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ISBN : 2072836387
Éditeur : Gallimard (07/02/2019)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 85 notes)
Résumé :
Dans un village proche de la ville côtière de Putian, en Chine méridionale, au début du vingtième siècle, Yong Sheng est le fils d’un menuisier-charpentier qui fabrique des sifflets pour colombes réputés. Les habitants raffolent de ces sifflets qui, accrochés aux rémiges des oiseaux, font entendre de merveilleuses symphonies en tournant au-dessus des maisons. Placé en pension chez un pasteur américain, le jeune Yong Sheng va suivre l’enseignement de sa fille Mary, i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  31 mai 2019
C'est une vie très extraordinaire que celle du grand-père de Dai Sijie.
Fils de charpentier confectionneur de sifflets pour colombes et premier pasteur chinois de Putian, une ville côtière du sud de la Chine, Yong Sheng avait fait son église de la grande chaumière construite de ses propres mains. Lieu transformé à son initiative en orphelinat au départ des congrégations américaines en 1942 et confisqué au moment de la révolution culturelle pour y installer un pressoir à huile, il y avait vécu l'enfer, condamné à la rééducation par des travaux forcés monstrueux. Des vicissitudes pour Yong Sheng, devenu très vieux, qui malheureusement ne s'arrêtèrent pas là...
Dai Sijie est un conteur hors pair qui nous emporte dans la vie hautement romanesque de son grand-père, de la République populaire chinoise à la Chine de la Longue marche et de la révolution culturelle de Mao qui broient les opposants ou supposés tels. Les images de Dai Sijie (il est cinéaste) sont magnifiques et envoûtantes, tellement sordides aussi qu'elles nous brisent le coeur devant tant de souffrances et d'humiliations infligées aux hommes. Dai Sijie qui ne finit pas sur une note triste ; alors que Yong Sheng se meurt dans des circonstances indignes, il dit encore de son vieil aguilaire calciné : « Mon vieil arbre avait connu toutes les vicissitudes de la vie. Il était mort, avait vécu l'enfer, mais dans les profondeurs de la terre, il était ressuscité. » preuve qu'au seuil de la mort le vieil homme n'avait pas perdu sa foi.
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Annette55
  21 juillet 2019
«  Mon dieu ! pourquoi ne m'a t- on pas condamné à mort plutôt que de m'infliger la peine de travailler dans cet atelier primitif ?
Quand mon corps éreinté tombera - t- il enfin sous le rouleau de pierre de la meule , sous les
sabots des boeufs , sous le marteau suspendu, dans la chaudière ou à l'intérieur du tronc creux, où il sera réduit en purée dégoulinante ?
«  Lorsqu'un groupe de colombes volaient dans le ciel, les sifflets attachés à leur queue offraient un concert symphonique grandiose d'une étonnante qualité ...Chaque instrument présentait une tessiture différente , il y avait des barytons, des ténors , des contraltos, des sopranos qui se répondaient subtilement ...pour enchanter le spectateur d'une symphonie flamboyante ... ».
Voici deux extraits ——significatifs et contrastés——- de cette autobiographie flamboyante où l'auteur fait revivre l'histoire extraordinaire, surprenante de son grand- père YONG SHENG .
Né en 1911, fils de charpentier, confectionneur de sifflets pour colombes ,sifflets qui coûtent très cher, recherchés par les connaisseurs, premier pasteur chrétien, chinois de Putian , une ville côtière du sud de la Chine, placé en pension chez un pasteur américain Yong Sheng suivra l'enseignement de sa fille Mary, institutrice de l'école chrétienne.
Marié très jeune , de force pour que sa grand- mère vive, une tradition séculaire , il fera des études de théologie à Nankin..
Il restera pasteur pendant quatorze ans jusqu'en 1949 .
Tout bascule la même année avec l'avènement de la République populaire ....
Je n'en dirai pas plus sauf que cet homme bon, naïf et vertueux ne baissera jamais les bras , animé par une force de résilience extraordinaire il sera arrêté , broyé , torturé , brisé par le nouveau régime totalitaire sans jamais oublier l'aguilaire , un arbre planté à sa naissance ...
