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EAN : 9791032908464
L'Observatoire (19/08/2020)
4.05/5   41 notes
Résumé :

Aline Sitoé Diatta naît en 1920, au beau milieu des forêts luxuriantes de la Casamance, dans le sud du Sénégal. Enfant déterminée, puis adolescente indépendante, solitaire et douce, elle quitte la brousse pour se rendre à Dakar afin d'y travailler comme gouvernante dans une famille de colons. C'est là qu'elle entend, pour la première fois, des voix qui lui ordonnent de rentrer chez elle pour libérer son peuple. Prônant la désobéissance civile et la non-viole... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Kirzy
  18 octobre 2020
°°° rentrée littéraire 2020 # 33 °°°
D'abord, il y a cette photographie incroyable qui explose de la couverture : une jeune femme noire, torse nu, port de tête insolent, pipe à la bouche, gri-gri autour du bras, si féminine, presque féministe avant l'heure. C'est celle d'Aline Sitoé Diatta. Quasi inconnue en France et Europe, une icône de la résistance à la colonisation au Sénégal dans les pas non-violents d'un Gandhi.
Dès les premières pages, on sent l'investissement de l'auteure à faire voler en éclat cette invisibilisation d'une figure majeure de l'histoire sénégalaise, on sent sa volonté à faire connaître le combat de cette jeune femme, née en 1920, un combat qui résonne aujourd'hui. Ce devoir de mémoire, elle le revendique aussi comme un hommage à son père, docteur en sociologie et diplomate à l'ONU, appartenant à l'ethnie diola de Casamance, comme Aline.
L'écriture de Karine Silla est immédiatement passionnée pour raconter le parcours d'Aline dont le destin relève d'un romanesque fabuleux à décrire pour un écrivain : orpheline, docker à peine adolescente sur les quais de Ziguinchor, bonne dans une famille de colons français, entendant des voix comme Jeanne d'Arc l'enjoignant à mener la lutte contre le colonialisme, sacrée reine diola à 19 ans avant de mourir à 25 dans dans les geôles françaises. Les plus beaux passages du livre sont ceux qui la font parler à la 1ère personne, en empathie totale avec la magnétique Aline. Ils sont d'une poésie et d'un lyrisme rare et qui font aimer cette guerrière pacifique à l'énergie peu commune qui entraina avec elle tout un peuple et fit trembler l'ordre établi.
Tout cela pourrait aisément basculer l'hagiographie, ça le fait sans doute parfois mais Karine Silla a l'intelligence d'ensorceler son récit en le transformant en légende universelle, à l'image du titre qui sonne comme un récit mythique. Surtout, elle ne verse jamais dans le manichéisme primaire, donnant largement la parole aux colons pour questionner le colonialisme dans une palette très large : Jean, l'intellectuel anticolonialiste ; Martin, arrivé au Sénégal dans l'idée de civiliser des sauvages et qui, tombé amoureux du pays, voit sa conception de la colonisation évoluer ; l'épouse de Jean pleine de peur et de préjugés ; le gouverneur Buisson brutal et obtus.
Et le cadre historique achève de rendre passionnant ce roman. Car la lutte d'Aline se déroule en 1943, en pleine Deuxième guerre mondiale : les colonies deviennent un enjeu entre le gouvernement de Vichy et la France libre du général De Gaulle qui tenta de prendre Dakar, sans que l'enrôlement forcé des jeunes Sénégalais ne cesse avec des promesses d'émancipation qui ne seront pas tenues.
Très inspiré et inspirant.
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Cannetille
  20 décembre 2020
Aline Sitoé Diatta naît en 1920 en Casamance, cette région du sud du Sénégal majoritairement peuplée par les Diolas, de tout temps réputés pour leur attachement à la liberté et pour leur refus de toute domination étrangère. Menée par des voix intérieures lui intimant de libérer son pays de la colonisation, prônant la désobéissance civile non violente, Aline est consacrée reine par son peuple et devient l'icône d'une résistance que l'administration française de 1942, affaiblie par la seconde guerre mondiale, décide aussitôt de mater. Arrêtée et déportée, la jeune femme meurt à vingt-quatre ans, devenant à jamais l'héroïne de la résistance sénégalaise à la colonisation.

