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Laurence Richard (Traducteur)
ISBN : 2714474233
Éditeur : Belfond (04/05/2017)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Aux États-Unis, en 2029.
Les États-Unis ont élu leur premier président latino, l'Espagnol est devenu la première langue du pays, l'Indonésie a annexé l'Australie et Poutine est toujours au pouvoir.
Comme toutes les familles américaines, les Mandible subissent la crise économique. La situation est grave mais pas désespérées : certes, les légumes sont devenus hors de prix, l'eau est une denrée rare, même le papier toilette est soumis à la plus grande r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  05 mai 2017
L'Amérique est en faillite, et toutes ses valeurs avec.
Lionel Shriver, qui n'a jamais hésité à attaquer de front les dysfonctionnements profonds de son pays (la violence dans Il faut qu'on parle de Kevin, l'obésité morbide avec Big Brother, le système de santé dans Tout ça pour quoi, …), monte d'un cran et percute tête la première et avec jubilation le dernier tabou américain : l'effondrement de la première nation du monde sous le poids de sa dette.
2029, sauve-qui peut chez les Mandible : le Président Alvarado déclare la dénonciation de la dette, interdit la sortie des dollars (dont plus personne ne veut hors des frontières) et réquisitionne l'or des particuliers. Dans ce système complexe devenu instable, ce sont bientôt toutes les finances et institutions du pays qui partent en quenouille.
Un choc ressenti à différents niveaux d'intensité dans les diverses parties de la famille, au pro-rata de leurs situations financières : si l'aieul, l'Arrière Grand Homme comme le surnomme la famille, a tout à perdre de son immense fortune, sa petite-fille Florence qui galère depuis toujours de jobs pourris en factures de plus en plus difficiles à payer du fait de l'inflation, baigne déjà dans le marasme depuis longtemps ; ce sera plus difficile pour sa soeur Avery qui ne conçoit pas de vivre sans le SUV familial, la table basse en bois rare et le robot Mojo pour préparer le repas. Leurs enfants, comme le font depuis toujours toutes les jeunesses du monde, s'adapteront…
Une bonne fiction anticipatrice que Lionel Shriver nous a concocté là, mais malheureusement pas un bon roman, dont la première partie est pourtant vraiment soignée et efficace. Bien loin de l'arc narratif parfaitement tendu dans « Kevin », « Les Mandible » souffrent de pas mal de défauts de construction voire quelques invraisemblances, ce qui n'est pas si grave, mais surtout de facilités pour amener le propos avec de longs passages dialogués prétextes à exposer la thèse économique tout en éludant l'effort d'intrigue, ce qui laisse souvent percevoir à la lecture une intention d'essayiste plus que de romancière.
J'ai tout de même pris beaucoup de plaisir à le lire, tant le thème abordé est sidérant, et finalement très vraisemblable.
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Bazart
  13 février 2018

Faillite pour tous, dans tout le pays. L'harmonieuse famille Mandible, d'une lignée de riches industrielles avec à son bord, professeurs, écrivains, psychologues, travailleurs sociaux et des jeunes enfants précoces et bien nourris, cette famille « Ricoré » américaine prend, comme toute les familles américaines, la crise de 2029 de plein fouet. La Chine et la Russie s'unissent et créent une monnaie commune qui ne fait qu'une bouchée de l'Euro et déclare la guerre au Dollar. Marche après marche, les Mandible vont descendre les escaliers de la survie jusqu'à atteindre le chaos universel. du Brooklyn de Woody Allen ou de Paul Auster nous arrivons dans l'univers de Stephen King. La famille, après s'être entassée dans la dernière maison qu'elle possède, finira-t-elle sous les ponts ?
: Lionel Shriver nous livre une formidable leçon d'économie! Forte de ses connaissances en économie mondiale, véritable Thomas Piketty pour les Nuls, Lionel Shriver observe non sans ironie la chute financière mais aussi morale de la société américaine. Quelle formidable conteuse !
En quelques phrases les personnages sont croqués et prennent vie, en bonne humaniste, la romancière démonte méthodiquement tout ce qui fait le socle de l'économie américaine : surconsommation et libéralisme. Une fois cela fait, elle regarde tendrement une famille bourgeoise se débattre pour sa survie et prend un malin plaisir à retourner les situations.
