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EAN : 9782359052091
250 pages
Ecriture (06/01/2016)
4/5   9 notes
Résumé :
Tilman Wölzinger n'est pas un garçon ordinaire. A dix-sept ans, il mesure déjà plus de deux mètres, et sa croissance est loin d'être terminée. Car Tilman grandit, grandit encore...

Tilman le géant - ainsi le surnomme-t-on désormais - souffre de sa différence, qui l'éloigne peu à peu de ses semblables. D'autant qu'il ne grandit pas seulement en taille, mais aussi en sagesse et en savoir.

Comment s'accepter si l'on ne cesse de changer? Co... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique

Il a beau s'appeler le géant, c'est un roman de dimension et d'intensité modestes que propose Stefan Aus Dem Siepen. L'auteur allemand y décrit avec tendresse la vie d'un homme victime d'une croissance hors norme prisonnier aussi bien des petites misères du quotidien que des turpitudes de notre époque.

On découvre ainsi la fragilité de Tilman qui au fur et à mesure qu'il grandit se heurte partout à ses limites, engendrant une vie de solitude et de désarroi.

Mais point de tumulte ni de fracas. Ni d'incessant flux mental ou de longs monologues intérieurs. Avec une écriture élégante, classique, à la musicalité ancienne, l'auteur permet à Tilman d'activer un autre récit de soi. Il laisse la possibilité à un jeune homme issu d'une famille modeste aux aspiration très ordinaires de s'élever autant physiquement qu'intellectuellement.

Car si les obstacles physiques sont difficiles à surmonter, on espère voir le jeune homme s'affranchir des barrières toutes aussi douloureuses que sa condition d'origine, sa famille ou encore sa culture lui imposent. Et voir l'humanité d'un être triompher d'un corps monstrueux …

Deuxième roman de S. Aus dem Siepen que je lis et force est de constater que l'auteur aime partir d'une histoire simple et la propulser dans une dimension morale ou philosophique proche du conte, attirant l'attention du lecteur sur le contraste saisissant entre les faits ou les personnages.

Certes, on ne peut ressortir qu'ému de cette lecture, frappé par le cheminement personnel effectué par Tilman confronté à la stigmatisation, au rejet et parfois même à la monstruosité des autres. Mais le roman aurait gagné en force d'attraction si l'auteur, toujours doté d'une écriture scrupuleuse, avait économisé sur le luxe inouï de précision. Il verse dans une forme de prolixité informative qui affecte la bizarrerie inhérente au récit.

Le géant demeure toutefois une lecture agréable.

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Un conte philosophique qui comme son nom nom l'indique, fait réfléchir. Car faire une taille hors norme doit être non seulement compliqué dans la vie de tous les jours, le regard des gens doit être pesant. Mais on oublie une chose toute simple: Comment vivre, travailler quand rien n'est à votre taille? Comment aimer?

Tilman est grand, très grand, mais la taille de son corps n'est pour lui, pas le plus important, il veut grandir intellectuellement, il veut apprendre...

Une belle histoire, d'un point de vue important, celui du géant, de celui qui fait nous fait lever la tête, met une mine étonnée sur nos visages, mais lui que pense t'il de tout cela, en souffre t'il?

Une réflexion nécessaire sur la différence, quelle qu'elle soit.

Merci à L&P conseils, une fois de plus...


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Voici un court roman, un conte ou une fable. A travers son personnage de géant, Stefan aus dem Siepen décrit merveilleusement la difficulté à s'intégrer lorsqu'on est différent, le mécanisme de l'isolement, du rejet. Si au début Tilman subit des quolibets, ceux-ci se transforment bientôt en insultes ou moqueries moins amicales. Il préfère alors se retirer, se cultiver, seul.

Un roman tendre et élégant. L'élégance se ressent dans l'écriture, les tournures de phrases et la bienveillance de l'auteur pour Tilman : "Ah ! Qu'en termes galants, ces choses-là sont mises" écrivait Molière dans le Misanthrope, eh bien c'est une citation qui sied parfaitement à ce roman, qui pourrait également reprendre en partie le titre, car Tilman à force de voir les gens de haut, tels qu'ils sont, avides de sensations, de nouveautés, de nouvelles trash : "Ils traversaient la vie avec le besoin trouble de se délecter du malheur d'autrui, d'ingurgiter quotidiennement une dose de trivialité et de saleté. Ils avaient besoin de leurs amusements de pacotille et ils ne les trouvaient nulle part de manière aussi assurée que dans le franchement exceptionnel, dans le déviant stupéfiant." (p.115), en devient un brin misanthrope. Néanmoins, l'ouverture que lui procurent la lecture et la musique lui permet de relativiser, de prendre la curiosité qu'il suscite comme une chose inévitable et de s'y plier pas forcément de bon gré, mais avec une grande bonté et une certaine philosophie. Plus il grandit, plus il s'apaise et acquiert de réflexion, de recul sur lui-même et les événements, en un mot, de sagesse.