Franco-sénégalaise, Karine Silla rend un splendide hommage à cette femme d'exception, sorte de version africaine de Jeanne d'Arc et de Gandhi, qui reste totalement méconnue en dehors du Sénégal. Ce roman biographique nous fait découvrir son étonnant portrait, en même temps qu'un grand pan d'histoire du Sénégal, depuis l'arrivée des premiers Portugais puis le début de la colonisation française entre les 15ème et 17ème siècles, jusqu'à la seconde guerre mondiale. On y assiste à la bataille de Dakar, qui oppose De Gaulle aux Alliés et à la France de Vichy en 1940. On y voit partir pour la France des dizaines de milliers d'engagés, pendant que la discrimination raciale du régime pétainiste, les confiscations et l'arrêt des importations françaises ne cessent de dégrader les conditions de vie des autochtones.

Au travers de personnages travaillés en profondeur, notamment l'ambivalent Martin, amené peu à peu à reconsidérer les convictions héritées de son éducation occidentale, s'expriment tour à tour les points de vue des Sénégalais, de plus en plus pressurés et réduits à la famine alors que l'arachide est venue remplacer le riz des cultures vivrières, et celui des colons qui, majoritairement abrités derrière leurs préjugés de supériorité blanche, convaincus d'apporter la « civilisation » aux « sauvages », mettent tout en place pour asseoir leur pouvoir sur ce territoire et en exploiter les ressources au seul bénéfice de la métropole.

Un puissant souffle romanesque traverse cette fresque aussi vivante que passionnante qui, en ressuscitant une figure historique injustement oubliée hors de son pays, nous rappelle avec réalisme les méfaits de la colonisation en Afrique. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Zakuro
  22 octobre 2020
Les bords du fleuve de la Casamance, la mangrove et les rizières, c'est le pays Diola. C'est aussi le berceau de naissance d'Aline Sitoé Diatta née en 1920 dont je ne savais rien avant de lire l'hommage vibrant que lui consacre Karine Silla dans ce très beau roman.
Aline Sitoé Diata aurait eu 100 ans cette année où l'on célèbre aussi les 60 ans de l'indépendance du Sénégal.
Elue prophetesse et reine parce qu'elle a su faire venir la pluie par ses prières dans son village de Cabrousse, Aline Sitoé Diatta devient la porte parole légitime, combattante non violente et résistante aux lois coloniales françaises de l'époque qui appauvrissent et humilient son peuple.
Le roman commence avec un souffle épique que j'ai beaucoup aimé à la manière d'un roman de Laurent Gaudé faisant cheminer ensemble le débarquement des premiers colons portugais au 19 ième siècle et la danse rituelle d'un village Diola avant la chasse.
Dans ces premières pages, la nature est peinte de manière luxuriante et magnifique, elle n'est pas encore asservie par l'huile de caoutchouc.
La figure d'Aline Sitoé Diatta arrive dans le roman par petites touches dans le contexte historique du colonialisme qui écrase tout. J'ai vu plutôt comme personnage principal dans ce roman la machine monstrueuse d' un système institutionnel qui s'installait et prenait pouvoir en édictant des lois raciales comme le code de l'indigénat ou nommait des chefs locaux comme Benjamin Diatta, le cousin d'Aline pour assurer la paix sociale.
Aline Sitoé Diatta apparaît pleinement dans sa personne quand le « je »est utilisé mais là aussi, la jeune femme reste mystérieuse dans ses sentiments et ses émotions. Aline Sitoé Diatta est vivante par tout ce qu'elle endure de terrible, son travail forcené de docker puis de bonne dans la maison du colon français Martin dont on suit également une partie de sa vie depuis son départ de Bordeaux.
Jusqu'à son sacrifice final.
