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EAN : 9782714448002
540 pages
Éditeur : Belfond (12/01/2012)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Après le choc d’Il faut qu’on parle de Kevin, la nouvelle bombe de Lionel Shriver. Toute sa rage, son audace et son humour au vitriol pour une radioscopie féroce et incisive du couple, de la famille, de la maladie et du rôle de l’argent dans notre vie. Un brûlot dévastateur.

Parfois, le soir, dans les embouteillages, Shep Knacker laisse son esprit divaguer: fuir les humiliations au travail, échapper aux jérémiades de son artiste de sœur, aux caprices ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
PiertyM
  24 mars 2017
Les rideaux tombent devant le rêve américain avec Tout ça pour quoi! Justement tout ça, c'est pour faire vivre le capitalisme, un système où le travail est le cheval de bataille de tout individu, au finish tout ce qu'on gagne s'en va bourrer les poches de "la politique gouvernementale"...le gain mine dans tous les services, tout à payer, aussi cher que les revenus ne répondent que les Américains de Lionel Shriver rêvent d'aller se la coller douce ailleurs, un fait très paradoxal du moment où des immigrés n'arrêtent pas d'affluer aux portes des États-unis rêvant quant à eux la belle vie dans le pays de l'oncle Sam...
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Livresse_des_Mots
  12 septembre 2014
« Tout ça pour quoi » est le dernier roman de Lionel Shriver qu'il me restait à lire. Et, comme on le dit communément, j'ai gardé le meilleur pour la fin ! Je l'ai savouré comme la dernière bouchée d'un dessert préféré : on sait qu'après, il n'y en aura plus. Donc on fait durer.
Tout le talent de Lionel Shriver réside en sa capacité à ficeler des romans passionnants et pertinents. Ses intrigues sont prétextes à des réflexions profondes sur différents faits de société. En un long monologue, « Il faut qu'on parle de Kévin » s'interroge sur la maternité et l'extrême violence d'un adolescent. « La double vie d'Irina » explore les ramifications d'une vie de couple et des choix qu'elle implique : fidélité ou adultère ? Dans « Double faute », Lionel Shriver étudie un couple de sportifs professionnels et les conséquences de leur rivalité sur leur mariage. Et pour finir, « Big Brother » est une réflexion sur l'obésité et le rapport des Américains à la nourriture.
« Tout ça pour quoi » apporte sa contribution à cette palette de sujets modernes en évoquant la maladie et le système de santé Américain. Shep, quinquagénaire, bosse comme employé dans l'entreprise de « bricoleurs » qu'il a lui-même créée puis revendue. Opprimé par un patron imbu de lui-même, frustré et malheureux dans son pays, il nourrit un rêve : partir pour l'Outre-vie. Un soir, il est prêt. Grâce aux bénéfices de sa vente, il annonce à sa femme qu'il plaque tout pour partir sur l'île de Pemba, au large de Zanzibar. Il est déterminé et partira, avec ou sans elle. Mais la nouvelle terrible qu'elle lui annonce met fin à son projet utopique…
Ce roman a trouvé un écho très particulier en moi. Cette histoire universelle nous met face à un profond mal-être occidental. Réflexion élaborée sur les failles de notre société, dénonciation des aberrations économiques et politiques perpétrées par nos gouvernements, « Tout ça pour quoi » nous amène insidieusement à remettre en question un grand nombre d'acquis. Et le rêve de Shep devient contagieux : au début, on tique, on s'étonne – on rit ! – mais peu à peu, l'idée prend forme et s'immisce dans l'esprit… Après avoir lu « Tout ça pour quoi », on a envie de tout abandonner et de partir sur une île paradisiaque pour entamer une nouvelle vie, plus douce et moins éreintante, loin des tracas occidentaux.
