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EAN : 9782226440938
240 pages
Albin Michel (04/09/2019)
4/5   18 notes
Résumé :
« Les violences faites aux filles sont des désastres individuels et collectifs. Pour que nous y mettions fin, encore devons-nous les désigner. C'est à quoi humblement, je m'attelle, avec d'autres, pour qu'on ne puisse pas dire à leur sujet je ne savais pas . » Dominique Sigaud

Une fille sur 5, dans le monde, subit des violences sexuelles avant 18 ans. En France, 40% des viols et tentatives de viol concerneraient des mineures de moins de 15 ans. Au Roy... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Prudence
  30 octobre 2019
L'écriture est facile à lire, pas complexe, mais elle est sans concession, brute, elle sert à dévoiler, pas à voiler. le livre est impactant, il énonce des faits bruts et expose les violences faites aux filles dans le monde.
L'autrice est journaliste, on le sent dans son approche qui montre les choses, qui nous transmet une photographie, un état des lieux à un moment donné à propos d'un sujet donné. C'est une approche plutôt rigoureuse et sans fioritures, qui cependant, ne se limite pas à un constat mais pose également des questions.
J'ai beaucoup apprécié qu'elle dénonce le fait qu'on manque d'informations et de statistiques sur les violences faites aux filles et qu'on ne voit pas ce qu'on ne veut pas voir.
Le livre se découpe en plusieurs parties : la première sur les meurtres des petites filles et les avortements sélectifs, ensuite les attaques aux sexes des filles (mutilations sexuelles, inceste, mariages et grossesses précoces), puis l'esclavage et la prostitution des mineures, les crimes « d'honneur », la situation des filles dans les crises ; puis à travers quatre pays, Dominique Sigaud vient illustrer des situations à la fois différentes (particularismes) et universelles (violences faites aux filles), avec l'exemple de la France, des USA, de l'Inde et de l'Égypte.
Dans l'ensemble c'est un très bon ouvrage de référence à avoir dans sa bibliothèque pour les personnes s'intéressant personnellement ou professionnellement aux violences faites aux filles.
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oree
  19 novembre 2020
J'ai assisté une année passée, lors du Livre sur la Place à Nancy à un entretien avec l'auteure D.Sigaud qui m'avait fort impressionnée. Ceci est une enquête sur un sujet mal connu, peu renseigné par les statistiques officielles, certainement tabou ou au minimum honteux car la violence faite aux femmes dans le monde entier est un scandale absolu qui dénie notre humanité et notre incapacité à protéger les plus faibles : les filles.
J'ai beaucoup appris dans ces chiffres mêmes sous-estimés, dans les témoignages insoutenables de ces vies brisées, de cette malédiction qui frappe les femmes et les filles surtout de plus en plus jeunes du fait de leur sexe, qui couplé à la pauvreté mais aussi aux guerres, au patriarcat, à l'immigration, à l'ignorance, aux croyances, au machisme répandu sur toute la terre depuis toujours.
La France aurait des progrès à faire avec son record de viols pour les moins de 15ans et ses lois oubliant de punir le viol sur enfant (déclaré "consentant" lors d'une affaire retentissante).
A faire connaître car l'ignorance est toujours coupable !
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Emiliec28
  26 août 2020
Passer de KAUFMANN à SIGAUD c'est quelque chose, avec elle on a enfin la sensation de quelqu'un qui se soucie du sort des femmes. le style est beaucoup moins travaillé mais les données et l'intention y sont :
1 femme sur 5 est agressée sexuellement avant ses 18 ans.
1 femme sur 3 voir 1 femme sur 2 dans certains pays.
Chaque année, 1 femme sur 10 est victime de viol.
Ce livre est un appel à la prise de conscience : partout dans le monde, des filles meurent parce qu'elles sont des filles. On demandeur aux mères de tuer leur bébé, pourquoi personne n'en parle ? J'apprends que dans la Rome antique, le Pater familias avait le droit de se débarrasser de ses filles cadettes. Pourquoi pendant ma licence et surtout lors de ma spécialisation sur cette période aucun professeur n'a jugé bon de parler de ces moeurs ?
Quand le meurtre n'est pas caractérisé, des "accidents" se produisent, liées à des maltraitances évidents : provocation d'une pneumonie, des diarrhées et on ne soigne pas (Inde)
On ne nomme pas ces choses là pour ce qu'elles sont, même en occident. Véritable tabou à reconnaître le génocide que ça représente.
Dans le monde, 1 femme sur 9 est encore mariée avant 15 ans et contre son gré.
En Europe, l'excision existe (notamment certaines cliniques Londoniennes), effectuée par des médecins peu regardant sur l'éthique (mais ligature des trompes et IVG ça on en entend parler) mais on parle de "chirurgie esthétique"
L'autrice expose des solutions basiques et simples à mettre en place tout au long du livre en fonction des problématiques. Ex : enseignements de techniques anti-agression à l'école ainsi que des cours pour rejeter les stéréotypes sexuels négatifs envers les filles.
20% des 600 millions de voyages internationaux annuels sont liés au tourisme sexuel, 3% veulent des mineurs ce qui représente 3 millions de voyageurs.
Les crimes d'honneur se multiplient. Avant de lire ce livre, je ne comprenais pas comment on pouvait tuer un être humain, sa fille, sa soeur. Mais je ne voyais pas les choses avec le bon prisme. Elles ne sont pas aimées mais tolérées, assimilées à une monnaie d'échange. Si elles ne peuvent plus être échangées, elles ne valent plus rien.
