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EAN : 9791030703252
384 pages
Éditeur : Au Diable Vauvert (19/03/2020)
4.25/5   14 notes
Résumé :
« 28 avril 2025 : Premier bilan de l’attentat ayant causé la destruction de l’échangeur des avtostradi 1 à 8 et de l’ossuaire de la Zona : plus de 8 000 morts, plus de 30 000 blessés et au moins 5 000 disparus. Quelle est l’implication réelle du Sit, et de son mystérieux gourou Nikolaï le Svatoj, dans l’attentat le plus meurtrier de Mertvecgorod ? » Les Chroniques de Mertvecgorod, « comédie inhumaine » violente et romanesque, traversent plusieurs époques, de l’écrou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  08 juin 2020
ENTRETIEN AVEC CHRISTOPHE SIÉBERT
Antyryia : - Vous avez publié une courte biographie sur votre métier, de ses débuts hasardeux à une forme de consécration : Être publié par les éditions au Diable vauvert ( Neil Gaiman, Thomas Gunzig, Poppy Z. Brite, Pierre Bordage pour ne citer qu'eux ).
Intitulée Fabrication d'un écrivain, vous y évoquez vos galères et votre acharnement.
Considérez-vous qu'un auteur a achevé sa construction lorsqu'il peut enfin vivre de son art comme c'est le cas pour vous aujourd'hui ? J'associe plus volontiers le mot Écrivain à un auteur de talent ( "La littérature qui me plaît est celle qui provoque l'impact le plus mastoc possible dans les boyaux de la tête et du ventre", pour reprendre vos mots, correspond tant à mes goûts qu'à votre style unique ) plutôt qu'à un auteur qui vend des livres. Les deux ne sont pas incompatibles mais loin d'être synonymes.
Christophe Siébert : - Oui, ce petit fascicule a été édité par Au diable vauvert après qu'ils l'ont découvert sur Facebook – moi je l'avais surtout écrit pour frimer auprès de mes copains, sans penser qu'il deviendrait un objet littéraire ! J'avais un peu honte, au départ, je trouvais quand même ça un peu infatué, et puis à l'usage ce petit objet s'est avéré utile aux chroniqueurs voulant faire ma connaissance, et aux auteurs en galère qui avaient besoin d'un peu de réconfort. Donc je ne regrette finalement pas que ce truc soit sorti.
J'aime bien la définition que donne Stephen King de l'écrivain : un type qui paie ses factures grâce à ses phrases. Je suppose que le point de vue du lecteur et celui de l'auteur ne sont pas tout à fait identiques. Mon but est d'accomplir mon travail le plus librement possible, de produire les textes les plus aboutis que je peux, et les exploiter ensuite dans le but de bouffer et de dépenser mon pognon comme n'importe quel consommateur, sauf que mes goûts semblent plus bornés que ceux de la plupart de mes contemporains – je m'intéresse à peu de choses, dans le vaste univers de ce qu'on peut acheter. Mais, oui, vous avez raison : en tant que lecteur, je me fous bien que l'auteur roule en Rolls ou crève de faim, du moment qu'entre les mains j'ai un bon livre ! (Enfin, je préfére quand même que les écrivains que j'aime rencontrent le succès !)
A : Les éditions Au diable vauvert ont d'abord publié en 2019, sous forme de recueil, deux romans qui étaient jusqu'alors restés confidentiels. Métaphysique de la viande reprend en effet Paranoïa, le dernier roman publié de la collection TRASH, ainsi que l'ignoble Nuit noire.
Diffusés à une échelle plus importante, quel a été l'accueil réservé par un public pas forcément aussi averti ?
CS : J'ai été très surpris, globalement, par la diversité du lectorat que m'a apporté le Diable. J'aime beaucoup Nicolas Rey, par exemple, mais imaginer que des lecteurs puissent apprécier Nicolas Rey ET Siébert me paraissait légèrement absurde. Ils se sont chargés de me démontrer le contraire et j'en suis encore chamboulé et ravi, tout comme je suis ravi et étonné qu'un mec du calibre de François Bon, pour prendre un exemple récent et frappant, s'intéresse à mon dernier livre.
En fait, contrairement à mes a priori, les lecteurs disons plus mainstream que mes hooligans habituels sont très ouverts d'esprit et capables de s'intéresser à des trucs dont je pensais qu'ils les repousseraient. Je ne suis pas en train de prétendre qu'aimer mes bouquins constitue une preuve de bon goût, hein ! Mais que les lecteurs s'avèrent plus aventureux et gourmands qu'on ne le croit – et que les éditeurs seraient bien inspirés de publier davantage d'auteurs issus de l'underground, du fanzinat et des marges en général, avant que le Diable, qui signe cette année par exemple Jérôme Bertin et Marlène Tissot, issus des mêmes toundras que moi (ça fait quinze ans qu'on se connaît, qu'on se lit dans les mêmes fanzines, qu'on se croise dans les mêmes squats et qu'on s'aime), ne fasse main basse sur tout l'underground et rafle la mise. Réveillez-vous les mecs, Mazauric est dans la place, vous allez rien voir venir !
