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EAN : 9782848654331
106 pages
Sarbacane (05/10/2011)
4.13/5   49 notes
Résumé :
Un témoignage rare, émouvant, sur un épisode de l’Histoire méconnu : la déportation des prisonniers de guerre dans des camps de travail.
Automne 1939, un village de la périphérie nantaise. Roger, maraîcher de 27 ans, reçoit son ordre de mobilisation. Hiver 2002, sur une autoroute entre La Rochelle et Nantes, Florent se rend au chevet de son grand-père Roger, qui vient d’être admis aux urgences...
Florent Silloray offre un peu d’éternité à un anonyme, s... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Ziliz
  28 septembre 2013
Florent Silloray n'ignorait pas que son grand-père avait été prisonnier en Allemagne de 1940 à 1945. Mais comme la plupart des descendants de ces détenus, il n'en savait guère davantage. C'est après le décès du vieil homme que l'auteur a pris connaissance de ses conditions de vie en Stalag, grâce à un carnet.
Silloray a travaillé cinq années pour transposer ces notes en image. Rien n'a été laissé au hasard, à l'approximation : il a effectué des recherches dans les archives, et un périple dans les pas de ce grand-père, de l'est de la France au stalag en question, situé à Leipzig.
Chaque dessin est minutieux, travaillé, riche de détails. Et le récit lui-même reste très fidèle aux écrits du jeune prisonnier d'alors : départ de Nantes, trajet en train puis à pied, travail harassant dans des mines à ciel ouvert, températures extrême, faim, rationnement et censure des échanges postaux avec la famille. Pas d'exécutions comme dans les camps nazis d'extermination, mais beaucoup de décès dûs à l'épuisement et aux épidémies.
Ce témoignage est émouvant et bien sûr instructif. Il m'a d'autant plus touchée que l'auteur restitue minutieusement les lieux - le quartier dans lequel je vis actuellement et Nantes. Et que mon grand-père, né la même année, est parti en même temps de la commune voisine.
Lors de l'entretien auquel j'ai assisté récemment, Silloray a expliqué que le tabou sur cet épisode de la seconde guerre mondiale est levé depuis peu, bien que ce sort ait été subi par 1,8 millions de jeunes Français nés au début du XXe siècle.
On peut supposer que suivront des témoignages de ce style sur la Guerre d'Algérie.
Sur le même sujet, "Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB" de Tardi, publié un an après cet album de Silloray. Jean-Luc Seigle évoque également ce sujet, et explique les raisons de ce long silence dans un superbe roman : 'En vieillissant, les hommes pleurent'.
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Radwan74
  03 avril 2022
Alors qu'il vient de perdre son grand-père, Florent Silloray tombe sur son carnet qui relate sa vie de soldat et de prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale. Il entreprend alors un voyage pour relier les écrits du carnet aux lieux où son grand-père est passé : lieux de détention, stalag, mine de travaux forcés…
Un témoignage intéressant d'une partie peu connue de la Seconde Guerre mondiale, les prisonniers français. Effectivement peu connue car, comme Roger, les prisonniers de guerre ont très peu parlés de leur période de détention en Allemagne. le carnet de Roger est donc un témoignage rare de ces soldats qui ont vécu la honte de la défaite, le désespoir et les conditions de vie très difficiles.
Même si les passages sur la recherche des indices du petit-fils sont utiles, ils coupent un peu trop le rythme de la BD et sont un peu trop importants par rapport aux parties sur la vie du grand-père en tant que prisonnier.
Le récit manque un peu d'émotion - à part l'introduction de l'album - et le témoignage reste assez succinct. Mais c'est normal, on ne peut aller au-delà de ce que le grand-père a raconter dans son carnet. Il reste un pan entier de sa vie en captivité dans l'oubli.
C'est tout de même un témoignage fort intéressant d'une partie peu connue de la Seconde Guerre mondiale.
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brigittelascombe
  04 décembre 2011
A la mort de son grand-père Roger, Florent Silloray a voulu à nouveau marcher à ses côtés en évoquant la période noire de prisonnier de guerre que ce dernier avait toujours tue.