Karine Silla, écrivaine talentueuse m'a ouvert les yeux sur cette figure féminine résistante et pacifiste qui ne s'effacera pas de ma mémoire quand je longerai lors d'une visite à Paris le musée de la Porte Dorée.
Je remercie infiniment Babelio et les éditions de l'Observatoire pour ce moment de lecture instructif et beau.
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Annette55
  09 juillet 2021
Mais quel livre !
À la fois légende universelle , histoire et musique d'un pays , résistance aux colonisateurs, cadre historique , au coeur de la deuxième guerre mondiale qui met en lumière les rituels , coutumes , offrandes , sorciers, bénédiction des ancêtres mais aussi et surtout le destin de cette femme née en 1920, morte en 1944 , dans les geôles des colonisateurs français , Aline , courageuse et déterminée…
Elle quitte son village de Cabroussa pour travailler comme docker à Zinguichor puis comme gouvernante chez une famille de colons à Dakar .
Puis elle rentre chez elle pour libérer son peuple .
Pendant deux ans , elle sillonne le Sénégal , appelant les Diolas à la résistance contre le colonisateur, les sommant de ne pas payer l'impôt qui les aliène ….
C'est une histoire de résistance aux références historiques et sociologiques parfaitement étayées avec la figure de la France Libre et du général De Gaulle.
Un livre passionnant , cela ressemble aussi à une légende ensorcelante tel le titre et la photo de couverture qui sonnent comme autant de références mythiques et universelles : Aline devient Reine …
«  Les gars de son village la reconnaissent à peine , son nouveau visage se dessine en celui d'une femme volontaire et déterminée qu'on regarde et qu'on dévisage .Qui est cette enfant touchée par la main de Dieu ?
La chrysalide est devenue papillon …. »
Le récit donne aussi la parole aux amis tel Diacomoune , à Jean, anti colonialiste et bienveillant , ouvert , et aux colonisateurs.
Je n'ai pas de mots assez forts pour décrire les émotions qui m'ont envahies à la lecture de ce chant à la terre , aux hommes, aux ancêtres , à la nature ,à la pluie , aux offrandes, aux rituels , aux combattants et à leur courage ,à la force singulière de cette guerrière pacifique qui croyait aveuglément à la victoire de son peuple , à la résolution de cette adolescente au combat !
La plume est infiniment belle, l'écriture est dense , riche, chaque mot , chaque phrase sont bien travaillés .
Un ouvrage fort , marquant ! À relire plus tard , d'ailleurs …
Un récit biographique magistral, envoûtant et touffu , inspirant , dont on sort ébloui !
Merci à Marie - Laure !
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bidule62
  03 janvier 2021
Petite déception pour moi....
Mon mari a choisi ce livre en lisant le 4e de couverture. Pour le coup si le livre avait été en adéquation avec ce 4e, il aurait été parfait !
Aline Diatta née en Casamance (française) en 1920, morte dans une prison des colonies en 1944. Inconnue en France. Une courte vie qui l'associe à Jeanne d'Arc (pour les voix, la féminité, la mort trop tôt sous torture...) et Gandhi. Gandhi ? Oui oui.... de façon incroyable cette jeune femme va mettre en place une lutte pacifique, une désobéissance civile contre les colons français. Elle va encourager le refus de la conscription des hommes (on est pendant la 2e Guerre Mondiale), le refus de la culture de l'arachide (pour la France) au profit au retour des cultures vivrières, le refus du paiement de l'impôt, du travail forcé.... Un destin bref, incroyable qui mériterait d'être aussi connu que le Mahatma ! Et pourtant son nom n'a pas franchi les frontières de son Sénégal natal....
Ce livre aurait pu corriger cette erreur.
Mais voilà.... C'est un peu raté.
On commence par la colonisation. Certes une piqûre de rappel c'est pas mal.