A : 2020 marque donc le début de la publication des Chroniques de Mertvecgorod (la cité des cadavres en russe), votre projet le plus ambitieux à ce jour. Trois titres à venir sont d'ores et déjà prévus. Vous expliquez sur le site internet réservé à ce cycle (mertvecgorod.home.blog) que, et je vous cite : « J'ai toujours désiré créer un monde qui serve de terrain de jeu à mes fictions, un bac à sable où m'enfermer jusqu'à la fin de mes jours en emportant tout ce qui me passionne ou me fascine et dont je veux parler en littérature : le crime, la corruption, la violence, l'horreur organique, le fantastique, les rapports de domination, la névrose, la paranoïa, les complots, les monstres, la religion, l'occulte, les fantasmes, l'amour, le cul, les délires technologiques et sécuritaires, la chute. »
Le présent ouvrage a pour originalité de se composer de vingt et une nouvelles qui pour la majorité pourraient être lues indépendamment. Toutes appartiennent à votre vaste terrain de jeux, dont les nouvelles de Porcherie donnaient déjà un aperçu. Mais l'originalité ici c'est qu'elles se déroulent toutes dans la capitale de la RIM ( République indépendante de Mertvecgorod ), que les personnages qu'on retrouve parfois d'un texte à l'autre s'y croisent, et qu'au fur et à mesure de notre lecture s'améliore notre vue d'ensemble. Chaque nouvelle est comme la petite pièce d'un gigantesque puzzle permettant de découvrir la ville, sa géographie, ses groupuscules terroristes, sa mythologie, sa technologie en un univers tentaculaire.
Pourquoi avoir fait ce choix de rédaction ?
CS : Je voulais proposer au lecteur un moyen d'entrer en douceur dans ce monde. Et il m'a semblé au lieu de le plonger directement dans le grand bain, qu'une découverte progressive de cet univers, à travers toutes sortes de voix et d'anecdotes, serait plus agréable. Ce livre – que pour ma part je considère davantage comme un roman à la construction volontairement éclatée que comme un recueil de nouvelles – est aussi une introduction aux différentes formes que vont prendre les prochains volumes du cycle, depuis la fiction pure jusqu'au faux documentaire, en passant par des trucs hybrides.
Pour moi, le plaisir du lecteur est essentiel (et je crois que plus on écrit des trucs noirs, violents, difficiles, lourds, etc., plus le plaisir du lecteur est une donnée cruciale à prendre en compte) et je ne voulais surtout pas le forcer à assimiler dans un même récit toutes sortes d'infos historiques, géographiques, sociales, tout le jetant dans les méandres d'une histoire complexe. D'où cette idée d'instantanés, qui offrent une sorte de visite guidée de la ville, véritable personnage principal livre.
Quant aux volumes suivants : le tome deux, qui est terminé et sortira en septembre 2021, prend la forme d'un faux documentaire constitué des notes de Timur Domachev (narrateur de deux chapitres dans le tome 1) et suicidé avant d'avoir pu terminer son enquête. Il y sera question, principalement, du féminicide qui endeuille Mertvecgorod depuis plus de vingt ans sans que la police ne s'en préoccupe plus que ça, et de toutes les ramifications, qu'entraîne pour Domachev cette enquête labyrinthique. Ce sera aussi l'occasion – pour ceux que ça intéresse, les autres pourront lire au premier degré sans problème – d'une réflexion sur la place du narrateur et l'oeuvre elle-même dans l'univers fictif, sur la fiabilité des informations donnée par le texte, d'un jeu sur le paratexte, etc.
Le tome trois, lui, sera consacré à Nicolaï le Svatoj, le Sit, Camille, l'attentat et La Faille. Je l'ai commencé voici quelques semaines, il avance tranquillement et cherche encore sa forme et sa langue définitives.
A : Également, pourquoi ce choix de ne pas présenter ces chroniques dans leur ordre chronologique, sachant qu'elles se déroulent entre 2020 et 2025 ?