Ce sont les carnets de son Papy,écrits au jour le jour à la mine de plomb que le jeune dessinateur a illustrés.
Véritable témoignage sur l'absurdité de la guerre qui transporte un simple maraicher pacifiste breton dans la tourmente du front, dans l'horreur du stalag IV B de Mühlberg puis dans la mine Louise de Domsdorf.
Peur au ventre sous les bombardements,conditions de vie déplorables, désespoir, les pages, au tracé réaliste, colorées d'un marron boueux rendent très bien l'ambiance morbide de ces cinq ans passés loin de sa famille et de sa fiancée.
Chassé croisé entre passé et présent, puisque Florent Silloray incorpore en teintes plus claires ses propres recherches, déplacements sur les lieux traversés jadis et sa rencontre avec un traducteur allemand sympathique.
"J'ai l'impression d'évoluer sur les pages d'un manuel d'histoire du lycée" affirme l'auteur au cours de son périple de fourmi laborieuse, mais c'est tout à fait ça: le carnet de Roger, document unique, est la traduction en images de tout un pan d'histoire que les jeunes mémoires doivent garder à l'esprit et bien sûr un hommage émouvant d'un petit fils à son grand père (héros bien malgré lui).
+ Lire la suite
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marietjf
  26 février 2021
Voilà un très bel album découvert en 2012 dont je tenais à parler.
On suit ici donc 2 parcours en parallèle : La guerre vue par les yeux de Roger et son carnet, la quête de Florent son petit-fils 63 ans plus tard sur les lieux de passage de son grand-père.
J'ai lu plusieurs fois cet album et je ressens toujours autant d‘émotions. Il y a bien sûr l'aspect historique et témoignage qui est très intéressant mais il y a aussi et surtout ce lien que Florent Silloray tente de renouer avec son grand-père en suivant ses traces.
Ce double intérêt est très bien exploité graphiquement. Les planches qui suivent Roger sont superbes, dans les tons Terre et gris… alors que les planches qui suivent Florent sont plus classiques en couleurs.
J'avoue ne pas avoir trop suivi le parcours de Florent Silloray et je le regrette. Mais je reste marqué par cet album beau, tendre et riche !
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badpx
  08 décembre 2019
J'ai trouvé cette lecture touchante, émouvante. Au delà du récit de la vie d'un soldat dans la drôle de guerre puis de ses premiers mois de captivité en Allemagne, c'est aussi le parcourt d'un homme qui part à la découverte de ce qu'à vécu son grand père... et de tout ce qu'il n'a pas raconté...
Et le tout servi avec des dessins que l'on croirait sortis d'un carnet de voyage.....
Belle lecture
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critiques presse (3)
Sceneario   04 janvier 2012
Pour un premier projet, Florent Silloray a réussi son pari, à savoir honorer de la plus belle des manières la mémoire d'un homme qui n'est autre que son grand-père et sensibiliser naturellement un lectorat sur un pan douloureux de l'Histoire que l'on ne doit pas oublier.
Lire la critique sur le site : Sceneario
ActuaBD   07 décembre 2011
Pour sa première bande dessinée, Florent Silloray réalise un album marqué par un certain classicisme, impeccablement documenté, dont le dessin fouillé réussit à émouvoir. Une qualité rare.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   05 octobre 2011
À la fois témoignage historique et quête familiale, Le carnet de Roger raconte, en alternance, la trajectoire de Roger, prisonnier ballotté au gré des besoins des vainqueurs et l'enquête minutieuse de Florent Sillory pour retrouver des témoins et, surtout, les lieux de cette « aventure ». Le résultat est des plus admirables. […] Amateur d'Histoire et passionné de la Deuxième Guerre Mondiale précipitez-vous sur Le Carnet de Roger ! À lire.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ZilizZiliz   21 septembre 2013
Comment répand-on les cendres [d'un défunt] ? D'un coup ? Par poignées ? Le couvercle de la boîte en alu saute dans un silence pesant. L'angoisse première est balayée par le contact doux sur mes doigts de la poussière grise. Face aux vaguelettes d'un léger courant, chacun disperse sa part dans un geste de semeur.
(p. 21)
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