointain, dans la version où les époux ont choisi de se faire cryogéniser.

Ces alternatives variées permettent d'argumenter l‘affaire et réussissent de plus à ne pas plomber l'ambiance. Après tout, libre au lecteur de choisir son dénouement préféré.

Lionel Shriver n'hésite pas à s'auto-citer, par le truchement d'un échange entre les deux époux ! Cet artifice n'est pas le seul trait d‘humour présent dans ces pages .

Le roman est aussi l'occasion d'égratigner les options politiques récentes de l'Angleterre, à savoir le Brexit, sur lequel le couple s'oppose et de critiquer ouvertement le système de couverture sociale anglo-saxon, dont elle projette le futur avec un malin plaisir, et sur les conditions d'hospitalisation en psychiatrie, qui ne semblent pas avoir évolué depuis Family Life. Tout cela n'est pas sans conséquence sur la vie familiale . Il y a du Ken Loach derrière les propos de l'autrice.

Nous avons donc sous les yeux un roman foisonnant, imaginatif mais sérieux. Lionel Shriver m'a une fois de plus éblouie !

288 pages Belfond 19 janvier 2023
Traduction (Anglais) : Catherine Gilbert
#LionelShriver #NetGalleyFrance

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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En 1991, à Londres, le couple composé de Kay et Cyril Wilkinson, la cinquantaine, assiste depuis dix ans à la déchéance progressive du père de Kay, et à sa mort, à cause de la maladie d'Alzheimer. Travaillant tous deux dans le domaine médical, puisque Cyril est médecin tandis que Kay est infirmière, ils ont l'habitude de ces maladies neurodégénératives, mais n'en redoutent pas moins d'en être eux aussi victimes. C'est alors que Cyril fait à son épouse une proposition inattendue : ils se suicideront lorsque Kay atteindra quatre-vingts ans, c'est-à-dire un peu après que Cyril lui-même sera arrivé à cet âge. Cyril n'a aucun problème pour se procurer les médicaments idoines, qui restent au réfrigérateur, dans une boîte à savon. Bien sûr, à cinquante ans, l'âge de quatre-vingts ans paraît très lointain. Mais un jour il arrive… Que feront-ils ? ● Lionel Shriver nous propose non pas une mais douze réponses à cette question, en douze chapitres dont la plupart sont vraiment très réussis. ● Pour ce suicide, Cyril a des tas d'arguments qu'il défend face à une Kay moins convaincue que lui : « As-tu remarqué que, dans la nature, on ne voit jamais d'animaux qui ont l'air vraiment vieux – des animaux voûtés qui perdent leurs poils et marchent avec difficulté ? Prenons le cerf, par exemple : il arrive à l'âge adulte, puis il garde plus ou moins le même aspect toute sa vie durant et ensuite, il meurt. On s'habitue à voir des gens très âgés mais on est aussi des animaux, or, chez les animaux, survivre dans un état de délabrement avancé est contre nature. […] On ne vit pas plus longtemps. On n'en finit pas de mourir ! […] [P]our conserver la maîtrise de sa fin de vie, il faut avoir la volonté de renoncer à une petite tranche d'une existence qui n'est pas encore pourrie. Sinon, c'est la dégringolade, les médecins et la famille prennent le relais et on est bons pour perdre cette partie de nous-mêmes qui réfléchit et qui agit. La fenêtre de tir qui nous permet d'exercer encore la maîtrise de notre vie est étroite. […] C'est la meilleure façon de tirer sa révérence, martela-t-il. À nos conditions, chez nous, quand nous sommes encore sains d'esprit et capables de nous reconnaître mutuellement, de nous embrasser pour nous dire au revoir. Avant que nous tombions dans la déchéance et l'humiliation. Avant de coûter un bras à nos compatriotes pour survivre à l'état d'imitations grotesques de ce que nous étions jeunes ou comme de simples outres à souffrances. Nous contrôlons nos destinées. Rappelle-toi ce qui est arrivé à tes parents. » ● Kay et Cyril ont trois enfants qui joueront un rôle dans les différentes suites proposées par l'autrice. Simon, l'aîné, est trader, conservateur bon teint et plutôt mou. Hayley (qui « à seulement quarante-huit ans, ressemble à un tonneau ») a obtenu un diplôme universitaire en spectacle vivant, mais ne doit sa relative prospérité qu'à un mari titulaire d'une chaire universitaire à University College. Enfin Roy mène une existence marginale, sans argent, et se drogue sans doute. ● L'enjeu