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EAN : 9782081285446
649 pages
Flammarion (18/09/2013)
4.56/5   25 notes
Résumé :
La lutte contre le cancer est une histoire humaine : une aventure pleine de découvertes dues au hasard, d?opportunités saisies au bon moment mais surtout une célébration de la ténacité des hommes. Des premiers traitements chirurgicaux, novateurs mais brutaux, jusqu?aux travaux des époux Curie sur les radiations et leur dénouement tragique ; des risques démesurés pris par Sidney Farber dans sa mise au point de la chimiothérapie jusqu?à l?auteur lui-même et au traitem... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

Si le cancer est aujourd'hui l'empereur de toutes les maladies, alors ce livre est aujourd'hui l'empereur de tous les livres sur le cancer. Et j'en ai lu beaucoup.

Il ne s'agit pas d'un témoignage ou de conseils aux malades mais bien, comme le sous-titre l'indique, d'une "biographie". C'est-à-dire que de nombreux aspects sont abordés : l'histoire de la maladie, des premières mentions de tumeurs sur des papyrus aux traitements expérimentaux des Années 2010, la psychologie des patients, des chercheurs ou des soignants, mais aussi les combats médiatiques, juridiques et financiers entre l'industrie du tabac et le lobby américain anti-cancer, ou la biologie d'une cellule cancéreuse...

Evidemment, certains sujets nous touchent ou nous intéressent plus que d'autres. Ainsi, j'ai un peu peiné sur la partie scientifique de l'ouvrage, qui explique en détails la chaine de mutations génétiques qu'il faut pour qu'un cancer se développe. A l'inverse, je me suis passionnée pour toutes les découvertes médicales, qu'elles concernent les ramoneurs du XIXè siècle, le suivi de la mortalité des médecins britanniques des années 1950 ou les rémissions presque miraculeuses de malades au lendemain d'un nouveau traitement. J'ai aussi beaucoup apprécié d'apprendre des choses sur la partie immergée de l'iceberg du cancer, à savoir l'argent : comment les laboratoires peuvent trainer à développer un médicament en présence d'une molécule s'il n'y a pas assez de malades pour le rentabiliser, comment le lobby du tabac a organisé de brillantes campagnes de communication pour jeter un voile de fumée sur le lien entre cigarette et cancer... Enfin, j'ai été très touchée par le parallèle fait entre les malades et les prisonniers d'un camp de concentration, parallèle fait non sur leur situation objective, mais sur l'impossibilité mentale à imaginer un ailleurs : les malades ne peuvent plus penser une vie sans le cancer, de même que les prisonniers ne peuvent plus imaginer une vie en dehors du camp.

Bien loin d'un pensum indigeste, le livre donne l'impression de sauter naturellement d'un thème à un autre et d'une période à une autre. L'organisation n'est ni chronologique, ni complètement thématique, mais elle parait très logique et plutôt agréable : les faits sont groupés autour de grandes idées et on retrouve certains malades ou certaines expériences de l'auteur, lui-même oncologue, comme fil rouge. Cela donne l'impression de lire une grande aventure humaine et scientifique, un peu comme une saga de l'espace où notre corps et nos cellules joueraient le rôle de l'espace.

Challenge Atout Prix 17/xx, challenge Muti-Défis 9/xx et challenge Pavés 14/xx

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Ce n'est pas une lecture qui rend gai: plus de 500 pages sur le cancer. J'ai attrapé ce livre dans la bibliothèque de Gand, où il avait été exposé sur un stand. Je me souvenais aussi d'une critique de cinq étoiles. La raison principale de la lecture du livre, cependant, est la maladie qui affecte actuellement mon père. Si le cancer est si proche, il n'a rien d'abstrait. J'ai été immédiatement pris dans un nouveau monde qui était loin de ma vie. le livre m'a aidé à mieux comprendre cette maladie complexe. le sous-titre est bien choisi: une biographie du cancer. le livre se lit facilement et est très bien écrit. C'est passionnant, accrocheur, instructif, honnête, impliqué. Siddhartha Mukherjee est un oncologue et a écrit une histoire du cancer à partir de son passé trsè lointain. L'histoire commence avec la reine égyptienne Atossa en 4000 av. J.-C. et nous amène à Carla, une patiente de Siddhartha Mukherjee, qui a survécu au cancer. Ce livre m'a aidé à donner au cancer une place dans ma vie. le cancer deviendra une maladie de plus en plus importante à mesure que nous vieillissons. Il était bon de savoir ce que c'est le cancer et de voir qu'il y a toujours eu du cancer et que le cancer ne disparaîtra pas d'un jour à l'autre de l'humanité.

