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ISBN : 2823613757
Éditeur : Editions de l'Olivier (02/01/2020)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 36 notes)
Résumé :
À quarante-trois ans, Barry Cohen, New-Yorkais survolté à la tête d’un fonds spéculatif de 2,4 milliards de dollars, est au bord du précipice. Sous le coup d’une enquête de la Commission boursière, accablé par la découverte de
l’autisme de son jeune fils, il prend une décision aussi subite qu’inattendue et embarque dans un car Greyhound. Destination : le Nouveau-Mexique où demeure celle qui fut jadis son premier amour et avec qui il imagine pouvoir
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
JIEMDE
  15 janvier 2020
Pour ceux qui me suivent un peu, vous savez que les « Coup de coeur ! », « Pépite ! » et autres « Une claque ! », ça n'est pas vraiment le genre de la maison. Et pourtant… En refermant Lake Success de Gary Shteyngart -traduit par Stéphane Roques-, les doigts me démangent pour débuter cette chronique…
En 2016, à l'heure où l'Amérique se plaît à s'auto-persuader que la crème renversée qui la mènerait d'une victoire annoncée d'Hillary vers une surprise Donald est improbable, c'est la vie de Barry Cohen qui bascule le temps d'une nuit new-yorkaise. Barry est riche, très riche, ultra-riche même, à la tête de son fonds d'investissement, rassuré par ses possessions : ses équipes, son gigantesque appartement, sa collection de montres aux prix indécents, sa femme Sheema et son fils Shiva.
Un équilibre pourtant au bord de la rupture : des positions capitalistiques en repli, les autorités boursières à ses basques, une épouse qui se découvre riche mais lassée et un fils diagnostiqué « différent » pour éviter de nommer une réalité pour laquelle Barry et Sheema ne sont pas prêts. Il suffit d'un soir, d'un dîner, d'un déclic… et Barry rompt.
Plaquant tout, d'un Greyhound à un autre, Barry va traverser l'Amérique en diagonale jusqu'à El Paso, à la recherche du « deuxième acte de sa vie », croisant dans les multiples étapes de son road-trip déjanté, ses improbables « prochains » : un dealer à haut potentiel, un jeune cartographe, une ancienne et accueillante fiancée. Travaillant plus que jamais ses approches sociales, comme au temps où, petit, il rêvait de Lake Success, la ville symbolisant tous les possibles, Barry demeure l'éternel incompris, clone triste du Gatsby de Fitzgerald qu'il admire tant. Barry est lourd, mais drôle, mais insupportable, mais maladroit, mais prétentieux… mais attachant quand même.
À l'opposé de la tendance littéraire contemporaine qui décrit à coups de romans successifs (et parfois, un brin redondants…), l'Amérique des laissés pour compte, Gary Shteyngart choisit une autre focale en s'intéressant à cette Amérique qui continue à flamboyer alors que tout vacille déjà ; qui se complait dans le déni d'une société de tous les excès au bord du chaos ; qui est déjà malade mais ne veut pas se l'avouer et ne s'en rendra compte qu'au petit matin d'un lendemain électoral de novembre 2016…
C'est drôle et terriblement pitoyable à la fois, léger et profond, et l'écriture de Shteyngart s'y adapte parfaitement, alternant des dialogues savoureux et enlevés avec des passages plus compacts et ardus, dans un ensemble qui sonne parfaitement juste. On pense à beaucoup d'autres livres en lisant Lake success, classiques ou contemporains, sans que jamais une comparaison ne saute aux yeux, preuve de la singularité et de la fraîcheur de cette belle découverte de début d'année.
Bref, j'ai adoré, c'est vous dire si je le recommande !
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lucia-lilas
  08 février 2020
Il en a marre … de tout ou à peu près : marre de Seema, sa très belle femme d'origine indienne qui bat des cils devant le voisin écrivain, marre de son fils autiste, Shiva, qui hurle et se débat chaque fois qu'il tente de l'approcher, marre d'être poursuivi par la justice pour délit d'initié, marre enfin de voir sa vie se dérouler sans qu'il y participe vraiment…
Alors, une nuit, après une soirée bien arrosée, Barry Cohen, l'homme aux 2,4 milliards de dollars d'actifs sous gestion, laisse tout en plan, remplit son sac de sa collection de montres prestigieuses et saute dans le premier car Greyhound qui se présente en direction du Sud-Est : Baltimore, Richmond, Atlanta, Jackson, El Paso...