Toujours concernant ces crimes d'honneur : le récit de la femme de vaut rien, personne ne veut entendre sa version. En Jordanie, un institut a décidé de travailler sur des jeunes filles tuées parce que "souillées" et dans 80% des cas elles étaient encore vierges...
En France il n'y a pas lieu de fanfaronner : on manque de chiffre parce qu'on ne veut pas voir. On estime qu'il y aurait 240 viols par jour et 400 agressions.
Un livre glaçant sur une réalité dont on parle peu. le terme "féminicide" prend tout son sens...
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cristalya
  23 juillet 2021
Merci à Babelio et la maison d'éditions pour l'envoi dans le cadre de la Masse Critique.
J'étais très curieuse de découvrir ce livre après avoir vu les avis dessus. Et ce fut une lecture très intéressante, et qui mériterait d'être lue par pas mal de monde.
L'autrice aborde essentiellement le cas de la malédiction d'être fille dans le monde, situation qui entraîne de multiples violences, nombreuses et de nature différente, juste parce qu'identifiée fille. L'autrice n'aborde que très peu le cas des femmes adultes, mais plutôt celui des filles mineures, donc si vous souhaitez vous pencher sur le premier cas, ce livre n'est peut-être pas celui que vous cherchez, même si celui-ci aide certainement à la compréhension de ce que vivent les femmes adultes par la suite.
Attention, je parle de femmes et filles parce que l'autrice aborde le tout sous un spectre binaire, mais je pense que cela s'étend à toute personne à vulve, voire plus selon le genre de la personne.
Je dois dire que je n'ai pas trop accroché à la façon d'écrire de l'autrice. Ce n'est pas le très factuel qui m'a gênée, parce que les faits sont primordiaux dans le texte, mais plus le fait des nombreuses répétitions pour ancrer ce qu'elle nous dit. Je comprends totalement pourquoi l'autrice le fait, elle veut montrer la violence, l'importance que ces violences ont dans le monde sans que l'on ne s'en rende compte, qu'on ancre bien à quel point c'est important, mais ayant finalement connaissance d'une bonne partie des faits qu'elle énonce, je trouvais cela redondant. Mais cela est une impression très personnelle, et cela n'a pas été le cas pour d'autres lecteur.ices.x, et cette approche en terme d'écriture est totalement justifiée par ce que veut nous dire l'autrice.
Comme dit plus haut, j'étais consciente de beaucoup des faits, sans pour autant connaître tous les chiffres donnés par l'autrice. Et ces chiffres sont importants, quand on voit que des personnes ne croient qu'à ça, aux pourcentages, afin d'avoir ne serait-ce qu'un peu d'attention sur un problème. C'est vraiment intéressant pour se rendre compte de l'envergure du problème.
C'est un livre très factuel. On n'est pas sur du débat, sur ce que peut être l'origine du problème, ... L'autrice l'aborde rapidement, mais une nouvelle fois, je pense que l'idée est surtout de mettre les gens face à la réalité sur la situation d'être "femme" dans le monde.
Le tout est abordé chronologiquement parlant dans une vie, de la violence dès la naissance jusqu'à la fin de l'adolescence voire la vie de jeune adulte.
En résumé, je n'ai pas eu la claque que je m'attendais à avoir. Je connaissais un certain nombre de faits abordés par le livre, et donc je n'ai pas été surprise par ce que j'ai pu lire malgré l'effroi que cela entraîne forcément. Néanmoins, je pense que ce livre peut ouvrir les yeux sur ce problème, qui est un vrai cercle vicieux pour les femmes. Un ouvrage, qui donc, ne m'a pas forcément marquée personnellement, mais très utile à lire et qui mérite de lui accorder de l'attention.
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mimipinson
  22 septembre 2019
Sidérant, glaçant, sont les deux qualificatifs qui me viennent à l'issue de la lecture de ce livre.
C'est un peu par hasard qu'il est arrivé entre mes mains ; la remise à l'auteur du prix ″Livre et droits de l'homme‶ pour cet ouvrage, suivie d'un entretien d'une grande richesse.
Dominique Sigaud s'empare d'un sujet hautement sensible, celui des violences faites aux filles. Il est le fruit d'un travail de longue haleine dans de nombreux pays, mais aussi chez nous !
Dans un premier lieu, l'auteur s'attache à lister, définir et illustrer toutes les violences faites aux filles, et ce depuis la vie intra-utérine. de toutes c'est le filiacide (le fait de tuer sa propre fille) qui m'a le plus stupéfaite dans la mesure où je ne croyais pas cette pratique aussi institutionalisée et répandue. Dans la mesure où dans la plupart des cas et des pays les statistiques manquent, l'auteur fait beaucoup de recoupement pour tenter d'illustrer son propos.
Dans un second lieu, Dominique Sigaud dresse une géographie des violences en s'attardant sur la France, les Etats Unis, l'Inde et l'Egypte. Chacun a sa ‶spécialité ‶, si je puis m'exprimer ainsi…
Je retiens en particulier qu'en France on refuse de considérer l'inceste comme un crime à part entière, et qu'il ne constitue qu'un facteur aggravant au viol sur mineur, que les statistiques sur le viol sont très approximatives et que notre pays est en tête de classement (pour les pays occidentaux) en ce qui concerne les agressions sexuelles sur mineures ! Sidérant et glaçant, vous dis-je !
L'inde ‶ s'honore″ à tuer ses petites filles in-utero, ou juste après la naissance …
L'Egypte ″ préfère‶ les mutiler…
Sidérant et glaçant, j'espère que vous me croyez !!

