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EAN : 9782714456274
448 pages
Éditeur : Belfond (21/08/2014)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 206 notes)
Résumé :
Femme d'affaires en pleine réussite, mariée à Fletcher, un artiste ébéniste, belle-mère de deux ados, Pandora n'a pas vu son frère Edison depuis quatre ans quand elle accepte de l'héberger.
À son arrivée à l'aéroport, c'est le choc : Pandora avait quitté un jeune prodige du jazz, séduisant et hâbleur, elle découvre un homme obèse, contraint de se déplacer en fauteuil, négligé, capricieux et compulsif. Que s'est-il passé ? Comment Edison a-t-il pu se laisser a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (76) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  13 juin 2020
Une fois de plus séduite par le roman de Lionel Shriver, qui rejoint inexorablement le podium de mes auteurs américains préférés.
La narratrice est une femme de la middle class, qui a monté sa propre entreprise avec succès, souffre d'un léger embonpoint qui, s'il occupe une partie de ses réflexions quotidiennes ne motive pas la mise en place de mesures efficaces pour le combattre.
Lorsque son frère la contacte, visiblement mal dans sa peau, elle n'hésite pas à lui proposer de l'héberger chez elle, c'est à dire avec son mari et les deux enfants de celui-ci. Comment aurait-elle pu imaginer que l'homme qu'elle attendait à l'aéroport était celui dont elle venait d'entendre la critique acerbe par d'autres passagers, envers cet homme obèse qui a incommodé ses compagnons de vol? Edison a triplé de volume. Oeuf ou poule, cause ou conséquence , avec les kilos qui se sont accumulés, le succès de sa carrière de jazzmen n'est plus qu'un lointain souvenir.
C'est le début des enquiquinements, la cohabitation est complexe, particulièrement avec Fletcher, le mari, qui se conduit comme un ascète de la diététique. Tout est conflictuel, des détails triviaux aux incompatibilités étiques. C'est pour Pandora le moment de prendre une décision radicale.
Portrait sans concession d'une Amérique qui s'éloigne à grands pas de son rêve, au delà du problème l'obésité, Lionel Shriver analyse avec subtilité ce qui fait la complexité du vivre ensemble, en couple, en famille, en société dans un milieu où les codes sont de plus en plus restrictifs.
L'entreprise qu'a fondée Pandora est à elle-seule une bonne idée pour le scénario du roman : elle fabrique des marionnettes caricaturales qui peuvent restituer des expressions de la victime, de ces phrases toutes faites qui finalement nous définissent et nous identifient.
Le roman est agréable à lire du fait du rythme enlevé, de l'humour qui malgré tout tire son épingle du jeu de ce récit dramatique

Encore un vrai bonheur de lecture.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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latina
  15 mai 2016
« Même si les manques nous rongent, la satiété est pire encore ».
Cette histoire parle de faim.
Mais quelle faim ? La recherche d'aliments permettant de nous nourrir, de nous rassasier ? Ou le recherche de sens à sa vie ?
Qui n'a pas de projet est malheureux. Qui a atteint son objectif n'est peut-être pas aussi heureux qu'on pourrait le penser.
Cette histoire parle de culpabilité.
Jusqu'où peut-on laisser ceux qu'on aime s'enfoncer dans la dèche, dans le dégoût de soi, sans interférer dans leur histoire personnelle et sans soi-même laisser tomber sa propre histoire.
Cette histoire parle d'éducation.
« Il est effarant de constater le nombre de jeunes gens prometteurs qui se prennent pour des génies en attente d'être découverts, et il peut être désastreux de voir valider cette estime de soi injustifiée dans l'antichambre de sa vie d'adulte ».
Comment agir face à un jeune qui rue dans les brancards, qui veut quitter l'école, quitter ce système à diplômes? Faut-il l'encourager à suivre son rêve d'indépendance et de gloire ou le guider fermement dans la voie classique ? Faut-il « anticiper sa déception », puisque très souvent, un jeune sans balises errera ?
Cette histoire parle de célébrité, ou du désir de célébrité. Des paillettes de la gloire éphémère. du profond désir d'être aimé par le plus grand nombre, d'être adulé. Et puis du gouffre qui s'ensuit lorsque l'engouement s'est détourné.