Voyager en Greyhound… Tout un programme qui ne manque pas de pittoresque pour notre richissime propriétaire d'un appartement luxueux à Manhattan : côtoyer la populace et ses odeurs de transpiration, d'urine, de hamburger, de bière, risquer de se faire piquer sa valise, sa carte bleue, son portable, crever de chaud ou de froid, avoir mal au dos, aux jambes, au cou... Il va falloir s'accrocher... Mais si c'est pour changer de vie, à 43 ans, ça vaut le coup… Faut foncer, découvrir des gens, des vrais, des Américains à qui on ne parle pas, voir un monde dont on ne soupçonnait même pas l'existence, vivre autre chose, de plus authentique, de plus fort et peut-être, si la chance est du bon côté, retrouver Layla, son amour de jeunesse… Peut-être sera-t-elle, elle aussi, prête à se lancer dans une nouvelle vie… Et s'ils trouvaient le bonheur, ensemble ? Et si, pour couronner le tout, Trump n'était pas élu ?
Il y a du Woody Allen dans ce Barry Cohen : plein aux as, mal dans sa peau, complètement schizophrène (avec deux belles obsessions à son actif : les montres ultracoûteuses et l'image d'une famille idéale incarnée par trois enfants se brossant les dents devant trois lavabos Duravit et « s'éclaboussant les uns les autres dans la félicité »), vivant plus ou moins bien son judaïsme, sa sexualité, sa famille, traumatisé par un père « nazi modéré » et nettoyeur de piscines (sans en avoir une lui-même…)
Il est souvent pitoyable de naïveté ce pauvre Barry, complètement décalé, bien déjanté, insupportable de médiocrité, de prétention, d'amour-propre et si faible, si touchant, si attachant… Ce petit road-trip en Greyhound semble lui faire découvrir le monde, the true life, l'Amérique : un Mexicain borgne, un jeune dealer, une belle noire aux cheveux blonds… Une Amérique des pauvres, des loosers, des marginaux…
Franchement, ce roman drôle, loufoque et, dans le fond, bien désespéré est vraiment irrésistible et nous apprend beaucoup sur un peuple de laissés-pour-compte usés jusqu'à la corde et qui a voté Trump pour se faire entendre.
Oui, Lake Success est certainement le grand roman américain de ce début d'année…
Je recommande !
(Et que je vous dise, entre nous, je me suis lancée dans le plat indien de la famille de Seema: le SAMBAR (ragoût d'okras, d'échalotes, de pois mung, cannelle, curcuma, tamarin (pas encore trouvé celui-là !), piments… Un délice…)
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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frconstant
  16 mars 2020
#Lake Success, #lecteurs.com
Héros ou lâche ? Barry, dans ce roman mille-feuilles, est tantôt l'un, tantôt l'autre et parfois les deux en même temps. Jusqu'il y a peu à la tête d'un fond spéculatif américain pesant près de 2,5 milliards de dollars, ce pavaneur américain qui n'existait que par ce qui s'exhibe, bascule dans une nouvelle dimension, une autre réalité. Sur un coup de tête, un coup de semonce et un coup au coeur, Barry décide de tout larguer et de s'embarquer pour un road-trip en autocar à travers l'Amérique profonde. Plongée au coeur d'un cortège de pauvretés souvent solidaires.