Mais le véritable sujet de ce roman n'est pas le fantasme de l'Outre-vie, même s'il m'a marquée. Non, Lionel Shriver s'attaque à la maladie incurable : le mésothéliome, cancer virulent provoqué par un contact avec l'amiante et la dystonie familiale, maladie rare frappant essentiellement la population Juive Ashkénaze. Fort documenté et enrichissant, ce roman n'a pas pour ambition de faire pleurer dans les chaumières, mais plutôt d'informer et de sensibiliser le lecteur. Sur les effets physiques et psychiques d'un cancer, destructeurs, avilissants. Sur la rage et l'impuissance que fait naître un tel caprice de la vie. Sur le gouffre financier que représentent les traitements. Sur l'hypocrisie des proches confrontés à la maladie et la fuite silencieuse des « amis ». Et sur l'amour, le sens du sacrifice. Shep renonce à sa fortune et à son rêve pour prolonger la vie de sa femme. de quelques semaines ? de quelques mois ? de quelques années ? Comment mesurer le prix d'une vie ?
La lucidité et la verve de Lionel Shriver frappent un nouvelle fois dans ce roman bouleversant : peinture économique et sociale de l'Amérique, satire de son système médical, histoire d'amour désarmante… au sortir de ces quelques centaines de pages, on se sent fourbu mais heureux d'avoir ouvert « Tout ça pour quoi »…
Lien : http://www.livressedesmots.c..
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SophieWag
  03 octobre 2019
Lionel Shriver, née Margaret Ann Shriver le 18 mai 1957 à Gastonia en Caroline du Nord, est une femme de lettres et journaliste américaine.Élevée dans une famille dominée par les valeurs religieuses importantes (son père était pasteur presbytérien), elle changea de prénom à l'âge de 15 ans, forte de sa conviction selon laquelle les hommes avaient la vie plus facile que les femmes.
So Much for That, Tout ça pour quoi est paru en 2010 en anglais, en 2012 en français. Il est son dixième roman.
2005 New York. Shep est bien décidé à réaliser son rêve : partir vivre avec sa famille sur l' île de Pemba au large de Zanzibar. Alors qu'il a acheté les billets d'avion et qu'il doit annoncer à sa femme qu'il part avec ou sans elle, Glynis, sa femme, lui apprend qu'elle est atteinte d'un cancer.
Un très bon roman de Lionel Shriver, cynique et grinçant comme elle sait si bien le faire. Qu'ont donc fait ses compatriotes pour qu'elle les décrive au vitriol dans tous ses romans?
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Themahyperlibrairie
  31 juillet 2012
Alors que vous êtes sur le point de réaliser votre rêve, la réalité la plus cruelle vous rattrape. C'est ce qui arrive à Shep Knacker qui se voit obligé de changer radicalement ses plans. Au lieu de filer des jours heureux sur une île paradisiaque, il doit affronter la maladie de sa femme. Sur fond de critique du système médical américain, Lionel Shriver expose ses personnages à l'inconcevable. le roman entier est une lutte pour la survie, non seulement face à la maladie (déclinée sous toutes ses formes) mais également face à un monde qui nous échappe chaque jour un peu plus. Cette histoire, bien qu'elle nous rappelle sans détour notre propre vulnérabilité, illustre également la célèbre expression "Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir".
Noé
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som
  08 janvier 2013
La tentation de Venise ! Tout plaquer, famille, travail et amis pour recommencer à zéro à l'autre bout du monde. Shep Knacker est sur le point de réaliser son rêve, bien que pour lui la destination soit en réalité Pemba, une île au large de Zanzibar. Billets d'avion en poche, il rentre chez lui annoncer la bonne nouvelle. Patatras, cette utopie est brisée net par la révélation du cancer de son épouse, cancer du genre rare, violent, au traitement coûteux. Il n'est plus question de partir mais plutôt de s'accrocher à un job, certes miteux, mais doté d'une indispensable assurance santé.