CS : L'ensemble du cycle va se dérouler entre le milieu des années 70 et 2050. L'idée de présenter les chapitres dans un ordre non-chronologique correspond à une nécessité toute simple de tension dramatique. Après avoir mis en place mes fils narratifs, créé les liens entre les personnages et consolidé et renforcé les trames générales unissant tout ça (le personnage du Svatoj, l'attentat, la danse de mort, etc.), j'ai organisé tous les éléments du bouquin de manière à obtenir la narration la plus efficace possible. Je tenais par exemple à commencer avec ce journaliste français qui débarque à Mertvecgorod sans rien y connaître, tout comme le lecteur. Je tenais aussi à finir avec l'histoire de ces deux amoureux qui offrent une note d'espoir dans toute cette pourriture. Il s'agissait des deux pôles de mon histoire. Et entre les deux, chaque élément a trouvé sa place naturellement, chacun s'organisant par rapport aux autres afin que chaque chapitre et chaque anecdote donne sa pleine puissance et que le livre dans son ensemble obéisse à un principe de montée permanente mais aussi d'entonnoir, d'aspiration dans les ténèbres de la ville et ses secrets les plus étranges, jusqu'au relachement du dernier chapitre, qui permet aussi – j'espère – au lecteur de sortir en douceur du roman avant d'aller s'amuser à picorer dans les annexes.
D'autre part, en bouleversant l'ordre chronologique, en proposant toutes sortes de personnages récurrents ou non, en multipliant les formes, les points de vue et les voix, j'avertis le lecteur que la suite pourra prendre place à différentes époques de la RIM, qu'on ne va pas avoir une série de tomes bien rangés chronologiquement mais que se sera plus bordélique et intuitif que ça – et je l'avertis aussi que puisque j'ai choisi un ordre esthétique et dramatique et non chronologique, eh bien lui, le lecteur, peut choisir de lire les bouquins dans l'ordre qu'il veut et même de faire l'impasse sur ceux qui ne l'attirent pas. Je ne voulais pas emprisonner mes lecteurs dans une saga où si tu loupes un épisode, c'est foutu, tu es exclu de la fête. Malgré la grande noirceur de mon univers, je veux que le grand plaisir que j'ai éprouvé à le créer, que la grande liberté que j'éprouve à l'arpenter en tous sens, soient partagés par mes lecteurs. C'est un cauchemar, OK, mais un cauchemar cosy, haha !

A : Si Mertvecgorod n'existe pas en réalité, vous en avez cependant fait un véritable pays de l'ex-URSS en situant celui-ci au point de rencontre entre la Russie, l'Ukraine et la mer d'Azov. Vous avez été jusqu'à élaborer une fiche Wikipédia extrêmement détaillée et permettant de mieux comprendre certains événements d'ordre surnaturel du roman .
Sur la page internet consacrée à ces chroniques, le lecteur a également accès aux plans de la ville.
On apprend ainsi que Mertvecgorod est un petit coin de paradis : Tourisme sexuel, énorme production de films pornographiques, trafics d'organes, centre de déchets au point d'en faire une des villes-décharges les plus polluées de la planète.
Comment crée-t-on un univers aussi vaste et aussi complexe ?
Et pourquoi avoir choisi un pays de l'ex-URSS pour y implanter ce pays cauchemardesque ? Pour dénoncer les trafics humains et d'organes propres aux pays les plus pauvres ?
CS : On le crée en rêvassant à son sujet du matin au soir, en se documentant sur tous les thèmes qu'on veut aborder (ceux que ça intéresse ou amuse peuvent parcourir ma bibliographie ici : https://mertvecgorod.home.blog/2019/12/03/bibliographie/ – ceux qui savent lire entre les lignes pourront même y trouver quelques indices !), en prenant des tonnes de notes, bref en y vivant soi-même un maximum.
Les thèmes que j'aborde, du féminicide au trafic de déchets et d'organes en passant par la corruption et le crime organisé, sans oublier tous les autres, font partie du monde réel, de notre société contemporaine. le trafic d'organe, par exemple, est à l'heure actuelle l'activité criminelle la plus lucrative, loin devant la drogue. Ça me paraissait donc important de parler de ça.
Je ne dénonce rien, dans mes fictions. Je mets en scène des trucs qui me préoccupent, me fascinent, me troublent, me font réfléchir, m'émeuvent, etc. Au lecteur d'y trouver matière à s'indigner si c'est dans son caractère, ou de prendre ça comme un simple divertissement s'il préfère.
Le choix de la Russie est à la fois esthétique – je voulais un décor qui soit l'équivalent graphique des musiques que j'aime écouter – et pragmatique : il n'existe pas beaucoup d'endroit sur la planète où on peut installer une ville fictive de sept millions d'habitants et vieille de plusieurs siècles sans que ça paraisse invraisemblable.
A : Images de la fin du monde a eu le malheur de sortir le 19 mars 2020, soit deux jours après le confinement et la fermeture des librairies. Est-il possible de mesurer à quel point cette période a été dommageable pour la sortie du premier volume de ces chroniques ?
Comment les habitants de Mertvecgorod ont-ils vécu la pandémie de leur côté ?
