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Critiques sur Trois vies chinoises (17)
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mariech
  02 février 2013
Première recontre avec l'auteur , j'en avais entendu parler pour ' Balzac et la petite tailleuse chinoise ' qu'il m'a donné envie de lire .
Après Mo Yan , me voilà en présence de littérature chinoise et comme toujours j'ai été contente d'être dépaysée , pas ravie car c'est un livre coup de poing , dont je suis sortie sonnée mais quand même contente de l'avoir lu .
Dès les premières pages , nous avons pitié de ce gamin qui a une maladie génétique rare ' la progéria ' , le voilà vendu par sa tante ' la muette ' contre quelques billets , elle s'enrichit un peu et espère que son neveu va connaître une vie meilleure .
Bien sûr c'est sans compter sur le machiavélisme des hommes , mais aussi sur un régime qui condamne ses vieillards , anciennement adulés à la peine de mort .
Il y aussi la jeune adolescente dont la mère est atteinte d'un cancer pour avoir travaillé au recyclage de métaux , elle perd la mémoire à cause d'un intoxication au plomb , elle mêle tendresse et affreux soupçon envers son père .
Le père qui n'a aucune ambition sauf celle de faire de sa fille unique une grande patineuse et qui consacrera tout pour cette passion , mais ici aussi ,.
Enfin la troisième histoire est à la fois sublime et horrible , c'est la le talent de l'auteur , il distille espoir et désepoir à doses égales , sans trancher pour un côté ou l'autre , il suggère de façon subtile . L'auteur parle de catastrophes écologiques , d'eaux polluées où les poissons meurent , où les cultures sont empoisonnées et donnent des fruits et légumes impropres à la consommation , où l'eau 'pure' doit être achetée à grand prix , où les gens perdent leurs cheveux , souffrent de daltonisme , d'une industrialisation massive qui déshumanise .
Voilà une lecture qui secoue mais qui a un charme , une écriture qui hante , qui creuse au plus profond de nous ,mais qui captive aussi , en tout cas un grand talent , Un livre qui ne laisse pas indifférent .
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Moan
  14 avril 2013
Ces trois histoires se passent toutes dans l'île de la Noblesse en Chine, où arrivent tous les déchets électroniques de la planète.

Dans la première, la muette vit et vend des tofus avec son neveu, dans un conteneur abandonné à l'odeur de plastique brûlé qui atteste de sa "longue carrière dans le recyclage des déchets électroniques". Un jour, un assistant du directeur de la prison toute proche vient proposer à la muette d'échanger le garçon contre deux mallettes de billets...

Dans la seconde, Bogart est chargé de l'entretien d'un réservoir d'eau. Sa femme travaille à recycler les déchets et souhaite quitter ce lieu. Mais Bogart souhaite faire de sa fille une championne de patinage et rien de mieux pour l'entraînement que ce réservoir en hiver!

Dans la troisième, sur une enclume, une femme aidée par son fils cadet ,fabrique une chaîne qui servira à attacher un homme.

Très belle écriture pour des récits forts et noirs , très noirs!
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edwige31
  30 mars 2013
On ne ressort pas indemne de cette lecture. Il s'agit de 3 courtes nouvelles et quelle panorama de la vie chinoise ! C'est amer, la misère suinte et rend impossible toutes espoir d'avenir. Les situations auxquelles sont confrontés ces hommes et ces femmes nous apparaissent comme ceux d'un autre âge. La réalité de ce quotidien est évoquée avec beaucoup de délicatesse par l'auteur mais avec une précision implacable.

J'ai trouvé la première "Ho Chi Minh" particulièrement poignante : quelle cruauté de sacrifier cet enfant déjà particulièrement touché par le destin. le poids de l'argent, du pouvoir, la corruption du système politique chinois permettent cet incroyable échange. La beauté du texte provient certainement de la légèreté, qui est instillée par la vision naïve et positive de l'enfant de son aventure : il espère un avenir, que sa différence lui permettra de s'extirper de sa misère. Et pourtant, il est utilisé comme un objet pour sauver un vieillard. Quelle ironie !
Les deux autres nouvelles "Le Bogart du réservoir d'eau" et " le cuirassé qui passe à travers la montagne" sont un plaidoyer contre les conditions de travail désastreuses de beaucoup de chinois. L'exploitation des substances toxiques les conduit inexorablement à être atteint de démence. Les répercussions sont leur vies de familles sont désastreuses et particulièrement poignantes : le sacrifice d'une mère est magnifiquement évoqué par la comparaison entre le combat d'une maman pangolin et la mère du personnage principale. le style est magnifique et étonnamment pleine de poésie malgré les histoires très dures. L'auteur malgré la dureté des conditions parvient à faire émerger et transfiguré l'amour d'une mère, d'un père, d'un frère, d'une épouse... C'est vraiment touchant.

C'est un vrai coup de coeur et la découverte d'un auteur qui évoque avec beaucoup de délicatesse et poésie la détresse du petit peuple chinois.
Lien : http://toshoedwige.blogspot...
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Lunoelle3
  13 octobre 2011
Une écriture fluide et dangereuse qui nous emmène au plus profond de l'horreur....

On comprend la noirceur et le noeud de chacune histoire, mais l'auteur nous force de sa plume à continuer jusqu'à la fin, jusqu'au bout du chemin les trois histoires de vies dans ce livre...

Une pause est a faire entre chaque histoire si vous voulez pouvoir en avaler une autre! Exemple de folies de l'Homme ou stratagème noir magnifiquement écrits!