Abandonner toute sa richesse pour un retour mythique à Lake Success, lieu refuge enraciner dans sa mémoire sous toutes les couches d'exploitations et d'ingratitudes qui ont soudé sa vie… est-ce un acte héroïque ? profondément humanitaire ? digne d'admiration et de respect ? Pas tout à fait. Barry part sans son portefeuille, sa carte de crédit mais emporte avec lui un faux passeport et une valise de montres précieuses, toutes hors de prix mais négociables, même à la perte s'il échet. C'est que Barry veut fuir. le FBI qui le talonne pour délit d'initié et sa femme, riche, belle, encore aimée peut-être mais mère de leur enfant autiste avec qui Barry, maître du Monde de la finance, n'a jamais su échanger. Barry fait-il front face à l'adversité ou fuit-il lâchement ? Subtile ambivalence soigneusement entretenue par Gary Shteyngart qui distille dans son livre l'âme d'une Amérique douloureuse, pauvre et déboussolée par la possible arrivée à la Maison Blanche d'un fantoche sans morale et compétence pour diriger le pays.
Le personnage de Barry est inquiétant : sommes-nous à ce point menés par le nez par des spéculateurs sans morale ? Mais il est drôle, presque craquant lorsqu'il caricature à travers sa passion des montres et ses incroyables maladresses relationnelles, son incapacité à mesurer l'importance du temps à passer avec ceux qu'on aime et l'existence propre, souvent non conforme à nos rêves, que chacun a le droit et le devoir de défendre. Il est touchant enfin par les efforts qu'il déploie pour accéder à sa rédemption et, enfin, permettre l'épanouissement des autres. Et même si les problèmes moraux de la Justice restent sans solution satisfaisante, Barry, à travers ce road-trip, nous donne de voir et mieux deviner une galerie émouvante de personnages oubliés, laissés pour compte alors qu'ils constituent le ciment d'une nation américaine donnant de croire, encore un peu, en l'humanité.
Un passage particulièrement émouvant est la « prise de parole » de Shiva, ce fils autiste dont il a fallu éloigner le père pour qu'il grandisse, qui lors de sa bar-mitsva (rite juif du passage de l'enfance à l'âge adulte) aura des mots insoupçonnés pour ce « papa-oiseau » qui toujours s'envolait et s'éloignait de lui.
Un livre de réalités brutes, duperies, disputes, absences, fuites et ruptures tout autant qu'une histoire de refondation, renaissance et ouverture à un avenir digne de l'Homme.
Merci à Lecteurs.com et aux éditions de l'Olivier pour cette très belle découverte.
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musemania
  19 janvier 2020
Véritable road-trip au travers des Etats-Unis, nous y suivons Barry Cohen, un riche new-yorkais au tournant de sa vie. Alors qu'il y a peu, il gérait un fonds spéculatif de plus de 2 milliards de dollars, un simple dîner chez des voisins va lui servir d'électrochoc et mettre en branle sa vie si rangée. Muni seulement d'une petite valise dans laquelle il a glissé des montres de luxe, il quitte femme et enfant et décide de retrouver son amour de jeunesse.
Sa route rencontrera, bien entendu, tout un flot de personnages hauts en couleur et de situations rocambolesques. C'est la richesse de la plume de Gary Shteyngart qui en fond un portait d'une Amérique à la veille de l'élection de Trump où le fossé entre riches et pauvres se creuse quotidiennement.'
C'est parfois drôle, parfois loufoque, mais aussi parfois tendre et tellement réaliste. Voyageant qu'au travers de la chaîne de bus Greyhound, Barry, le héros principal, rencontre une Amérique de la classe ouvrière qui est modelé finement, sans tomber dans les clichés. C'est bien plus qu'un simple roman mais bien une approche sociale de l'entre-deux, entre la fin de mandat du démocrate Barack Obama et avant l'entrée à la Maison Blanche, du républicain Donald Trump.
Souvent pas à sa place et maladroit, le personnage de Barry se rend attachant par ses failles et par son ignorance du monde réel, ayant vécu à l'abri dans sa tour d'ivoire. Les chapitres s'alternent entre ce voyage et la vie de son épouse, Sheema, délaissée à New York. Même si ces derniers sont moins nombreux, je les ai même préférés.
Voyage initiatique qui bouleversera Barry mais aussi sa famille, le lecteur y découvrira l'Amérique profonde, par une approche sociale telle qu'on pourrait penser que l'auteur a effectué lui-même le périple. Alors que le ton aurait pu être léger, c'est tout en profondeur que Gary Shteyngart signe un roman fort et si humain.
Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle 2020, en lice dans la catégorie « Roman », pour le mois de mars.