En 2050 le Mexique devient un Eldorado à la croissance fulgurante, obligeant le gouvernement mexicain à construire un mur frontalier pour empêcher les américains blancs d'émigrer. Dans les films asiatiques, les personnages américains sont des bouffons incompétents ou malchanceux dont on se moque. C'est tragique et désespérément drôle. 2029, réveillons-nous la dystopie est pour bientôt.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Killing79
  11 mai 2017
Lionel Shriver est une auteure dont la popularité a explosé à la sortie de « Il faut qu'on parle de Kevin ». Ce roman controversé, adapté au cinéma, a été un grand succès littéraire. Moi qui ai toujours peur de passer à côté de nouveautés et qui suis toujours très curieux de rencontrer de nouvelles plumes, je me suis donc décidé pour son dernier opus.
Avant l'ouverture de cet ouvrage (je ne lis presque jamais la quatrième de couverture !), j'ai été un peu réticent devant sa couverture au design plutôt austère. Une fois dans le vif du sujet, cette sensation ne m'a pas vraiment quitté. L'auteure nous propose une dystopie qui imagine le monde après un drame économique. On suit la famille Mandible à travers tous les obstacles qui vont se trouver sur leur passage. Leur condition va se dégrader au fil des évènements et ils vont devoir s'adapter pour survivre. Ce récit permet d'imaginer les dégâts que peuvent occasionner des décisions financières. Il imagine aussi tous les bassesses par lesquelles tout un chacun est capable de passer lorsqu'il est sous la contrainte. Même si le monde semble s'écrouler, il apparaît que la famille et les liens sociaux sont toujours au-dessus de tout, quitte à renier ses convictions.
Cet examen d'un probable futur est très intéressant, très bien traité et m'a ouvert les yeux sur les risques encourus par le monde moderne. le style de Lionel Shriver est de haut niveau et j'ai bien conscience qu'il lui a fallu fournir un travail énorme pour être aussi pertinente sur un tel sujet.
Mais alors qu'est-ce que c'est froid ! Durant 500 pages assez linéaires, on passe d'un membre de la famille à un autre. A chaque chapitre, pendant de longs dialogues et de longs développements, il est question d'économie. le livre est truffé de termes techniques et de réflexions sur la tournure économique des choses. Il se résume finalement à l'étude d'un scénario probable de l'évolution de la finance mondiale, mais analysée vraiment en profondeur.
Par conséquent si vous recherchez une fresque romanesque, passez votre chemin, parce que « Les Mandible » se rapproche plus de l'essai que du roman. Je suis donc un peu déçu car je m'attendais à autre chose. Heureusement, j'étais en congés pour lire ce livre ardu et j'ai pris le temps d'apprécier tout de même cette vision intelligente et sombre de notre avenir!
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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BellesLecturesLesGens
  09 juin 2017
Tout n'a pas été facile et simple dans cette lecture mais au final, j'ai beaucoup aimé cette dystopie familio-financière !
J'ai aimé cette sorte de saga familiale qui se déroule dans un futur très proche (d'ailleurs, je n'ai pas arrêté de calculer mon âge par rapport aux personnages, ce qui m'a donné quelques sueurs froides je l'avoue ;) !). L'oncle Sam qui se prend une grande claque, par les temps qui courent, et bien c'était assez jouissif ! Comment les décisions financières d'un gouvernement, peuvent mener un pays au chaos et dans le cas présent, une famille à apprendre à survivre. Chacun selon son passé, son caractère, ses moyens ...
J'ai aimé ces personnages, parfois haut en couleur, parfois improbables, à la limite de la caricature pour certains mais souvent touchants in fine. Chacun son rôle, son style, sa classe sociale. Ils illustrent assez bien le panel de population américaine. Les latinos, les riches, les noirs, les paumés, les blancs de la classe moyenne ...
Je vous avoue que j'ai décroché plusieurs fois. Trop de blabla comptable qui a fini par me saouler, ceci par manque de compréhension de ma part. Je me doute que Lionel Shriver a énormément travaillé pour écrire qqchose d'aussi poussé et surtout pour arriver à le rendre limpide pour qqun qui ne sort pas forcément d'HEC comme moi. Mais le côté économique et financier poussé dans le détail m'a paru plutôt rébarbatif. C'est bien d'expliquer les choses, et c'est vrai qu'ici c'est le sujet central, mais les arcanes de la finances resteront tjs un grand mystère pour moi (même si j'en ressors qd même un poil plus cultivée dans ce domaine !).