A travers Shep, sa femme Glynis, leurs amis proches et leurs familles éloignées, Lionel Shriver nous dépeint les effets de la maladie. Sur les corps tout d'abord, sur les relations humaines ensuite. Avec la précision d'un chirurgien, l'auteur démasque toutes les hypocrisies sociales, analyse la manière dont la maladie peut renforcer les liens mais aussi les briser, ou encore la façon dont elle transforme les victimes en bourreaux, les bien-portants en moutons. Ce constant n'est pas forcément plaisant mais assurant brillant et incisif.
En vérité, Lionel Shriver s'attaque au système de santé actuel des Etats-Unis et au-delà à toutes ses valeurs, la réussite, le dollar-roi, l'ultra consumérisme. La charge est lourde, souvent juste, le ton caustique. Cependant, les répétitions à n'en plus finir et le ton tellement rhétorique des protagonistes amenuisent la portée du propos et finissent par agacer d'autant que les positions des uns et des autres n'évoluent pas franchement au cours de 500 pages. du coup, les personnages perdent peu à peu leur humanité pour se réduire à un discours désincarné, somme tout un peu vain. On en viendrait presque à souhaiter la mort rapide des malades et la fin du livre qui se révèle bizarrement, j'allais écrire artificiellement, heureuse et sereine, tout à l'inverse de ce qui l'a précédé.
Conclusion, un peu facile mais si vraie, tout cela pour ça ?
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critiques presse (8)
Bibliobs   20 avril 2012
Ce livre de Lionel Shriver est une charge contre les failles du système de santé aux Etats-Unis. C'est un roman à thèse percutant, impitoyable.
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LesEchos   03 avril 2012
Roman âpre, grinçant, « Tout ça pour quoi » ouvre finalement une fenêtre sur l'espoir.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress   09 mars 2012
Ce roman social tragi-comique sent un peu la fabrique avec son "happy end" de série hollywoodienne.[…] Il n'en constitue pas moins une radioscopie virulente de la "middle class" américaine tentée de s'échapper de son bocal.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   02 mars 2012
L'intrigue est astucieuse. Beaucoup de dialogues, ce qui est vivant, percutant, efficace.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   01 mars 2012
Quelle doit être la juste attitude des biens portants face à ceux qui souffrent et se battent contre une maladie grave et qui, au fond d'eux, se savent condamnés? Le livre de Lionel Shriver bascule […] dans une observation fine et minutieuse des comportements des uns et des autres, parents, proches et amis.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   20 février 2012
Dans Tout ça pour quoi, la romancière a sacrifié le style à l'efficacité et à l'action, le récit aux dialogues, de façon qu'on reçoive son livre en pleine figure. C'est réussi.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   02 février 2012
Lionel Shriver décrit également les relations familiales et leurs dégradations, s'interrogeant sur l'attitude de chacun devant la mort. Il n'y aura pas de happy end dans cette fiction réaliste, l'écrivain est au-delà des bleuettes hollywoodiennes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   23 janvier 2012
Voici un livre réjouissant. Pas par ses qualités littéraires - le récit n'aspire qu'à être vivant et efficace, ce qu'il est bigrement. Mais par l'énergie qu'il insuffle.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
FRANGAFRANGA   05 avril 2012
Je sais que, dans nos expéditions, nous avons côtoyé l'extrême pauvreté -les rues qui sont des égouts à ciel ouvert, les mères qui fouillent dans les ordures pour récupérer des peaux de mangue. Mais ces gens savent ce qui cloche dans leur vie, et ils se doutent bien qu'avec quelques shillings, pesos ou roupies de plus dans leur poche, les choses s'arrangeraient. Ce qui est terrible, c'est de s'entendre dire qu'on a une vie rêvée quand on sait que cette vie-là ne s'arrangera pas, que c'est, en fait, une vie de merde. L'Amérique est censée être un grand pays, mais Jackson a raison ; c'est un attrape-couillon, Glynis. Je dois avoir une quarantaine de mots de passe pour les banques, les cartes de crédit, le téléphone, les comptes Internet et quarante identifiants différents. On les additionne et c'est ça, la vie ?