principal du roman, le suicide du couple et ses alternatives, est doublé par le problème du Brexit, pouvant être considéré comme le suicide d'une nation (Lionel Shriver est américaine mais vit en Grande-Bretagne depuis plusieurs années). Cyril, qui se prétend « socialiste » (il dit quand même « j'en suis venu à me demander si je ne m'étais pas fait le chantre de la justice sociale surtout pour avoir une bonne opinion de moi-même… »), est farouchement pour rester dans l'UE, tandis que Kay, que le problème préoccupe moins, est plutôt pour partir. ● A cet égard, je suis d'accord avec mon ami Dominique (@Blok), qui écrit que le livre perd beaucoup dans la traduction de son titre « Should we stay or shall we go », qui se réfère à la fois au suicide et au Brexit, sans compter la référence à la chanson des Clash. Pourquoi ne pas l'avoir intitulé « Partir ou rester » ? ● En revanche, je suis en totale opposition avec la conclusion de Dominique, qui fait du suicide tel qu'envisagé par les protagonistes une « démission […] presque un déshonneur métaphysique ». Lorsqu'on a vu ses parents se dégrader lentement jusqu'à la complète déchéance, on n'a pas du tout envie de suivre le même chemin. Je comprends très bien qu'on veuille quitter ce monde avant cette descente fatidique à laquelle nous condamne la médecine moderne. Je milite d'ailleurs pour cela dans plusieurs associations. ● Pour revenir au roman, il faut insister sur son humour, car même si le sujet est grave le ton est guilleret et on s'amuse beaucoup. ● Je trouve tout de même qu'à partir de la moitié du roman, les scénarii proposés sont outranciers, que ce soit dans la description de l'hospice ou dans la science-fiction de la cryogénisation, et donc moins réussis. La fin en revanche redevient intéressante. ● Lionel Shriver a une finesse d'observation remarquable comme lorsqu'elle écrit : « Mais pour les personnes désespérément plus âgées comme Kay et Cyril, la progression inexorable des années était passée d'attendue à surprenante, de surprenante à invraisemblable, puis à sidérante jusqu'à ce que la date dans le coin gauche de leur Guardian quotidien se transforme en une manifestation de l'impossible. Vivre en 2010 apparaissait en soi à Cyril comme une expérience étrange et il restait persuadé, dans le même temps, que l'année en question n'appartenait qu'à la science-fiction. » C'est curieux comme moi aussi je me suis déjà dit que 2023 relève de la science-fiction. ● Il y a aussi, bien sûr, dans son livre, une épaisseur métaphysique : « J'ai mis un temps fou à me rendre compte que je ne comprends toujours pas à quoi rime tout ça, lança gaiement Kay. Je trouve difficile d'abandonner quelque chose quand on ignore encore ce que c'est. J'ai peut-être quatre-vingts ans, et je ne mérite peut-être pas de vivre plus longtemps, mais je n'arrive toujours pas à cerner ce que signifie être vivant et encore moins être mort. Je ne sais pas ce qu'est cet endroit, ou même s'il est réel, et encore moins ce qu'on est censés y faire et, si j'ai perdu mon temps, je ne peux toujours pas te dire ce que j'aurais dû faire à la place. Je ne sais pas plus qu'à cinq ans ce qui est important. Je continue d'avoir le sentiment qu'il y avait un truc à saisir, or j'aurais du mal à m'y atteler maintenant qu'il me reste (elle vérifia l'heure à sa montre) quatorze minutes ! » ● Elle va jusqu'à faire allusion au pari pascalien revisité : « On perd, point : on perd tout, toute notre mise. Gagner quelque chose ou perdre tout ? Comme disent les jeunes : ‘lol'. » ● Elle va aussi jusqu'à citer « cette Shriver », « hystérique », omniprésente « sur Radio 4 ». ● En conclusion, c'est un roman très agréable à lire, plein d'humour, que je conseille !
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Vous vous souvenez sans doute de ce jeu animé par Arthur dans les années 2004-2010, également connu sous le nom de "jeu des boîtes". Il s'agissait de prendre ou de laisser le contenu de boîtes choisies successivement, et pouvant contenir aussi bien une forte somme que des clopinettes. Je ne sais pas si ce jeu a inspiré la traduction du titre de ce livre, mais pour ma part je préfère celui d'origine "Should we stay or should we go", même si le choix ici n'a rien à voir avec celui de la chanson des Clash.