Cette histoire parle d'apparence physique et de son corollaire : les régimes.
Comment l'obèse est-il considéré dans notre société ? le physique, une fois qu'il est hors norme, provoque une curiosité morbide et même le rejet.
Comment peut-on prendre le pouvoir sur son corps en s'affamant ou simplement en étant obsédé par l'alimentation saine ?
Cette histoire parle de fraternité. de famille. de cette difficile alchimie sans laquelle on ne peut vivre. Famille, belle-famille, enfance, souvenirs d'enfance. Famille qui pèse et qui soulève.
« Big Brother », c'est tout cela. La narratrice, la quarantaine, mariée depuis 7 ans à un homme très dans le contrôle de soi et père de deux adolescents, est une femme comme il y en a tant, enfin, qui se voudrait telle. Et pourtant elle a réussi professionnellement, presque par hasard.
Et pourtant, son enfance a été spéciale, dans le sens où son père a été un scénariste et acteur de seconde zone, reconnu pendant quelques années. Son frère, son idole de toujours, est parti vivre sa vie à 17 ans, et quand elle le revoit, des années après, il est devenu...gros. Immensément gros.
Et il s'installe chez eux, pour quelques semaines.
Et l'histoire commence. Qui parle de faim, de culpabilité, d'éducation, de célébrité, d'apparence physique, de fraternité. de famille.
Merci à Canel de m'avoir proposé « Big Brother ». J'ai souri beaucoup au début, j'ai grincé des dents aussi, mais j'ai croqué avec appétit la narration savoureuse de Lionel Shriver.
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Bazart
  09 octobre 2014
Troisième de ma liste de prérentrée sur les 5 romans les plus attendus de la rentrée littéraire (ne reste plus que le Fils de Philip Meyer et Peine Perdue d'Olivier Adam, deux pavés en perspective), "Big Brother" signait en cette rentrée littéraire le grand retour de Lionel Shriver, pour ce qu'on annonçait comme son meilleur livre depuis le génial "Il faut qu'on parle de Kevin" dont je me suis toujours pas remis près de 10 ans après sa parution (mais ses précédents romans ne sont pas mal du tout non plus notamment la Double Vie d'Irina).
Au vu du résumé de l'histoire, forcément, je jubilais de retrouver l'esprit de provocation et son humour au vitriol, pour parler de la famille, du mariage, mais aussi, et surtout, de l'obésité et du rapport complexe et quasi-obsessionnel que nous entretenons avec la nourriture sur notre lien à la nourriture (un problème contemporain qu'ont les occidentaux face à la nourriture (manger pour se remplir et non par faim), et à ses effets colatéraux sur la vie de couple et autant le dire de suite, je n'ai pas été déçu par cet excellent moment de lecture.
Ce qui est réjouissant dans Big Brother, c'est de se rendre très vite compte que Lionel Shriver ne va pas nous decevoir dans les attentes qu'on avait placées en elle au vu de ses précédents romans : plus que jamais, la romancière américaine sait doser sa plume dans le fiel et l'acuité pyschologique, afin de parvenir à trouver ce mélange qui n'appartient qu'à elle à dresser des portraits psychologiques particulièrement fins et justes sur chacun des personnages avec des situations très réalistes et très cinglants sur un sujet qui dérange. A ce niveau là, son talent n'a aucun égal, à part peut-être Laura Kasischke dans un registre plus réaliste, moins fantastique.
Assurément, Big Brother ne plaira pas à tout le monde, car sa réflexion sur la société d'abondance et sur les limites du dévouement pour autrui n'est pas vraiment des plus consensuelles et des plus aimables et pourrait géner des personnes qui ne partagent pas forcément la vision particulièrement cinglante de l'auteur sur le sujet.
Mais aussi dérangeant soit il, Big Brother reste un excellent livre qui soulève beaucoup de questions, avec autant de passion que d'intelligence, parfait alliage entre satire et tragédie, noirceur et drôlerie.
Et un roman où l'on ne cesse d'éprouver des sentiments changeants pour les personnages, tant ceux ci ont de l'épaisseur psychologique.
