AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9791030702507
Éditeur : Au Diable Vauvert (14/03/2019)
4.14/5   14 notes
Résumé :
Métaphysique de la viande reprend un seul volume deux romans cultes.
Nuit noire retrace l'histoire d'un tueur en série de son enfance à sa mort. Le narrateur y expose sans aucune censure ses fantasmes et sa conception du monde. Alors que la littérature et le cinéma présentent les tueurs en série comme des incarnations sexy et flamboyantes du Mal, Nuit noire montre ce qu'ils sont : des imbéciles dangereux et sans gloire. Polar de gare nerveux et violent, infl... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
IsadoraGroove
  16 mai 2019
Obsession cathartique
Il m'aura fallu un certain temps pour m'habituer à la présence de ce livre-objet chez moi. J'ai souvent besoin d'un moment d'adaptation et d'acclimatation aux oeuvres qui entrent en ma possession définitive ou provisoire. Selon la couverture, l'auteur, ou le sujet, je me laisse plus ou moins facilement apprivoiser. En l'occurrence, ici, ce processus fut long et laborieux.
Je ne m'attendais pas du tout à recevoir cet ouvrage et j'ai été assez émerveillée en le découvrant ; il me poursuivait depuis mars et ne cessait de revenir à moi. Ce qui m'a bloqué, c'est cette couverture criarde qu'on retrouve peu dans le genre. L'illustrateur est familier à cet univers mais ces couleurs ... Une espèce de dégueuli poisseux, des tonalités denses qui prennent à la gorge et qui remplissent tellement qu'elles débordent.
Je me sentais trop pleine de ces pages que je n'avais même pas encore effleurées. Je m'imaginais donc encore moins les tenir contre moi et les lire dans un métro bondé, je pensais atteindre par ce fait une sorte de saturation. Après avoir laissé monter la frustration jusqu'à son apogée, je me suis jetée frénétiquement sur ce recueil qui est devenu, en quelques jours, le réceptacle de mes pulsions les plus enfouies. Je ne soupçonnais pas moi-même posséder de telles ressources d'ignominies et de violence. Je me suis délectée de chaque phrase, de chaque mot. J'ai vu au travers des lignes des images transcendantales et divines. Une espèce d'absolu menant jusqu'à l'essence même de l'écriture. Bien sûr, rien n'atteint la perfection d'un Lovecraft ou d'un Baudelaire, mais c'est cette imperfection, cette sensation de « en cours », ce je ne sais quoi de brisé qui sublime toute l'oeuvre. J'ai aimé cette écriture méthodique, quasi chirurgicale, et torturée que nous livre ici l'auteur. Les deux nouvelles sont très différentes dans la forme, et c'est en ça qu'elles se complètent parfaitement dans le recueil. Néanmoins, elles partagent toutes deux les mêmes obsessions, les mêmes idées fixes, et les mêmes schémas de pensée.
Certains trouveront le phrasé neutre, trop détaché du monde et des choses, et ne réussiront jamais à percer le secret de l'oeuvre. D'autres, et je rejoins cette deuxième catégorie, entrerons en empathie totale avec les protagonistes et partageront leur bestialité, la nature parfois impulsive et injustifiée de certains de leurs actes, et se complairont dans la crasse d'un univers plus qu'underground, encore plus rejeté que la pornographie. Un monde fait de viande, de chair et de fluides qui n'est accessible qu'aux plus audacieux, aux fous et à ceux qui n'ont pas peur de plonger leurs mains dans des tripes fumantes et de se barbouiller avec.
Слава в Антеросе
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Deidre
  05 septembre 2021
Ce livre regroupe deux courts romans parus précédemment : Nuit Noire et Paranoïa, deux textes noirs, et même très très noirs, dans des registres pourtant forts différents.
Quand Nuit Noire est un parfait livre d'horreur relatant l'entièreté de l'existence d'un tueur en série, en détaillant sans aucune retenue toute l'étendue de ses monstrueux fantasmes et de ses passages à l'acte, Paranoïa est quand à lui à la frontière entre le polar, le fantastique voir le mythologique, avec cependant une (très) bonne dose d'horreur également, et nous conte une histoire désordonnée et précipitée, assez impossible à résumer, entre meurtres et complotisme sur fond de fin du monde.
Commencer par Nuit Noire est une furieuse expérience. C'est un court roman cru, violent à l'extrême. On peut même sans exagérer employer des mots comme épouvantable, exécrable ou repoussant tant il évacue l'idée même d'un quelconque tabou. Cela constitue donc le parfait écrin pour que l'écriture très sensitive (et même organique) de Siébert s'épanouisse dans les détails les plus sordides, donnant corps (touchers, odeurs...) à cette litanie de scènes abjectes.