CS : Les libraires (à l'exception notable des Fnacs) ont joué le jeu avec une grande loyauté et ont traité mon livre (ainsi, je crois, que tous ceux sortis à cette période) comme de réelles nouveautés. Donc Images... n'a pas, ou presque pas, été impacté par la situation. Bien sûr, on a perdu des vente avec l'annulation des salons et de tous les événements littéraires, mais mon livre n'est pas un produit lié à l'actualité, il est là pour longtemps. Donc sur le long terme, ça ne change pas grand chose, j'espère. Quoiqu'il en soit, même si le but, une fois qu'il est terminé, est qu'il rencontre son public et qu'on en vende le plus d'exemplaires possible, mon éditrice s'intéresse davantage à la littérature qu'à ses bilans comptables !
Quant aux habitants de Mertvecgorod, ils ont vécu cette période avec un certain détachement : les virus occidentaux sont bien trop fragiles pour survivre dans les conditions extrêmes de la RIM, hahaha !

A : Anticipation oblige, les drones, les images virtuelles et les jeux vidéos nouvelle génération sont de la partie, mais à la sauce Siébert. Les drones nucléaires y sont bénis selon d'anciens rituels vikings et les jeux donnent des sensations inédites (devenir une voiture dans Mashina). le texte qui m'a le plus marqué est probablement Fight Club, ou deux frères se livrent un combat à mort afin de sortir leur famille de la pauvreté. L'astuce étant qu'ils ne sont que les marionnettes aux mains de deux joueurs munis de manettes contrôlant leurs mouvements. Vous avez une imagination démesurée me rappelant par moments celle d'un Serge Brussolo et vous ne vous encombrez jamais de vernis pour travestir la réalité. Définiriez-vous cette originalité comme votre marque de fabrique ?
CS : C'est pas à moi de définir ça, mais je suis très content d'être comparé à Brussolo !
Concernant le coup des combats de cafards, l'idée m'est venue en lisant un article à propos d'un labo travaillant sur la cybernétique, qui a réussi à implanter une puce dans des cerveaux de cafards pour les télécommander ! Il suffisait d'extrapoler à l'humain. Et j'ai gardé le terme « cafard », désignant ces pauvres combattants, comme une allusion à la source réelle de mon invention. Un truc marrant avec la science-fiction, et ça tous les auteurs du genre le savent, c'est que le réel s'avère toujours plus dingue, bizarre, révoltant ou stupide que ce qu'on peut sortir de notre imagination !
A : Sauriez-vous expliquer pourquoi la misère humaine sous toutes ses formes prend autant de place dans ce livre comme dans le reste de votre bibliographie ?
CS : Tout simplement parce qu'il n'y a que ça qui me semble intéressant en littérature. Je me fous de lire des bouquins qui parlent des problèmes de cul de gens dont les appartements sont huit fois plus grands que le mien, et me fous aussi d'écrire à ce sujet, d'autres font ça très bien.
C'est dans les recoins sombres qu'on trouve des trucs qui font sens universellement : la douleur, la trouille, la frustration, etc. Il existe une littérature dont la fonction est d'apporter du réconfort, mais ça n'est pas la mienne. Et je dirais même que, justement, c'est dans la littérature dans laquelle je m'inscris moi, celle du mal, de la violence et de l'inquiétude, qu'on trouve le plus de réconfort, en réalité. le train-fantôme ne sert pas qu'à faire peur : il sert aussi, une fois qu'on en est sorti, à faire éprouver une forme de soulagement. Et, s'il est bien conçu, il permet de nourrir une réflexion à propos des réels trains-fantômes qui peuplent notre réalité.
D'autre part, puisque nous vivons dans un monde où des gens sont broyés, exclus, rejetés aux marges, etc., je crois que c'est à ces gens-là, qui n'ont pas tellement voix au chapitre dans la vie réelle, que la fiction doit d'intéresser. Pas afin de dénoncer quoi que se soit, mais simplement pour exprimer leur point de vue et parfois indiquer des causes possibles à ces situations. C'est pour ça que les personnages les plus fréquemment rencontrés dans mes livres sont des crevards, des galériens, des criminels parfois et qu'ils peuvent l'être par malchance, stupidité, déterminisme social ou toute autre raison sociale, économique ou individuelle. Souvent ils essaient d'échapper à leur condition, rarement ils y arrivent. Épouser pendant un moment leur destin permet peut-être au lecteur d'éprouver un peu plus d'empathie et de compréhension envers les véritables laissés-pour-compte, qui occupent un hors-champ social et crèvent dans l'indifférence – qu'ils soient de braves types ou de purs salauds n'entre pas en ligne de compte en ce qui me concerne : je ne fabrique pas une littérature morale mais une littérature qui veut, d'une certaine manière, augmenter le champ de vision de mes lecteurs.
A : La haine des parents fait également partie intégrante de votre univers personnel : père pédophile, fugue, suicide adolescent, plongée dans la drogue et la prostitution sont autant de thèmes déjà abordés, comme si le rôle des parents consistait à faire souffrir leur progéniture.