Lien : https://leblogdemimipinson.b..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   11 février 2020
Pour des millions de filles, le destin féminin commence comme ça, par le fait d'être désirée, c'est être violée, confrontée à un désir absolument étranger à soi et dont pourtant il faudra subir la conséquence.
Dans cet acte, plus encore, le désir de la fille, ne pas être violée, n'a pas le début d'un commencement de place. Son corps devient un territoire ou d'où son propre désir est exclu par la force. C'est ça le viol, ça le rend sidérant.

…/...

C'est une peur qui reste, colore le rapport à venir aux hommes, leur désir et le sien propre.
Des millions de mineures de tous les pays le subissent chaque année.
Une véritable pandémie. Le non-dit à cet égard est pourtant constant quand on commence à chercher les chiffres, constater leur absence.
Pourquoi ne sait-on pas combien de mineures sont violées chaque jour en France, aux États-Unis, au Brésil, en Russie, en Espagne, au Maroc, en Égypte ? Combien ? A quel âge ? Par qui ? Avec quelles suites ? Quels procès ? Quelle absence de procès ? Quelles maladies ? Quelles tentatives de suicide, quelles dépressions ?
Pourquoi ce travail n'est-il pas fait ? Considère-t-on qu'il n'est pas nécessaire ? Pourquoi ne produit-on pas ce savoir ? Pourquoi laisse-t-on cette question dans le flou, l'imprécision ?
Je crois que si 200 garçons étaient été victimes de viol ou tentative de viol chaque jour en France, quelque chose aurait lieu, serait pris en compte, des députés exigeraient des études, des lois, des actes.
Doit-on penser que, les filles mineures, on s'y attend en quelque sorte …

