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Laurence Richard (Traducteur)
EAN : 9782714474230
528 pages
Éditeur : Belfond (04/05/2017)
3.37/5   107 notes
Résumé :
Aux États-Unis, en 2029.
Les États-Unis ont élu leur premier président latino, l'Espagnol est devenu la première langue du pays, l'Indonésie a annexé l'Australie et Poutine est toujours au pouvoir.
Comme toutes les familles américaines, les Mandible subissent la crise économique. La situation est grave mais pas désespérées : certes, les légumes sont devenus hors de prix, l'eau est une denrée rare, même le papier toilette est soumis à la plus grande r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
3,37

sur 107 notes

Kittiwake
  15 avril 2020
Etait-ce vraiment une bonne idée que de lire ce roman de (proche) anticipation en une période où les peurs plus ou moins rationnelles gouvernent nos quotidiens? Pas sûr, quelques cauchemars ont complété l'effet diurne de cette lecture terrifiante.
Les Mandible, en 2027 ont déjà subi la catastrophe de « l'âge-pierre » : une cyber-attaque a privé les américains d'internet avec toutes les conséquences que l'on peut aisément imaginer.
Mais cinq ans plus tard, c'est un autre cataclysme qui s'abat sur cette nation autrefois arrogante, et imbue d'elle-même. de sombres tractations financières internationales confèrent au dollar une valeur de roupie de sansonnet, à moins d'abdiquer en adoptant la monnaie internationale, le bancor.
Le refus du président entraine la faillite complète de tous les possesseurs de devises, comme en 29, et met la nation entière sur la paille. Comme on peut s'y attendre, l'instinct de survie fait ressurgir des comportements de violence incontrôlables et plus accessoirement des ruées sur le papier toilette!
La famille Mandible qui lorgnait sur l'héritage du doyen comprend que ses rêves sont caduques. Commence pour eux une descente aux enfers dramatique.
Le roman insiste sur les mécanismes du marché de la finance mondiale , de façon fort adroite puisque l'un des personnages, Lowel, est prof universitaire en économie. Malgré cela, j'avoue être aussi ignorante après qu'avant, tant le fonctionnement de ce bazar m'est obscur. On en comprend cependant aisément les conséquences et la fragilité d'un tel système.
C'est écrit avec l'assurance de quelqu'un qui possède son sujet et les personnages suscitent une grande empathie , malgré leur limites et leurs petites mesquineries. J'aime particulièrement Enola, la grand-mère qui avec une constance parfaite, sur les 40 ans que dure le récit, effectue ses séries de jumping-jack et refuse de se séparer d'une caisse de livres qui lui restent de son passé de romancière à succès.