Avec les personnages de Camille X ou de Chloé Lemoine on retrouve ces thèmes. Il y aussi ce gamin dans la gare désaffectée de Mertvecgorod et dont le père a vendu un oeil. Ou ce groupuscule terroriste qui a pour but d'anéantir les adultes.
Cette obsession vraiment récurrente de l'adulte destructeur est-elle liée au modèle parental que vous avez eu (vous évoquez dans Fabrication d'un écrivain la fuite de la violence et de la folie de l'appartement familial) ? Aux générations qui semblent toujours compter sur les suivantes pour résoudre des problèmes de société de plus en plus urgent (réchauffement climatique, écologie, nucléaire ) ?
Comment l'expliqueriez-vous ?
CS : J'ai du mal à réfléchir à certains ressorts profonds de mon écriture. Je constate, comme vous, que dans mes textes certaines obsessions surnagent. Parmi tous les gens qui en chient, qui constituent mon territoire littéraire, pourquoi je reviens sans cesse à certaines conditions d'existence et en laisse d'autres de côté, je l'ignore et préfère l'ignorer. Je ne veux pas en savoir trop sur ce qui, en moi, fait tourner la machineà fiction. Il me semble que trop connaître mes propres mécanismes pourrait nuire au processus – c'est sans doute un peu superstitieux de ma part, mais bon.
Moi, mon boulot consiste à donner à ces obsessions une forme qui fait sens, et qui peut parler à d'autres individus.
Il y a peut-être effectivement une part biographique.
A : En vous remerciant, Christophe, pour cet éclairage autour de votre métier et de ce cycle de science-fiction noire, je vous laisse le soin de conclure pour donner envie aux lecteurs de se plonger à leur tour dans les rues de Mertvecgorod.
CS : Avec plaisir ! J'espère que cette interview leur donnera au moins envie d'aller le feuilleter dans une librairie !
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JustAWord
  22 juin 2021
Coincé entre l'Ukraine, la Russie et la mer d'Azov, la République Indépendante de Mertvecgorod (ou RIM) n'existe pas.
Sauf dans l'esprit torturé et inquiétant d'un auteur et poète français déjà lauréat du prix Sade en 2019 : Christophe Siébert.
Déjà publié Au Diable Vauvert avec Métaphysique de la viande, il nous revient avec Images de la fin du monde, premier volume des Chroniques de Mertvecgorod, ville-fantasme et mégalopole-poubelle où converge les plus vils instinct de l'humanité post-soviétique.
Vous qui entrez ici, perdez tout espoir, enfilez un FFP2 et achetez des capotes en bonne quantité, le voyage risque de secouer.
La cité du smog
Décrire Images de la fin du monde revient en réalité à décrire la mégalopole imaginaire de Mertvecgorod engluée dans son smog éternel et constamment survolé par des nuées de drones assassins puisque Christophe Siébert offre une visite guidée sous la forme d'un fix-up de nouvelles qui se transforment rapidement en livre-univers.
Tout commence par l'article d'un certain Vincent Lacroix, journaliste envoyé sur les traces du Svatoj, prince sadique aux visées révolutionnaires et ordurières qui dirige la Sit, une organisation criminelle underground emblématique de Mertvecgorod. Grâce à ce faux-article d'investigation en deux chapitres, Christophe Siébert emmène l'Européen (donc vous, le lecteur) dans sa création urbaine protéiforme où se croise le meurtre, la saleté, le sexe, l'humour noir et l'indicible (avec un supplément BDSM si possible).
Ne vous y trompez pas, Images de la fin du monde ressemble peut-être à un enchevêtrement de portraits glauques et dérangeants, c'est en réalité la peinture d'un seul et unique personnage qui importe : Mertvecgorod.
Comme Jeff Vandermeer avec Veniss Underground ou Ambregris, Christophe Siébert fait sortir de terre une ville gigantesque construite sur les ossements d'une civilisation mystique et friande de sacrifices humains pour la transposer en 2024–2025, quelque part dans un futur qui ressemble à s'y méprendre au nôtre.
Différence notable, Mertvecgorod s'affirme rapidement comme un défilé d'horreurs et de transgressions morales toutes plus violentes les unes que les autres pour le lecteur. Car la capitale de la RIM, symbole de la mégalopole moderne en pleine déliquescence morale, tiraillée entre l'influence post-soviétique et un néo-capitalisme carnassier, cette capitale n'a pas grand chose d'attirant (et ce n'est pas pour rien que son quartier le plus fameux porte le nom d'une maladie herpétique).
Trafic d'organes, tourisme sexuel, dépôt d'ordures, meurtres sauvages, sectes barbares et autres drones tueurs sont monnaie courante.
La création de Christophe Siébert vous saisit à la gorge dès les premières pages avec cet attentat monstre visant une cathédrale-ossuaire et un échangeur autoroutiers qui finit en carnage inimaginable.