L'acte et une constante, un invariant, quels que soient le continent, la société.
Au Royaume-Uni par exemple, en 2016-2017, 45 % des poursuites pour viol concernent des enfants : environ 10 par jour, 100 si on élargit aux infractions sexuelles, mais les statisticiens pensent que le chiffre réel et environ 6 fois plus élevé, puisque une infime minorité est déclarée.
En France, en 2016, moins de 4 % font l'objet d'une plainte selon l'ONDRP, l'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales. Or, en 2017, 8788 plaintes ou signalements pour viol sur mineur ont été enregistrés mais, là aussi, les spécialistes pensent qu'il faudrait les multiplier par dix pour atteindre le chiffre réel des atteintes.
Soit 87880, soit 240 par jour. Environ 80 viols par jour de mineures au Royaume-Uni ou en France, inceste compris, pourrait être une statistique à peu près correcte : 80 viols de mineures aujourd'hui, 80 demain, 80 après-demain, 2400 dans le mois.
Encore, ne s'agit-il que des viols avérés.
Si l'on ajoute les tentatives de viols, la statistique explose, atteint le sommet vertigineux de 200 à 400 par jour. Pas de quoi lancer de vraies enquêtes, en effet.

Au Pérou, premier pays d'Amérique latine et troisième au monde en nombre de violences sexuelles, 71 % des viols concernent des mineures, 48 % des agressions ne sont pas signalées en raison de la peur, de la honte (!) ou du sentiment de culpabilité.
Tous les pays du monde connaissent peu ou prou cette situation. Seule une étude mondiale de cette pandémie montrerait l'étendue réelle du problème.
Sans crainte de se tromper toutefois, entre 1 fille sur 3 et 1 sur 10 est confrontée avant son âge adulte à eu un rapport sexuel forcé, une première expérience sexuelle forcée, une grossesse issue d'un viol.
Sans crainte de se tromper, l'immense majorité de ces crimes ne sont jamais dénoncés. La violence subie ne sera pas reconnue comme telle. L'agresseur ne sera pas reconnu comme tel.
Rien de tel pour perpétuer un système de prédation.

Je propose qu'on dise maintenant : entre 1 garçon sur 3 et 1 sur 10 et violé avant 18 ans. Pour voir.
J'ajoute. Jusqu'à 50 % des agressions sexuelles dans le monde sont commises contre des filles de moins de 16 ans. Je l'ai déjà écrit mais je le répète. Ce chiffre personnellement m'ahurit chaque fois que je le lis.
Selon l'Unicef, en 2017, 9 millions de filles de 15 à 19 ans ont été forcées à des rapports sexuels au cours de l'année. Plus généralement, en 2002, on estime que 150 millions de filles de moins de 18 ans ont subi une forme de violence sexuelle ! La première expérience sexuelle est forcée pour près de 45 % des filles de moins de 15 ans. Quand une fille de moins de 15 ans a une expérience sexuelle, c'est que cette dernière est forcée dans 1 cas sur 2. C'est-à-dire le premier acte. La première fois. L'initiation sexuelle comme expérience forcée. Une forme de marquage. L'absolu contraire de la liberté de désir.
La minoration des statistiques, l'absence d'études dignes de ce nom, empêchent de prendre la mesure. « Les mineur.e.s, grand.e.s oublié.e.s des statistiques » estime le dernier avis de la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l'homme) en France et, plus loin, « les chiffres ne prennent jamais en compte les violences sexuelles dont sont victimes les mineur.e.s. Il s'agit pourtant de la frange de la population la plus touchée par ces violences ».

Prendre en considération le nombre réel de viols sur mineures serait pourtant une façon, pour elles, de savoir que cette violence à leur endroit est entendue. Et non pas, une fois encore, le récit minorant, sous-entendre que la jupe pouvait être trop courte, le sourire trop blanc, le refus pas assez caractérisé, les cris trop rentrés, que peut-être elles consentaient, que peut-être elles ne courraient pas assez vite, que possiblement elles y étaient pour quelque chose, ne serait-ce que d'avoir déclenché ce désir.