Et si le retournement de situation (vraiment surprenant) de la fin laisse peu d'espoir sur le coté hypothétique d'un régime éventuel, le livre reste quand même plus subtil qu'une simple charge féroce sur l'obésité. Voilà en tout cas une oeuvre très percutante, qui donne d'irrémédiablement des envies d'en débattre avec d'autres lecteurs dès qu'on a fini la dernière page du roman, ce qui est l'apanage uniquement des grands romans, ce qu'est indubitablement ce Big Brother.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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LePamplemousse
  05 octobre 2014
Ecrire un roman dont le thème central est l'obésité n'est pas anodin. L'auteur a perdu son propre frère, décédé des suites de son obésité massive.
Pandora, la quarantaine, attend la visite de son frère qu'elle n'a pas vu depuis quatre ans, et dès qu'elle l'aperçoit à l'aéroport, c'est le choc, l'homme qui se dirige vers elle est méconnaissable, c'est un obèse en fauteuil roulant, rien à voir avec le jazzman svelte dont elle avait le souvenir.
Comment réagir, faire comme si tout était normal, aborder le sujet directement, nier l'évidence, lui proposer de l'aide, accepter ce frère pour ce qu'il est devenu ?
Le thème du surpoids est central mais le roman parle aussi des relations familiales, des relations de couple, des relations entre frères et soeurs, entre parents et enfants, des innombrables non-dits entre les membres d'une famille même soudée, du poids énorme de la culpabilité, de notre rapport à la nourriture, des régimes, du mal-être de ceux qui nous sont chers mais qu'on ne peut pas aider contre leur volonté.
Manger peut être un plaisir mais aussi une source profonde de malaise, la solution pour combler un manque, un vide, une manière de faire face à une douleur, le moyen pour certain de ne pas sombrer dans une autre forme de dépendance, cela peut aussi devenir une façon de contrôler son corps et sa vie...
J'ai été un peu frustrée que l'histoire soit écrite du point de vue de Pandora et que les émotions et ressentis du frère, le principal concerné, soit un peu mise en arrière plan, mais je comprends le parti pris de l'auteur, qui a dû écrire ce roman afin d'aborder un sujet qui était particulièrement douloureux pour elle.
Les sujets abordés sont sacrément intéressants mais malheureusement le roman n'est pas porteur de beaucoup d'espoir et je l'ai refermé avec une vraie boule dans le ventre car il nous laisse avec des questions à la pelle mais pas de réponse immédiate et surtout avec des interrogations personnelles qui peuvent être assez dérangeantes.
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Ziliz
  24 février 2016
Pandora n'a pas vu son frère aîné depuis quatre ans. Pianiste de jazz à New York, Edison semble traverser une mauvaise passe, après avoir « côtoyé de grosses pointures » et frôlé la gloire. Pandora accepte de l'héberger dans l'Iowa, malgré la réticence de son mari et des enfants adolescents de celui-ci. La surprise est de taille lorsqu'elle le retrouve à l'aéroport : il est passé de 75 à 175 kgs.
La cohabitation s'avère vite difficile. Edison est bouffeur compulsif, pas très propre ni soigneux. Parfois répugnant, à la fois attachant et insupportable, il se comporte comme un gamin mal élevé, irrespectueux envers son beau-frère - qui le lui rend bien. Pauvre Pandora, au milieu de tout ça !
« Voilà un livre qui pèse son poids » estime Delphine Peras (l'Express, 08/2014). Certes, et dans tous les sens du terme : 450 pages bien denses, où chaque mot semble à la fois minutieusement pesé et lourd de sens, où les idées et reparties sont aussi savoureuses que la lecture indigeste.
Il est question d'ambition personnelle, d'image de soi, de poids, de comportement alimentaire, d'addiction. Mais aussi de famille (et de son poids, là encore), de rivalités fraternelles motivantes et/ou destructrices. Lionel Shriver s'appesantit sur tous ces sujets, les décortique, les épluche jusqu'à la moelle, notamment grâce à des échanges très riches entre ses protagonistes - souvent mesurés (frère & soeur), parfois violents (beaux-frères).