Ce livre foisonnant , somptueux , poétique —— difficile à lire lors des passages qui relatent la cruauté et les années de souffrance ——-de cet homme modeste et digne —-nous conte une partie instructive de l'Histoire de la Chine au 20 ° siècle ,ses errances , ses horreurs, sa cruauté aveugle , ses brimades monstrueuses , ses raffinements liés à la torture, à l'ignorance et au fanatisme ....
Les expressions sanglantes côtoient des passages de la bible, certains moments sont lumineux, lyriques , inspirés , poétiques, l'écriture est visuelle, ample et cinématographique.
L'auteur est un fabuleux conteur, cette vaste fresque romanesque ——biographie romancée ——tourmentée et inoubliable questionne sur la foi en la vie, la capacité de résilience , la sensibilité et la transformation par la religion .
Comme « Balzac et la Petite Tailleuse chinoise » ce roman ne se raconte pas ...
Il se lit ...
Je le conseille mais il faut prendre son temps, il ne se dévore pas d’une traite .
Bien sûr , ce n’est que mon avis .

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berni_29
  14 septembre 2019
Étant agnostique, je suis venu vers ce roman autobiographique avec beaucoup de curiosité. L'Évangile selon Yong Sheng est bien un roman, avec toute sa richesse romanesque qui le caractérise, mais il puise aussi dans l'histoire, la petite et la Grande Histoire de la Chine, fascinante et terrible si l'on mesure à quel point cette histoire a pesé de manière effroyable sur le destin de millions de femmes et d'hommes. La petite histoire concerne plus précisément l'itinéraire de vie du grand-père de l'auteur, Dai Sijie. C'est donc une sorte de biographie teintée de romanesque.
Ce récit s'ouvre sur l'enfance de Yong Sheng. Nous sommes dans un village proche de la mer, en Chine méridionale, au début du vingtième siècle.
Les premières pages m'ont enchanté, je me suis pris de tendresse pour un vol de colombes, découvrant ainsi que dans ce lieu, une sorte de coutume incitait à accrocher des sifflets aux rémiges de ces oiseaux, faisant entendre de merveilleuses sonorités, parfois d'une harmonie étonnante, au-dessus des maisons. J'ai trouvé ces premières pages d'une grâce inouïe.
Placé en pension chez un pasteur américain, le jeune Yong Sheng va suivre l'enseignement de sa fille Mary, institutrice de l'école chrétienne. C'est elle qui fait naître la vocation du garçon. Elle éveille aussi en lui une forme de désir féminin qui ne le quittera jamais, la vision des seins de cette femme, un jour par hasard, ne le quittera jamais.
Yong Sheng, tout en fabriquant des sifflets comme son père, décide de devenir le premier pasteur chinois de la ville.
Au début du récit, viennent se mêler quelques superstitions ancestrales, notamment ce merveilleux épisode où l'enfant qu'est Yong Sheng doit être opéré d'une ectopie testiculaire. La grand-mère vient alors, comme une furie, faire irruption dans la salle d'opération, invoquant les dieux, pensant qu'il s'agit d'une circoncision, empêchant l'opération et déterminée à tuer le chirurgien. C'est drôle.
Plus tard, moins drôle, nous découvrons les méfaits de l'avènement et de l'installation de la République Populaire de Chine en 1949 et bien après, la révolution culturelle...
Rien n'est épargné dans l'humain lorsqu'une dictature s'installe à jamais, pose ses jalons comme une pieuvre. Ceux qui étaient amis hier, peuvent devenir ennemis demain. Et pourquoi pas dès aujourd'hui...
Yong Sheng vivra ces événements quasiment au même endroit, d'où il est issu. Il y a presque comme une forme d'unité de lieu dans ce récit. Tour à tour, sa maison devient un lieu religieux, une sorte d'église, puis un lieu d'accueil pour les orphelins au départ des congrégations américaines en 1942. Lors de la révolution culturelle l'endroit devient un pressoir à huile.