L'histoire est toujours la même. Aux hommes, le désir. Aux filles d'exprimer leur refus.
Qu'il s'agisse de leur père, de leur voisin, de leur professeur de tennis, de leur professeur de mathématiques, leur chauffeur de bus, leur épicier, leur cousin, le chef de bande de la cité, le trafiquant de drogue de la rue adjacente.
Le résultat et qu'elles se taisent. Qu'elles le taisent.
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HarioutzHarioutz   11 février 2020
Une esthétique de la mutilation ?

Dans La Servante écarlate, remarquable série télévisée adapté du roman de Margaret Atwood et dessinant une humanité à venir de plus en plus écartée du cycle naturel du sexe et de la reproduction, de plus en plus séduite par leur marchandisation et par la soumission des femmes en fonction de critères d'appartenance sociale, l'excision est le châtiment réservé entre autres aux femmes se laissant aller à des rapports homosexuels. Plus de clitoris.

Il est très rare que la pratique soit associé à l'Occident, qui a pourtant commencé à l'introduire au XIXe siècle pour « calmer les hystériques », empêcher la masturbation ; des cas d'infibulation ont aussi été répertoriés ; empêcher l'accès au sexe et à son plaisir. L'idée sera vite abandonnée.

Mais elle revient à la mode aujourd'hui sous une tout autre forme de « chirurgie esthétique »[sic] s'attaquant au clitoris, aux lèvres et au vagin chez des jeunes filles américaines ou libanaises, brésiliennes ou italiennes tentant de se soumettre à des critères de taille, de forme.
La pratique est évidemment une aubaine pour les cliniques privées. Elle est surtout en train de propager l'idée d'une esthétique de la mutilation sexuelle, un narcissisme inversé, consistant à attaquer le plus intime de soi, le marquer, le réduire.

L'idée étant soit déjà troublante. Mais elle a un écho malheureusement dans les nouvelles pratiques de mutilation sexuelle « médicalisée », dans les pays la pratiquant traditionnellement. Passer par un docteur, une clinique, des gestes considéré comme techniques, comme si on allait effacer la violence de l'atteinte en la transformant en acte « médical ».

Le récit à nouveau est fictif, mensonger. Tel est le piège aujourd'hui tendu par des médecins ayant trouvé là de nouvelles sources de revenus non négligeables et les parents laissant entendre que l'acte serait ainsi « normalisé » et surtout ne pourrait plus être critiqué dans la mesure où le docteur aurait tranché.
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oreeoree   18 novembre 2020
La fille,pour des centaines de milliers de couples, c'est d'abord quelque chose qu'on ne veut (surtout) pas mettre au monde. Avoir un enfant, mais pas féminin.
L'histoire de la violence faite aux filles commence avec ça.
Dans les sociétés qui le mettent massivement en oeuvre, c'est souvent lourd de conséquences sur la non- valeur qu'on leur accordera ensuite. Si c'est quelque chose qu'il ne faut pas faire exister,comment ne pas les déconsidérer ensuite, pourquoi les protéger, les respecter?
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PrudencePrudence   03 novembre 2019
Depuis 2017, c’est un progrès, l’Organisation internationale du travail (OIT) inclut le mariage forcé dans les statistiques de l’esclavage moderne (voir p. 124, 134) et reconnaît qu’il touche des millions de filles ; une chance peut-être pour que ces unions soient de plus en plus remises en cause.
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PrudencePrudence   14 octobre 2019
Ce n'est pas un hasard. Un savoir manquant n'est jamais un hasard, plutôt un symptôme de ce qu'on ne sait pas voir. De ce qu'on ne sait pas comment voir. De ce qu'on ne veut pas savoir.
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Videos de Dominique Sigaud (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Sigaud
A l'occasion du salon "Le livre sur la place" à Nancy, rencontre avec Dominique Sigaud autour de son ouvrage "La malédiction d'être fille" aux éditions Albin Michel. Rentrée littéraire Septembre 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2340671/dominique-sigaud-la-malediction-d-etre-fille
Notes de musique : Youtube Audio Library
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