Cette lecture est moins éprouvante qu'un des précédents romans de l'auteur 'Il faut qu'on parle de Kevin' (sur les adolescents tueurs). Elle est quand même particulièrement dérangeante, par l'image qu'elle donne du couple, de la famille, des responsabilités parentales, des relations au sein d'une fratrie. Et parce qu'on tourne sans cesse et de plus en plus autour du problème de l'alimentation et de la question plus générale (et vertigineuse) du dépassement de soi et des comportements addictifs :
• « Je me demandais pourquoi tant de personnes s'astreignaient à accomplir quoi que ce soit, alors que le moindre accomplissement s'accompagnait immanquablement de ce triste bilan : 'Bien, et maintenant ?' »
• « Qui sait, peut-être nous est-il impossible de vivre pleinement nos réussites, car nous nous attachons à la quête, à la pulsion, à sa décharge addictive d'amphétamines et à ce sentiment puissant d'avoir un but ? L'accomplissement s'apparente alors à une perte [...] »
• « Même si les manques nous rongent, la satiété est pire encore. »
La pirouette finale m'a d'abord fortement déplu.
Elle offre finalement un recul intéressant et une dimension supplémentaire.
'Big Brother', un grand et gros roman - à la fois génial, long et pesant.
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critiques presse (5)
LesEchos   22 octobre 2014
Une nouvelle fois, Lionel Shriver sonde la famille en crise. Juste et sensible, elle s’attache au quotidien et ce qu’il recèle de malaises, de rancœurs et d’incompréhension.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LeFigaro   13 octobre 2014
L'auteur ménage ses effets jusqu'à la fin, en forme de retournement. Romancière rouée, elle nous aura parlé de sachets protéinés, de calcul des calories et d'indice de masse corporelle en les enrobant dans un roman familial mordant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   16 septembre 2014
Dans "Tout ça pour quoi ?", Lionel Shriver brossait un portrait assez terrifiant du système de santé américain. Cette fois, son "Big Brother" réussit à nous passionner avec un autre sujet sensible : l'obésité.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   25 août 2014
Cette histoire (autobiographique) se dévore, littéralement. La romancière ne mâche pas ses mots, autant sur la nourriture que sur la fratrie, le couple, la famille. Dans un style pour le coup ascétique, où l'humour n'est pas en reste, voilà un livre qui pèse son poids.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Chatelaine   01 août 2014
Pourquoi on aime : parce que le roman se lit comme un thriller (maigrira-t-il?). Parce qu’il fait réfléchir sur le regard qu’on porte sur les obèses dans une société obsédée par la minceur et la santé. Et qu’il sonde la complexité des relations fraternelles dans une ère de familles éclatées.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   25 février 2016
Je n'étais pas la seule à être touchée par cette hystérie [de perte de poids]. La même frénésie régnait partout sur internet : réquisitoires contre le sucre, astuces consistant à manger dans de petites assiettes ou à boire des litres et des litres d'eau, reportages sur des célébrités prétendant faire "quatre-vingts repas par jour", tableaux répertoriant l'index glycémique des panais et des pommes de terre. Elle s'exprimait par l'augmentation de demandes de cercueils XXL, par la fabrication de montagnes russes aux poutrelles renforcées, d'ascenseurs conçus pour supporter deux fois leur charge. Elle se traduisait par les ventes accrues de vêtements pour "formes généreuses", par le retour du corset. Elle se voyait dans le marché des extensions de ceinture de sécurité des sièges d'avion, des lunettes de toilettes "Big John", des tabourets pour douche supportant des charges de trois cent soixante kilos, des "LuvSeats" pour faire l'amour, adaptés aux 'couples corpulents'. Elle se manifestait dans l'essor des sites web comme BigPeopleDating.com, mais aussi dans le prestige des tailles 0 et dans le nombre d'élèves qui, dans la classe de Cody [13 ans] avaient été hospitalisées pour avoir refusé de manger ou s'être fait vomir. Comment ne pas s'interroger sur l'intérêt d'un microprocesseur, d'un télescope spatial ou d'un accélérateur de particules quand nous avions perdu la plus animale de toutes les maîtrises ? A quoi bon découvrir le boson de Higgs ou se pencher sur l'économie des voitures à hydrogène ? Nous ne savions plus comment manger.
(p. 328-329)
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ZilizZiliz   22 février 2016
- Je regrette de t'avoir traité de gros.