Une belle et profonde réflexion sur la recherche du bonheur, sur la différence et l'acceptation d'icelle par autrui, sur l'amour, sur la culture : la différence entre l'élitisme et la culture de masse qui peut tendre vers le néant lorsqu'il s'agit par exemple des phénomènes de foire, les fameux freaks, entre la beauté et la laideur ; il m'a semblé y voir aussi une critique à peine voilée de la dérive des chaînes de télévision, vers le sensationnel, le laid, la téléréalité...

Je ne connaissais pas cet auteur allemand au nom étonnant et qui me semble lui aussi très élégant (mes souvenirs d'allemand sont pauvres et lointains, j'espère qu'en cette langue, ce n'est pas une grossièreté !). Il a publié en 2014, un autre roman La corde, qui me tente tant par le thème que par la très belle écriture (félicitations au traducteur) que j'ai découverte avec le géant. Assurément, je le relirai, en plus son roman est court, vraiment tout pour me plaire.


Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Découverte de l'auteur pour moi, il faut dire que je ne suis pas du tout calée en littérature allemande. C'est une très bonne surprise, j'ai aimé la poésie et les questions que posent ce roman. Ce que j'aime c'est les histoires avec des personnages ordinaires, des personnages qui pourraient être un voisin, une collègue ou qui ressemblent à des proches. Ce roman philosophique est une petite pépite que je ne suis pas prête d'oublier.

Tilman alias le géant est l'homme le plus grand d'Allemagne, il souffre car tout le monde se moque de lui et qu'il ne peut rien faire pour que cela change car c'est une maladie sans remède. On le suit dans sa quête du bonheur, dans son quotidien lourd à supporter tant rien n'est adapté à sa condition. On a tous tendance à ne pas s'intéresser à la différence de nos semblables quand on est pas directement touché, on oublie combien les gestes simples de la vie peuvent devenir problématiques pour eux. Il y a beaucoup de tendresse dans ce roman et la plume de l'auteur est tellement agréable et sensible que je ne pouvais que l'aimer.

Il en a assez d'être une bête de foire, il veut aussi être intelligent et cultivé, la lecture et la musique sont des alliées de taille qui vont l'aider à nourrir son esprit. Il apprend à relativiser, à attiser sa réflexion. Ce que j'ai aimé c'est aussi les questionnements qui découlent de cette lecture c'est toute une réflexion sur les personnes différentes physiquement, les personnes vues comme des monstres , qu'est ce que le bonheur ? est-ce une quête sans fin ? Qu'est-ce que la beauté et la laideur ?

J'ai été très émue par le parcours de vie de cet homme ordinaire au destin extraordinaire, on sent la fin arriver alors qu'on s'était tant attaché à lui. C ‘est un hymne à la tolérance , au partage, à la compassion et à la culture. L'auteur à réussi à être pudique tout en nous faisant ressentir beaucoup d'émotion.

VERDICT

Une petite pépite philosophique dont il ne faut pas se priver. Magnifique.


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Ce roman raconte l'histoire d'un homme ordinaire qui parce qu'il a une maladie rare, va connaître une vie extraordinaire. Rien ne prédestinait Tilman Wôltzinger à développer un amour pour les lettres ou la musique. Il aurait été tout simplement un couvreur un peu rustre comme son père.

Le destin en a décidé autrement, atteint d'un dérèglement de l'hypophyse, il ne cessera jamais de grandir. Très vite inapte, il doit penser à la reconversion et s'adapter sans cesse à ce corps qui le rend différent.

On aime le courage, la force du personnage qui ne se plaint pas de son sort et qui retrouve refuge dans les arts ou la culture. C'est un autodidacte, un homme de goût et de mesure. Il connaît plus de difficultés que la moyenne qui mettra son adversité à l'épreuve. Sans orgueil, ni aucune fierté, il va petit à petit apprendre à jouer de son image.

On suit son parcours avec émotion, attachement tant pour ce qui est du quotidien que des étapes humaines. L'écriture est simple et intimiste. On est heureux, malheureux et impressionné par ce "grand" personnage.

Une personnalité hors du commun pour cet homme qui aurait pu en d'autres temps n'être qu'un monstre, un phénomène de foire. Jusqu'à la fin que l'on sait inexorable, il marque les esprits et les coeurs par son humble discrétion.

Laissez-vous tenter par ce récit profond et humaniste qui vous rendra plus fort, plus combatif peut-être plus tolérant et empathique aussi.

A voir !


Lien : http://www.sophiesonge.com/a..
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critiques presse (1)
Chro
02 mars 2016
Le style un peu lisse de l’auteur, l’atmosphère sage du récit, peuvent frustrer ; jusqu’au bout, on attend la noirceur, l’explosion de violence.
Lire la critique sur le site : Chro
Citations et extraits (1) Ajouter une citation

Ils traversaient la vie avec le besoin trouble de se délecter du malheur d'autrui, d'ingurgiter quotidiennement une dose de trivialité et de saleté. Ils avaient besoin de leurs amusements de pacotille et ils ne les trouvaient nulle part de manière aussi assurée que dans le franchement exceptionnel, dans le déviant stupéfiant. (p.115)

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