Naissance d'Aline, ça y est on est dans le sujet ! Tout ça pour partir à Bordeaux rencontrer Martin, petit garçon enthousiasmé par les récits d'Afrique de son grand père. Et Aline dans tout ça ? Rien.... Ensuite Martin rencontre Marguerite, ils s'aiment se marient... Quid d'Aline ? Toujours rien.... Puis c'est l'installation de Martin en Casamance, ses lettres énamourées à sa bien aimée restée en France.... Mince alors et Aline ? Je vous passe le récit de la Débâcle, de l'arrivée de Pétain, de de Gaulle à Londres... Bref un peu hors sujet à mon goût.....
En fait son histoire commence vraiment vers la page 200 (sur 300). le rythme est enfin le bon à la fin, lors du procès. Là on touche enfin l'épique, l'incroyable d'une telle destinée. Mais à ce moment il ne reste qu'une poignée de pages.
Je pense qu'il aurait fallu plus de souffle dans l'écriture et se centrer sur cette jeune fille, sa vision des choses, sa philosophie, trop légèrement abordées pour moi. Elle a qd mm réussi l'exploit d'accorder musulmans, catholiques et animistes !!! Elle a été la première étape qui a rendu envisageable l'indépendance du Sénégal !
Un "dommage" pour moi.......
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   20 décembre 2020
Les envahisseurs ne se sentent pas responsables, ils n’étaient pas les premiers à faire le mal. Au contraire, ils ont voulu réparer en apportant leur civilisation incontestablement supérieure. C’est le crime organisé. La perversion narcissique. La douleur est au fond de chacun. L’Afrique est blessée. L’homme a ça de commun avec l’animal, il forge certains traits de son caractère sur des blessures initiales. La douleur ne disparaît jamais, elle s’apprivoise. Les enfants des Africains qui ont traversé les mers, enchaînés dans les cales des bateaux négriers, et ceux qui les ont vus partir, pleurent encore, en Afrique, dans les îles aux paysages paradisiaques, dans les banlieues françaises, et à Charlottesville.
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miriammiriam   13 octobre 2020
’engage mon peuple à désobéir. Nous sommes plus nombreux que les colons. Engageons-nous ensemble dans
la résistance. Nous avons été réduits à l’obéissance par la terreur… il est toujours temps de relever la tête. Nous
sommes ici chez nous, nous n’avons pas volé cette terre, elle appartient à nos anciens. Ils n’ont pas voulu
partager, nous la reprendrons. Nous n’avons aucune raison de trembler… le droit de vivre libre est le droit de
tous

…..

Je demande l’abandon progressif de la culture de l’arachide qui détruit les forêts et les bois sacrés et favorise
l’avancée du désert, responsable de la déforestation. L’arachide, fastidieuse et mal payée, nourriture de l’esclave,
cultivée par des esclaves pour des esclaves.
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CannetilleCannetille   20 décembre 2020
C’est rageant de vouloir aider des gens qui préfèrent se laisser mourir plutôt que d’accepter la main qu’on leur tend. Je m’efforce à leur répéter : aidez-vous, et le ciel vous aidera ! Il est si difficile de faire comprendre au nègre l’importance du travail. Il est désespérément lent, un rien le distrait, une mouche qui passe, un âne qui braille, une feuille qui s’envole, le bruit d’un tam-tam lui donne immédiatement un goût de fête et une envie de rire, c’est vraiment pénible. Aucune discipline, aucune régularité, parfois ce n’est pas méchant, comme des grands enfants qui s’amusent au fond de la classe au lieu d’écouter le professeur. On ne peut jamais baisser notre vigilance. Tout est prétexte au repos. Il essaie même de nous faire croire qu’il supporte moins la chaleur que nous pour pouvoir justifier son besoin de sieste. Tout le monde sait que le travail, même pour nous Européens, n’est pas une fin en soi. Personne ne conteste le plaisir de l’oisiveté, mais on s’active par ambition. Toujours désireux d’une vie meilleure, pour nous et pour celle de notre société. On travaille pour satisfaire ses besoins et en proportion de ces derniers. Or l’indigène, qui n’est pas toujours de mauvaise foi, voit la vie en petit. Il est incapable de se projeter ailleurs et ses besoins sont limités. Alors pourquoi travailler ? L’ambition nous devons l’avoir pour lui et lui imposer le travail forcé pour l’aider à l’emmener vers une évolution. Un jour, il verra les résultats et ne pourra que nous être redevable. C’est comme avec les enfants, si notre père ne nous avait pas forcé à prendre telle ou telle direction nous serions très certainement des ratés. Pour l’indigène africain tout n’est peut-être pas perdu parce que nous avons tout de même remarqué qu’il est sensible au profit. La cueillette du caoutchouc qui est bien rémunérée trouve main-d’œuvre plus facilement. C’est étonnant de voir aussi le progrès rapide de certaines tribus arriérées que nous avons, tant bien que mal, sauvées de l’esclavage. Les plus malins ont su profiter du système et sont devenus marchands, boutiquiers, commerçants, on voit même poindre des salons de coiffure ! Certains occupent des hautes situations dans l’administration et revêtent avec fierté un costume tout à fait respectable. Il ne faut pas oublier que c’est cette même génération d’hommes, ceux qu’on voit porter le chapeau haut de forme, qui sont nés dans la sauvagerie ! Je dois avouer que rien n’est plus grisant que le progrès et qu’au nom de la civilisation tout doit être permis.