Cependant, le summum arrivant assez rapidement dans l'histoire, on se sent très vite anesthésié quant au niveau de dégueulasserie auquel on est confronté.
C'est plutôt au milieu de l'ouvrage que l'on finit par être rattrapé, voire frappé, par l'étrange rythme qui se dégage de l'ensemble. Au-delà des pensées déviantes du tueur, ses mots et ses actions, répétés jusqu'à l'écoeurement, finissent par tisser une sorte de poésie sordide, dans laquelle ma raison et mon envie de compréhension se sont effacées face à une étrange, une inqualifiable esthétique.
En comparaison, Paranoïa est beaucoup plus délirant, et si les scènes infernales y sont également légion, l'aspect bien plus hallucinatoire de l'histoire désamorce une partie des sentiments qu'elles inspirent, et c'est surtout l'ambiance très malsaine et poisseuse qui finit par prédominer.
Si le premier m'a plus emballé que le second, j'ai retrouvé dans les deux la volonté de cet auteur de plonger bien au fond des plus sombres aspects de ses personnages, de livrer au lecteur leur folie autant que leur médiocrité, sans compromis ou compassion. J'y ai retrouvé également sa formidable écriture aussi précise qu'invocatrice, qui, à mon avis, s'épanouira plus encore dans Images de la fin du monde...
Une lecture éprouvante donc, qui met les sens et la raison à rude épreuve, qui fait vriller (un peu) et qui répugne (beaucoup) mais pour le fond de son propos bien plus que pour son horreur frontale.
Lien : https://unspicilege.org/inde..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
emmanuellevdaa
  04 avril 2019
Si vous aimez les mots bite, chatte, éjaculation, érection, vomi, gerbe, décomposition, merde, ...... (liste non exhaustive) ... ce "livre" est pour vous ! Chaque phrase en contient au moins 3 ... le tout ne fait hélas pas un livre (encore moins un bon livre).
A éviter à tout prix !
Commenter  J’apprécie          54
Deej1223
  02 mai 2021
Pire que l'enfer,
Deux apocalypses,
L'anéantissement total,
Et dans son sillon,
Mes limites en charpie,
Ébranlé,
Sa dépravation,
Ma consternation,
Et là où tout respect fuit,
La haine, ma reine,
Fut faite tsar.
Coeurs sensibles: à proscrire !
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Deej1223Deej1223   02 mai 2021
À chaque sacrifice et à chaque rituel des visions de cet acte comme l’acte le plus sérieux de toute ma vie me hantaient. Ce meurtre symbolisait mon rejet du monde et le moment où je le dévorerais et m’en aliénerais à tout jamais, le monde où le monde entrerait dans ma tête et deviendrait ma proie, le moment où j’entrerais dans ma tête pour ne plus jamais en sortir.
Commenter  J’apprécie          00
Deej1223Deej1223   02 mai 2021
À douze ans j’avais déjà compris que tout le monde mentait et me voulait du mal. Je savais qu’en connaissant mes pensées et mes actes ils me haïraient. J’ai mis trois mois à édifier mon sanctuaire. Je me sentais bien en faisant ça. Je me consacrais tout entier à cette tâche, plus rien ne m’intéressait. Je vivais dans ma tête.
Commenter  J’apprécie          00
Deej1223Deej1223   02 mai 2021
Quand j’ai eu douze ans ma mère a commencé à se suicider régulièrement. Dans le même temps nous avons eu nos premiers rapports sexuels avec pénétration et j’ai mis en scène une série de fantasmes mêlant l’homme en noir et mes camarades de classe. C’est aussi à cette époque que j’ai eu l’idée de construire mon sanctuaire.
Commenter  J’apprécie          00
Deej1223Deej1223   02 mai 2021
Il arrivait aussi que je me promène dans la maison sans rien faire de spécial, simplement occuper l’espace. Je déambulais. Je me postais à la fenêtre et je regardais dehors. À la campagne la nuit est intense. J’observais les étoiles. J’avais des pensées mystiques.
Commenter  J’apprécie          00
Deej1223Deej1223   02 mai 2021
La vie est une succession de hasards, cette femme en morceaux dans mon coffre c’est un hasard, et en même temps il y a des raisons, c’est embrouillé, c’est un mélange de cohérence et d’aberration, il y a un sens caché.
Commenter  J’apprécie          00

autres livres classés : violVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Ce film d'horreur et d'épouvante est (aussi) un roman

Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Ce film réalisé en 1980 par Stanley Kubrick avec Jack NIcholson et Shelley Duvall est adapté d'un roman de Stephen King publié en 1977

Le silence des agneaux
Psychose
Shinning
La nuit du chasseur
Les diaboliques
Rosemary's Baby
Frankenstein
The thing
La mouche
Les Yeux sans visage

10 questions
747 lecteurs ont répondu
Thèmes : cinema , horreur , epouvanteCréer un quiz sur ce livre