Yong Sheng traverse ce temps avec sérénité et douleur et nous avec lui. Il affronte avec sa seule bonté la cruauté du régime communiste qui va broyer l'âme de la Chine. Un arbre semble suivre cela dans sa courbure et sa capacité de résilience, survivre aux vicissitudes, c'est un aguilaire. Il vit, meurt, renaît de manière improbable.
J'ai beaucoup aimé l'art de conter de l'auteur, entre poésie et douleur. C'est une des grandes beautés de ce roman. Même si parfois certaines longueurs existent, il faut patienter car le récit mérite ce temps qu'on peut accorder à sa lecture, être appréhendé par cette patience pas à pas jusqu'à sa fin. Vraiment jusqu'à sa fin ultime, jusqu'à la note finale, puisqu'il est question du magnifique concerto pour violon en ré majeur de Beethoven qui s'invite à la toute fin du récit.
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Josephine2
  17 mai 2019
Ce livre nous parle de la propre vie du grand père de Dai Sijie. Il est retourné en Chine, pour marcher dans les pas de son grand-père, Yong Sheng. Sa vie était loin d'être un « long fleuve tranquille ». Marié très jeune pour que sa grand-mère vive, sans son avis, il va découvrir la vie du pasteur Gu qui l'a pris sous sa coupe, dans un premier temps, pour que sa fille puisse l'instruire et dans un deuxième temps, pour s'occuper de ses colombes. D'autant plus, que Yong Sheng a un talent qu'il tient de son père, fabriquant de sifflets pour ces oiseaux. Sifflets qui coûtent très chers et sont très recherchés par les connaisseurs.
Il va vouloir se convertir et devenir Pasteur. Ce qui lui engendrera pas mal de déboire au cours de sa vie, surtout lors des révolutions en Chine qui engendreront bien des drames. Mais jamais il ne baissera les bras. Il sera force de résilience et son nerf de guerre restera un arbre planté à sa naissance, un aguilaire, dont il tirera la force pour tenir bon.
C'est un livre foisonnant, qui relate la vie d'un homme sous la plume de son petit-fils, Dai Sijie, superbe conteur.
A lire ! Je remercie d'ailleurs Jérôme GARCIN, car c'est en écoutant son émission « le masque et la plume » que j'ai découvert ce livre.
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Nuageuse
  08 mars 2019
C'est en écoutant le Masque et la Plume qui m'a donné envie de lire ce somptueux roman. Oui, c'est un coup de coeur.
L'Évangile selon Yong Shen parle de son grand-père qui est devenu le premier pasteur chinois de Putian, de manière romancée : de la transformation d'un homme par la religion mais pas que...
Ce roman est lumineux, rempli d'émerveillement ; même les moments sombres gardent leur poésie: j'ai versé de nombreuses larmes.
Dai Sijie a une écriture cinématographique qui permet de tout visualiser et c'est agréable.
J'ai beaucoup aimé les sifflets attachés aux "ramiges des colombes" qui forment un joli concert.
Merci donc aux chroniqueurs du Masque et à Jérôme Garcin pour cette belle découverte et à Dai Sijie pour ne pas oublier l'horreur vécue sous le communisme de Mao si vous êtes qualifié d' "ennemi du peuple" .