C'est brillant, glaçant, et ça nous pend au nez.
Challenge Pavés Babelio 2020

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Allantvers
  05 mai 2017
L'Amérique est en faillite, et toutes ses valeurs avec.
Lionel Shriver, qui n'a jamais hésité à attaquer de front les dysfonctionnements profonds de son pays (la violence dans Il faut qu'on parle de Kevin, l'obésité morbide avec Big Brother, le système de santé dans Tout ça pour quoi, …), monte d'un cran et percute tête la première et avec jubilation le dernier tabou américain : l'effondrement de la première nation du monde sous le poids de sa dette.
2029, sauve-qui peut chez les Mandible : le Président Alvarado déclare la dénonciation de la dette, interdit la sortie des dollars (dont plus personne ne veut hors des frontières) et réquisitionne l'or des particuliers. Dans ce système complexe devenu instable, ce sont bientôt toutes les finances et institutions du pays qui partent en quenouille.
Un choc ressenti à différents niveaux d'intensité dans les diverses parties de la famille, au pro-rata de leurs situations financières : si l'aieul, l'Arrière Grand Homme comme le surnomme la famille, a tout à perdre de son immense fortune, sa petite-fille Florence qui galère depuis toujours de jobs pourris en factures de plus en plus difficiles à payer du fait de l'inflation, baigne déjà dans le marasme depuis longtemps ; ce sera plus difficile pour sa soeur Avery qui ne conçoit pas de vivre sans le SUV familial, la table basse en bois rare et le robot Mojo pour préparer le repas. Leurs enfants, comme le font depuis toujours toutes les jeunesses du monde, s'adapteront…
Une bonne fiction anticipatrice que Lionel Shriver nous a concocté là, mais malheureusement pas un bon roman, dont la première partie est pourtant vraiment soignée et efficace. Bien loin de l'arc narratif parfaitement tendu dans « Kevin », « Les Mandible » souffrent de pas mal de défauts de construction voire quelques invraisemblances, ce qui n'est pas si grave, mais surtout de facilités pour amener le propos avec de longs passages dialogués prétextes à exposer la thèse économique tout en éludant l'effort d'intrigue, ce qui laisse souvent percevoir à la lecture une intention d'essayiste plus que de romancière.
J'ai tout de même pris beaucoup de plaisir à le lire, tant le thème abordé est sidérant, et finalement très vraisemblable.
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MarjorieD
  05 mai 2018
L'idée de base était brillante : faire évoluer une famille américaine sur quatre générations, dans un futur pas si lointain, sur fond de désastre écologique et de crise économique mondiale ayant pour résultat la fin des USA en tant que superpuissance, désormais réduits à un état paria dans un monde dominé par une alliance sino-russe avec à sa tête un Poutine toujours bon pied, bon oeil.
Lionel Shriver, surnommée par le New York Times de « Cassandre des lettres américaines »*, dont on se souvient du très osé et dérangeant « Il faut qu'on parle de Kevin », passe à la loupe le moindre détail de cette situation. de quoi faire frissonner d'effroi tout bon WASP américain ou, plus largement, tout adepte de l' « American way of life ». C'est ironique, satirique, caustique.
Mais il y a un hic.
Pour écrire Les Mandible, Lionel Shriver a effectué un énorme travail de documentation et témoigne d'une solide culture en matière d'économie (ce qu'elle se défend d'avoir, alors qu'en tant que journaliste, elle écrit régulièrement pour « The Economist » ou « The Wall Street Journal »)*.
Au final, je suis d'accord avec d'autres lecteurs pour dire que, malheureusement, le récit tient de l'essai au détriment du romanesque (ce qui, vous serez d'accord avec moi, est un comble pour un roman !). Les différentes théories économiques exposées font l'objet d'autant de démonstrations (surtout dans la première partie qui va de 2029 à 2032) et ont pour effet de considérablement alourdir la narration, sans parler de leur effet soporifique sur des lecteurs qui, comme moi, n'y connaissent rien et que ça barbe en plus.
D'autre part, j'ai trouvé un réel problème dans la construction du roman : en seconde partie, en 2047 donc, nous retrouvons Nollie (anagramme de Lionel*), son neveu Willing, les cousins et le tonton à peine effleuré dans la première partie. Mais où sont donc passés tous les autres membres de la famille ?
En conclusion : un roman qui avait a priori tout pour me séduire mais qui, au final, m'a franchement désappointée.
*https://www.lagrandeparade.fr/index.php/acrobates-de-la-plume/romans-etrangers/1571-lionel-shriver-une-dystopie-americaine
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Bazart
  13 février 2018