Non, là on se pose la question de rester en vie après l'âge fatidique de 80 ans, au risque d'être un boulet à traîner pour ses enfants et une charge financière pour la société. On est en Angleterre, où le système de santé n'est pas aussi généreux qu'en France, même si on râle tout le temps contre la sécu chez nous. Et, accessoirement, ce titre fait aussi référence à une autre grande question qui s'est posée pour nos amis britanniques il y a quelques années : rester ou sortir de l'Europe ? Eh oui, ce fameux brexit, un des seuls sujets de discorde entre Kay et son époux Cyril, qui par ailleurs s'aiment de façon touchante, même s'ils se chamaillent régulièrement (tiens, ça me rappelle un couple que je connais bien...)

Au début de l'histoire, Kay et Cyril n'ont que 50 ans, mais le père de Kay vient de mourir après une longue maladie invalidante et particulièrement pénible pour l'entourage, cette saleté d'Alzheimer. Et sa mère sombre également dans une folie inexorable. Kay s'interroge sur sa propre future vieillesse, et Cyril s'inquiète du coût de leur future prise en charge pour le contribuable s'ils ne peuvent plus s'assumer. Et ils voient mal leurs trois enfants s'occuper d'eux dans ce cas, vu leur caractères respectifs. Et c'est là que naît l'idée d'un pacte, proposé par Cyril. Au soir des 80 ans de Kay, le 29 avril 2020, ils se suicideront grâce à une surdose de Séconal, un barbiturique puissant que Cyril, médecin peut aisément se procurer.

Voilà pour le pitch de base. Mais 30 ans, c'est long, et toutes sortes d'évènements positifs comme négatifs peuvent se produire. La santé peut se maintenir au top, ou se dégrader chez l'un ou chez l'autre. Des découvertes révolutionnaires peuvent changer le cours de la vie. On peut atterrir dans une résidence pour seniors de luxe, parce qu'on a été prévoyant, ou dans un affreux mouroir digne d'une prison, parce qu'on a claqué toutes ses économies, ou que l'Economie s'est effondrée. Ou tout simplement, on peut changer d'avis, seul ou à deux. Petit clin d'oeil supplémentaire, Lionel Shriver a choisi de faire tomber l'anniversaire de Kay juste après la proclamation du confinement pour cause de Covid.

L'auteure a imaginé une douzaine de scenarii en partant de ce pacte conclu entre les deux époux, et elle nous offre des histoires jubilatoires ou effrayantes, avec son humour grinçant et son écriture reconnaissable entre toutes. J'aime de plus enplus, même si, comme d'habitude, certaines digressions sur le fonctionnement du système de santé anglais ou l'économie du pays m'ont un peu fait soupirer. C'est son petit travers, mais je lui pardonne bien volontiers car non seulement le sujet m'a vraiment interpellée (je viens d'avoir soixante ans, et je me pose la question de continuer à vivre ou pas dans certaines situations), mais elle a l'art d'imaginer des développements très différents, mais pour laplupart plausibles. Bon, il y en a quand même deux ou trois où elle s'est fait plaisir en inventant des futurs assez rocambolesques...

Non, vraiment je ne regrette pas d'avoir cédé aux sirènes des retours enthousiastes de certain(e)s ami(e)s, même si j'ai mis du temps à terminer ma lecture pour cause de grosse fatigue ! Et maintenant, should I stay pour lire mon fil d'actu, or should I go pour aller faire un gros dodo ? That's the question !
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Should we stay or should we go?
Voilà le titre originel du dernier opus de Lionel Shriver, avec un petit clin d'oeil aux Clash, autrement plus piquant que ce banal titre en français A prendre ou à laisser.
L'idée de départ est excellente : sur la base de l'histoire de Cyril et Kay Wilkinson, couple de quinquagénaires britanniques qui passe le pacte de se suicider le jour de l'anniversaire des 80 ans de Madame, Lionel Shriver invente treize variantes. Les treize scénarios débutent à des moments différents de la vie des protagonistes et vont prendre différentes tournures, d'assez vraisemblables au départ, ils virent petit à petit au loufoque, à l'absurde, à la science-fiction, …
Différents curseurs sont actionnés par l'auteure, l'anniversaire de Kay tombe comme par hasard le 29 mars 2020, soit tout juste après la mise en place du premier confinement du covid-19, peu après l'avènement du Brexit, …
À partir de là, les chapitres s'enchainent, certains s'avèrent plus déjantés ou plus digestes que d'autres. J'avoue avoir eu parfois du mal à maintenir mon attention, en particulier lors des longues digressions consacrées au Brexit, ou de sujets parfois un peu trop étirés qui m'ont parfois fait décrocher ou de prédictions de science-fiction échevelées (en particulier dans le scénario de cryogénisation).