J'en ai déduit qu'il s'agissait là de toute l'étendue de la concession qu'il était disposé à faire.
- Ecoute, man, je sais que je suis gros...
Enfin, Edison se décidait à s'adresser directement à Fletcher.
- ... mais de la façon dont tu dis ça, on dirait que je suis de la merde. C'est pas une description, c'est un verdict. Comme si j'était une abomination, la source de tout le mal et de toute la dépravation dans le monde. Je mange trop, mais j'ai tué personne. Je suis pas un pédophile. J'ai même pas piqué ton portefeuille, man.
- A quoi tu joues ? a demandé Fletcher d'un ton acerbe. C'est la 'Fat Pride' ?
- Je ne suis pas fier de moi. Ou plutôt si, mais pas de mon poids. Et quand j'avale un beignet, je le fais pas contre TOI.
Fletcher a accusé le coup. En toute franchise, je crois qu'il vivait vraiment les quantités de nourriture qu'absorbait Edison comme une forme d'agression.
- Tu te tues à petit feu, tu sais.
- Si c'est le cas, ça me regarde.
[...]
- Mais Edison a raison sur un point, ai-je riposté. Tu te comportes comme si tu menais une croisade morale. Son poids fait de lui un paria social. Il réduit la probabilité qu'il se remarie un jour. Il a de graves implications sur sa santé. Mais ce n'est pas une expression du mal. De même, tout le sport que tu fais n'a rien à voir avec être quelqu'un de bien. Je sais que c'est ce que tu crois. Le sport te fait te sentir bien, te fait penser du bien DE TOI, mais te donne aussi l'impression d'être supérieur à tous ceux qui glandent à longueur de journée.
(p. 162-164)
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gouelangouelan   10 août 2014
Au fil des ans, j'ai été contrainte d'admettre que la plupart des fêtes sont décevantes. Plus un évènement est organisé avec soin, plus il est probable qu'il dégouline et se dilue sur l'autel des bonnes intentions. Les Noëls, les anniversaires, les cérémonies de mariages sont engloutis d'un côté par l'organisation et les préparatifs et , de l'autre, par le rangement, et donnent l'impression qu'ils n'ont jamais vraiment eu lieu (....) Je serais dans l'incapacité de nommer la source du problème, au-delà de cette inaptitude propre à l'espèce de profiter du moment présent ou d'une impossibilité universelle à anticiper que le fait de rester debout un verra à la main n'a rien de si génial.
+ Lire la suite
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gouelangouelan   09 août 2014
- Comme dit le proverbe, "l'ignorance est une bénédiction", a déclaré en plaisantant l'homme corpulent qui se trouvait derrière moi à la caisse.
Il désignait le pèse-personne professionnel dans son carton, dont l'encombrement nécessitait un chariot plate-forme.
- Ça c'est sûr, a surenchéri aimablement la femme devant moi. J'aime autant ne pas savoir.
- Certes l'ignorance est une chose, me suis-je aventurée, mais le leurre en est un autre.
- Le leurre, c'est ce qui rend la vie supportable, a poursuivi le philosophe dans mon dos, en déposant son pack de Bud sur le tapis. S'ils se voyaient trop clairement dans le miroir, tous les êtres humains se balanceraient d'un pont.
J'ai éclaté de rire
- Mon frère et moi venons de commencer cette horrible diète liquide . Et si on ne se met pas à noter nos progrès, on va vraiment se balancer d'un pont.
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ZilizZiliz   23 février 2016
- Tu boulottes la nourriture comme si tu avais peur que quelqu'un vienne te la piquer, ai-je expliqué. Quelqu'un dans ton genre, en fait. C'est comme si tu mangeais en cachette de toi-même. [...] A mon avis, si tu manges autant, c'est parce que tu n'apprécies pas la nourriture, et non parce que c'est si bon que tu n'arrives pas à t'arrêter. Tu demandes à la nourriture de te donner quelque chose qui n'est pas en son pouvoir, et du coup, la quantité que tu ingurgites est potentiellement infinie. C'est comme si tu ouvrais le robinet de l'évier pour remplir la baignoire Tu auras beau l'ouvrir en grand, tu n'arriveras jamais à remplir la baignoire.
(p. 245)
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