A lire si vous adorez les nouvelles dures comme la pierre, mais pourtant si fascinantes....
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joedi
  20 septembre 2011
Il m'est très difficile d'écrire une critique sur ces trois vies chinoises mais je tente l'exercice.
Personnellement, en général, j'aime l'écriture "chinoise", cette "autre façon" de penser que la nôtre, occidentaux. Dai Sijie est un auteur que je qualifierai de poète, il possède une qualité d'écriture qui lui permet d'évoquer des vies, dans des lieux tels que ceux de ce roman, une île de la Noblesse qui est en fait, une décharge de recyclage des déchets électroniques.
Dans ces lieux toxiques, se déroulent trois vies chinoises, l'une après l'autre, et chacune unique dans un imaginaire cru et poétique.
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liratouva2
  20 mai 2011
Dai Sijie est l'auteur de «Balzac et la petite tailleuse chinoise», un livre que j'ai bien aimé. Celui-ci aussi d'ailleurs qui est divisé en trois parties dont chacune est une histoire avec de nouveaux personnages vivant sans se connaître au même endroit sur l'île de la Noblesse, grand dépotoir de tous les déchets électriques du pays. Leur destin est intimement lié aux effets maléfiques de ce lieu poubelle symbolique de la négligence du monde industriel actuel.

"Ho Chi Minh" est le surnom donné à un vieil enfant d'une dizaine d'années qui en paraît plus de soixante dix A cause de sa maladie, un directeur de prison l'achète à sa tante pour le former à sa façon dans un but bien précis des plus odieux. L'enfant, lui, est heureux croyant qu'on le prépare pour l'exposer dans un cirque. Il se sent utile.

"Le Bogart du Réservoir d'eau" raconte le désarroi d'une jeune fille quand elle découvre sous la glace où elle s'entraîne, les os de sa mère disparue récemment. Elle accuse son père. A-t-elle raison ?

La troisième histoire : "Le cuirassé qui passe à travers les montagnes" est la plus horrible, à mon avis. Parce que son fils est dangereux, une mère l'attache, des années durant, dans un puits, à l'aide d'une grosse chaîne qu'elle a confectionnée elle-même. de retour chez lui quelque temps plus tard, le fils cadet est bien étonné d'une situation tout- à fait inattendue et terrifiante.

J'admire l'auteur qui sait en peu de pages imposer trois portraits aussi inoubliables, trois vies des plus déconcertantes. La fin des récits, révélée en quelques lignes, est particulièrement atroce.
Ce livre a été le coup de coeur des libraires du mois de mars.
Lien : http://liratouva2.blogspot.c..
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myriampele
  14 mars 2013
ce livre contient trois nouvelles dont chacune, à elle seule, pourrait faire l'objet d'un film! C'est superbement écrit et totalement terrifiant! L'île de la Noblesse, théâtre de ces trois "vies chinoises" est en effet le réceptacle de déchets électroniques dont les effets sont épouvantables. Mais Dai Sitjie sait nous emporter avec des mots choisis dans un univers poétique et sensible: impossible après avoir lu ce livre de rester indifférent aux revers de l'ultra progrès.
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Madimado
  09 février 2012
Trois contes plutôt réussis. les histoires sont poignantes. Bien qu'elles aient le même cadre, chacune a son univers propre. Dommage qu'il manque à l'écriture un peu de verve. Un bon livre tout de même.
Lien : http://madimado.com/2012/02/..
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JimmyCz
  04 mars 2014
Recueil de trois nouvelles très agréable à lire, avec un style détaché, contemplatif de ce qui peut être le plus laid chez l'homme, la maladie, qui est ce qu'il subit, et la monstruosité, ce qu'il peut créer.
Ponctué de descriptions riches et fascinantes des paysages de l'île de la noblesse, lieu qui réunit les personnages des trois nouvelles, amas de déchets électroniques qui illustre une belle critique écologique.
Respect des hommes, respect de la nature, sont les points communs entre les trois récits.
Ma préférée fut la deuxième car elle se rapproche fort d'un vécu récent, plus longue elle est aussi la plus détaillée.
La première, un peu rocambolesque ne m'a pas touché et je m'en suis vite lassé malgré le fait qu'elle soit succincte.
La dernière m'a beaucoup intéressé mais trop courte j'en suis sorti frustré.

Un livre attachant mais pas totalement abouti.
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janemar
  29 janvier 2012
L'Ile de la Noblesse. Un des cimetières mondiaux des déchets de l'humanité. Recyclage des téléviseurs, ordinateurs. Cercueil des ouvriers du recyclage. Telle est cette île de la Noblesse. En Chine, quelque part sur une île. Trois vies, trois morts parmi tant d'autres qui gêneront notre conscience. Un gamin de 13 ans rongé par une maladie rare acheté par un directeur de prison. Parce que bien sûr l'île est le lieu privilégié des prisons…. Une jeune fille dont le père est gardien d'un réservoir d'eau (polluée elle aussi), est convaincue de sa culpabilité. Et enfin une ancienne forgeronne ranime son fourneau pour fabriquer une chaîne qui attachera son fou de fils à un arbre. C'est « l'Ile de la Noblesse »

Et toute ces horreurs, décrites avec un style poétique, telle une plume d'oie dessinant les méandres de la calligraphie chinoise. L'auteur de « Balzac et la petite tailleuse chinoise » nous ravit de son talent, mais nous effraie tout de même à la perspective de ces « trois vies chinoises ».
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