Si je salue l'imagination débordante et débridée de l'auteure, de nombreuses réflexions bien senties sur ce que signifie vieillir dans notre société, un humour piquant des plus savoureux, le tout me laisse une impression en demi-teinte car tout cela est un peu trop dilué, un plus petit nombre de scénarios resserrés et réalistes m'aurait semblé plus percutant et amené à un livre plus abouti.
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critiques presse (8)
Culturebox
26 juin 2023
La romancière explore ainsi dans ce roman à la construction savante toutes les questions liées à la fin de vie, avec une drôlerie inattendue sur un sujet pareil.
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LeJournaldeQuebec
27 mars 2023
Alors oui, Kay et Cyril vont entre autres finir leurs jours dans une maison de retraite digne d’un vrai film d’horreur. Mais ils vont aussi se défiler à tour de rôle, envisager la cryogénisation ou carrément changer ensemble d’avis, se suicider étant assez ingrat dans un contexte de pandémie.
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Culturebox
20 mars 2023
C'est ce qu'imagine la romancière Lionel Shriver dans les douze scénarios qui composent ce roman à la fois drôle et pertinent sur la question de la fin de vie, et toutes celles, très nombreuses, qui s'y rattachent.
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Culturebox
07 mars 2023
La romancière américaine s’empare avec autant de sérieux que d'humour de la question délicate et cruciale du vieillissement et de la fin de vie.
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Culturebox
06 février 2023
Lionel Shriver y raconte l’histoire d’un couple de Britanniques, Kay et Cyril, qui décident alors qu’ils sont encore dans la force de l’âge, de se suicider ensemble le jour de leurs 80 ans. Ils ne veulent pas, comme le père de Kay, subir la déchéance de la vieillesse ou devenir un poids pour leurs enfants.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaTribuneDeGeneve
03 février 2023
Que faire des vieux ? La romancière américaine persiste à gratter là où la société fait mal. C'est « À prendre ou à laisser ».
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
Lexpress
30 janvier 2023
Avec "A prendre ou à laisser", étourdissant roman sur les affres de la vieillesse, la romancière américaine s’attaque sans retenue à bien des sujets sensibles. Décapant !
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro
19 janvier 2023
La virtuosité règne sur ces chapitres. À la fin, les deux héros vident une bouteille de cabernet. Et l’un d’entre eux regrette de ne pas avoir dit «merde» plus souvent.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
Je n'arrive toujours pas à cerner ce que signifie être vivant. Je ne sais pas ce qu'est cet endroit, ou même s'il est réel, et encore moins ce qu'on est censés y faire et, si j'ai perdu mon temps, je ne peux toujours pas te dire ce que j'aurais dû faire à la place – même si le concept de « perdre son temps » semble caduc dans le mesure où du temps, on en a à revendre. Je ne sais pas plus qu'à cinq ans ce qui est important.
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J'ai peut-être quatre-vingts ans, et je ne mérite peut-être pas de vivre plus longtemps, mais je n'arrive toujours pas à cerner ce que signifie être vivant et encore moins être mort. Je ne sais pas ce qu'est cet endroit, ou même s’il est réel, et encore moins ce qu'on est censés y faire et, si j'ai perdu mon temps, je ne peux toujours pas te dire ce que j'aurais dû faire à la place. Je ne sais pas plus qu'à cinq ans ce qui est important. Je continue d'avoir le sentiment qu'il y avait un truc à saisir, or j'aurais du mal à m'y atteler maintenant qu'il me reste (elle vérifia l'heure à sa montre) quatorze minutes !
-Tout au long de ce monologue insensé, fruit, sans aucun doute, de l'hystérie, Cyril fit preuve de patience.
-Je doute qu'on comprenne ce qu'est la vie tant qu'on ne l'a pas perdue, dit-il d'une voix apaisante en lui caressant la main. Peut-être sommes-nous obligés de sacrifier notre vie pour la comprendre. Quelle que soit la nature de ce que tu penses être censée « saisir », cela risque de t'échapper jusqu'à l'ultime révélation.