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Voilà une biographie vraiment très instructive. Un panorama très complet de l'avancement des découvertes obtenues dans le cadre de la recherche sur le cancer. L'auteur a choisi très classiquement une narration chronologique pour expliquer de façon très didactique et particulièrement claire les avancées successives de la science pour le traitement et la compréhension des développement du cancer.

J'ai particulièrement apprécié la mise en évidence des processus de blocages dans la mise en place de traitements novateurs : non seulement les lobbyings divers et variés – l'exemple des cigarettiers est désormais bien connu- mais aussi, ce qui l'est moins, les tensions entre chercheurs qui ont tendance à se tirer dans les pattes et dénigrer les découvertes innovantes qui ne relèvent pas de leur domaine. J'en ai tiré la désagréable impression que nos chercheurs ont parfois l'esprit bien obtus...un comble. Autre aspect bien intéressant : l'impact de la relation soignant – soigné. L'auteur met en évidence comment certaines populations, plus combatives que la majorité car ayant fait face à l'adversité, ont remis en cause le mythe du médecin tout puissant et poussé à faire évoluer les protocoles de soin.

Facile à lire, instructif, un document que je recommande pour tous ceux qui sont intéressés par l'évolution de la recherche sur le cancer, et, plus globalement, les mécanismes en jeux dans l'avancée de la science.

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Siddhartha Mukherjee est un cancérologue américain. Il présente ici l'histoire de la lutte contre le cancer depuis les origines jusqu'à nos jours. Les origines c'est la description d'une tumeur au sein par un médecin égyptien en 2500 av JC. "Thérapie : il n'y en a aucune". le cancer du sein est un des premiers à avoir été traité. Aux 18° et 19° siècles on pratique des ablations sans anesthésie ni asepsie. Au début du 20° siècle, constatant des récidives malgré l'ablation, des chirurgiens se dirigent vers la mastectomie radicale. Il s'agit d'enlever le maximum pour purifier le corps de la maladie : non seulement le sein mais aussi des côtes et parfois même la clavicule. Des femmes sont horriblement mutilées. C'est à ce moment de ma lecture où je commence à me demander si ces mutilations n'auraient pas à voir avec le fait que les chirurgiens sont des hommes et les patients des patientes que les Américaines (cette technique a surtout été utilisée aux Etats-Unis) se sont fait la même remarque. On est en 1968 et l'émergence du mouvement féministe pousse des femmes à refuser de se faire charcuter. Cela entraîne une réflexion dans le milieu médical et l'abandon de cette pratique dont il est démontré qu'elle n'empêchait pas les récidives. C'est parce que je suis femme et féministe que cet aspect m'a particulièrement intéressé.

D'autres informations intéressantes : la découverte de la chimiothérapie à partir des effets du gaz moutarde sur les soldats et les civils pendant les première et deuxième guerres mondiales.

La découverte du lien entre tabagisme et cancer du poumon et la réaction des industriels du tabac. Depuis les années 1960, aux Etats-Unis, les paquets de cigarettes et les publicités pour le tabac portent la mention : "Attention, fumer la cigarette est dangereux pour la santé".

La découverte du frottis gynécologique (pap en anglais) par le dr Papanicolaou qui lui donne son nom. Il avait pris sa femme comme sujet d'étude, il lui faisait un frottis par jour. Voilà une épouse dévouée à la science.

Enfin à la fin du 20° siècle et au début du 21° la découverte des causes de la maladie : des mutations des gènes qui entraînent le développement anarchique des cellules, et en suivant la mise au point de thérapies ciblées qui s'attaquent aux effets de ces gènes mutants.

C'est un ouvrage plutôt intéressant mais parfois un peu technique et pas toujours facile à lire. le bon dr Mukherjee me fait l'effet d'un médecin proche de ses patients et soucieux de leur bien-être. Je souhaite à tous les malades du cancer d'en rencontrer de cet acabit.

Une dernière chose pour terminer : ce livre est mal traduit. La traduction est signée d'un chroniqueur scientifique donc j'imagine que de ce point de vue on ne peut pas lui faire de reproche mais une meilleure maîtrise du français n'aurait pas fait de mal. Je relève deux exemples qui m'ont particulièrement choquée. Cette "traduction" d'une publicité pour des cigarettes : "Le goût adapté à l'homme d'un tabac honnête vous envahit. Un filtre doux à tirer se sent bien dans votre bouche. Passe bien sans s'imposer". Qu'est-ce que cela veut dire ? le morceau de texte original est passé par Google translate ou quoi ? Je ne vois pas d'autre explication.

Et cette expression : "volant Pierre pour payer Paul" (en anglais "robbing Peter to pay Paul") mais en français on dit "déshabillant Pierre pour habiller Paul", il me semble.


