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ISBN : 2742758798
Éditeur : Actes Sud (30/12/2005)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 4 notes)
Résumé :
" Ma propre impuissance me sidère. Jusqu'au bout, elle me sidérera. Je peux désirer l'enfant que je porte et le perdre. Je peux désirer l'enfant que je porte et faire l'inverse de ce qu'il faudrait. Je peux désirer l'enfant que je porte et que sa présence, dans le même temps, me mette face à ce qui, en moi, rend cette présence difficile. Je sais que ces contradictions existent, ces contraires en soi. Celle-là est peut-être la plus difficile à admettre. La vie est en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
brigittelascombe
  19 septembre 2012
"Je ne te prendrai pas dans mes bras. Je ne t'appellerai pas Aimé".
Une femme écrivain (l'auteur?) nous confie ses états d'âme suite à une fausse-couche, puis revient sur le début de sa grossesse, ses réactions et celles de son entourage.
Avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, elle s'adresse à Aimé, celui qu'elle n'a pas eu le temps d'aimer, source d'attitudes et de sentiments contradictoires.
Peur de l'âge, peur de perdre sa liberté,obligation de s'arrêter de fumer,épuisement, insécurité.... que de bonnes (mauvaises) raisons de ne pas avoir envie de "porter" cet enfant.
"Porter", un mot qui revient en leit-motiv comme si cette future mère avait eu besoin d'être portée elle même, soutenue par mari et amies pour assumer une charge trop lourde.
Mais si la nature fait bien les choses et élimine le gêneur reste un grand vide et un poids mort à éliminer, celui de la culpabilité et des regrets.
Mise en parallèle avec d'autres cas d'avortements, une grossesse avortée, même de façon naturelle n'est pas anodine et laisse des traces. Si, en plus, un curetage est nécessaire, la violence subie est amplifiée.
Entre lettre ("l'être" de remplacement) à l'absent et journal intime, le roman Aimé de Dominique Sigaud-Rouff ne peut laisser indifférent aussi bien les femmes qui se reconnaissent plus ou moins dans certains passages que les hommes qui ne portent pas mais devraient peut-être parfois plus porter.
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sylvie
  12 mars 2009
Ce livre se présente sous la forme d'un roman, mais c'est un récit intime qui nous est livré avec beaucoup de courage de la part de l'auteur.
L'écrivain en deuil impossible d'un enfant qui n'est pas né décide de retracer par écrit le chemin de sa douleur indicible.
Elle parle du moment de sa perception intime d'être enceinte, de la certitude de l'être après examens et échographies. Elle dit ses craintes d'avoir un autre enfant en même temps que son désir de le porter à terme.
Elle se remémore l'ambivalence de ses sentiments aux premiers moments, la peur que cet enfant ne soit encore qu'une histoire avortée, ayant déjà vécu une fausse couche un an auparavant.
Puis elle raconte le temps de la douloureuse suspicion d'un oeuf clair, l'implacable confirmation de l'échographe qui diagnostique"le débris" à éliminer...
L' attente de l'expulsion qui pourrait se faire sans intervention chirurgicale est également évoquée avec beaucoup d'émotion...
Et puis le chemin de l'hôpital, et la souffrance physique et psychique des jours qui suivent...
Cette lettre à un enfant qui n'est pas né parlera à nombre d'entre nous, femmes bien sûr, mais hommes aussi, qui tentent de nous accompagner durant ces évènements qui souvent veulent se vivre comme des non-évènements.
Je ne parlerai pas des qualités littéraires du texte qui est très court, avec des phrases sèches et presque haletantes, je saluerai simplement le fait qu'il existe.
On parle très peu des souffrances et du difficile "travail de deuil"suite aux avortements, fausses couches, morts d'enfants in utéro ou à la naissance. Les sentiments de solitude et d'incommunicabilité inévitables dans ces moments là en sont très certainement amplifiés.
des liens et des images sur le blog :
Lien : http://sylvie-lectures.blogs..