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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Christophe_bj
  18 janvier 2020
Juste avant l'élection de Trump, Barry, le multimillionnaire gérant d'un fonds spéculatif à Manhattan ayant « des milliards de dollars d'actifs sous gestion », « pète les plombs » et entreprend, quasiment sans argent, un long périple de New York à la Californie en car Greyhound ; il laisse derrière lui son fonds qui traverse une mauvaise passe, sa femme et son fils autiste. ● C'est à la fois l'histoire d'une descente aux enfers, avec la découverte de la misère dans son pays et une incursion au Mexique, et celle d'une renaissance, car après son voyage initiatique, Barry ne sera plus le même. « Républicain fiscal modéré », comme il se qualifie lui-même, il va rencontrer les électeurs de Trump (comme l'a fait, semble-t-il, l'auteur, pour écrire son livre), lui qui, malgré une enfance modeste, est devenu un des privilégiés de la mondialisation et l'habitué de la sophistication new-yorkaise la plus poussée (cheffe à domicile, nounou philippine payée le salaire d'un cadre dirigeant, whisky japonais à 30 000 dollars la bouteille, collection de montres de plusieurs millions, etc.) Voici ce qu'au début du roman le héros s'entend dire : « Vous créez un monde où tout, hormis la plus grande richesse, est vu comme un échec moral. » La vie de ces gens est folle : « Il y avait des gestionnaires de portefeuille dans son fonds qui faisaient tellement d'heures sup qu'ils ne voyaient jamais leurs enfants. La fille de son chef du service Asie lui avait un jour demandé : ‘Papa, pourquoi tu vis ?' » Dans ces cercles, à New York, tout est organisé, depuis la plus tendre enfance, pour pouvoir entrer dans l'université la mieux à même d'ouvrir la porte d'une carrière dans la haute finance spéculative : « HYPMS. Harvard, Yale, Princeton, MIT, Stanford. Les bonnes écoles connaissent déjà le pourcentage de réussite de leurs élèves de maternelle à l'entrée de l'une de ces cinq facs. À Brearley, c'est 37 %. » Ces gens tirent profit de la décomposition du monde à laquelle ils participent : « Tu amasses des fortunes pendant que le monde s'écroule autour de toi. C'est même justement parce que le monde s'écroule autour de toi que tu gagnes des fortunes. » L'avidité est sans limites : « Peu de personnes cessaient de vouloir s'enrichir après avoir atteint la somme de cent millions, à moins de manquer fondamentalement d'ambition […]. » ● De tels livres constituent pour moi la preuve que le roman est supérieur à l'essai sociologique pour la description de la société. Il me semble que pour comprendre les raisons de l'élection de Trump et l'état actuel de décomposition de la société américaine, il n'y a pas mieux. « Malgré tout ce qu'ils feraient, ceux qu'ils aimeraient, ce qu'ils deviendraient, l'ombre de Donald Trump planerait sur une partie de leur vie. Il tenterait de les tirer vers le bas, à sa hauteur. C'était sa spécialité. […] Nous vivions dans un pays qui récompensait les pires citoyens. Nous vivions dans une société où c'étaient les méchants qui avaient le plus de chances de gagner. » C'est un livre que j'ai beaucoup aimé et que je conseille vivement. Il est en outre particulièrement bien traduit.
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critiques presse (1)
LeMonde   14 janvier 2020
Un ultra-riche new-yorkais en crise embarque pour une inconfortable traversée des Etats-Unis à bord d’un autocar. L’écrivain américain est éblouissant de drôlerie et de profondeur.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
docaredocare   26 mars 2020
Plusieurs fois au cours de son périple en Greyhound, Barry s'était dit que, malgré l'amour profond qu'il portait à ses compagnons de voyage, il ne pouvait leur faire confiance dans le secret de l'isoloir, parce que ce n'étaient pas des actionnaires. Ils ne comprenaient pas l'excitation, la douleur et l'obligation de posséder une partie de leur pays.