Sexe, violence et technologie se mettent au service de la déchéance morale la plus pure.
La boue humaine
Tout au long des 21 textes qui composent Images de la fin du monde, nous voici dans les rues crasseuses d'une mégalopole qui semble fusionner la vision d'un accroc du sexe bourré de narcotiques et celle d'un sadique aux pulsions gores incontrôlables. Mertvecgorod nous offre une série de portraits tous plus hallucinants les uns que les autres avec une prédilection pour le sordide, le sang et les parties génitales charnues. Christophe Siébert explore les recoins les plus sombres et les pulsions primitives de l'être humain, cet endroit incongru et malaisant où sexe, mort et putréfaction se rejoignent.
On y croise l'histoire de deux frères assez désespérés pour se vendre à un combat à mort illégal dans lequel leur cerveau est contrôlé par un autre (et vous n'avez pas envie de savoir comment ça se termine), une secte qui kidnappe des enfants pour les faire souffrir et se suicider dans un même mouvement contestataire post-moderne, un homme prêt à dilapider son argent dans un lit pour organiser une orgie dantesque en l'honneur de sa grand-mère décédée, un vieux sado-masochiste amateur d'humiliations sexuelles particulièrement phalliques dont le rêve est de se construire un zoo humain, un gardien de nuit de musée prédateur sexuel…bref, une galerie de rebuts humains, de miséreux, de dingues et de tordus à en faire pâlir d'envie le grand Marquis lui-même.
Christophe Siébert observe l'être humain à la loupe, dissèque la crasse et vous offre au final une fresque qui dérange, qui bouscule, qui hante.
Symbole d'un capitalisme privatisé gardé par quelques oligarques et fascistes corrompus jusqu'à la moelle, l'univers du français impressionne par sa noirceur. Difficile de ne pas penser à l'oeuvre d'Antoine Volodine pour son côté post-soviétique sans une seule lueur d'espoir et sa tendance à rameuter des éléments quasi-mystiques entre sectarisme et chamanisme.
Impossible pour autant de coller Images de la fin du monde dans une case précise, puisque Siébert prend un malin plaisir à changer de genre, de l'horreur au noir en passant par la science-fiction et le fantastique.
Tout arrive à Mertvecgorod, surtout le pire.
L'abjection comme une contestation
Ce qui surnage pourtant à l'arrivée, c'est la capacité surnaturelle de Christophe Siébert à offrir des visions macabres et sexuelles qui frappent par leur sous-texte social. de la souffrance d'une jeunesse déjà condamnée par des adultes qui s'en foutent au désoeuvrement des miséreux broyés par une société inégalitaire et violente, l'auteur français nous livre une parodie grinçante et extrême d'une société post-capitaliste où tout s'achète et où le féminicide devient une épidémie incontrôlable. La révolution contre le système, vouée à l'échec et au drame, passe par l'excès, la violence aveugle et des tabous allègrement franchis, notamment en matière sexuelle.
À Mertvecgorod comme à Paris, les mamelles du pouvoir restent les mêmes : argent, sexe et violence.
Il serait dommage de ne pas insister sur la cohérence et le soin du détail apportés par l'écrivain à sa mégalopole imaginaire. Fiche Wikipédia fictive et chronologie d'une centaine de faits divers sont au programme des annexes en fin d'ouvrage, provoquant ce vertige ultime qui voit le lecteur se demander après trois cent pages si cette sinistre ville n'existe pas pour de bon.
Mais le véritable exploit de Christophe Siébert, c'est de fasciner autant son lecteur avec un sujet aussi extrême. L'ironie finale, c'est qu'Images de la fin du monde finit par nous donner envie de parcourir encore et encore les prospekts et autres rajons, de respirer son air cancérigène et de traquer les pires gourous sadiques dans les bas-fonds de Mertvecgorod.
Pas de happy-end par contre, juste une vision démente d'un futur de chair, de sang et de sperme sur fond urbain.
Dans ce gouffre de noirceur creusé de main de maître par Christophe Siébert, le lecteur découvre l'étendue de la perversion humaine et l'horreur d'un système corrompu jusqu'à la moelle. Livre-univers épatant sans aucune concession et à l'imaginaire macabre hallucinant, Images de la fin du monde fait du bien là où ça fait mal…c'est-à-dire partout !
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MattSala
  03 juillet 2021
Christophe Siébert n'en est pas à son coup d'essai. Explorant depuis de nombreuses années les recoins les moins reluisants de l'expérience humaine dans ses romans et nouvelles publiés sur ses blogs, dans des fanzines qu'il a parfois lui-même édité, ou des maisons d'édition confidentielles, il a construit une oeuvre dans laquelle on n'entre qu'à ses risques et périls. Noirs, gores, pornographiques, déjantés, on ne respire pas beaucoup dans ses textes, l'âme s'y trouve souvent coincée au milieu d'un paquet de viscères, immergée dans un magma épais et sombre.