Kay fronça les sourcils.
-Pour vivre, il faut mourir ?
Cette traduction était sommaire, alors qu’il pensait avoir formulé sa philosophie de façon plutôt poétique pour un médecin.
(p.91)
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Le paradoxe de ce placement d'office ne manquait pas de piquant puisqu'il réussissait à vous inciter à en finir au plus vite alors qu'il était censé vous guérir de cette pulsion.
- Alors, qu'est-ce qu'on a là ?
La quinquagénaire replète assise derrière le bureau remettait soigneusement en place une pile de documents qui n'en avait pas besoin. Sa bouche souriait mais pas ses yeux. Elle portait un de ces colliers tendance qu'affectionnait Theresa May. Son tailleur à carreaux cintré était d'un goût exécrable que seuls les stylistes de luxe étaient capables d'inventer et il émanait d'elle une bonne humeur malveillante.
- Kate et Cyrus ! Je suis la directrice de La Tombée du Jour, le docteur Mimi Mewshaw - mais je n'aime pas les manières et vous pouvez m'appeler « docteur Mimi ».
- Kay et Cyril Wilkinson, je vous prie, la corrigea Cyril. Par ailleurs, êtes-vous docteur en médecine ?
- Je suis tout ce qu'il y a de plus agréée, si c'est ce qui vous inquiète.
- Vous ne l’êtes donc pas, poursuivit Cyril. En revanche, je le suis.
- Mais bien sûr, roucoula docteur Mimi. À La Tombée du Jour, on a toutes sortes de résidents super importants. Napoléon, Batman, Jésus, pour n'en citer que quelques-uns.
(p. 159)
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- S’il te plaît, jure-moi que tu n’écoutes pas cette Shriver. Elle est hystérique. Elle m’horripile à être aussi contente d’elle, on dirait qu’elle souhaite l’effondrement de la civilisation uniquement pour prouver qu’elle avait raison. Je ne supporte pas le son de sa voix.
Effectivement, une Américaine expatriée insupportable – encore une de ces Yankees anglophiles qui refusaient de retourner chez elles – répétait à l’envi sur Radio 4 qu’elle avait prédit la débâcle en cours dans un de ses bouquins. Une poignée de groupies crédules considéraient cette foldingue comme un Nostradamus des temps modernes. Les Madrigal ou un titre approchant, que Kay n’avait aucune envie de lire, n’évoquait absolument pas de pandémie, l’autrice en autopromotion essayait seulement d’écouler davantage d’exemplaires de son pamphlet d’un alarmisme irresponsable. (p.220-221)
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(Les premières pages du livre)
La boîte du porte-savon
— J’AURAIS DÛ pleurer ? demanda Kay en se débarrassant de son gros manteau noir, parfaitement approprié en cet avril interminable au froid maussade digne d’un mois de janvier.
Seul changement notoire de ce printemps, Kay, qui d’ordinaire acceptait sans rechigner les rigueurs de l’hiver, leur vouait désormais une haine tenace.
— Il n’y a pas de règle, répondit Cyril en remplissant la bouilloire.
— Si j’en crois certaines normes bien établies, il y en aurait. Et, je t’en prie, je sais qu’il est un peu tôt mais je ne veux pas de thé.
Sans plus tarder, Kay alla chercher la bouteille d’amontillado sec dans le frigo. Elle avait avalé une gorgée de vin à la cérémonie et ne se voyait pas revenir à l’English Breakfast. Boire un verre à la maison à dix-sept heures trente relevait d’une faiblesse coupable, mais le caractère exceptionnel de cette journée l’autorisait à enfreindre le principe qui prévalait sous leur toit – principe tacite et néanmoins gravé dans le marbre – interdisant formellement d’ouvrir une bouteille avant vingt heures. Imaginer qu’elle noyait son chagrin était pure présomption. À vrai dire, le sentiment que lui laissait l’événement marquant de l’après-midi ne s’apparentait en rien à du chagrin. Il s’agissait plutôt d’une valse-hésitation entre faim et indigestion.
À la surprise de Kay, Cyril renonça au thé pour partager un verre avec elle à la table de la cuisine, sans oublier de découper au préalable deux zestes de citron vert. Des deux époux, c’était sans doute Cyril qui portait la responsabilité initiale du diktat de vingt heures, même si la trame de leurs habitudes s’était tissée depuis trop longtemps pour que quiconque en remonte le fil.