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jongorenardjongorenard   18 mars 2020
Tout à coup, Seema eut envie de dire une chose sincère. « Quand c’est dur avec ma famille, j’aime regarder Trump, parce qu’il me distrait. »
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mimo26mimo26   06 novembre 2019
Le car de Barry se gara dans un soupir pneumatique devant la porte d’accès, un son heureux qui lui rappela distinctement son voyage d’étudiant à Richmond. Accrochée près de la porte, une photo noir et blanc de la compagnie Greyhound en des temps meilleurs montrait une cérémonie d’inauguration avec coupure de ruban, placée sous le patronage d’un lévrier
en chair et en os ceint d’une écharpe portant l’inscription lady greyhound. La girouette du car affichait amérique pour destination.
De nombreux voyageurs dormaient encore sur les bancs crasseux, bouche ouverte, bonnet ramené sur les yeux pour atténuer l’éclairage aveuglant de Port Authority. Pourquoi portaient-ils des bonnets en plein été ? À cause de la drogue ?
La drogue les rendait-elle frileux ? Il émanait une certaine tendresse d’un pauvre qui dort. La vieille devant lui, qui respirait bruyamment et dont les yeux au bord rosi étaient fatigués, avait attaché à sa valise une étiquette sur laquelle était écrit clarksdale, mississippi. Sans doute un voyage de plusieurs jours. En regardant autour de lui, Barry comprit que le Greyhound était le principal moyen de transport des Noirs américains, une façon de resserrer les liens familiaux sur une terre inhospitalière. Il y avait aussi quelques ex-soldats latinos en treillis et des gens de toutes races portant des bracelets signifiant probablement qu’ils venaient de sortir ou de s’échapper de quelque établissement, le devant de la chemise humide de
sécrétions. Il était encore temps de faire marche arrière. Il était encore temps de sentir la chaleur du dos lisse comme le marbre de sa femme. […] Il mit instinctivement la main à la poche, mais son téléphone n’était plus là.
Il était libre.
Wayne aidait la femme en partance pour Clarksdale à porter ses imposants bagages. Avant Princeton, Barry avait l’impression de mieux comprendre ce qui se disait dans la rue, alors qu’il avait désormais besoin de sous-titres. Seema avait peut-être raison. Plus de vingt ans dans la finance avaient
tari son imagination. Il lui fallait réapprendre le langage des habitants de ce pays. Wayne traversa le hall jusqu’au car en portant les sacs de la vieille. Et si le reste du pays était aussi aimable que Wayne ?
« Je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi », lui dit Barry en passant, et il lui tendit la main.
«Qu’est-ce que j’ai fait?
– Vous m’avez remarqué.
– Prenez soin de vous, Barry », dit Wayne.
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AllilyAllily   10 février 2020
Comme un avion long-courrier, leur immeuble se divisait en classes éco, affaires et première. Les onze premiers étages comptaient plusieurs appartements, aucun n’ayant plus de trois chambres, et accueillaient des millionnaires de niveau intermédiaire qui travaillaient du côté « vente » de la finance, les directeurs généraux de chez Goldman et leurs semblables, les épouses en étant à leur premier ou deuxième enfant. Les onze étages suivants ne comptaient qu’un appartement par palier et appartenaient aux directeurs de fonds spéculatifs ou de sociétés de capital-risque, ainsi qu’à un modèle argentin et son petit-ami footballeur qui ne passaient pas plus d’une semaine par an à New-York. Les trois derniers étages appartenaient à Rupert Murdoch.
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JIEMDEJIEMDE   11 janvier 2020
Je pars du principe que la plupart des pauvres ne sauraient quoi faire de cet argent, dit Barry, d’une voix beaucoup trop forte, galvanisée par l’alcool. Ils sont très peu informés, et la richesse peut déboussoler. En un sens, il faut se préparer à être riche.
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Videos de Gary Shteyngart (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gary Shteyngart
Gary Shteyngart - Mémoires d'un bon à rien .Gary Shteyngart vous présente son ouvrage "Mémoires d'un bon à rien" aux éditions de l'Olivier. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Stéphane Roques. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/shteyngart-gary-memoires-bon-rien-9782823604979.html Notes de Musique : Expatriates (Live in studio) by Yair Yona. Free Music Archive. www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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