Passé, comme il l'écrit lui-même, du statut de clochard de la littérature à celui de prolétaire et enfin de smicard de la littérature, il publie au Diable Vauvert Mertvecgorod, Images de la fin du monde.
Bienvenue à Mertvecgorod, donc. Mégalopole-état soviétique imaginaire et personnage principal du livre. le lecteur est plongé dans un univers sombre, battu par un vent glacial, un air vicié par une pollution effroyable, une ville où règne pauvreté, violence et corruption, constamment survolée de drones chargés par des entreprises privées de surveiller la population.
Conçu comme une porte d'entrée dans un projet littéraire ambitieux, construit autour de ce lieu qui représente bien plus qu'une toile de fond, ce recueil de courts textes met en scène une galerie de personnages variés – journalistes, adolescents désabusés, oligarques aux moeurs peu réjouissants, chef légendaire d'un mouvement de contestation politique s'apparentant à une véritable secte païenne autant qu'à un groupe terroriste – comme autant de rouages d'un monde en perdition. Mertvecgorod apparaît comme une divinité maléfique, enchaînant les personnages à leur destin tragique.
Le projet de Christophe Siébert dépasse largement le cadre de ce livre, qui constitue le premier tome d'un vaste cycle littéraire. L'univers de Mertvecgorod fait l'objet d'un site web, d'une page Wikipedia, d'une chaîne Youtube et d'autres textes publiées ici ou là. On décèle l'influence de différents registres littéraires, SF dystopique, roman noir, fantastique paranoïaque ou cyber-punk. Mais Christophe Siébert évite soigneusement le piège du pastiche ou de la redite. L'ouverture du livre, magistrale, brosse un portrait par petites touches de Mertvecgorod, servie par un style sobre, doté d'une grande puissance évocatrice et favorisant l'immersion totale du lecteur. Les nouvelles de ce recueil ne sont pas totalement indépendantes, elles forment plutôt un canevas, un ensemble de personnages et de situations connectées par des liens, à commencer évidemment par la ville elle-même, parfois très directs, parfois plus ténus, mais formant un tout cohérent.
Si elle est moins étouffante que dans certains de ses précédents méfaits, la noirceur est ici toujours présente. Peu importe l'énergie déployée par certains des personnages pour y échapper, l'espoir est rarement de mise à Mertvecgorod. Reste à suivre les trajectoires erratiques de ces personnages, naïfs ou désabusés, ceux dont l'énergie noire et maléfique nourrit la ville et ceux écrasés par elle, condamnés dés le départ.
Les Chroniques de la fin du monde constituent une entrée en matière très réussie dans un monde imaginaire qui fascine par son ampleur. L'auteur se donne les moyens de son ambition et le lecteur, après avoir refermé ce livre, attendra avec impatience son prochain billet pour Mertvecgorod.
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PHVASSEUR
  24 juillet 2020
Nous avons lu en quelques jours le dernier ouvrage de Christophe Siébert. Cette fois-ci nous n'écrirons pas un article critique formaliste, premièrement il y en a déjà eu quelques-uns de publiés – et de très bons – deuxièmement nous souhaitions plutôt partager des impressions en relation directe avec l'auteur que nous connaissons (un petit peu) pour l'avoir vu quelques heures et pour depuis maintenir une correspondance des plus amicales (sans oublier quelques précédents ouvrages que nous avons lus, notamment Métaphysique de la viande).
Sur le contexte, de toute façon, tout ou presque a déjà été dit sur ce livre : ville imaginaire coincée entre l'actuelle Russie et notre vieille Europe, un cloaque de science-fiction, de pornographie (pas tant que cela contrairement à ce que nous avons pu lire dans certaines critiques), de violences parfois (souvent) insoutenables où la déchéance humaine vient se percuter dans un bourbier de pollution et un attentat pour le moins sanglant. le personnage principal de l'histoire est donc cette mégalopole irrespirable, aucun autre personnage (nous voulons dire par personnage, des hommes ou des femmes) n'évolue durablement dans un fil rouge. Certains apparaissent pour aussitôt disparaître, d'autres vont et viennent tout de même mais sans franchement participer à un récit linéaire. Parmi ces personnages nomades, Camille, un adolescent fugueur à cause de parents qui se déchirent sur fond d'alcool (tiens donc, il nous semble avoir lu un truc de ce genre dans Fabrication d'un écrivain). Voilà donc notre premier clin d'oeil à Christophe ! Mais, au-delà de cette référence légèrement autobiographique, on se rend compte que, sans avoir puisé dans d'autres moments de sa vie (quoi que le récit du sdf jouant aux échecs…), Christophe y a mis de sa personne dans la conception de sa dernière oeuvre. Bon d'accord l'expression « y mettre de sa personne » n'est pas très heureuse et peut-être pas non plus très littéraire, mais nous Cercle, nous nous comprenons. Car, pour imaginer ce produit artistique, il faut puiser très loin dans sa réflexion. Chroniques… a dû se bâtir, jour après jour, sur papiers, sur post-it dans la tête, puis sur papiers, etc. pour réussir à faire dérouler des axes multiples : chronologique, géographique, événementiel. Christophe s'est donc mué en architecte, mais un architecte innovant dans la mesure où il n'est pas parti de trames préconçues. Pour le coup il s'est révélé architecte et inventeur. Parce qu'il n'est pas du tout aisé de tenir en haleine un lecteur sans lui proposer une histoire avec un début, un milieu et une fin, l'auteur a finalement remporté un sacré pari, celui de donner du sens et une âme si particulière à Mertvegorod, et de donner l'envie de découvrir très rapidement les tomes II et III.