— Je pensais au moins être soulagée, lâcha-t-elle en choquant un verre ordinaire contre celui déjà posé sur la table en un toast sans panache.
Très pratiques, ces verres hauts et étroits rapportés de Barcelone avaient des proportions idéales, ce qui n’était pas le cas de la plupart des jolis services en cristal. Le fait qu’elle soit capable de s’intéresser à la forme des verres en un moment pareil ne faisait qu’accroître son impression d’être en décalage.
— Tu n’es pas soulagée ?
— À vrai dire, j’attendais que cette page se tourne depuis plus de dix ans. Ce qui peut sembler abominable mais ne te surprendra pas. Puisque maintenant nous sommes face à ce qu’on appelait dans le temps « l’inéluctable »…
— On ferait peut-être mieux de parler aujourd’hui de « l’éventuel », la coupa Cyril. Ou de « l’indéfiniment reportable ». Ou encore de « Chérie, à la réflexion, et si on remettait ça à la semaine prochaine ? ».
— Je ne me sens pas plus légère ni plus libre, j’ai plutôt l’impression de peser une tonne et de n’avoir aucune énergie. Avec le temps qu’il a mis à mourir, mon père a pompé toute la vie autour de lui. Il nous a peut-être même privés du peu de vitalité dont nous aurions eu besoin pour enfin fêter son décès.
— Quel gâchis, dit Cyril.
— C’est vrai, et si seulement ce gâchis s’était limité à la seule vie de Godfrey Poskitt et à sa fin tragique, mais non, il a débordé. Sur ma pauvre mère, sur les soignants, et même sur nos enfants, jusqu’à ce qu’ils arrêtent de rendre visite à mon père. Je me félicite de les avoir autorisés à ne plus jouer les petits-enfants redoublant d’amour. À quoi ça aurait servi ? La plupart du temps, il ne les reconnaissait pas ou il les abreuvait d’injures en remerciement de leur sollicitude. Et puis, il était dégoûtant, Dieu sait si ma mère et moi avons essayé de le maintenir propre, mais changer ses couches était une épreuve, il se débattait, donnait des coups de pied et, beaucoup plus gênant, il lui arrivait même d’avoir une mini-érection – mon père, quand même ! Alors on retardait le moment de le changer et, souvent, il puait.
— Malgré tout, deux de ses petits-enfants ont fait acte de présence aujourd’hui, c’est bien.
— Simon est venu, bien sûr. Il a le sens du devoir et des responsabilités chevillé au corps, à tel point qu’à vingt-six ans on croirait qu’il en a quarante. Je suis contente qu’il soit venu, ne serait-ce que pour ma mère, mais Hayley est arrivée en retard évidemment – histoire de faire une entrée remarquée et d’attirer tous les regards. Je parie qu’elle l’a fait exprès, elle a dû allumer la télé avant de partir pour être sûre de ne pas être à l’heure comme tout le monde. Quant à la dérobade de Roy, elle était prévisible. Être un petit-fils, voilà encore un engagement qu’il est incapable de tenir sur la durée.
— Pour en revenir au gâchis, dit Cyril en reprenant le fil de leur conversation, tu as oublié que tu en as été toi aussi une des principales victimes.
Mieux valait l’entendre de la bouche de son mari.
— J’hésite à calculer le nombre d’années de ma vie que la sénilité de cet homme m’a coûté.
— Au moins, tu as réussi, par miracle, à continuer à travailler. C’est ton temps libre que ton père a aspiré. Les soirées, les week-ends, les matins à l’aube, les déplacements en urgence à Maida Vale en pleine nuit. Des moments que tu aurais pu passer avec moi.
— Ce qui fait aussi de toi une victime ?
— Une de plus, effectivement.
Ne pouvant pas tenir en place, Kay se leva pour aller ramasser près de l’évier les miettes qui traînaient sur le plan de travail, avec un regard las pour la véranda en construction censée prolonger la cuisine : un chantier qui durait depuis deux ans et un énième dégât collatéral lié aux besoins infernaux de son père. Aujourd’hui, les enfants leur enviaient cette maison alors qu’au moment où Cyril et elle l’avaient achetée en 1972 – ils venaient de découvrir que Kay était enceinte de Hayley –, le pays était à genoux et le quartier de Lambeth aussi. Ce qui explique qu’une aussi grande bâtisse, même située au sud de la Tamise, ait été dans les moyens d’une infirmière et d’un généraliste du secteur public.