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marie504
  28 janvier 2018
Sujet difficile et très intime que celui de la perte d'un enfant, même si cette perte a lieu en début de grossesse, surtout si c'est la deuxième fois en un an. Difficulté à comprendre la réaction du partenaire qui ne montre pas d'enthousiasme à l'annonce de cette nouvelle grossesse. Angoisse qui se présente rapidement avec la peur d'une nouvelle perte. Culpabilité de ne pas faire ce qu'il faut, de trop se mettre en colère, de trop fumer, d'être trop vieille… Besoin d'écrire lorsque l'échographie montre qu'il n'y a pas d'activité cardiaque, écrire pour tous ces « innombrables » qui ne verront pas le jour. Tous ces bébés qui ont porté un prénom avant de disparaître bien avant terme. Mais finalement, lors de l'hospitalisation pour curetage, l'embryon a grandi. L'espoir revient. Les questions que cette grossesse pouvait apporter (difficultés financières, âges avancés des parents…) passent au second plan. Et puis, les taches brunes, de plus en plus nombreuses et à nouveau avoir en face de soi des professionnels indifférents et durs.
Ce livre est là pour parler de la difficulté de faire son deuil d'un enfant, même s'il n'est pas né, du déni qui entoure ces « innombrables » et de la violence de certains membres du corps médical.
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Nadouch
  02 septembre 2018
Témoignage sans pathos d'une mère qui vit son début de grossesse dans le doute, dans la peine, puis dans la perte. Plein de choses importantes sur le deuil, sur la maternité, beaucoup de pudeur pour un sujet finalement très peu traité en littérature.
J'ai beaucoup aimé le style très retenu et en même temps touchant, le parti-pris de se dévoiler tout en se protégeant.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
EipocaEipoca   08 juin 2011
Je l'écris parce que je ne supporte pas l'idée qu'une fois encore il ne reste rien de toi, que je juge cette fois impossible que tu n'aies pas une place quelque part même si c'est sous forme d'encre et de mots. Je l'écris parce que ton départ est trop difficile.

Je l'écris aussi pour les innombrables, ces infiniment nombreux qui comme toi un jour surgissent, espérés ou non, se logent en secret dans le creux de leur mère et disparaissent.
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EipocaEipoca   08 juin 2011
Comment dire la vertigineuse différence entre loger en moi l'enfant et sa disparition? Cet autre en moi, cet au-delà de moi à l'intérieur de moi. C'est peut-être là, entre autres, l'immense jouissance: enfin, en moi, quelque chose qui ne se résume pas à moi, n'est pas moi, préparant la sortie au jour d'un autre être. C'est immense. C'est vertigineux. Comme toutes les portes ouvertes dans une maison. Quelque chose s'ouvre, immensément. Je ne suis plus tenue de ne contenir que moi-même. Je contiens ce qui échappera. L'enfant sorti de moi qui ira sans moi.
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EipocaEipoca   08 juin 2011
J'écris pour les mères innombrables de tes semblables qui voient un jour disparaître l'idée que vous veniez. Cette douleur immense de voir s'interrompre l'élan. Cette perte de ce qui n'est pourtant qu'un point si petit dans le ventre. Ce deuil. C'est de la vie qui s'en va dans une traînée de sang. C'est à vomir de chagrin. Cette fois tu ne resteras pas lettre morte. Tu ne te résumeras pas à l'être mort.
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sylviesylvie   12 mars 2009
Je ne te prendrai pas dans mes bras. Je ne t'appellerai pas Aimé. Je ne plongerai pas mon nez dans tes cheveux, je ne me collerai pas contre toi, je ne me pencherai pas sur ton berceau, je ne te porterai pas dans mon ventre énorme, je ne verrai pas les visages se poser sur le mien, je ne sentirai pas tes pieds bouger. Je n'entendrai pas tes premiers mots, je ne prendrai pas ta main dans la mienne. J'ai perdu cet amour-là."
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EipocaEipoca   08 juin 2011
Etre (une) mère, c'est aussi ça.
Donner la vie.
Offrir à l'enfant de vivre, même seulement quelques heures.
Accepter de le porter. L'aimer jusque-là. S'aimer soi-même peut-être jusque-là.
Posséder ce savoir.
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