Bien entendu toutes les chroniques ne laissent pas des souvenirs impérissables, néanmoins certaines frappent par leur ingéniosité (le jeu virtuel en voiture, la cérémonie pré-attentat, les deux jeunes ados au sommet d'un gratte-ciel abandonné) quand d'autres peuvent aussi réellement choquer (le combat faussement virtuel entre les deux frères, le rapt des enfants par des adolescents et ce qui s'ensuit). Aussi faut-il être bien au fait de l'univers de Christophe Siébert et de sa bibliographie, et ainsi de rappeler que Chroniques ne peut s'adresser qu'à un public averti. Une fois que l'on sait cela, on peut se laisser aller au plaisir indicible de cette lecture.
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CamilleSOREL
  03 juin 2020
Il y a fort à parier que vous n'avez jamais rien lu de tel !
Images de la fin du monde est un ensemble de flashes en lumière crue sur une société décomposée. C'est parfois vil, souvent glauque, ça pue et ça fourmille. Et c'est désespérément humain. Chaque personnage croisé - parfois recroisé, et l'on s'en félicite tant ils éveillent la curiosité - se grave en mémoire.
Christophe Siébert nous invite dans un futur proche (très proche !) et son monde n'est pas si éloigné du nôtre : il pousse simplement les curseurs vers le niveau supérieur.
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critiques presse (3)
Syfantasy   15 juillet 2021
Les première et dernière nouvelles concluent une fresque perturbante, burlesque et éprouvante pour le genre humain. Images de la fin du monde est à lire pour ceux qui désirent découvrir les parts sombres de l’être humain pour mieux fuir un monde où une telle horreur deviendrait réalité, et pour les curieux d’une dystopie sombre et charnelle.
Lire la critique sur le site : Syfantasy
Syfantasy   14 juin 2021
Les première et dernière nouvelles concluent une fresque perturbante, burlesque et éprouvante pour le genre humain. Images de la fin du monde est à lire pour ceux qui désirent découvrir les parts sombres de l’être humain pour mieux fuir un monde où une telle horreur deviendrait réalité, et pour les curieux d’une dystopie sombre et charnelle.
Lire la critique sur le site : Syfantasy
SciFiUniverse   16 septembre 2020
L’abject côtoie ainsi l’émotion face à ces destins tragiques bouleversants. Ces chroniques de Mertvecgorod ne vous laisseront pas indemnes.

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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AunryzAunryz   25 décembre 2020
Le chauffeur a remarqué la drôle de gueule que je tire. Il me sourit largement dans son rétroviseur sale.
— Bienvenue à Mertvecgorod ! Il monte le chauffage à fond et me propose un cigarillo – lui-même les enchaîne non-stop et je constaterai vite à quel point il s’agit ici d’une pratique courante : tout le monde, des gamins de onze piges aux vieillards en passant par les femmes enceintes, fume ces sticks poisseux dont l’odeur âcre agit comme un filtre contre la puanteur.
— Putain mais ils font comment, les gens, ici ?
— Ils s’habituent. Vous verrez, vous aussi vous vous habituerez. Y a deux records, ici : le nombre de clopes et le nombre de cancers par habitants.
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CamilleSORELCamilleSOREL   03 juin 2020
Nous avons cru exprimer un message politique et concret mais tout ce que nous avons fait c'est des oeuvres d'art.
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JustAWordJustAWord   16 juin 2021
À Rome, fais comme les Romains - et à l'asile, comme les tarés.
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XianXian   28 août 2020
L'ignorance, contrairement à la vérité, n'empêchait pas d'être peinard.
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XianXian   28 août 2020
Il n'y a pas d'autre possibilité que la violence. Si nous ne l'utilisons pas alors nous acceptons d'être corrompus et de devenir des contestataires officiels, comme la Russie en a produit à chaque génération.
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