Construite sur trois niveaux auxquels s’ajoutait un grenier aménageable, la maison n’était bluffante que de l’extérieur ; on n’aurait même pas pu la qualifier de « pépite à retaper ». Dix-neuf ans de dépassements budgétaires et de désagréments plus tard, ils étaient enfin propriétaires d’un bien habitable. Les enfants avaient tendance à oublier que, petits, ils devaient enjamber des piles instables de planches pour aller aux toilettes ou secouer la tête pour se débarrasser des morceaux de placoplatre avant de partir à l’école. Ils ne se souvenaient pas non plus que leurs parents les exhortaient à se dépêcher de rentrer à la maison en sortant du métro car le quartier, à l’époque, était infréquentable. Et ils avaient encore moins eu conscience de la charge financière pesant sur les salaires d’un jeune couple payé par l’État et du risque, considérable, que l’intérieur délabré ne s’effondre comme un château de cartes. Tout ce que les enfants voyaient aujourd’hui, c’était l’imposante et respectable demeure de papa et maman, incarnation bourgeoise d’un certain statut social – maison qu’ils ne pourraient jamais s’offrir, pas avec des taux d’intérêt à quinze pour cent ; concernant Roy, si sa mère devinait juste, il s’imaginait déjà hériter du nid. Roy cherchait toujours des raccourcis.
Maintenant que son père était mort, elle aurait le temps de finir la véranda, mais son enthousiasme pour le projet avait largement décliné. Elle avait cinquante et un ans. Combien de temps vivraient-ils encore dans cette maison ? Ou plutôt, combien de temps leur restait-il à vivre ? Kay s’était figuré franchir l’étape cruciale de la cinquantaine avec panache – Regardez-moi ! Je me ris du temps qui passe et cette nouvelle décennie ne me fait ni chaud ni froid –, or ce genre de réflexions morbides ne lui avait jamais traversé l’esprit au passage des quarante ans.
— Je me demande si je n’aurais pas dû raccompagner ma mère après la cérémonie, lâcha Kay, en proie au doute. Percy a dit qu’il rentrerait avec elle pour lui tenir compagnie mais je connais mon frère, il ne s’attardera pas.
— Tu n’en as pas assez de te sacrifier ? maugréa Cyril. C’est bien les femmes ! Vous êtes toujours en train de vous plaindre de ce que vous vous occupez de tout le monde, et dès que vous avez un moment libre, vous proposez aussitôt votre aide à quelqu’un d’autre.
— On « propose » notre aide, comme tu dis, uniquement parce qu’on sait que personne d’autre ne le fera !
Sa colère les surprit tous les deux. Kay se reprit.
— Excuse-moi. On ne peut pas dire que je n’aie pas sollicité Percy, tu le sais. Mais Tunbridge Wells, c’est loin, et, bien sûr, il était trop affairé à trahir sa femme et ses enfants.
— Ce n’est pas très juste de ta part.
— Je ne dis pas qu’il a eu l’idée de devenir gay uniquement pour échapper à son devoir filial. Mais le fait est qu’il s’est servi de son homosexualité pour se défiler. « Je ne peux pas m’occuper de papa ce week-end parce qu’il vit mal mon coming out. » Bien sûr qu’il le vivait mal, il était né en 1897 !
— Ce n’est pas tant que les femmes soient toujours cantonnées au rôle de porte-bassin, c’est surtout un problème politique, déclara Cyril en se redressant avec l’autorité qu’elle lui connaissait. Le gouvernement doit s’engager davantage dans l’aide sociale. Ça ne devrait pas échoir à ta mère, à toi ou au reste de ta famille…
— Et pourtant c’est bien ce qui s’est passé, se passe et se passera quand toi et moi serons à notre tour des croulants. Même une aide minime de la commune, pour faire le lit (et on ne parle même pas d’aller te récupérer dans la rue quand tu divagueras), c’est inenvisageable. Les prestations sont accordées en fonction des revenus, or mon père était avocat.
— C’est vrai, les critères de revenus sont assez stricts…
— La commune n’enverra jamais personne te torcher le derrière si tu gagnes plus de vingt mille livres – et maman n’atteignait même pas ce seuil une fois payée la ribambelle d’aides à domicile. Pourtant elle ne pouvait prétendre à aucune aide sous prétexte qu’elle était propriétaire de la maison. Si tu n’as rien
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