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critiques presse (4)
LaPresse   27 juin 2019
Écrit en français, ce roman poétique et merveilleux, qui comprend toutefois quelques longueurs, est le chemin christique d'un homme bon et vertueux broyé par la cruauté de la révolution chinoise.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaCroix   08 mars 2019
Inspiré par son grand-père, Dai Sijie compose, en français, une vaste fresque romanesque et embrasse l’histoire mouvementée de l’empire du Milieu.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LaLibreBelgique   05 mars 2019
Après huit ans de silence, Dai Sijie revient avec un roman terrible et lumineux. Il raconte la vie de son grand-père, un des premiers pasteurs chinois.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   14 février 2019
L'auteur de Balzac et la petite tailleuse chinoise raconte dans son nouveau roman l'histoire extraordinaire de son grand-père, chrétien et pasteur dans le Fujian.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   15 mai 2019
Le colombier était un riche ouvrage, dont les poutres du toit et les colonnes étaient sculptées et peintes. Chaque compartiment était pourvu d’une porte coulissante rouge corail, le sol était recouvert d’un épais tapis de gazon, et les murs d’une quantité de petits miroirs. À la tombée de la nuit, quand les compartiments s’allumaient, le reflet des colombes, multiplié à l’infini par les miroirs éclairés, les jeux d’ombre et de lumière féeriques sur les colonnes et les poutres sculptées, donnaient l’impression que le bâtiment, échappant à la gravité de ce bas monde, allait s’envoler dans le ciel, et disparaître avec tous ses locataires. 
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palamedepalamede   29 mai 2019
Le forgeron lui demanda pourquoi il avait besoin d’une arme. Il lui répondit qu’il comptait se rendre dans les montagnes du Guizhou, où les terres cultivables étaient des plantations d’opium et où les paysans étaient armés. Quand venait la morte-saison, et qu’ils n’avaient plus grand-chose à faire dans les champs, ils se regroupaient pour attaquer en bandes les voyageurs qui s’aventuraient dans leur contrée. Cette situation étant connue, il parut naturel au forgeron qu’il voulût un fusil pour assurer sa propre sécurité. 
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palamedepalamede   26 mai 2019
Le 7 décembre 1941 ... le Japon et les États-Unis étaient entrés en guerre, et les missionnaires américains (soit quatre-vingt-dix pour cent des missionnaires présents à Putian) et leurs familles s’étaient enfuis, sans attendre l’ordre officiel d’évacuation. Le 10 décembre ... ils étaient montés dans deux camions bâchés à la toile déchirée ... Trois jours plus tard, à Shanghai, ils avaient embarqué sur un paquebot, à destination des États-Unis. En résumé, bien que l’armée nippone n’eût jamais mis le pied à Putian ... et bien que les habitants de Putian eussent échappé à l’occupation, les églises, hôpitaux, organisations caritatives – y compris les orphelinats – de toute la région s’étaient vus, en une nuit, privés de leurs ressources financières, et avaient sombré dans l’anarchie.
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palamedepalamede   29 mai 2019
Lorsqu’il se réveilla, il ne portait plus le haut cornet d’infamie en papier, mais une plaque de ciment de dix kilos était attachée à son cou.
Au-dessus était collée une feuille, avec ces inscriptions :
Nom du chien : Yong Sheng.
Âge : 55 ans.
Statut : Pasteur contre-révolutionnaire.
Lieu de naissance : Putian.
Adresse : Pressoir à huile de Jiangkou.
Principal crime : Tromperie aggravée. Reproduction secrète de la Bible, avec le sang de sa langue.
Les masses révolutionnaires qui le croisent doivent le molester. 
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palamedepalamede   27 mai 2019
Rhinocéros ! Le mot avait une connotation virile, qui parlait tout de suite aux hommes. Quel Chinois n’avait-il pas désiré goûter à la poudre de corne de rhinocéros ? (Cette corne, ils ne la connaissaient qu’en poudre, et seuls quelques chanceux avaient eu l’heur d’en consommer.) C’était le remède le plus cher de toute la pharmacopée chinoise (un gramme valait bien plus qu’un gramme d’or). Pour la première fois, ils découvraient à quoi ressemblait cette précieuse corne, dressée sur le nez du puissant animal, entre ses deux yeux saillants, sombres comme de la boue. 
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Videos de Dai Sijie (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dai Sijie
Entretien avec Dai Sijie à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com le 15 avril 2019. Découvrez les mots choisis par l'auteur pour évoquer son roman 'L'Évangile selon Yong Sheng', paru chez Gallimard. Retrouvez toutes les critiques de 'L'Évangile selon Yong Sheng' sur Babelio : https://www.babelio.com/livres/Sijie-Lvangile-selon-Yong-Sheng/1116403
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