J'aime toujours autant l'écriture de Shriver, acerbe et piquante. J'aime aussi les sujets qu'elle aborde et la manière dont elle les aborde ... Ou comment faire comprendre aux américains que tout ne va pas bien chez eux et que certains feraient bien d'arrêter de se regarder le nombril et de prendre les choses en main, sous peine d'aller droit dans le mur. Et à la lumière de ce qui se passe chez eux aujourd'hui, je trouve que ce livre a eu une saveur toute particulière ! Ceci évidemment n'engage que moi !
Une lecture ardue, où il faut prendre son temps mais une très belle aventure littéraire qui pourrait donner froid dans le dos à certains ...
Un futur proche, le tout étant de savoir si c'est une vision ou une illusion !
Une belle lecture que je vous recommande. Merci aux Editions Belfond et à Babelio pour ce joli cadeau

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VIRGINIE34
  20 mai 2017
"Les Mandible" imagine un monde en proie à une crise économique sans précédent, à partir de 2029. Les grandes puissances mondiales se sont liguées pour marginaliser les Etats-Unis et leur faire perdre leur suprématie... Résultat, une inflation démesurée, un gouvernement dépassé qui enchaîne les mesures coercitives, des populations qui découvrent la pénurie et la faim.
L'auteur propose de suivre les différents membres du clan Mandible et la manière dont ils vont affronter la crise. L'intrigue se révèle donc dense, entrecoupée de réflexions économiques assez difficiles à suivre (pour la profane que je suis).
Mais au final, j'ai été happée par les destins de ces personnages si bien travaillés, et par la vision presque apocalyptique du monde proposé par Lionel Shriver, pas si éloignée, il me semble, de ce que pourrait être la réalité...
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critiques presse (4)
LeDevoir   10 juillet 2017
L’écriture de Lionel Shriver est directe, railleuse et arrache morceau par morceau les restes de l’« American way of life ».
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeJournaldeQuebec   12 juin 2017
Même si elle a l’habitude de provoquer et de déranger, Lionel Shriver admet cette fois avoir eu beaucoup de plaisir à le faire.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde   02 juin 2017
L’auteure américaine ne cesse d’étonner par la diversité des genres et des sujets qu’elle aborde. Son nouveau roman ? Une dystopie économique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   01 juin 2017
Tous les personnages sonnent juste, et on assiste à leurs empoignades en voyeur fasciné. (...) La dystopie, genre littéraire à la mode, a rarement été à la fois aussi lucide et aussi proche.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
dibou94dibou94   16 avril 2018
Pour tout te dire, ce n'est pas franchement la joie dans ce pays. La moitié de la population est perpétuellement en grève, et à quoi bon avoir un système ferroviaire d'excellence si c'est pour qu'il ne soit jamais en service? Ils fulminent de ne pas pouvoir prendre leur retraite à cinquante-deux ans. Et tous exigent allocations familiales, retraites en or massif, chèques déjeuner, mutuelle, semaine de travail écourtée, et deux années complètes d'indemnités chômage avec un salaire d'avocat- car tout cela relève des droits de l'homme.
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dibou94dibou94   16 avril 2018
En plus, tout ce pataquès avec les musulmans prend des proportions insensées, avait poursuivi Nollie, imperturbable. Si je descends les Champs-Elysées, je me fais agresser et insulter. Si je me trouve dans un quartier moins central, je me fais malmener parce que je ne suis pas vêtue d'un sac poubelle. Même en France, ils ont laissé tomber tout leur baratin sur l'assimilation, et ont préféré mener une politique d'apaisement servile.
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MarjorieDMarjorieD   09 avril 2018
- Je veux terminer ce dossier d'inscription. Je demanderai à Mojo de me faire une omelette.
- Tu ferais mieux de te la préparer comme une grande. Maman a débranché Mojo pour la nuit. Elle ne voulait pas prendre le risque qu'il enterre les invités dans le jardin ou je ne sais quoi d'autre de dément.