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CannetilleCannetille   20 décembre 2020
Commerce, christianisme et civilisation. Ce sont les mots d’ordre. La mission. La grande ambition. L’Afrique est la nuit qu’il faut éclairer. Enraciner l’Église, encourager une autre idée du couple et de la famille. L’idée est simple, renoncer aux codes des familles traditionnelles africaines, la famille et le clan ne doivent pas intervenir et se mettre en travers du progrès. Sur le papier on vend aux Africains la culture de l’Occident, un pacte de mariage devant l’Église qui n’implique que deux personnes, l’idée d’un choix libre et réciproque de deux êtres qui se doivent fidélité jusqu’à ce que la mort les sépare. La France c’est la liberté d’aimer. L’ode aux sentiments, l’ivresse des poètes. Les indigènes animistes font les yeux rond, impossible d’intégrer, de taire les murmures incessants de leurs ancêtres : restez ensemble, méfiez-vous des travers de l’individu, dansez pour faire tomber la pluie, honorez vos arbres en guise d’églises. C’était à prévoir, il y a toujours les méfiants, les trouble-fête, ceux qui résistent au progrès. Mais la France entend, c’est un grand pays connu pour ses droits de l’Homme, elle n’est là que pour le mieux. Pour étouffer les rebellions, on accepte en guise de transition le code coranique plus proche des coutumes locales. À contre-cœur, on tolère l’islam pour les indigènes trop ancrés dans leur barbarie initiale. Certains sont ravis de cette nouvelle religion que leur offrent les Européens qui vient réveiller des fantasmes de plaisirs individuels et les détachent des contraintes du clan.
En s’agenouillant dans l’église, baptisant leurs nouveaux-nés et refusant l’autorité de leur chef de village, ils s’imaginent pouvoir échapper à toutes les obligations de l’indigénat. Ils n’ont rien compris, les indigènes restent des indigènes, il faut vite parer à ce malentendu, le christianisme ne doit surtout pas être l’arme de leur libération. L’égalité dans le système colonial est inenvisageable. Il faut que l’Église forme ses nouveaux chrétiens tout en gardant l’appui précieux des chefs conciliants pour pouvoir former les bons employés de l’administration sans perdre le pouvoir. Les nouveaux chrétiens lettrés doivent absolument rester dans le giron de la France pour qu’ils puissent la défendre avec acharnement. Ils doivent profondément comprendre et accepter la grandeur du projet colonial pour pouvoir la transmettre à leurs enfants.
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Annette55Annette55   09 juillet 2021
«  Ton absence, les mots que tu ne savais pas lire, ta mort passée inaperçue , le courage d’Aline me forcent à écrire pour retracer son histoire et celle de ses ancêtres pour que personne ne l’oublie .Pour que je ne t’oublie pas mon père .
J’aimerais te rendre les mots que tu ne savais pas écrire , les mots que je n’ai pas pu te dire » .
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