Faillite pour tous, dans tout le pays. L'harmonieuse famille Mandible, d'une lignée de riches industrielles avec à son bord, professeurs, écrivains, psychologues, travailleurs sociaux et des jeunes enfants précoces et bien nourris, cette famille « Ricoré » américaine prend, comme toute les familles américaines, la crise de 2029 de plein fouet. La Chine et la Russie s'unissent et créent une monnaie commune qui ne fait qu'une bouchée de l'Euro et déclare la guerre au Dollar. Marche après marche, les Mandible vont descendre les escaliers de la survie jusqu'à atteindre le chaos universel. du Brooklyn de Woody Allen ou de Paul Auster nous arrivons dans l'univers de Stephen King. La famille, après s'être entassée dans la dernière maison qu'elle possède, finira-t-elle sous les ponts ?
: Lionel Shriver nous livre une formidable leçon d'économie! Forte de ses connaissances en économie mondiale, véritable Thomas Piketty pour les Nuls, Lionel Shriver observe non sans ironie la chute financière mais aussi morale de la société américaine. Quelle formidable conteuse !
En quelques phrases les personnages sont croqués et prennent vie, en bonne humaniste, la romancière démonte méthodiquement tout ce qui fait le socle de l'économie américaine : surconsommation et libéralisme. Une fois cela fait, elle regarde tendrement une famille bourgeoise se débattre pour sa survie et prend un malin plaisir à retourner les situations.
En 2050 le Mexique devient un Eldorado à la croissance fulgurante, obligeant le gouvernement mexicain à construire un mur frontalier pour empêcher les américains blancs d'émigrer. Dans les films asiatiques, les personnages américains sont des bouffons incompétents ou malchanceux dont on se moque. C'est tragique et désespérément drôle. 2029, réveillons-nous la dystopie est pour bientôt.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Killing79
  11 mai 2017
Lionel Shriver est une auteure dont la popularité a explosé à la sortie de « Il faut qu'on parle de Kevin ». Ce roman controversé, adapté au cinéma, a été un grand succès littéraire. Moi qui ai toujours peur de passer à côté de nouveautés et qui suis toujours très curieux de rencontrer de nouvelles plumes, je me suis donc décidé pour son dernier opus.
Avant l'ouverture de cet ouvrage (je ne lis presque jamais la quatrième de couverture !), j'ai été un peu réticent devant sa couverture au design plutôt austère. Une fois dans le vif du sujet, cette sensation ne m'a pas vraiment quitté. L'auteure nous propose une dystopie qui imagine le monde après un drame économique. On suit la famille Mandible à travers tous les obstacles qui vont se trouver sur leur passage. Leur condition va se dégrader au fil des évènements et ils vont devoir s'adapter pour survivre. Ce récit permet d'imaginer les dégâts que peuvent occasionner des décisions financières. Il imagine aussi tous les bassesses par lesquelles tout un chacun est capable de passer lorsqu'il est sous la contrainte. Même si le monde semble s'écrouler, il apparaît que la famille et les liens sociaux sont toujours au-dessus de tout, quitte à renier ses convictions.
Cet examen d'un probable futur est très intéressant, très bien traité et m'a ouvert les yeux sur les risques encourus par le monde moderne. le style de Lionel Shriver est de haut niveau et j'ai bien conscience qu'il lui a fallu fournir un travail énorme pour être aussi pertinente sur un tel sujet.
Mais alors qu'est-ce que c'est froid ! Durant 500 pages assez linéaires, on passe d'un membre de la famille à un autre. A chaque chapitre, pendant de longs dialogues et de longs développements, il est question d'économie. le livre est truffé de termes techniques et de réflexions sur la tournure économique des choses. Il se résume finalement à l'étude d'un scénario probable de l'évolution de la finance mondiale, mais analysée vraiment en profondeur.
Par conséquent si vous recherchez une fresque romanesque, passez votre chemin, parce que « Les Mandible » se rapproche plus de l'essai que du roman. Je suis donc un peu déçu car je m'attendais à autre chose. Heureusement, j'étais en congés pour lire ce livre ardu et j'ai pris le temps d'apprécier tout de même cette vision intelligente et sombre de notre avenir!
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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critiques presse (4)
LeDevoir   10 juillet 2017
L’écriture de Lionel Shriver est directe, railleuse et arrache morceau par morceau les restes de l’« American way of life ».
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeJournaldeQuebec   12 juin 2017
Même si elle a l’habitude de provoquer et de déranger, Lionel Shriver admet cette fois avoir eu beaucoup de plaisir à le faire.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde   02 juin 2017
L’auteure américaine ne cesse d’étonner par la diversité des genres et des sujets qu’elle aborde. Son nouveau roman ? Une dystopie économique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   01 juin 2017
Tous les personnages sonnent juste, et on assiste à leurs empoignades en voyeur fasciné. (...) La dystopie, genre littéraire à la mode, a rarement été à la fois aussi lucide et aussi proche.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
MarjorieDMarjorieD   09 avril 2018
- Je veux terminer ce dossier d'inscription. Je demanderai à Mojo de me faire une omelette.
- Tu ferais mieux de te la préparer comme une grande. Maman a débranché Mojo pour la nuit. Elle ne voulait pas prendre le risque qu'il enterre les invités dans le jardin ou je ne sais quoi d'autre de dément.
- Tu sais qu'il y a une nouvelle série Netflix là-dessus? Sur un Mojo qui perd la boule et se met à tuer des gens.
- Le plus vieux scénario de science-fiction du monde. Ca remonte à 2001, l'Odyssée de l'espace.
Savannah fronça les sourcils.
- Pourquoi choisir le passé pour de la science-fiction?
- Parce qu'au moment où le roman a été écrit, 2001 était dans l'avenir. Comme 1984, qui semblait très loin quand Orwell l'a écrit, mais quand 1984 est finalement arrivé, cela n'avait rien d'aussi horrible ou d'étrange ou de triste que ce que l'auteur avait prédit. Les intrigues futuristes parlent surtout de ce que les gens redoutent au présent. Le futur n'est que le dernier monstre caché sous le lit, le grand inconnu. La vérité est qu'au fil de l'histoire, les choses s'améliorent sans cesse. En moyenne, le niveau de vie de la population est en amélioration constante. Lentement mais sûrement, notre espèce devient moins violente. Mais les écrivains et réalisateurs ne cessent de prédire l'effondrement total. C'en est presque drôle. Donc, ne t'inquiète pas, tu as un bel avenir devant toi, qui sera de plus en plus beau.
Elle le regarda, l'air curieux.
- Je ne suis pas inquiète.
" Eh bien, ça fait de toi la dernière des idiotes." Cette pensée lui passa par la tête avant qu'il puisse la réprimer.