- Tu sais qu'il y a une nouvelle série Netflix là-dessus? Sur un Mojo qui perd la boule et se met à tuer des gens.
- Le plus vieux scénario de science-fiction du monde. Ca remonte à 2001, l'Odyssée de l'espace.
Savannah fronça les sourcils.
- Pourquoi choisir le passé pour de la science-fiction?
- Parce qu'au moment où le roman a été écrit, 2001 était dans l'avenir. Comme 1984, qui semblait très loin quand Orwell l'a écrit, mais quand 1984 est finalement arrivé, cela n'avait rien d'aussi horrible ou d'étrange ou de triste que ce que l'auteur avait prédit. Les intrigues futuristes parlent surtout de ce que les gens redoutent au présent. Le futur n'est que le dernier monstre caché sous le lit, le grand inconnu. La vérité est qu'au fil de l'histoire, les choses s'améliorent sans cesse. En moyenne, le niveau de vie de la population est en amélioration constante. Lentement mais sûrement, notre espèce devient moins violente. Mais les écrivains et réalisateurs ne cessent de prédire l'effondrement total. C'en est presque drôle. Donc, ne t'inquiète pas, tu as un bel avenir devant toi, qui sera de plus en plus beau.
Elle le regarda, l'air curieux.
- Je ne suis pas inquiète.
" Eh bien, ça fait de toi la dernière des idiotes." Cette pensée lui passa par la tête avant qu'il puisse la réprimer.

pp. 108-109

Note: Lowell à sa fille, 15 ans. Nous sommes en 2029.
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cecilitcecilit   27 mai 2017
Sa mère avait vidé sur sa commode un bocal de pièces qu'elle avait accumulées depuis des années. Avec fébrilité, elle triait les pièces par valeurs - un cent, dix cents, vingt-cinq cents - et constituait, semble-t-il, des piles de dix. En la regardant faire, Willing sentit la tristesse le submerger. Ce n'était pas seulement le désespoir de sa mère. C'étaient les pièces en elles-mêmes. Quand il était petit, une pile de pièces de vingt-cinq cents avait semblé si précieuse. Quelque chose dans la nature même du métal - dureté, brillance, poids, permanence - lui avait toujours donné l'impression que les pièces de monnaie avaient plus de valeur et de substance que les billets. Sur la commode de sa mère, le bocal étincelait comme le trésor découvert dans un coffre enfoui ou rapporté à la surface par des plongeurs depuis l'épave d'un navire. Enfant, il avait arpenté les rues, la poche avant de son pantalon bombée par les pièces qui alourdissaient son jean et tapaient contre sa cuisse. A l'école primaire déjà, il savait que le billet de cinquante dollars valait plus que les pièces. Mais c'était le balancement cadencé et sonore des pièces de cuivre, de nickel, d'argent et d'étain qui lui lui donnait l'impression d'être riche.
Désormais, une pièce n'était plus qu'un simple disque, un jeton en plastique - une aberration historique, puisqu'il n'y avait plus d'émission de monnaie métallique. Les pièces que sa mère était en train de trier avec fébrilité n'étaient que de la monnaie de singe, et ce qu'elle faisait était stupide. Au bout d'une heure les yeux rivés sur les pièces, elle aurait de la chance si elle avait de quoi se payer une canette de coca.
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cecilitcecilit   25 mai 2017
Depuis des mois maintenant, les présentateurs avaient qualifié les événements qu'ils traversaient de 'crise', 'catastrophe ' et 'calamité ', et commençaient à être à court de substantifs commençant par c. Ils avaient déjà épuisé tous ceux avec un d comme initiale, qu'il s'agisse de 'désastre', 'débâcle' et 'dévastation'. Des mots comme 'épreuve ', 'adversité ', 'tragédie ', 'malheur' et 'souffrance' ne signifiaient plus rien - ils ne convenaient pas, semblant évoquer des expériences mineures. La langue elle-même souffrait d'inflation, et quand tout deviendrait dix fois pire, les présentateurs se retrouveraient coincés. Il n'y aurait plus de mots pour qualifier la phase nouvelle. CBS News s'en sortirait peut-être par la litote : ce qui était arrivé à l'Amérique était 'fort dommageable ', 'fort déplorable ', 'assez malheureux', 'plutôt désolant' ou encore 'très triste'.
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