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FRANGAFRANGA   13 avril 2012
"Tes amis t'aiment, mais ils ne savent pas toujours comment te le montrer.
- Ça me fatigue. Ce défilé de visiteurs-cousins, oncles, voisins qu'on connaît à peine. Les amis disparus depuis quinze ans qui sortent des bois tels des termites. On avait pourtant eu les meilleures raisons du monde de ne pas se fréquenter : on ne s'aimait pas des masses. Mais il leur faut un auditoire. Ils ont répété leur petit discours, leur petite performance, et ils exigent de les livrer jusqu'au bout. Les mains croisées comme à l'église, ils expriment en long et en large leur amour pour moi sur le ton d'un compte rendu de lecture. Franchement, j'en suis au point où je préférerais que quelqu'un franchisse notre porte pour me dire : "Tu sais quoi, Glynis ? Franchement, je ne t'ai jamais appréciée. Honnêtement, on ne s'entendait pas. Je n'ai jamais compris pourquoi on s'est fréquentés.' Ou même : "Je te trouve détestable." Ça me changerait. Tout plutôt que des discours à vomir : "Glynis, tu as tellement de talent. Glynis, ton travail est splendide. Tes enfants sont merveilleux." Je ne sais même pas de qui ils parlent. Je peux les trouver merveilleux parce que ce sont mes gosses, mais les autres, comment le pourraient-ils ?
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FRANGAFRANGA   09 avril 2012
A ce moment précis, Shep saisit intuitivement pourquoi Zach ne vieillissait qu'au sens temporel du temps. Rien de ce qu'il avait appris au lycée ne lui avait conféré la moindre maîtrise sur les forces qui contrôlaient sa vie. Sa seconde année d'algèbre intensif ne lui permettait pas, même a minima de savoir que faire, à part appeler Verizon-le fournisseur d'accès-sorcier-quand la connexion familiale haut débit s'interrompait. Il ne comprenait même pas ce qu'était le concept de haut débit, magie mise à part. Cette relation passive, asservie au monde matériel, maintenait en permanence son fils dans la dépendance impuissante de l'enfance.
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FRANGAFRANGA   15 avril 2012
Cette usure de l'amitié, Shep se l'expliquait par l'absence de protocole. C'est ce qu'il se disait pour ne pas se laisser abattre. On n'avait jamais appris à ces gens que tout un pan de la vie les reliait à la fin de la vie-à savoir la maladie et la mort. On ne leur avait pas appris à se comporter décemment quand ils y étaient confrontés. Leur mère leur avait sans doute interdit de mettre les coudes sur lea table et de mâcher la bouche ouverte. Mais aucun parent ne les avait fait asseoir pour leur expliquer ce qu'il fallait dire et faire quand une personne qu'on prétendait aimer était souffrante. Ce n'était pas inscrit au programme. Piètre consolation pour Shep, quand nombre de ces spécimens lamentables d'êtres humains tomberaient eux-mêmes malades, ils se heurteraient à la même indifférence.
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FRANGAFRANGA   15 avril 2012
- Les chrétiens considèrent comme un devoir de s'occuper des souffrants. La plupart de mes paroissiens prenaient leur tâche au sérieux. Tes amis laïques n'ont que leur conscience pour colonne vertébrale, et cela ne suffit pas toujours. Rien ne remplace une foi profonde, fiston. Elle fait appel à ce qu'il y a de meilleur en l'homme. Les malades, c'est du boulot, souvent du sale boulot, je ne te l'apprendrai pas. Quand tu te dis naïvement que ce serait tellement gentil qu'on te dépose un plat tout préparé à réchauffer, tu t'aperçois vite... (Gabriel fit la grimace et ferma les yeux)... qu'il vaut mieux ne compter que sur soi pour dîner.
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