pp. 108-109

Note: Lowell à sa fille, 15 ans. Nous sommes en 2029.
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KittiwakeKittiwake   30 avril 2020
À la suite des nombreux décès causés par les bactéries résistantes aux antibiotiques – dont l’une des souches avait entraîné la mort de la mère de Willing –, des codes sociaux moins intimes s’étaient imposés. Esquisser une poignée de main vous trahissait immanquablement comme un yeurk passéiste. Dans le même ordre d’idées, les bises étaient tout aussi féroces, et s’il vous prenait l’envie d’essayer de dire bonjour à une connaissance en l’embrassant, vous vous en seriez probablement mangé une. Willing et sa cousine se saluèrent d’une légère tape sur l’épaule.
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KittiwakeKittiwake   21 avril 2020
Après le flower-power, le farine-power, railla Lowell, mais ni Willing ni sa mère n'avaient regardé suffisamment de documentaires sur les années 1960 pour saisir la plaisanterie. tu veux dire que ces pénuries sont artificielles? Il y aurait suffisamment à manger si les gens contentaient d'acheter un seul pot de mayo...
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cecilitcecilit   27 mai 2017
Sa mère avait vidé sur sa commode un bocal de pièces qu'elle avait accumulées depuis des années. Avec fébrilité, elle triait les pièces par valeurs - un cent, dix cents, vingt-cinq cents - et constituait, semble-t-il, des piles de dix. En la regardant faire, Willing sentit la tristesse le submerger. Ce n'était pas seulement le désespoir de sa mère. C'étaient les pièces en elles-mêmes. Quand il était petit, une pile de pièces de vingt-cinq cents avait semblé si précieuse. Quelque chose dans la nature même du métal - dureté, brillance, poids, permanence - lui avait toujours donné l'impression que les pièces de monnaie avaient plus de valeur et de substance que les billets. Sur la commode de sa mère, le bocal étincelait comme le trésor découvert dans un coffre enfoui ou rapporté à la surface par des plongeurs depuis l'épave d'un navire. Enfant, il avait arpenté les rues, la poche avant de son pantalon bombée par les pièces qui alourdissaient son jean et tapaient contre sa cuisse. A l'école primaire déjà, il savait que le billet de cinquante dollars valait plus que les pièces. Mais c'était le balancement cadencé et sonore des pièces de cuivre, de nickel, d'argent et d'étain qui lui lui donnait l'impression d'être riche.
Désormais, une pièce n'était plus qu'un simple disque, un jeton en plastique - une aberration historique, puisqu'il n'y avait plus d'émission de monnaie métallique. Les pièces que sa mère était en train de trier avec fébrilité n'étaient que de la monnaie de singe, et ce qu'elle faisait était stupide. Au bout d'une heure les yeux rivés sur les pièces, elle aurait de la chance si elle avait de quoi se payer une canette de coca.
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KittiwakeKittiwake   23 avril 2020
Il baissa la voix, comme pour lui transmettre une dernière parole de sagesse que son arrière-petit-fils se rappellerait peut-être des années durant ; à son âge toute séparation pouvait aisément être définitive. - Impossible de mettre la main sur des laxatifs. Si jamais tu en trouvais une boite ou deux...
C'était littéralement un monde de merde
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Pitch « Lisez ! » : « Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes » de Lionel Shriver... .
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