Lien : http://monbiblioblog.revolub..
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Le cancer c'est la recherche qui l'aura...C'est dur à admettre, mais le cancer est une discipline presque compassionnelle. Dans certains ouvrages traitant des cancers, on dit qu'à une certaine époque nous étions loin d'en imaginer les progrès, ce temps est révolu parce que tous ceux qui ont assisté à l'arrivée de la nouvelle génération de médicaments dans les congrès médicaux se souviennent des résultats spectaculaires obtenus avec ces molécules car il se passe toujours quelque chose d'exceptionnel. Les thérapies ciblées n'ont certes pas encore tenu toutes leurs promesses, mais pas loin. Les racines du cancer sont dans nos gènes. Mais le défi lancé par les chercheurs nous amène sur une piste très prometteuse. le coût des médicaments devient un sujet de friction entrainant de vives polémiques au sein de la communauté scientique; il était bien de le signaler aussi. Nous assistons à une médecine à deux vitesses: les riches pourront obtenir les meilleurs soins, quand aux pauvres, ils devront subir des traitements qui ne sont plus dans la course des effets bénéfiques escomptés...Heureusement quelques scientifiques traitant de toutes les spécialités en cancérologie se sont regroupés pour apporter leur soutien: ils ne sont qu'une poignée dans le monde, ils se sont unis et présentés au colloque à Chicago en 2018, pour trouver des solutions, et lutter contre cette injustice qui frappe les classes plus populaires

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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation

Virchow avait commencé la médecine au début des années 1840 quand pratiquement toute maladie était attribuée à l’effet de forces invisibles, que ce soient des miasmes, des idées fixes, des mauvaises humeurs ou de l’hystérie.

Troublé par ce qu’il ne pouvait voir, Virchow se tourna avec un zèle révolutionnaire vers ce qu’il pouvait observer, les cellules sous un microscope. En 1838, Matthias Schleiden, un botaniste, et Theodor Schwann, un physiologiste, qui travaillaient tous deux en Allemagne, avaient annoncé que tous les êtres vivants étaient formés à partir d’éléments fondamentaux appelés cellules.

Reprenant et développant cette idée, Virchow entreprit de créer une « théorie cellulaire » de la biologie humaine et la fonda sur deux principes clés. D’abord, le corps humain, comme celui de tous les animaux et les plantes, était constitué de cellules. Ensuite, chaque cellule ne pouvait provenir que d’une autre cellule, ou encore pour reprendre ses termes, omnis cellula e cellula.

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En 1928, une jeune médecin anglaise du nom de Lucy Wills, fraichement

diplomée de la London School of Medicine for Women, obtint un financement pour aller etudier l’anémie a Bombay. Wills d’aventure, mue par une forte curiosite sur le sang, prête a partir sur un coup de tête pour un pays lointain pour resoudre le mystère d’une anémie.

Elle connaissait le travail de Minot mais elle trouva que les breuvages de Minot ou la vitamine B12 ne pouvaient rien faire dans ce cas. Elle découvrit d’une manière surprenante qu’elle pouvait guérir ce type d’anémie avec une célèbre pâte à tartiner anglaise appelée Marmite. Ce produit fonce a base d’extraits de levure était alors très en vogue parmi les passionnés de santé d’Angleterre et d’Australie. Wills, ne pouvant déterminer l’ingrédient clé de la Marmite, le baptisa facteur Wills.

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Guérissable. Carla acquiesça lorsque je prononçai cela, ses yeux devenant plus perçants. Les questions inévitables planaient dès lors.

Guérissable comment ? Avec quelles chances de survie ? Combien de temps prendrait le traitement ? Je déballai le tout. Une fois le diagnostic confirmé, la chimiothérapie serait immédiatement lancée et

durerait plus d’un an. Ses chances d’être guérie étaient d’environ 30 %, un petit peu moins d’une sur trois.

Nous parlâmes une heure, peut-être plus. Il était maintenant 9 h 30 du matin. La ville à nos pieds s’était complètement réveillée. La porte se referma sur moi lorsque je sortis, et une bouffée d’air me poussa dehors tandis que Carla restait seule dans la pièce.

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Lorsque j’émergeai de l’étrange désespoir vécu lors de ces deux années, des questions liées à une histoire plus générale du cancer revinrent avec insistance : de quand date le cancer ? D’où vient notre combat contre cette maladie ? Ou, comme un patient me le demandait souvent, où en sommes-nous dans la guerre contre le cancer ? Comment avons-nous fait pour en arriver là ? Peut-on même envisager de gagner un jour cette guerre ?

Ce livre est une tentative pour répondre à ces questions.

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Les scientifiques étudient souvent le passé d’une manière aussi obsessionnelle que des historiens parce qu’il y a peu d’autres professions qui en dépende autant. Chaque expérience est une conversation avec une expérience antérieure, chaque nouvelle théorie est la réfutation d’une plus ancienne.

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